« Adios à Buenos Aires » par l’écrivaine slovène Brina Svit

Brina Svit est née à Ljubljana, en Slovénie, et vit depuis 1980 à Paris. Elle a réalisé plusieurs courts-métrages et a écrit deux pièces radiophoniques pour France-Culture. Ses premiers romans publiés en France — Con brio et Mort d’une primadonna slovène — sont traduits du slovène dans la collection « Du monde entier » chez Gallimard. Avec Moreno elle, elle signe son premier livre en français, et écrit depuis chaque ouvrage deux fois : d’abord en français et ensuite en slovène. Son œuvre a été distinguée par plusieurs prix : le Prix du rayonnement de la langue française de l’Académie Française pour Moreno (2003), le Prix Maurice-Genevoix de l’Académie française pour Un cœur de trop (2006), prix Folie d’encre pour Coco Dias ou La porte Dorée, et le Prix littéraire européen Madeleine Zepter pour Une nuit à Reykjavík (2011). Avec Ljubljana, elle a participé à la très belle collection de livres sur les villes, lancée par la maison d’édition L’arbre qui marche. Ses titres sont traduits dans plusieurs langues, notamment en anglais, allemand, italien, grec, espagnol, hollandais, bosniaque…

«Ça y est, c’est fait, je n’écrirai plus sur le tango », annonce Brina Svit. « Et probablement, je ne retournerai pas à Buenos Aires non plus. » Pourtant, elle y revient une fois, la dernière. Pour danser, bien sûr. Pour retrouver ses amis slovènes, enfants de ceux qui ont fui le pays après la guerre. Et pour dire adieu à cette ville qu’elle a aimée passionnément pendant vingt ans. Elle flâne dans les rues, parle avec les chauffeurs de taxi, observe la ville qui n’est plus la même… Et le soir, elle va danser dans ces lieux de tango mythiques, avec leurs codes et leurs rituels qui eux, sont toujours les mêmes. C’est dans l’étreinte du tango, au cœur de ce récit empreint d’une douce mélancolie, qu’elle comprend peu à peu ce à quoi elle est venue dire adiós.