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Nicaragua

Mobilisation au Nicaragua contre le régime répressif : «Daniel doit partir !»

C’est la demande de milliers de paysans et d’étudiants qui se mobilisent dans les rues de Managua et de tout le Nicaragua depuis fin avril. Que Daniel Ortega, son épouse Rosa Murillo et tout le gouvernement s’en aillent. Bien qu’Ortega ait renoncé à son plan de réforme des pensions, le peuple nicaraguayen n’a pas cessé de se mobiliser. Un processus révolutionnaire est en cours qui pourrait provoquer la chute du régime répressif.

Photo : El Especial

Le peuple nicaraguayen crie dans les rues «Ortega, Somoza sont la même chose». C’est la fin de ceux qui, il y a près de 40 ans, avaient mené une révolution pour renverser le dictateur Somoza. À Masaya, Matagalpa, León, Estelí et dans toutes les villes qui étaient la base sociale du sandinisme, il y a eu des barrages routiers ou des barricades. La même chose se produit dans les universités. Des milliers de paysans ont marché jusqu’à Managua où un raz-de-marée humain a défilé. La police et les groupes armés de l’orteguisme n’ont pas cessé de réprimer et de tuer. On estime qu’à la mi-mai 53 personnes sont mortes, des centaines ont été blessées et certaines ont été portées disparues.

Les étudiants sont à l’avant-garde. Jusqu’à présent, aucune nouvelle direction politique et aucune nouvelle organisation n’a vu le jour. Mais le processus peut conduire à l’émergence des nouvelles directions. Entre-temps, il y a un débordement de masse. La bourgeoisie, l’Église et l’armée s’inquiètent de l’approfondissement de la mobilisation et de la chute d’Ortega au milieu d’une révolution qu’ils ne contrôlent pas. Qu’il y ait quelque chose de semblable à ce qui a été la fin de Kadhafi en Libye et d’autres dictatures pseudo-populaires en Afrique du Nord en 2011.

C’est pourquoi l’Église catholique et sa Conférence Épiscopale du Nicaragua (CEN), alliée de longue date d’Ortega, cherchent une «table de dialogue» pour sauver le régime ou pour trouver une solution concertée qui doit empêcher la poursuite de la mobilisation révolutionnaire. Quelque chose de similaire à ce que le Vatican a fait et des gens comme le social-démocrate espagnol José Luis Zapatero au Venezuela. Tables de «dialogue» qui ont aidé à sauver Maduro de sa chute. Les Forces armées elles-mêmes se sont distancées d’Ortega, en exigeant de ne pas s’engager dans la répression et exigeant le dialogue. Il est symptomatique que l’ancien commandant et ancien chef d’armée Humberto Ortega, frère de Daniel et retraité de la politique depuis des années, a mis en garde contre le danger d’un «effondrement». On dit que Humberto, «qui a critiqué le gouvernement de son frère à plusieurs reprises, a envoyé il y a quelques jours une lettre au Commandement du Sud des États-Unis, au Département d’État et aux chefs de la défense d’Amérique centrale, dans laquelle il mettait en garde contre le danger d’un «effondrement» dans le pays et contre la nécessité «pour l’armée nicaraguayenne de rester ferme dans son caractère professionnel non partisan et patriotique» (reproduit de Clarin, Argentine, 14/5).

Les étudiants et une grande partie de la population se méfient logiquement du résultat de ce dialogue. Beaucoup ont signalé leur opposition, même dans les rues avec des banderoles disant : «Il n’y a pas de dialogue sans justice.» C’est déjà une manœuvre pour démobiliser et chercher un nouveau pacte avec Ortega ou un remplaçant pour le sauver de ses crimes et continuer avec un Nicaragua au service des capitalistes. La voie à suivre est de poursuivre la mobilisation révolutionnaire populaire, en reniant le dialogue tricheur, jusqu’à ce que les patrons et le régime répressif d’Ortega soient renversés et que nous luttions pour obtenir un gouvernement des opprimés, de la classe ouvrière, des paysans et des jeunes.

Miguel SORANS

Miguel SORANS est membre de la brigade de combat latino-américaine Simón Bolívar qui a combattu contre la dictature de Somoza en 1979 et leader de la Gauche socialiste/FIT d’Argentine et de l’UIT-QI.

Des dizaines de morts à l’origine du rassemblement «pour la paix et la justice» au Nicaragua

Le président de gauche, Daniel Ortega, a dû faire face à la plus violente mobilisation sociale depuis son retour au pouvoir, il y onze ans. Dans un climat de rage et de saccage, les émeutes populaires ont été férocement réprimées par la police et se sont achevées dans un bain de sang dont le bilan provisoire est de 43 morts et une centaine de blessés. Un rassemblement «pour la paix et la justice» a eu lieu le samedi 28 avril à Managua.

Photo : Nodal

Lancé au départ par les étudiants contre une réforme des retraites, l’explosion sociale avait commencé le 18 avril dans plusieurs villes du pays et s’est transformée rapidement en une mobilisation générale. Accusés de corruption, de «confiscation du pouvoir» et d’assassinats, l’ancien guérillero sandiniste et son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo, ont été la cible du désormais célèbre cri d’indignation populaire adopté par les sociétés latino-américaines depuis la crise argentine de 2001 : Que se vayan ! («Qu’ils s’en aillent !»).

Dans les actes de violence de ces derniers jours, le gouvernement est le responsable d’«une violation massive des droits de l’homme lors des manifestations, y compris la mort et la torture des jeunes pour décourager leur mobilisation», a déclaré Vilma Nuñez, directrice du Cenidh (Centre nicaraguayen des droits de l’homme). «Nous avons été torturés […] Plus nous pleurions, plus nous étions battus», a témoigné Gilbert Altamirano, un jeune emprisonné lors des répressions policières. Après les actions les plus meurtrières, l’annonce tant attendue par les manifestants est arrivée le dimanche 22 avril : le chef de l’État fait marche arrière dans la mise en place de sa réforme, qui prévoyait de diminuer de 5% le montant des retraites afin de réduire le déficit de la Sécurité sociale (76 millions de dollars).

Mais, si l’application du décret présidentiel sur cette réforme très controversée a été suspendue, l’inquiétude généralisée reste claire et présente. Ce qui tourmente le plus les Nicaraguayens, selon les analystes, c’est «la hausse permanente des tarifs d’électricité et du carburant, les suppressions de postes dans le secteur public et la réduction des mesures d’aide sociale», sans oublier le manque de liberté d’expression. Mais, le plus grave est l’absence d’un projet de croissance capable de remettre sur pied la société toute entière. Et on voit mal comment le gouvernement Ortega pourra prendre les difficiles décisions qu’attend son peuple, sans que la désobéissance civile et la violence s’intensifient dans l’imbroglio institutionnel et politique qui paralyse le pays.

«Le gouvernement est totalement d’accord pour reprendre le dialogue pour la paix, pour la stabilité, pour le travail, afin que notre pays ne soit pas confronté à la terreur que nous vivons en ces moments», a déclaré Daniel Ortega à la télévision nationale. Selon lui, derrière les émeutes se trouvent les États-Unis.

Il n’y a de quoi s’étonner. Un bref aperçu historique montre que les griffes étasuniennes ont marqué le Nicaragua – comme le reste de l’Amérique du Sud – depuis le milieu du XIXe siècle, soit à l’aube des structures fédérales qui ont posé les bases de toutes les républiques latino-américaines. À cette époque, les États-Unis et la Grande-Bretagne s’intéressèrent à la position stratégique du Nicaragua sur la route de l’isthme, le lien indiscutable entre l’océan Pacifique et l’Atlantique. En 1909, le dictateur libéral José Santos Zelaya fut renversé par une rébellion conservatrice financée par les États-Unis. Les «marines» restèrent au Nicaragua jusqu’en 1933, combattus et expulsés par la guérilla nationaliste du général César Augusto Sandino (d’où la «révolution sandiniste»). Après avoir déposé les armes, avec l’intention de sceller la réconciliation nationale, Sandino fut trahi par le gouvernement proétasunien de Juan Bautista Sacasa (1933-1936), assuré de la protection des officiers de la Garde nationale formée par les États-Unis : Anastasio Somoza, chef de la Garde, fait assassiner le héros national et prend le pouvoir en 1936. Dès lors la dynastie de Somoza, allié indéfectible des États-Unis, règne par la terreur sur le Nicaragua jusqu’en 1979, lorsque le Front sandiniste de libération nationale (FSLN), soutenu majoritairement par la population, prend le pouvoir. Vainqueur aux élections de 1984, et influencé par l’expérience cubaine et soviétique, le FSLN suscite l’inquiétude du gouvernement de Ronald Reagan, qui finance la guérilla antisandiniste.

Seize ans après avoir dû céder le pouvoir à son adversaire de droite – Violeta Chamorro – après une défaite électorale en 1990, Daniel Ortega, le candidat du Front sandiniste de libération nationale qui a présidé le Nicaragua de 1979 à 1990, est arrivé en tête des élections. À présent, l’ancien ennemi communiste de l’administration Bush accuse les organisations extrémistes des États-Unis de financer les groupes politiques opposés à son gouvernement[1], parmi lesquels se trouverait une grande partie des manifestants : leur but est de «semer la terreur, semer l’insécurité et détruire l’image de Nicaragua après 11 ans de paix, afin de prendre le pouvoir», a-t-il déclaré.

Curieuse coïncidence ou le résultat des enjeux géopolitiques ? À l’égard des faits historiques, on pourrait se demander si, en effet, l’arrivée au pouvoir de Donald Trump marque la rupture de la vague socialiste qui a gouverné pendant les deux dernières décennies la plupart des pays du dit «Cône sud», cette partie du continent qui semblait vouloir rompre avec le schéma néolibéral imposé par le FMI et prendre ses distances avec le grand voisin du Nord.

Quoi qu’il en soit, la crise sociale qui secoue le Nicaragua, à laquelle s’ajoutent le mécontentement, le manque de confiance dans les institutions et la persistance de la pauvreté dans la plupart des pays du continent, semble être le coup d’envoi d’une mutation considérable d’une partie de l’Amérique du Sud en pleine ébullition. Alors, si depuis quelque temps nous assistons à la chute du mythe socialiste, et considérant les propos précédents, peut-on extrapoler d’un continent à l’autre et parler d’un Printemps latino à l’état embryonnaire, à l’instar des manifestations populaires à l’origine du «Printemps arabe» ?

Eduardo UGOLINI

[1] Dans différents pays, «Wall Street décide qui sera président». (Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie)

Ortega annule la réforme à l’origine de violentes manifestations au Nicaragua

Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a renoncé dimanche à sa réforme controversée des retraites, point de départ de violentes manifestations qui ont fait au moins 25 morts, les plus violentes depuis l’arrivée au pouvoir de Daniel Ortega il y a onze ans. Nous reproduisons ici un article publié par Radio Canada.

Photo : Teletica

Lors d’une rencontre avec des chefs d’entreprise, le chef d’État de gauche a annoncé que l’Institut nicaraguayen de sécurité sociale (INSS) ne mettrait finalement pas cette réforme en œuvre. Celle-ci devait équilibrer le système de retraites en augmentant les contributions des salariés comme des employeurs et en diminuant de 5 % le montant des pensions, le tout sur recommandation du Fonds monétaire international (FMI).

«Le gouvernement est totalement d’accord pour reprendre le dialogue pour la paix, pour la stabilité, pour le travail, afin que notre pays ne soit pas confronté à la terreur que nous vivons en ces moments», avait déclaré un peu plus tôt Daniel Ortega à la télévision nationale.

Toutefois, selon le président, les manifestants sont soutenus par des groupes politiques opposés à son gouvernement et financés par des organisations extrémistes des États-Unis. Leur but est de «semer la terreur, semer l’insécurité et détruire l’image du Nicaragua après 11 ans de paix, afin de prendre le pouvoir», avait-il martelé.

Le président Ortega n’avait pas encore fait de sortie publique depuis le début de la crise. À la suite du premier discours d’Ortega, des centaines de jeunes avaient à nouveau violemment affronté les forces de l’ordre dans la capitale, Managua.

Population exaspérée

Le Centre nicaraguayen des droits de l’homme (CENIDH) a fait état de la mort de 24 personnes à l’AFP, qui a obtenu confirmation auprès des familles des victimes. Parmi les victimes figurent des étudiants, des policiers et de jeunes sympathisants du Front sandiniste au pouvoir, accusés de s’être attaqués aux manifestants. Une centaine de personnes ont aussi été blessées dans ces manifestations, les plus violentes depuis que Daniel Ortega a été porté au pouvoir, il y a 11 ans.

Les troubles ont débuté mercredi dans un grand nombre de villes du pays. La population du Nicaragua est exaspérée par les hausses permanentes des tarifs de l’électricité et du carburant, les suppressions de postes dans le secteur public et la réduction des mesures d’aide sociale, ont expliqué des analystes.

Les rues de Managua étaient jonchées de débris dimanche, selon des journalistes de l’AFP sur place, qui ont aussi assisté à des scènes de pillage. Les habitants se pressaient vers les magasins et supermarchés pour se faire des provisions. Les files d’attente s’allongeaient devant les stations d’essence.

Dans les villes voisines de Leon et Masaya, des bâtiments publics ont été mis à sac, des véhicules incendiés et des centres commerciaux pillés, selon le gouvernement. Des soldats armés de fusils ont été déployés devant les bâtiments administratifs.

Appels au calme

Washington a condamné dimanche «la violence et la force excessive utilisées par la police et d’autres personnes contre les civils qui exercent leur droit constitutionnel à la liberté d’expression et de réunion».

Pendant ce temps, l’Union européenne affirmait que «la violence est inacceptable», que «les manifestations doivent se dérouler pacifiquement» et que «les forces de l’ordre doivent intervenir avec la plus grande retenue».

Le pape François a de son côté affirmé son inquiétude, appelant à la fin des violences et à un règlement pacifique de la crise.

D’après Radio Canada

La violence légitime de l’État nicaraguayen comparée à l’abus de force de l’ancienne garde nationale

Le 8 février dernier, un groupe de mères du Mouvement de Rénovation Sandiniste (MRS, gauche), parmi lesquelles sa présidente, Suyen Barahona, a déposé une plainte contre le président du Nicaragua Daniel Ortega et le Général Cesar Aviles, chef des armées, pour « assassinat » et « abus d’autorité » à la suite du décès de deux jeunes garçons lors d’une fusillade avec une patrouille militaire en novembre dernier.

Photo : Daniel Ortega

La mobilisation fait suite à une opération militaire datée de novembre 2017 où six personnes supposées appartenir à des bandes criminelles, dont deux enfants de 12 et 16 ans, ont été assassinées à La Cruz del Rio Grande, région autonome du sud des Caraïbes. Sept femmes, Daysi Tamara Dávila Rivas, Suyén Barahona Cuan, Marlen Auxiliadora Chow Cruz, Virginia Eugenia Vijil Icaza, Luisa del Carmen Molina Cabezas, Lucia Marilea Reynosa Mercado et Mayra Sirias, demandent la clarification des faits et une investigation exhaustive à propos de la fusillade, de même que la remise des corps qui se trouvent actuellement dans une fosse commune.

Mme Chow se défend à propos de commentaires malsains de la part de la presse et de l’opinion publique à cause des photos qui circulent sur les réseaux sociaux où les deux mineurs sont présentés avec des armes de feux. Elle explique que les photos ne sont pas réelles et qu’aujourd’hui, avec les facilités technologiques, les clichés peuvent être photoshopées. Si c’est le cas, on est dans une situation extrêmement grave et on est face à un nouveau cas en Amérique latine de « faux positif » où des citoyens civils sont assassinés par l’armée et présentés aux médias comme criminels.

De plus, Mme Chow, membre du MRS, exprime son mécontentement, sa peur et sa méfiance envers le gouvernement de Daniel Ortega du fait de son abus de pouvoir, et le compare aux abus de force de la garde nationale contre les guérillas du FSNL. Elle s’explique ainsi : « que ces photographies soient vérifiées ou non, le gouvernement n’a pas le droit de prendre la vie des gens aussi impunément comme le fait le président Daniel Ortega. Je veux simplement leur rappeler que, pendant ces années, des guérilleros ont été tués de la même manière. Les demandes exigeaient d’une justice faite et ordonnée par les autorités compétentes. La garde nationale a été tuée comme le fait l’armée du Nicaragua ».

Jusqu’à ce que la justice fasse son travail et puisse clarifier les faits, le mouvement MRS continue de dénoncer l’inefficacité et la corruption du système judiciaire, de même que les critiques contre le gouvernement du FSLN. Ensuite, le gouvernement se trouve dans une situation très compliquée et, de l’extérieur, est encore perçu comme un gouvernement de gauche en Amérique qui utilise l’abus de la force pour maintenir le pouvoir.

Daniel Ortega se trouve dans son troisième mandat consécutif, obtenu avec 72,4 % de voix et presque 50 % d’abstention. Paradoxalement avec le cumul de mandats et la nomination de son épouse comme vice-présidente de la nation, Ortega est en train de créer une « dynastie » dans le pays, comparable d’une certaine manière à la dictature de Somoza, qu’il a aidé à écraser. Ce n’est pas étrange alors que l’opposition ou même les citoyens civils commencent à se méfier de plus en plus du président et trouvent qu’Ortega détient plus de pouvoir que ce qu’il devrait avoir. Sans parler d’une situation extrême, les cas d’abus de force des armées sont une conséquence claire, et mettent en péril le système démocratique du pays.

Jonathan Z. CORONEL

« Toujours sandiniste, le Nicaragua ? » un nouveau livre édité par le CITRI en Belgique

Le sociologue et journaliste Bernard Duterme pose la question dans ce petit livre en rappelant que si le Nicaragua des années 1980 l’était assurément avec le FSLN (Front sandiniste de libération nationale), « une parenthèse révolutionnaire chahutée, parce qu’anti-impérialiste et socialiste », la question mérite d’être posée aujourd’hui. Ci-dessous, des extraits de l’introduction au livre.

Photo : CITRI

« Oui » pour les uns, « non » pour les autres

Les Somoza (dictateurs de père en fils avec le soutien des États-Unis) fuirent le pays en juillet 1979, les sandinistes perdirent les élections en février 1990. Depuis 2007, le drapeau rouge et noir flotte à nouveau sur le Nicaragua. Aux commandes, le FSLN et son secrétaire général, Daniel Ortega, président de la République. À l’entame d’un quatrième mandat en tant que chef du gouvernement national, l’ancien guérillero perpétue de la sorte le règne du sandinisme nicaraguayen, bien au-delà de celui qui en avait inspiré le nom, le rebelle Augusto Sandino, assassiné par le premier Somoza en 1934 sous l’égide des États-Unis. Le sandinisme du XXIe siècle puise-t-il toujours son sens et ses valeurs dans celui du XXe ? Officiellement, “oui”. Le pouvoir s’affiche résolument “chrétien, socialiste et solidaire”. “Non” par contre, aux yeux de la majorité des dirigeants et intellectuels sandinistes d’hier qui ont quitté l’épopée, déçus ou déchus. Ils le taxent eux de “néolibéral, autocratique et conservateur”. À tort ou à raison ?

Quelle place des petites économies dans le marché mondial ?

L’examen des choix politiques, économiques et sociaux de l’actuelle administration Ortega aide à trancher. Au-delà, la question de la viabilité d’un projet de développement national, réellement alternatif au modèle dominant des petites économies centro-américaines dans le marché mondial, revient sur le tapis. S’il a boosté la croissance dans la région ces dernières années, le rebond “extractiviste” – l’essor du “capitalisme de prédation” – a aussi induit une plus forte concentration des richesses, une hausse de la dénutrition dans les populations les plus vulnérables et une aggravation du saccage de l’environnement.

Analyses du « pour » et du « contre »

Le livre vise à caractériser le sandinisme actuel dans ses différentes dimensions. Le premier chapitre porte sur les principales étapes et les mécanismes tant de la reconquête du pouvoir politique par le FSLN, seize ans après la défaite de 1990, que de la consolidation de l’hégémonie sandiniste, si pas “ortéguiste”, sur la société nicaraguayenne. Le deuxième examine le modèle économique déployé par l’administration Ortega, des conditions de la forte croissance de ces dernières années jusqu’aux impacts des politiques et alliances engagées par le gouvernement. Le troisième chapitre enfin fait place aux analyses polarisées du “sandinisme du XXIe siècle” par quatre intellectuels nicaraguayens, dissidents du FSLN ou toujours fidèles à ses orientations en cours. L’auteur Bernard Duterme est directeur du Centre tricontinental (CETRI, Louvain-la-Neuve en Belgique), auteur ou coordinateur de plusieurs ouvrages sur les mouvements sociaux et politiques en Amérique latine.

Jac FORTON *

* Texte de l’introduction du livre, adapté par Jac Forton. « Toujours sandiniste, le Nicaragua ? », éditions CETRI, à commander à CETRI, 10 € envoi postal compris.

Large victoire du Front sandiniste de libération nationale : Daniel Ortega pour un troisième mandat consécutif

Victoire sans surprise du président Daniel Ortega et son épouse comme vice-présidente. L’enjeu majeur : l’étendue réelle de son soutien populaire. Les chiffres de l’abstention controversés. L’opposition dénonce une « farce électorale ». Selon les dernières informations du Conseil suprême électoral, le Front sandiniste l’emporte largement devant son plus proche opposant, le Parti libéral constitutionnaliste. Les résultats : FSLN 72,5 % ; Parti libéral constitutionnaliste (PLC) 15 % ; Parti libéral indépendant  (PLI) 4,5 % ; Alliance libérale nicaraguayenne (ALN) 4,5% ; Parti conservateur (PC) 2,3 %, et Alliance pour la République (APRE) 1,4 %.

Les candidats et partis en présence.  José Alvarado du PLI représente la seconde force politique et la principale opposition au gouvernement depuis les élections de 2006.  Le PLC de Maximino Rodríguez est un parti contrôlé par Arnoldo Alemán, élu président en 1996, condamné ensuite pour malversations de fonds publics (il s’est retrouvé dans les Panama Papers), puis en alliance avec le FSLN « pour le partage du contrôle des institutions » selon des accusations de l’opposition. Rodríguez est un ancien commandant de la Contra (1). Saturnino Cerrato de l’ALN est un pasteur évangélique de l’Assemblée de Dieu, accusé par le PLI de s’être vendu au FSLN. Le PC de Erick Cabezas   revendique être le plus vieux parti du pays, avec pour devise « Dieu, Ordre, Justice ». Il a signé  des alliances avec d’autres partis d’opposition mais a décidé de se présenter seul. Carlos Canales de l’APRE est accusé par l’opposition de n’exister que pour présenter une façade pluraliste aux élections et favoriserait le FSLN. Enfin, Daniel Ortega du FSLN se présentait pour un troisième mandat consécutif.

« Invités » ou « Observateurs » ?  L’opposition politique accuse le président Ortega de ne pas accepter d’observateurs internationaux. Or le gouvernement a mis sur pied un Groupe d’invités électoraux composé d’une centaine de parlementaires, d’ex-présidents, de membres d’ONG, d’experts électoraux et fonctionnaires d’organismes régionaux. Parmi eux, les ex-présidents Manuel Zelaya du Honduras, Fernando Lugo du Paraguay, Alvaro Colóm et Vinicio Cerezo du Guatemala… Également présents, une délégation de l’Organisation des États américains (OEA), des parlementaires et des experts venus de l’Argentine, du Salvador, de l’Uruguay, du Chili, du Brésil et du Mexique. Dire que ces élections ne sont pas valables parce qu’il n’y a pas d’observateurs internationaux n’est donc pas la stricte vérité. Ce que l’opposition regrette, c’est que le gouvernement n’a pas accepté d’observateurs états-uniens ou européens, comme si c’étaient les seuls « impartiaux »…

L’étrange problème du PLI.  Eduardo Montealegre, président du Parti libéral indépendant était arrivé en deuxième place lors des élections de 2006 (24 députés sur 91 au Congrès). Mais depuis 2011, ce parti est l’objet de différents internes et s’est divisé en quatre tendances antagonistes. Le Conseil suprême électoral nicaraguayen avait, il y a plusieurs années, reconnu Indalecio Rodriguez comme président officiel du PLI. À sa mort, le parti passe sous le contrôle de Eduardo Montealegre. Les tendances menées par Valmore Valladares, Venancio Berrios et Pedro Reyes contestent son  leadership et déposent en 2012 un recours d’inconstitutionnalité contre lui devant la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême de Justice (CSJ). En juin 2016, celle-ci, sur base des résultats de l’assemblée des délégués PLI de février 2012, retire le pouvoir des mains de Montealegre pour le remettre à Pedro Reyes. La tendance Montealegre accuse la CSJ d’être manipulée par le président Ortega « pour éliminer la vraie opposition au profit d’un groupe collaborationniste  car nous terrifions [Ortega]… (2)» Les 28 députés du PLI- Montealegre sont remplacés par 28 députés du PLI-Reyes. La grande presse crie « à la fin de la démocratie ».

Pourquoi un tel soutien populaire au président Ortega ?   Le taux d’abstention  ou un vote massif pour l’opposition devaient montrer la vraie popularité du gouvernement. Les partis d’opposition n’ayant pas percé, que dit le taux d’abstention ? Selon l’opposition politique, il serait de 80 %. Selon le Conseil électoral, il serait de 40 %, c’est-à-dire dans la grande moyenne des élections latino-américaines. Ce n’est donc ni un raz-de-marée pour le gouvernement ni une franche victoire de l’opposition. À noter que le candidat Ortega a reçu plus de voix cette année que lors des élections précédentes en 2006. Alors, pourquoi cet abîme entre ce que disent les journaux nicaraguayens, occidentaux et  latino-américains (« dictateur », « dynastie », fin de la démocratie, etc.) et les 72 % de soutien populaire ?

« Daniel m’a donné un toit ».   Une lecture de témoignages d’électeurs des secteurs populaires est édifiante. « Daniel m’a donné un toit de zinc, il ne pleut plus dans ma maison ». « La rue a été pavée, ce n’est plus un courant de boue comme avant ». « Je ne suis rien mais mon fils va à l’université gratuite »… Le sociologue Orlando Nuñez, dans une interview donnée au  journaliste Sergio Ferrari, rappelle que « le gouvernement sandiniste a hérité en 2007 du second pays le plus pauvre d’Amérique latine après 17 ans de néo-libéralisme (devant Haïti)… Aujourd’hui, la croissance est de 4,5 %, il y a des avances dans la construction de routes, électrification massive des villages, éducation et santé publique gratuites, plans sociaux divers… (3) ». De plus, il existe au Nicaragua une sécurité citoyenne inconnue chez les voisins hondurien et guatémaltèque (4). La Banque mondiale aussi a son explication : « le Nicaragua se distingue pour maintenir des niveaux de croissance supérieurs à la moyenne de l’Amérique line… En 2016, la croissance pourrait atteindre les 4,4 %… Entre 2009 et 2014, la pauvreté ‘est réduite de 8 points ». Ces avances sociales et économiques réelles seraient le résultat d’alliances normales  pour un gouvernement dit de gauche (mouvements sociaux et politiques, syndicats) mais aussi assez improbables telles les Églises catholiques et évangéliques, le patronat, les investisseurs internationaux…

Les menaces des États-Unis.   Ami de Cuba, de l’Équateur et du Venezuela, le gouvernement nicaraguayen déplait bien sûr souverainement aux États-Unis qui emboitent  le pas de l’opposition et « s’inquiètent de ce qu’il se passe » au Nicaragua. Des députés US envisagent déjà des représailles économiques. Un projet de « Loi de conditionnalité des investissements » connue comme  « Loi Nica », vient d’être présenté au Congrès. Elle permettrait d’interdire les prêts que la Banque mondiale et la BID (Banque interaméricaine du développement) octroient au Nicaragua pour financer ses infrastructures. Le projet a déjà été adopté par la Chambre basse et se trouve maintenant au Sénat. Reste à attendre le résultat de l’élection des 90 députés nationaux et des 20 représentants au Parlasur pour évaluer si l’opposition parlementaire a réussi là où les partis politiques ont échoué.

Jac FORTON

(1) ‘Contra’ : membre de la contrerévolution organisée depuis le Honduras et le Costa Rica par les États-Unis pour renverser les gouvernements sandinistes des années 1980.   (2) En conférence de presse citée par le site 20minutes.com  le 7 novembre 2016.   (3) Un article publié dans le journal suisse Le Courrier repris par ALAI-net le 6 novembre 2016.   (4) En 2015, le taux d’assassinats au Honduras était de 60 pour 100 000 habitants, au Guatemala 30, au Nicaragua 8.

Au Nicaragua, des élections présidentielles controversées dimanche 6 novembre

Les élections présidentielles du 6 novembre s’annoncent paradoxales : d’un côté, des accusations « d’instauration d’une dynastie » et même de « dictature », de l’autre, des sondages qui donnent 60 à 70 % des voix au président Daniel Ortega du FSLN (Front sandiniste de libération nationale). Le président Daniel Ortega est souvent accusé de vouloir créer une « dynastie ». Non seulement, il se représente pour un troisième mandat mais il a pris comme colistière sa propre épouse, Rosario Murillo…

Les formations candidates  Six formations politiques se présentent aux élections : les partis Libéral Constitutionaliste (PLC), Libéral indépendant (PLI), et Conservateur , tous trois de tendance néolibérale, l’Alliance libérale nicaraguayenne,  conservatrice, L’Alliance pour la république, représentant les anciens « contras », et le Front sandiniste de Libération nationale (FSLN, au pouvoir).

Dynastie et/ou dictature ?  Le président Daniel Ortega du FSLN est souvent accusé de vouloir créer une « dynastie ». Non seulement, il se représente pour un troisième mandat mais il a pris comme colistière sa propre épouse, Rosario Murillo… après avoir nommé plusieurs de ses enfants à des postes importants de l’administration. Certains opposants parlent de dictature car Ortega et le FSLN contrôlent toutes les institutions de l’État et n’hésitent pas à écarter tout opposant sérieux. Selon la revue Envío citée par le journaliste Sergio Ferrari, « Chercher un troisième mandat sans observateurs internationaux, avec le contrôle total des structures électorales, ne laisser participer que des partis ‘autorisés’ par lui, etc., Ortega ôte lui-même toute légitimité aux élections ». Mais la droite est divisée et ne propose aucune alternative motivante. Et s’il n’y a pas d’observateurs internationaux, il y aura plus de 5 000 observateurs provenant de diverses institutions nationales accompagnés d’experts électoraux latino-américains tout aussi impartiaux que les européens ou les états-uniens…

Un vrai test de popularité   Les élections, même gagnées d’avance, seront un véritable test pour le parti et le président. Il se dit que les bons pourcentages des sondages seraient dus aux acquis sociaux réels du sandinisme : éducation et santé gratuite, électrification massive, soutien aux sports et à la culture, subventions aux transports, etc. Sergio Ferrari rappelle que lors du 37e anniversaire de la révolution sandiniste le 19 juillet dernier, le FSLN a réussi à mobiliser 350 000 personnes ! Le FSLN d’Ortega n’a bien sûr plus rien à voir avec celui des années 1980. Pour revenir au pouvoir, Ortega a tissé des alliances improbables avec la droite, les Églises, le patronat… L’étendue des abstentions ou un vote important vers l’opposition permettront d’évaluer la véritable popularité du gouvernement.

Jac FORTON

Vers un parti unique familial – Daniel Ortega et son épouse à la tête du pouvoir…

Le Nicaragua s’enfonce petit à petit dans l’autoritarisme. Pour preuve, la destitution le 29 juillet des 28 députés de l’opposition, dont 16 membres de l’Assemblée et 12 suppléants par le Conseil Suprême Electoral (CSE) composé des proches d’Ortega, avec l’aval de l’Assemblée contrôlée par les sandinistes. Les élections présidentielles sont prévues en novembre prochain sans la présence d’observateurs internationaux.

Mais aussi, l’élimination de la limite de deux mandats présidentiels imposée par la Constitution, lui permettant désormais d’être élu à vie ; des portraits géants du leader dans tout le pays ; une police chatouilleuse lorsque l’opposition se manifeste ; le choix de sa femme comme colistière, et la place de ses enfants à des postes clés du pays. Non seulement le CSE a destitué les 28 députés, affiliés au PLI (Parti Libéral Indépendant) et au MRS (parti sandiniste dissident), mais il a interdit à Eduardo Montealegre, leader du PLI, de se présenter à l’élection.

« C’est un fait sans précédent dans l’histoire du pays »  ont déclaré les 28 membres du Parlement de l’opposition expulsés par Daniel Ortega, qui ont qualifié cette procédure de « coup d’Etat au pouvoir législatif » dans un communiqué lu par leur représentant, Wilber López. Ils estiment que Daniel Ortega « méprise le vote des citoyens » qui les ont élus et porte un coup à « la démocratie, déjà affaiblie au Nicaragua, en fermant le dernier espace institutionnel de l’opposition ». Ils ont dénoncé cette décision qui va contre le principe d’indépendance et d’équilibre des pouvoirs de l’Etat, le pluralisme politique au Parlement, et qui confirme l’intention d’Ortega de vouloir instaurer un parti unique au Nicaragua.  Ils ont  ajouté qu’il était « particulièrement grave » que ceci survienne à trois mois des élections, comme « un objectif clair d’intimidation des citoyens opposés au régime sandiniste ». Ils ont également exhorté la communauté internationale à traiter de toute urgence la situation de la démocratie et de l’Etat de Droit au Nicaragua, et à prendre des mesures visant à la restauration d’élections libres et participatives et au retour immédiat des législateurs démis de leurs fonctions.

Daniel Ortega a donc annoncé le 28 juillet qu’il se présenterait en tandem avec sa femme à l’élection de novembre prochain. Il est grand favori et brigue donc un quatrième mandat. Poétesse excentrique connue pour ses penchants autoritaires, Rosario Murillo, que ses détracteurs surnomment la sorcière, est aussi réputée pour diriger dans l’ombre le gouvernement de gauche depuis l’élection de son mari en 2006. Elle va donc sortir de son rôle officieux pour celui de vice-présidente. L’annonce de la candidature à la vice-présidence de Rosario Murillo, épouse du chef de l’État et figure controversée de la politique nicaraguayenne, a renforcé les critiques des opposants à Daniel Ortega, qui l’accusent de vouloir imposer une dynastie familiale au pouvoir. La récente annonce de la candidature de Rosario Murillo inquiète dans le pays et déplaît même à certains des plus fidèles du clan Ortega. « Pour moi c’est la mort (du Front sandiniste) parce que j’ai déjà décidé que s’ils mettaient la Chayo (surnom de Mme Murillo) je n’irais pas voter », confie, sous couvert d’anonymat, un jeune membre du parti au pouvoir. Ainsi, Daniel Ortega poursuit-il le travail de sape qu’il a commencé une fois installé au pouvoir, en 2006, consistant à inféoder un à un les pouvoirs judiciaires et législatifs et à imposer une sorte de régime légal de parti unique.

 Catherine TRAULLÉ

Lire aussi les articles en ligne sur le Nicaragua (et aussi sur l’Argentine) dans libération.fr de François-Xavier Gómez.

Crispation de la diplomatie nicaraguayenne face aux opposants au projet d’un canal interocéanique

Le 25 juin dernier, la police nationale du Nicaragua arrêta Francisca Ramírez, une des principales leaders engagées contre le projet de canal reliant les océans Atlantique et Pacifique, ainsi que trois autres membres de la communauté de La Fonseca, dans le district de Nueva Guinea, dans le sud de ce pays d’Amérique centrale. Dans une nouvelle exhibition d’autorité, le président Daniel Ortega fit également arrêter les six membres de la Caravane Mésoaméricaine : six jeunes diplomés de la carrière de Sciences Environnementales de l’Université Nationale Autonome du Mexique.

Les activistes locaux ont été relâchés samedi même, contrairement aux membres de la Caravane Mésoaméricaine, détenus sans accusation officielle, en un lieu gardé secret pendant tout le weekend, jusqu’à leur expulsion du territoire la nuit du 27 au 28 juin dernier.

Le projet de canal transocéanique est sans doute une des questions les plus clivantes de la politique nicaraguayenne contemporaine. Le projet, approuvé par l’Assemblée nationale en juin 2013 dans la plus grande opacité, fut confié à l’entreprise privée Hong Kong Nicaragua Canal Group (HKNC), devant faire face à des problématiques de financement à hauteur de 50 milliards de dollars, au possible manque d’eau pour faire fonctionner le canal, et surtout, à l’opposition farouche des communautés locales qui se verraient dépossédées des terres qu’elles cultivent pour nourrir leurs familles.

L’actualité du projet est aujourd’hui devenue nécessaire pour assurer les retours politiques nécessaires pour légitimer le pouvoir de Ortega à l’approche de l’échéance électorale de novembre, et c’est dans ce contexte que l’arrestation des jeunes écologistes fut présentée par le gouvernement comme une action visant à sauvegarder la souveraineté nationale face à l’ingérence d’étrangers. Ainsi, le canal est devenu aux yeux du président Ortega, le vecteur de construction de la nation, et le communautarisme des populations indigènes qui y sont opposées, une problématique nationale. Cet événement vient s’inscrire dans un historique de faits assez alarmants et qui reflètent la dégradation des relations diplomatiques du Nicaragua avec ses voisins. Le 14 juin dernier, fut expulsé également le politologue états-unien Evan Ellis, dont le projet de recherche portait sur le canal.

Roger MAUVOIS

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