Le président du Chili a durement critiqué l’opération militaire des États-Unis au Venezuela et a averti que l’intervention constitue « un précédent extrêmement dangereux » pour la stabilité régionale. Il a condamné l‘opération militaire des États-Unis au Venezuela qui s’est conclue par la capture de Nicolás Maduro, et il a averti que cela “pose un précédent extrêmement dangereux” pour la stabilité de l’Amérique latine et du monde.
« Depuis le Chili, nous maintiendrons une pleine cohérence avec nos principes et nos valeurs. Il ne s’agit pas de soutenir ou de justifier des dictatures —le Chili ne le fait pas—, mais de déterminer qui décide et avec quelle légitimité concernant l’avenir d’un pays”, a affirmé le président dans une déclaration publique diffusée depuis Santiago. Le président a ajouté que “la souveraineté et le Droit International ne sont pas optionnels : ce sont la base de tout ordre légitime”.
Dans son message, il a souligné que l’intervention militaire américaine au Venezuela « viole le principe d’intégrité territoriale » et ouvre la porte à de nouvelles agressions sous de prétextes. « Aujourd’hui, c’est le Venezuela, sous prétexte du narcoterrorisme et avec l’intention déclarée de contrôler ses ressources ; demain, cela pourrait être n’importe quel autre pays, avec n’importe quel autre prétexte », a averti le président chilien, soulignant que «la force ne peut pas remplacer les règles» comme mécanisme de résolution des conflits internationaux.
Le chef de l’État chilien a affirmé que « la menace d’un contrôle externe unilatéral sur les ressources naturelles ou stratégiques d’un autre pays constitue une grave violation du Droit International » et « met en péril la stabilité, la souveraineté et l’intégrité de tous les pays de l’hémisphère ». En sa déclaration, le président a également condamné “l’annonce qu’un État étranger prévoit d’exercer un contrôle direct sur le territoire vénézuélien, d’administrer le pays et de poursuivre des opérations militaires jusqu’à imposer une transition politique”, ce qui, a-t-il déclaré, “serait inacceptable dans toutes les circonstances”. « La souveraineté n’est pas une formalité, c’est la garantie essentielle qui protège les pays de l’arbitraire et de la loi du plus fort », a souligné, en référence à la politique d’intervention menée par Washington.
Le président chilien a appelé l’Organisation des Nations Unies à assumer “un rôle actif et immédiat” pour éviter une escalade militaire et rétablir un cadre de solution politique et pacifique conformément à la Charte de l’ONU. « Le Chili est en coordination avec différents gouvernements pour promouvoir un canal diplomatique qui protège la population civile et préserve la stabilité régionale », a-t-il ajouté. Il a également déclaré qu’il surveille ses frontières face à un éventuel afflux migratoire en provenance de la nation en conflit.
La position de Santiago contraste avec celle de plusieurs gouvernements latino-américains —dont l’Équateur, le Paraguay et la République dominicaine— qui ont exprimé leur soutien à l’opération américaine et à l’arrestation de Nicolás Maduro, accusé de narcoterrorisme et de conspiration criminelle par le Département de la Justice des États-Unis. Le gouvernement chilien a réitéré que « le Chili ne soutient pas les dictatures », mais a affirmé que « le respect du Droit International constitue une ligne rouge qui ne doit être franchie en aucune circonstance ». Si aujourd’hui une intervention unilatérale se justifie au nom de la lutte contre le narcotrafic, demain elle pourrait se faire au nom de toute autre cause, conclut le président, mettant en garde contre le risque de “normaliser l’usage de la force comme instrument de politique étrangère”.
D’après Gabriel BORIC
Président du Chili


