Dans une interview, le président vénézuélien s’est dit « prêt » à discuter avec Washington alors que son pays traverse une crise diplomatique avec les États-Unis. Les principaux leaders de l’opposition, María Corina Machado et Edmundo González, ont proclamé 2026 comme l’année de la liberté au Venezuela.
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Le président vénézuélien Nicolás Maduro s’est dit « prêt » à discuter de lutte antidrogue, de pétrole ou d’accords économiques avec Washington lors d’une interview télévisée diffusée jeudi, en pleine crise avec les États-Unis qui exercent une forte pression sur son pays avec le déploiement de navires de guerre dans les Caraïbes. « Le gouvernement des États-Unis le sait, parce que nous l’avons dit à nombre de ses porte-parole : s’ils veulent discuter sérieusement d’un accord de lutte contre le narcotrafic, nous sommes prêts. S’ils veulent du pétrole du Venezuela, le Venezuela est prêt pour des investissements américains, comme avec Chevron, quand ils le veulent, où ils le veulent et comme ils le veulent », a-t-il dit sur VTV, évoquant aussi « des accords intégraux de développement économique ».
Le président vénézuélien Nicolás Maduro a par ailleurs évité de confirmer ou de démentir l’attaque américaine sur des installations portuaires au Venezuela évoquée en début de semaine par son homologue Donald Trump. Le locataire de la Maison Blanche a affirmé, lundi, que les États-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela. Ceci constituerait la première attaque terrestre américaine sur le sol vénézuélien.
« Ce que je peux te dire, c’est que le système de défense nationale a garanti et garantit l’intégrité territoriale, la paix du pays et l’usage et la jouissance de tous nos territoires. Notre peuple est en sécurité et en paix ». « Aux États-Unis, ils doivent savoir que s’ils veulent des accords intégraux de développement économique, ici au Venezuela aussi ! Et je l’ai dit mille et une fois », a-t-il également insisté, rappelant la coopération récente entre les deux pays sur l’expulsion de migrants vénézuéliens vers leur pays, un thème prioritaire pour Donald Trump.

María Corina Machado et Edmundo González
Les principaux leaders de l’opposition ont affirmé que le pays avait progressé en matière d’unité et de conscience, et ont souligné le rôle des alliés internationaux dans la recherche d’une transition politique. Les deux dirigeants ont diffusé leur déclaration dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, dans laquelle ils ont exprimé leur confiance dans le fait que l’année 2026 apportera un changement définitif pour le pays. Machado a affirmé que le Venezuela « est un pays différent de celui d’il y a un an, plus conscient de sa force, plus uni sur l’essentiel et plus clair sur ce qu’il n’est plus disposé à accepter ».
María Corina Machado a souligné l’importance des « véritables alliés internationaux » et elle a déclaré : « Nous, les Vénézuéliens, avons bien agi. Nous avons fait ce qu’il fallait en 2025. Pour le monde entier, le nom du Venezuela est synonyme de noblesse, de courage et d’amour infini pour la liberté ». La lauréate du prix Nobel de la paix a souligné : « Dans la lutte, de nouveaux défis et de nouvelles difficultés apparaissent chaque jour ». Elle a également souligné que des progrès et des réalisations ont été accomplis en 2025, ce qui permet de considérer que le Venezuela est « sur le point de réaliser ce dont nous avons toujours rêvé ».
Pour sa part, Edmundo González a souligné que cette année « n’a pas été facile, mais qu’elle a marqué un tournant dans l’histoire contemporaine du Venezuela ». Le dirigeant a déclaré : « Nous savons tous que cette lutte pour réunir nos familles et tout le Venezuela a été longue et difficile. D’autre part, il a également déclaré à propos du peuple vénézuélien : « Cela nous a rendus plus résilients et de plus en plus engagés dans les objectifs de notre lutte. Notre pays a une voie possible, réaliste et démocratique ». « La décision a déjà été prise par le peuple et lorsqu’une nation décide d’aller de l’avant, il n’y a pas de retour en arrière, aussi difficiles ou imprévus que soient les obstacles. Nous avançons. Cette voie exige de la patience et de la confiance mutuelle, mais c’est une voie solide et nous allons la parcourir ensemble, le Venezuela va changer et il va bien le faire ».
La déclaration commune de Machado et González a été faite après avoir dénoncé la fraude lors des élections présidentielles de 2024. Les deux dirigeants ont réitéré leur engagement dans la « lutte » politique et ont rappelé que la dénonciation d’irrégularités électorales les avait conduits à l’exil. Machado a quitté le Venezuela pour recevoir le prix Nobel de la paix après onze mois passés dans la clandestinité, et González est parti en Espagne en septembre 2024, après avoir dénoncé les persécutions dont il était victime, lorsque l’organisme électoral a proclamé la victoire de Nicolás Maduro sans publier le détail des résultats, comme l’exige la loi.
La situation politique au Venezuela reste caractérisée par l’éloignement physique des principales figures de l’opposition et l’attention que porte la société aux messages et aux actions de ses dirigeants.
D’après Infobae (Argentine) et
d’Europa Press et de l’AFP


