UNE GUERRE COMMERCIALE
ENTRE L’ÉQUATEUR ET LA COLOMBIE
L’Équateur a annoncé un droit de douane de 30 % sur toutes les importations venant de Colombie à partir du 1er février. Cette décision surprend, car les deux pays sont voisins et ont longtemps entretenu des relations étroites. Le président Daniel Noboa explique ce choix par le manque d’aide de la Colombie dans la lutte contre le narcotrafic à la frontière. Mais cette mesure ressemble aussi à une pression économique, et elle pourrait fragiliser l’économie équatorienne. La Colombie est en effet le troisième fournisseur de l’Équateur, notamment en médicaments, plastiques et énergie, des produits indispensables. La Colombie a immédiatement réagi : elle a suspendu l’exportation d’électricité vers l’Équateur et a annoncé des droits de douane de 30 % en retour. Cette escalade pourrait poser des problèmes d’énergie, surtout en cas de sécheresse. Les deux pays acceptent de discuter, mais le calendrier reste incertain. Au-delà du conflit, c’est toute la coopération régionale qui est menacée. Dans une zone déjà touchée par la violence et l’instabilité, cette guerre commerciale montre que les intérêts politiques peuvent l’emporter sur l’intérêt général. Quito et Bogotá doivent rapidement retrouver le chemin du dialogue, avant que ce soient les populations qui paient le prix fort.
LE THÉATRE DES CÉLESTINS ACCUEILLE
« GAVIOTA » DE L’ARGENTIN GUILLERMO CACACE
Avec Gaviota, Guillermo Cacace livre une relecture immersive et singulière de La Mouette. Interprétée en espagnol par des actrices argentines qui endossent tous les rôles, la pièce de Tchekhov affirme avec force son universalité. Autour d’une table centrale, partagée avec une partie du public, le spectacle se joue dans une proximité extrême, presque confidentielle. Sans trahir l’intrigue — Nina rêvant de théâtre, Konstantin aimant et perdant, Trigorine séduisant Arkadina — Cacace revendique une appropriation personnelle, façonnée par le contexte politique et social argentin récent. Dans un espace resserré, il révèle toute la mélancolie et l’émotion du texte. Portée par des voix féminines hispanophones, cette Gaviotarappelle que, de Buenos Aires à Moscou, les tourments de l’amour et du mal de vivre traversent les frontières et les époques.
UN SOUTIEN POUR
ESPACES LATINOS
Comme de nombreuses structures culturelles, notre association, entièrement portée par des bénévoles, traverse aujourd’hui une période particulièrement difficile. L’année écoulée a été marquée par une forte diminution de nos ressources, notamment avec la suppression du soutien de la Région Rhône-Alpes, dont nous bénéficions depuis plus de vingt ans. À cette perte majeure s’ajoutent la baisse du nombre d’abonnements et le recul des dons, mettant désormais en péril le maintien de notre local historique au cœur de Lyon, que nous occupons depuis mars 2002. Malgré ces difficultés, nos équipes rédactionnelles et culturelles restent pleinement mobilisées et poursuivent bénévolement leurs activités. Toutefois, un minimum de moyens financiers est indispensable pour nous permettre de retrouver une stabilité et de continuer notre action. Nous sommes ouverts à toute suggestion, conseil ou soutien, et serions ravis d’accueillir de nouvelles personnes désireuses de s’engager à nos côtés. La situation est tendue, mais notre détermination demeure intacte.
Stella ARENA / Mathis GROS
revue@espaces-latinos.org
Prochaine newsletter : Lundi 2 Février 2026