« Ceux qui ne sont rien » le dernier livre de la Brésilienne Patricia Melo vient de paraître aux éd. Buchet & Chastel

Patrícia Melo, née le 2 octobre 1962 à Rio de Janeiro. Elle amorce sa carrière d’écrivaine dès l’âge de 18 ans en rédigeant des textes pour la télévision brésilienne. À partir de 1993, elle signe des épisodes du feuilleton A Banquira do povo et de quelques adaptations pour des téléfilms, notamment d’Élémentaire, ma chère Sarah (O Xango de Baker Street). En 1994, elle se lance dans le roman policier avec Acqua Toffana, où une jeune femme névrosée dénonce son mari à la police, l’accusant d’être un tueur en série. Dans O Matador : le récit offre, par l’entremise d’un paumé d’un quartier populaire de São Paulo et grand consommateur de drogue, d’alcool et de sexe, un « tableau sans concession de la violence urbaine brésilienne ».

La violence est d’ailleurs très souvent présente dans les œuvres de l’écrivaine, notamment dans Enfer (Inferno, 2000), qui raconte, de façon très réaliste, l’ascension et la chute d’un caïd de la drogue dans une favela de Rio de Janeiro. Son œuvre dépeint avec lucidité la violence et l’injustice qui tourmentent aujourd’hui le Brésil : la corruption de ses appareils politiques et juridiques, les catastrophes écologiques, la condition des femmes et des peuples indigènes. Son précédent roman Celles qu’on prix de l’héroïne Madame Figaro.

Dans son dernier roman tue a remporté le grand choral, brûlant de révolte, Patrícia Melo mélange brillamment les genres pour nous forcer à regarder ces humanités invisibles. Elle livre un portrait poignant de ceux qui rêvent, envers et contre tout. Les héros de ce roman aussi poétique que politique, véritable Les Misérables à la brésilienne, sont des vendeurs de rue, des chômeurs, des drogués au crack, des gardiens de parking ou de cimetière. Des hommes et des femmes que la vie a brisés et qu’une des sociétés les plus inégalitaires du monde continue de broyer.

Il y a Chilves, un jeune qui parcourt chaque jour 20 kilomètres à travers la ville pour ramasser des déchets à vendre. Il rêve d’une révolution. On rencontre également Douglas, le fossoyeur, qui a cessé de croire en Dieu après avoir enterré trop de morts pendant la crise du Covid. Il rencontrera Zélia, mère d’un garçon tué par la police, qui dort chaque nuit sur la tombe de son fils, cherchant un moyen de venger sa mort.