Espaces Latinos accueillent l’écrivaine mexicaine Patricia Carillo Collard de passage à Lyon. Elle viendra présenter son livre, Un modo de estar sobre la tierra, ou en français Une façon d’être sur terre. De fait, publié en espagnol en 2021, l’ouvrage est arrivé récemment dans les librairies en France…
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Née à à Mazatlán, Sinaloa, Patricia Carillo Collard commence à se consacrer à l’écriture en 2011, après avoir obtenu un master en Politiques Publiques à l’Université de Princeton et un diplôme de Création Littéraire à la SOGEM Guadalajara. Ses écrits sont diversifiés, puisqu’elle se consacre aussi bien aux contes pour enfants (le plus récent étant El hechizo afortunado) qu’aux contenus pour les plus grands. Outre sa vocation littéraire, elle est engagée, comme l’illustrent sa participation de 2019 à 2025 au Conseil de GENDES, une organisation qui travaille sur la thématique des masculinités, ou encore sa collaboration avec la plateforme Aúna, fondée en 2020 et dont l’objet est la mise en avant des qualités de dirigeantes des femmes.
“Une façon d’être sur terre”
Cet engagement n’est pas sans lien avec le livre présenté, une anthologie de 23 nouvelles brèves dont les protagonistes sont exclusivement des femmes, que l’on suit dans différents moments décisifs de leur vie. L’ouvrage est divisé en quatre sections, chacune traitant d’un thème général : la famille, le couple, la mère et “entre femme”. L’inspiration que l’autrice tire des poèmes de la poétesse mexicaine Rosario Castellanos est à retrouver au-delà du titre, puisque des fragments de ses poèmes sont intégrés en ouverture de chaque section du livre. La poétesse traitait effectivement de la condition féminine il y a plus de 50 ans. Pourtant, s’il met en avant les différentes facettes du féminin – professionnelle, familiale, relationnelle – Une manière d’être sur terre ne se destine pas uniquement à un public féminin.
De fait, les nouvelles reflètent la tendance sociale à enfermer les individus, et notamment les femmes, dans des cases, tout en montrant la complexité de ces personnes au-delà de leurs rôles assignés. Il s’agit de mettre en lumière le poids des exigences qui accompagnent ces assignations sociales. Les sujets abordés sont aussi divers que ceux de la perte, de la sororité, de l’esthétique du quotidien.
Ainsi, l’ouvrage construit des histoires sans résolution spectaculaire, dont les acteurs pourraient être des proches du lecteur. Ce qui est mis en avant est la construction de ces individus en tant que personnes, et de leur processus décisionnel face aux possibilités et obstacles qui se présentent à eux. Le thème plus général est donc celui de l’identité, une problématique qui parle à tous, au-delà des différences, et qui pousse les membres du lectorat à une réflexion sur leur histoire propre.
Elisa HAININ-MIRAILLET


