« Le Pacte historique » de Gustavo Petro consolide sa position de force dominante au Sénat colombien

Le Pacte historique, parti du président Gustavo Petro, a consolidé sa position de force dominante au Sénat colombien avec près de 4,4 millions de voix. Ce résultat représente 22,79 % du total et se traduit par environ 25 sièges à la chambre haute, une progression significative par rapport aux 2,8 millions de voix et aux 20 sièges obtenus il y a quatre ans. Cette victoire constitue un soutien de poids à son candidat à la présidentielle, Iván Cepeda. La coalition de gauche, menée par l’ancienne ministre de la Santé Carolina Corcho, candidate au Sénat, a surpris les analystes et remporté une victoire importante après avoir surmonté les obstacles juridiques liés à son inscription comme parti unique auprès du Conseil électoral national. Avec l’éviction d’autres partis de gauche comme Fuerza Ciudadana et le Frente Amplio de la chambre haute, le mouvement du président Gustavo Petro a consolidé sa position de principale force de gauche du pays.

La forte participation électorale pour cette liste fermée et paritaire (femme/homme/femme) a été rendue possible par la combinaison réussie d’activistes et de militants de gauche, de personnalités influentes et de candidats issus des milieux politiques clientélistes traditionnels. Le deuxième parti le plus important au Congrès est désormais le Centre démocratique, parti de droite fondé par Álvaro Uribe Vélez, qui figurait en 25e position sur la liste bloquée pour le Sénat, mais n’a pas obtenu de siège. Ce parti de droite – principale force d’opposition au gouvernement de Gustavo Petro – approche les 3 millions de voix, un score qui lui permettrait d’obtenir environ 17 sièges.

Le parti, dirigé au Sénat par le député réélu Andrés Forero, renforcerait ainsi sa présence à la chambre haute après avoir remporté 13 sièges en 2022. La victoire de ce bloc témoigne de la force politique d’un parti qui a également choisi Paloma Valencia comme candidate de la coalition de droite, avec plus de 3,2 millions de voix à la primaire présidentielle. La bataille politique pour l’Uribismo se déplace désormais vers l’arène présidentielle. Avec une augmentation de 31 % de sa représentation politique, le bloc entre au Congrès en position de force.

Le Parti libéral, centenaire, consolide sa position de troisième force politique au Sénat. Avec environ 2,2 millions de voix, le parti pourrait remporter 13 sièges, soit le même nombre que lors de la législature précédente. Ce score lui permet de conserver la place qu’il occupe depuis plusieurs années sur l’échiquier politique du Congrès. Le libéralisme conserve une large base électorale, notamment grâce à ses réseaux de clientélisme, ce qui lui assure un rôle important dans la formation des majorités législatives. Son meilleur score, avec plus de 172 000 voix, a été obtenu par Lidio García de Bolívar, l’actuel président du Sénat. Le deuxième candidat était Yesid Pulgar, frère d’Eduardo Pulgar, condamné pour tentative de corruption de juge et qui tire les ficelles du pouvoir depuis sa prison. Le Parti conservateur, lui aussi très traditionnel, arrive en quatrième position, avec 1,8 million de voix et dix sièges projetés. Sur la liste des barons régionaux, Nadia Blel, sœur du gouverneur de Bolívar et sénatrice ayant recueilli le plus de suffrages (plus de 175 000 voix), est la candidate la plus populaire.

La course à la présidence s’amorce, car une dernière ligne droite s’ouvre, qui pourrait se prolonger jusqu’à un second tour le 21 juin prochain. Trois points clés ressortent toutefois de cette élection. Le premier est la consolidation du Pacte historique, le parti de gauche de Petro, comme première force législative du pays.