Dans le cadre des Nuits de la lecture, l’Instituto Culturel de Mexico propose une mise en voix par Théophile Choquet de « La Saison des ouragans » de l’écrivaine mexicaine Fernanda Melchor le jeudi 22 janvier à 18 h 30.
À l’occasion des Nuits de la lecture, événement national organisé par le Centre national du livre à l’initiative du ministère de la Culture, l’Institut Culturel a le plaisir d’inviter le comédien Théophile Choquet pour une lecture d’extraits choisis de La Saison des ouragans (Temporada de Huracanes) de Fernanda Melchor, écrivaine et journaliste mexicaine née en 1982 à Veracruz, publiée chez Grasset.
Très tôt remarquée par la critique pour ses Saisons des ouragans dans divers journaux et revues, Fernanda Melchor s’est imposée sur la scène littéraire internationale avec son roman publié aux éditions Grasset en 2019. Artiste de théâtre complet, Théophile Choquet est comédien et metteur en scène. Il joue et met en scène des spectacles en France et à l’international, notamment en Amérique latine. Soucieux de faire vivre la littérature et la poésie, il prête régulièrement sa voix lors de lectures publiques et d’événements artistiques, notamment au sein de centres culturels étrangers à Paris : Maison de la Culture du Japon, Maison de l’Amérique latine, Centre Culturel Irlandais, Unesco, Maison du Brésil… Amoureux des textes, il participe aux Nuits de la lecture depuis leur création en 2017.
Inspiré d’un fait divers, La saison des ouragans s’ouvre sur la découverte d’un cadavre. Dans le canal d’irrigation, aux abords du petit village de La Matosa, un groupe d’enfants tombe sur le corps sans vie de la Sorcière. À la fois redoutée et respectée, elle habitait une maison pleine de mystères où les femmes de la région venaient lui rendre visite pour lui demander de l’aide : maladies, mauvais sort, mais aussi avortements discrets. À l’instar de Chronique d’une mort annoncée de Gabriel García Márquez, nous découvrons au fil du roman les événements qui ont mené à son assassinat, les histoires des bourreaux qui sont autant de mobiles expliquant les raisons du meurtre de cette envoûtante Sorcière de La Matosa.
Yesenia a vu son cousin Luismi, accompagné de Brando, sortir de la maison de la Sorcière avec un corps. Il y a également Munra, le beau-père boîteux de Luismi, qui conduisait le camion le jour de l’assassinat, un simple exécutant dit-il aux policiers. Luismi vit avec Norma, une jeune fille de 13 ans. Elle a été admise à l’hôpital pour d’importants saignements à la suite d’une visite chez la Sorcière. Brando, lui, a besoin d’argent pour ses projets. Un trésor serait caché dans la maison de la femme maléfique. Autant de raisons pour commettre l’irréparable et autant de perspectives qui nous plongent dans la campagne mexicaine où la misère, la drogue et la violence poussent les gens à la folie autant que l’extrême chaleur qui s’installe. Ce qui, en plein mois de mai, semble annoncer que la saison des ouragans sera violente…
Grâce à cette intrigue policière à rebours, Fernanda Melchor brosse un formidable portrait du Mexique et de ses démons. Sa langue est crue, musicale, elle retranscrit la brutalité avec beaucoup de talent. Il s’agit d’un livre sur les pulsions et la violence mais également sur l’une des figures du féminisme – souvent fantasmée, toujours persécutée –, qu’on a cherché à abattre depuis la nuit des temps : la sorcière.
D’après Latinos
La saison des ouragans aux éditions Grasset, 2019, traduit de l’espagnol (Mexique) par Laura Alcoba.


