Le président du Paraguay a signé, lors du Forum de Davos en Suisse, un document en tant que membre fondateur du nouveau Conseil pour la paix. Il a participé à des réunions de haut niveau avec des dirigeants et « il a cherché à positionner le Paraguay comme un acteur politique et économique sur la scène mondiale, dans un contexte marqué par les guerres, les tensions géopolitiques et les luttes de pouvoir ».
À Davos, au Forum économique mondial, Santiago Peña est apparu sur une scène où chaque geste est interprété comme un signal politique. Il ne s’agissait pas d’un simple déplacement : le président a participé à la cérémonie de création du « Conseil pour la paix », une initiative promue par Donald Trump, présentée comme un mécanisme international initialement axé sur le cessez-le-feu et la reconstruction à Gaza, mais avec l’ambition affichée de s’attaquer à d’autres crises mondiales.
Santiago Peña est arrivé à l’événement avec un atout de taille – tant sur le plan national qu’international – : l’invitation spéciale de Trump et la signature en tant que « membre fondateur ». Il a ainsi partagé la scène avec un groupe restreint de chefs d’État et de représentants de pays qui, par affinité politique ou intérêt stratégique, se sont alignés sur cette nouvelle plateforme. Dans son discours public, le président paraguayen a lui-même qualifié cette participation de « profond honneur » et s’est félicité de l’ouverture d’un espace pour « remettre la paix au cœur de l’agenda mondial ».
Qu’est-ce que le « Conseil de la paix » et pourquoi suscite-t-il autant de remous ?
La proposition lancée par Trump a été présentée avec une rhétorique grandiloquente : « une organisation destinée à résoudre les conflits, accélérer la reconstruction et obtenir des résultats là où – selon ses partisans – les mécanismes traditionnels ont échoué ». C’est précisément ce cadre qui rend l’initiative suspecte et soulève des questions embarrassantes : sa conception, son financement, sa légitimité et ses relations potentielles avec les structures multilatérales existantes. À Davos, les discussions ont également porté sur des exigences et des conditions qui ont suscité l’inquiétude de plusieurs capitales. Dans ce contexte, la présence de Santiago Peña était à double tranchant : d’une part, elle le présentait comme un acteur « présent » là où se déroule le dialogue international ; d’autre part, elle l’engageait dans un pari géopolitique encore flou, sans règles claires, sans cadre précis et sans large consensus parmi les puissances et les alliés traditionnels. Dans ses déclarations suivant la signature, Peña a insisté sur un discours visant à positionner le Paraguay de manière « présentable » sur l’échiquier : des principes fermes, un engagement en faveur du dialogue et la recherche du consensus. Avec cette stratégie, le président a cherché à dissocier la participation du Paraguay d’une adhésion aveugle et à la présenter comme une présence responsable au sein d’une instance de négociation internationale.
Mais il n’est pas resté cantonné à l’abstraction. Santiago Peña a proposé une idée concrète : « que le conseil intègre le cas vénézuélien à son programme de travail ». Cette proposition vise à démontrer que la crise vénézuélienne, même si elle ne correspond pas au profil classique d’un conflit armé, a des répercussions humanitaires, migratoires et politiques suffisamment importantes pour justifier un débat au sein d’un organe qui prétend s’attaquer aux principales sources d’instabilité mondiale. Cette initiative constitue également un message régional : le Paraguay cherche à regagner du poids diplomatique, à affirmer sa position sur une question sur laquelle il a historiquement adopté une ligne dure et à utiliser une tribune internationale pour placer un enjeu latino-américain au cœur des guerres, des crises énergétiques et des réalignements de puissance.
Selon la presse paraguayenne
Traduit par Latinos


