La sélection officielle de la 79e édition du Festival de Cannes (12 au 23 mai prochain) donne la part belle au cinéma européen et asiatique, mais les autres sections proposent des films latinos.
Pierre Salvadori et sa comédie romantique en costumes La Vénus électrique feront l’ouverture du festival, à la veille d’une sortie en salles prévue le 13 mai. On retrouve à côté de Pio Marmaï (pour la quatrième fois devant la caméra du réalisateur), les actrices Anaïs Demoustier et Vimala Pons.
Eye Haïdara, révélée au grand public par son rôle d’organisatrice de cérémonies dans Le Sens de la fête, d’Éric Toledano et Olivier Nakache (2017), sera la maîtresse des cérémonies d’ouverture et de clôture du 79e Festival de Cannes, les 12 mai et 23 mai 2026.
Barbra Streisand recevra une Palme d’or d’honneur. L’actrice, réalisatrice, productrice, scénariste, chanteuse et autrice-compositrice a tourné 18 films et en a réalisé 3 dont le très beau Yentl (1983). Le cinéaste néozélandais Peter Jackson (Le Seigneur des anneaux, King Kong) recevra lui aussi une Palme d’or d’honneur lors de la cérémonie d’ouverture du 79e Festival.
Réalisateur vedette en Corée du Sud dès son troisième long métrage, Joint Security Area (2000), Park Chan-wook doit beaucoup au Festival de Cannes, qui lui a permis de recevoir en 2004 le Grand Prix du jury accordé à Old Boy, le deuxième volet de sa trilogie sombre et violente autour de la vengeance. Il sera le président du jury.
La sélection fait la part belle au cinéma européen et asiatique. Si l’on retrouve des habitués comme le roumain Cristian Mungiu, le japonais Hirokazu Kore-eda, et quatre autres cinéastes asiatiques, ou l’iranien Aqsghar Farhadi, onze nouveaux cinéastes dont 5 femmes viennent en compétition. Le grand vainqueur est l’Espagne. On retrouve Pedro Almodóvar (prix de la mise en scène en 1999 et prix du scénario en 2006 – 7e participation) avec Amarga Navidad (en français Autofiction). Après As Bestas et la série Los años nuevos, le cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen présentera El ser querido porté par Javier Bardem, Victoria Luengo et Marina Foïs. On y suivra l’histoire d’un cinéaste reconnu et de sa fille, une actrice sans succès. Ses compatriotes Javier Ambrossi et Javier Calvo (duo à qui l’on doit la série Las Mesías) proposeront leur second long La bola negra. Le casting est composé de Pénélope Cruz, Glenn Close mais aussi Lola Dueñas, révélation de La Mesías. Les Javier revisitent trois époques (en l’occurrence 1932, 1937 et 2017) à travers le destin de trois hommes.
Dans la section Un certain regard on verra Siempre soy tu animal materno (À jamais ton animal maternel) de la Costaricaine Valentina Maurel (multiprimée à Locarno en 2022 avec Tengo sueños eléctricos) et la Chilienne Manuella Martelli (révélée à la Quinzaine en 2022, avec Chili 1976).
Côté Quinzaine des Cinéastes, la cérémonie d’ouverture sera marquée par la remise du Carrosse d’or 2026 à la cinéaste française Claire Denis. Trois films latinos ont été choisi : La libertad doble de l’argentin Lisandro Alonso. L’histoire de Misael qui vit seul, au fin fond de la forêt, loin de la présence des autres. Sa liberté tranquille est perturbée lorsqu’il est contraint de s’occuper de sa sœur aînée qu’il n’a pas vu depuis 25 ans. La muerte no tiene dueño de Jorge Thielen Armand. Une Vénézuélienne revient au pays après 20 ans passés à l’étranger, pour découvrir que la plantation de cacao de sa famille a été occupée par ses anciens travailleurs, qui sont déterminés à rester à tout prix. Enfin La Perra de Dominga Sotomayor Castillo raconte comment Silvia recueille un chiot abandonné et le nomme Yuri — le prénom qu’elle avait autrefois choisi pour la fille qu’elle n’a jamais eue.
A la semaine de la Critique, un film mexicain, Seis meses en el edificio rosa con azul de Bruno Santamaría Razo, chef opérateur reconnu. Au début des années 90, Bruno apprend la séropositivité de son père. Comme dans les chansons de salsa, sa famille tente de chanter et de danser pour conjurer leur douleur. Trente ans plus tard, Bruno filme et réinvente les souvenirs qu’il ne pouvait tout à fait percevoir enfant.
Alain LIATARD


