La Chine a été écartée de la gestion du Canal de Panamá du fait d’un verdict rendu le 29 janvier par les neuf juges de la Cour Suprême du Panamá qui, au terme d’une saga de plus d’un an, ont jugé inconstitutionnel le contrat existant de concession des ports de Balboa et Cristobal signé avec l’entreprise Panama Ports Company, filiale de la société Hongkongaise CK Hutchison, suscitant la colère de Pékin.
Si, de l’avis des experts de ce dossier, la décision de la Cour suprême n’est pas une réelle surprise, ce contrat étant jugé contraire à la Constitution panaméenne est donc immédiatement annulé avec pour conséquence tout aussi concomitante d’en écarter la Chine qui a d’ores et déjà annoncé introduire un recours en justice pour sauvegarder ses intérêts, Washington déclarant en revanche sa satisfaction.
Dans les heures qui ont suivi l’annonce, le président du Panamá, José Raul Mulino, a fait une déclaration publique pour rassurer ses concitoyens : l’opération des deux ports concernés est transférée à titre provisoire à la compagnie APM Terminals, qui fait partie du géant danois Maersk, en attendant qu’un nouvel appel d’offres international soit organisé.
Dès le lendemain matin, le Secrétaire d’État américain Marco Rubio se félicitait sur le réseau X : « les États-Unis sont encouragés par la récente décision de la Cour Suprême du Panama selon laquelle la concession des ports à la Chine est inconstitutionnelle. » La Chine a, en revanche mais sans surprise, exprimé son irritation. Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a très vite réagi en indiquant que « la partie chinoise prendra toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder résolument les droits et intérêts légitimes des compagnies chinoises. »
Vendredi 6 février, le ton est encore monté puisque le gouvernement chinois a prévenu les autorités de Panama qu’elles « paieront inévitablement le prix fort sur les plans politique et économique, » si elles maintiennent cette décision qui « cède à l’hégémonie et se fait complice du mal. » « Le gouvernement chinois est fermement résolu à protéger les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises et ne restera jamais les bras croisés face à toute forme d’intimidation hégémonique, » écrit ainsi le Bureau des affaires de Hong-Kong et de Macao du Conseil des affaires de l’État (le gouvernement central) dans un message sur le réseau social chinois WeChat.
Cette saga a commencé dès le 20 janvier 2025, lorsque le président Donald Trump, dans son discours d’investiture, annonce sans ambages qu’il veut récupérer le Canal de Panama dont la Chine s’est, selon lui, indûment appropriée.
D’après Asyalist


