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Belles Latinas

Un bilan positif pour la 17e édition des Belles Latinas : l’aventure continue en 2019

La dix-septième édition du festival littéraire Belles Latinas s’est achevée avec une toute dernière rencontre entre un auteur latino-américain et des lecteurs lyonnais.Une fois le rideau tombé, l’équipe, entièrement bénévole, s’est aussitôt attachée aux préparatifs de la prochaine édition, maintenue en octobre pour l’année 2019, avec une dizaine d’auteurs, dont deux ou trois écrivains français publiés en espagnol.

Photo : Eduardo Ugolini

Après avoir quitté la magnifique scène de l’Opéra de Lyon, où  une partie des rencontres s’était tenue depuis une dizaine d’années, cette édition 2018 a été marquée par quelques nouveautés qui inspirent les organisateurs du festival à ouvrir de nouvelles voies d’animation. Le choix de placer l’inauguration dans un théâtre, le NTH8 de Lyon, en rendant hommage à un auteur chilien disparu, Pedro Lemebel, a été très positif. La troupe, dirigée par Manon Worms, a présenté un spectacle qui a mis en scène l’esprit et les paroles si singulières et violentes de l’artiste. Une mise en scène qui invitait à découvrir un auteur sensible, engagé et provocateur, et qui a séduit un public venu nombreux et dont l’engouement  motive les concepteurs des Belles Latinas à réitérer cette expérience.

La clôture du festival a elle aussi été magnifique. L’auditorium de la Bibliothèque municipale de Lyon était bien rempli et le dialogue entre deux écrivains péruviens a été très bien mené par une animation ponctuée de questions sur les œuvres de deux auteurs qui ne se connaissaient pas malgré leur origine commune, le tout ponctué par des intermèdes musicaux par Ivan Latapiat et son Newen trio.

Une trentaine de rencontres se sont étalées sur les dix jours programmés tout naturellement dans la Métropole de Lyon, mais aussi à Toulouse, Montpellier, Grenoble, Roanne, Saint-Étienne, Paris et Lille. Des partenaires universitaires ou des bibliothèques ont contribué à faciliter les préparatifs et à élargir l’écoute des auteurs qui venaient à la rencontre des lecteurs ayant déjà lu leurs œuvres, mais aussi pour séduire et inviter à la lecture ceux qui ignoraient l’existence des romans venus d’ailleurs.

Enfin, nous soulignons pour la première fois la fabrication d’un catalogue de 24 pages où chaque auteur a été présenté de manière exhaustive et son œuvre mise en valeur dans le cadre de la rentrée littéraire dans laquelle s’inscrivent les Belles Latinas depuis leur fondation en octobre 2002.

Pour les amoureux des littératures, une nouveauté sera lancée dès novembre prochain : organiser au siège des Nouveaux espaces Latinos, une fois par mois, un club de lecteurs qui se rencontreront pour lire les auteurs pressentis pour la prochaine édition du festival, dont certains sont déjà publiés en français et pressentis pour l’édition d’octobre 2019. Ce club de lecture sera ouvert à tous. Avis aux intéressés !

J. E.

Lire le catalogue en PDF

Hommage à Pedro Lemebel à Lyon et rencontre avec Andrés Neuman à Villefranche-sur-Saône

Des changements importants sont à prévoir dans la programmation du 17e festival Belles Latinas. Le premier est l’ouverture du festival le mercredi 10 octobre à 20 h au Nouveau Théâtre du 8e à Lyon et le deuxième est le jeudi 11 octobre à 19 h à la librairie Develay à Villefranche-sur-Saône pour une rencontre avec l’écrivain argentin Andrés Neuman autour de son roman Bariloche publié aux éditions Buchet-Chastel.

Photo : Espaces Latinos

À l’initiative de la comédienne Manon Worms et grâce au soutien du Nouveau Théâtre du 8e (NTH8), nous organiserons pour l’ouverture du festival Belles Latinas une soirée hommage et découverte axée autour de l’auteur et artiste chilien Pedro Lemebel. Cette soirée se tiendra en deux temps : d’abord la performance Cœurs fugitifs, issue du projet Pedro et mise en scène par Manon Worms, qui sera ensuite suivie d’une discussion avec l’équipe du spectacle aisi que avec de Carolina Navarrete Higuera, maître des conférences de l’Université Lumière Lyon 2, spécialiste de l’oeuvre de Pedro Lemebel.

Artiste visuel, écrivain et chroniqueur à la radio, Pedro Lemebel est né à Santiago du Chili en 1952 et décédé dans la même ville en janvier 2015. Travesti, militant pour les droits des personnes homosexuelles, il est une immense figure populaire au Chili. À travers ses nombreux récits et chroniques, il raconte l’histoire de tout un pays, dans ses contrastes et dans ses drames les plus intenses : la dictature militaire, les crimes, les séquelles sociales, politiques et humaines. Sa voix est la mémoire vivante d’une société-mosaïque, et il construit par des récits une galerie de portraits l’image d’un Santiago résistant. Ses phrases et ses images peuplent les murs des villes et les fêtes du Chili.

Une médiathèque dans une librairie

Depuis cinq ans déjà, la Médiathèque municipale de Villefranche-sur-Saône soutient fidèlement notre festival littéraire Belles Latinas. Bien qu’en travaux cette année, grâce à une collaboration avec la librairie Develay, elle y recevra l’écrivain argentin Andrés Neuman qui vient une fois de plus à Belles Latinas pour présenter son nouveau roman en français, Bariloche, édité il y a peu par les éditions Buchet-Chastel.

Christian Roinat, un de nos chroniqueurs littéraires les plus assidus, signale dans sa présentation d’Andrés Neuman que «si on lui parle de sa carrière, Andrés Neuman se hérisse : ce mot ne veut rien dire du tout pour lui. Et il le prouve en publiant peu mais en se payant le luxe de soigneusement réviser une nouvelle édition d’un roman ancien, c’est le cas pour ce Bariloche, écrit entre 1996 et 1999 (il avait alors 19 ans !) et revu en 2015, ou pour Una vez Argentina qui s’est vu augmenté d’une bonne cinquantaine de pages dans son édition de 2014». Nous espérons, pour ces deux soirées qui lanceront les dix jours des Belles Latinas 2018, que le public sera au rendez-vous et qu’il nous aidera une fois de plus à diffuser les belles lettres latino-américaines grâce à sa créativité, sa diversité et sa passion.

J. E.

Lire les présentations de Pedro et de Bariloche.
Lire le programme complet des Belles Latinas.

Hommage à Pedro Lemebel pour l’ouverture du festival Belles Latinas le 10 octobre prochain

Pour l’ouverture du festival Belles Latinas, qui aura lieu le mercredi 10 octobre 2018 à 20 h au Nouveau Théâtre du 8e, nous proposons une soirée de découverte et d’hommage autour de l’auteur et artiste chilien Pedro Lemebel. Cette soirée sera composée de deux temps : d’abord la performance Cœurs fugitifs, issue du projet Pedro, mise en scène par Manon Worms, suivie d’une discussion avec l’équipe du spectacle.

Photo : Andrés Canepa

Artiste visuel, écrivain et chroniqueur à la radio, Pedro Lemebel est né à Santiago du Chili en 1952 et décédé dans la même ville en janvier 2015. Travesti, militant pour les droits des personnes homosexuelles, il est une immense figure populaire au Chili. À travers ses nombreux récits et chroniques, il embrasse un pays entier, le raconte dans tous ses contrastes, traversant la dictature militaire, ses crimes, et ses séquelles sociales, politiques et humaines. Sa voix est la mémoire vivante d’une société-mosaïque, construisant par des récits une galerie de portraits du Santiago résistant. Ses phrases et ses images peuplent les murs des villes et les fêtes du Chili.

Le projet «Pedro», un spectacle de Manon Worms

Des chroniques de Pedro s’échappe une constellation d’émotions fugitives que les acteurs saisissent et incarnent, sur scène et en dehors. Mêlant les corps vivants aux images, la performance à l’archive, l’espace du plateau au relief de la ville, le projet Pedro tente de saisir l’empreinte d’un cœur en la colorant dans mille corps. Après avoir été traduites en français, ces chroniques sont mises en scène pour leur donner un écho sur les planches. En explorant la figure de Pedro Lemebel, le projet Pedro déplie nos propres paysages, ceux qui disent que le désir peut être transgressif, que l’amour est politique, que l’acte de travestissement peut encore être révolutionnaire.

Nous voulons répercuter l’écho de cette voix venue nous toucher si fort aujourd’hui, alors même que nous vivons à des milliers de kilomètres d’elle et dans un tout autre contexte. Nous voulons la faire entendre et découvrir, la faire traverser les corps de celles et ceux d’ici, la propager jusqu’à nous et ce qui nous entoure.

Nous traduisons en français ces chroniques et les mettons en scène pour leur donner un écho dans nos cœurs, dans nos corps et sur nos scènes. Quelque part entre le plus intime et le plus commun. Des chroniques de Pedro, de sa voix et de ses lettres, s’échappe une constellation de cœurs fugitifs que nous saisissons et incarnons, ensemble, sur scène et en dehors, à partir de nous, de nos désirs de rencontres, de luttes, de transformations.

À travers ses chroniques, lettres, récits, manifestes, publiés dans de nombreux recueils, Pedro Lemebel arpente et embrasse un pays entier, le raconte dans tous ses contrastes, ses cruautés et ses fantaisies, traversant dix-sept ans de dictature militaire, ses crimes et ses séquelles sociales, politiques, humaines. D’interventions publiques en émissions de radio, parlant sous un trait de mascara et une couronne de plumes, de perles ou de cicatrices, sa voix est la mémoire vivante d’une société-mosaïque, construisant par des récits de nuits et de rencontres une galerie de portraits du Santiago queer et résistant, pauvre et indigène, solitaire et multiple. Ses phrases et ses images peuplent encore aujourd’hui les murs des villes, les cœurs et les fêtes du Chili.

En France comme dans le reste de l’Europe, Pedro Lemebel est quasiment inconnu, très peu traduit et très peu édité. Le projet Pedro, entamé en 2016, veut combler ce manque. Recherche multiple autour de la figure travestie de Pedro, née sous l’impulsion du choc ressenti à la lecture des textes de Lemebel, l’équipe de Manon Worms cherche à donner à la traduction de cette voix lointaine un écho en différents langages. Des formes performatives, graphiques, visuelles, auditives, créent des trafics entre les genres, les corps vivants et les archives, pour maintenir en liberté cette parole sauvage. Spectacle-maquillage qui procède par accumulation de différentes couches (traductions, créations de sons, d’images et de jeu) pour fabriquer des visages hybrides et éphémères, Pedro compose des espaces sensibles pluriels, tente de saisir l’empreinte d’un cœur en la colorant dans mille peaux, mille langues, mille secrets, d’ici et de là-bas.

L’éclat subversif contenu dans le mélange de corps qui se rencontrent et se transforment sous les yeux complices d’un regard spectateur se réanime à travers ce dialogue ouvert entre notre présent et cet ailleurs lointain.

La performance présentée au NTH8 pour la soirée d’ouverture du festival Belles Latinas, Cœurs fugitifs, est un éclat fugitif du projet Pedro, une émeraude éphémère au cours de cette recherche à plusieurs échelles dont l’étape finale de création est prévue pour le début de l’année 2019.

Manon WORMS

Mise en scène : Manon Worms – Textes : Pedro Lemebel – Collaboration artistique : Marine Garcia-Garnier – Traductions : Leslie Cassagne – Scénographie, vidéo : Jean Doroszczuk – Costumes : Cécilia Galli – Son : Rémi Billardon – Contact : manonworms@gmail.com / +33 6 76 77 62 07

Raúl Zurita, un monument de la poésie chilienne

Le poète Raúl Zurita est enfin en France. Nous saisissons cette occasion pour organiser un avant-goût dans le cadre du 14e festival littéraire Belles Latinas. Un vieux projet se concrétisant grâce à l’initiative de l’Université Côte d’Opale qui organise un symposium international à Boulogne-sur-Mer du 5 au 8 octobre prochain. Nous vous invitons à découvrir ses vers énergiques, sensibles, et profonds. Cet auteur singulier sera aussi à Paris, à Toulouse et à Lyon avant de s’envoler pour le Chili, le 14 octobre, pour une lecture à l’AmphiOpéra et en soirée à l’Instituto Cervantes. Nous vous proposons une courte présentation de Raúl Zurita par Benoît Santini, maître de conférence de l’Université de Boulogne-sur-Mer.

Raúl Zurita, né en 1950, est un poète chilien de renommée internationale, invité dans de nombreux festivals à l’étranger. Lauréat du prix national de littérature au Chili en 2000, il a publié Purgatorio (1979), Anteparaíso (1982), Canto a su amor desaparecido (1985), La vida nueva (1994), Poemas militantes (2000), INRI (2003), Zurita (2011) ainsi qu’un roman, El día más blanco (1999, réédité en 2015) et la traduction d’Hamlet en espagnol (2014). Il a fait partie à la fin des années soixante-dix du Colectivo de Acciones de Arte (CADA) qui visait à faire descendre l’art dans la rue. Il a écrit le poème La vida nueva, tracé dans le ciel de New York en 1982, ou le vers Ni pena ni miedo dans le désert d’Atacama en 1993. Dans ses poèmes, les plages, le désert, les fleuves du Chili sont en mouvement permanent et déformés par la force de la pensée, donnant lieu à des scènes oniriques. Les mers et le désert reçoivent les corps des disparus de la dictature, tout comme le langage poétique donne une sépulture digne à ces mêmes disparus.

Dans son immense recueil de 700 pages (Zurita aux éd. Université Diego Portales à Santiago du Chili) font irruption des scènes familiales vécues par le poète ainsi que des souvenirs douloureux de l’époque de la dictature, et réapparaissent, tels des monuments en ruines, des fragments d’ouvrages antérieurs qui semblent avoir été écrits des milliers d’années auparavant. Le jeu verbal, les créations langagières, l’utilisation de blancs typographiques et de syllogismes, la structure savamment travaillée de ses poèmes et recueils sont quelques-uns des traits distinctifs de son écriture poétique.

Traduit dans de nombreuses langues (anglais, italien, allemand, français, chinois, bengali, etc.), la reconnaissance du poète en Europe s’est concrétisée dans la remise du Doctorat Honoris Causa de l’Université d’Alicante en mars 2015, et l’organisation de deux événements scientifiques autour de sa poésie (colloque à l’Université d’Alicante en mars 2015, symposium à l’Université du Littoral Côte d’Opale à Boulogne-sur-Mer en octobre 2015).

Benoît SANTINI
Université Boulogne-sur-Mer

Programme Raúl Zurita en France
Symposium Raúl Zurita à Boulogne-sur-Mer

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