La musique colombienne perd l’une de ses figures les plus emblématiques. Totó la Momposina, chanteuse et gardienne des traditions afro-colombiennes, est décédée ce 17 mai , laissant derrière elle un héritage musical majeur qui a traversé les générations et les frontières.
Née Sonia Bazanta Vides à Talaigua Nuevo, dans la région de Bolívar en Colombie, l’artiste a consacré sa vie à la préservation et à la diffusion des musiques traditionnelles de la côte caraïbe colombienne. Issue d’une famille de musiciens et de danseurs, elle a très tôt développé un lien profond avec les rythmes populaires tels que la cumbia, le bullerengue ou encore le porro. Au-delà de sa carrière musicale, Totó la Momposina représentait une mémoire vivante des traditions populaires.
Au fil de sa carrière, Totó la Momposina s’est imposée comme une ambassadrice de la culture colombienne à l’international. Sa voix puissante et son engagement pour la transmission des traditions lui avaient permis de se produire sur les plus grandes scènes du monde. Son album La Candela Viva, publié en 1993, demeure l’une des œuvres les plus marquantes de la musique latino-américaine contemporaine. L’artiste avait également collaboré avec de nombreuses figures internationales et participé à la reconnaissance mondiale des musiques traditionnelles colombiennes. Son travail a largement contribué à mettre en lumière les héritages africains, indigènes et espagnols présents dans la culture caribéenne colombienne.
Son décès suscite une vive émotion en Colombie et dans toute l’Amérique latine, où de nombreux artistes et responsables culturels lui rendent hommage, le président Gustavo Petro l’a qualifié sur ses réseaux sociaux d’ « excellente artiste représentant l’art et la culture caribéenne de Colombie ». Avec sa disparition, la Colombie perd une voix incontournable de son patrimoine culturel, mais son œuvre continuera de faire vivre les rythmes et les récits des peuples de la côte caraïbe.
Andreane RUBIO


