Le lancement de LatamGPT marque une étape technologique majeure pour l’Amérique latine, avec la présentation d’un modèle de langage entraîné à partir de données latino-américaines et développé collaborativement par plus de quinze pays. Partager : L’Amérique latine n’est plus simple spectatrice, mais s’implique activement dans le développement de l’intelligence artificielle. Tel était l’un des messages clés du lancement de LatamGPT, un modèle de langage à grande échelle créé par et pour la région, dans une optique éthique, collaborative et d’intérêt général.
La cérémonie s’est déroulée dans les studios de TVN à Santiago du Chili ce mardi 10 février et a débuté par la lecture du poème « El grito » (Le Cri) de Gabriela Mistral, un geste symbolique liant identité culturelle et technologie. Dès lors, autorités, scientifiques et représentants du secteur technologique ont convenu que ce projet représente un tournant pour l’Amérique latine sur la scène mondiale de l’intelligence artificielle. Dans son discours d’investiture, le président Gabriel Boric a déclaré que l’intelligence artificielle « doit être perçue comme une opportunité », soulignant que « c’est précisément ce que fait LatamGPT », en permettant à l’Amérique latine de ne plus être simple utilisatrice, mais de jouer un rôle actif dans le développement de ces technologies.
LatamGPT est un outil d’intelligence artificielle, développé par le Centre national d’intelligence artificielle (CENIA), conçu pour comprendre la langue, le contexte et les défis spécifiques de l’Amérique latine. Le modèle possède plus de 70 milliards de paramètres, éléments qui lui permettent d’apprendre et de générer des réponses. Il a été entraîné avec des informations et des contenus propres à la région afin d’offrir une perspective plus nuancée et contextualisée.
Science, données et connaissances : un bien public
Álvaro Soto, directeur du Centre national d’intelligence artificielle (CENIA), a expliqué que LatamGPT est un « bien public technologique ». Le modèle a été développé grâce à 65 partenariats officiels, avec la participation de 15 pays et de plus de cent collaborateurs, dont beaucoup ont contribué bénévolement. Cette technologie permet de répondre à des questions représentatives de chaque pays, car elle a été entraînée avec des connaissances spécialisées sur l’Amérique latine, intégrant des informations pertinentes sur son histoire, sa culture, ses sciences et ses réalités sociales. Pour sa part, Rodrigo Roa, directeur général de l’Observatoire des données, a qualifié le projet d’« avancée fondamentale ». Il a souligné que lorsque les données sont correctement gérées, les connaissances s’enrichissent et ont un impact social plus important.
Un modèle construit à partir de l’Amérique latine
Marcelo Faccina, cadre spécialisé dans les villes intelligentes et le développement numérique à la Banque de développement de l’Amérique latine et des Caraïbes (CAF), a souligné que l’objectif est de « développer les capacités propres à l’Amérique latine », en promouvant un modèle capable de comprendre l’identité culturelle, sociale et linguistique de la région. Dans ce contexte, il a insisté sur le fait qu’il s’agit d’un effort collectif visant à surmonter la dépendance technologique, pour progresser vers un développement régional plus autonome et intégré à l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
L’avenir de LatamGPT
Pour donner suite à son lancement, le défi consiste désormais à élargir l’accès, à partager les connaissances générées et à continuer de renforcer le modèle grâce à de nouvelles données et contributions provenant de différents pays de la région. L’initiative vise à faire de LatamGPT un outil ouvert et en constante évolution, soutenant la recherche, l’éducation et la prise de décision en Amérique latine.
Le premier modèle de langage à grande échelle ouvert de la région a été développé sous l’égide du Centre national d’intelligence artificielle, avec le soutien du ministère chilien de la Science, de la Technologie, du Savoir et de l’Innovation, de la Banque de développement de l’Amérique latine et des Caraïbes (CAF), d’Amazon Web Services (AWS) et du centre technologique Data Observatory, ainsi que grâce à la collaboration de divers pays de la région et à des partenariats avec des universités, des organisations internationales et des entreprises technologiques de pointe.
L’événement s’est conclu par une représentation du Ballet folklorique chilien, présentant des œuvres inspirées des danses latino-américaines, un geste qui a souligné le lien entre science, culture et identité qui caractérise cette étape technologique régionale majeure.
D’après La Moneda Presse


