Le Vénézuéla a approuvée une loi historique d’amnistie à l’unanimité

Moins de 2 mois après la capture du président Nicolas Maduro le 3 janvier lors d’une opération militaire des Etats-Unis, ce jeudi 19 février, la présidente par intérim du Vénézuéla Delcy Rodriguez, a promulgué une loi d’amnistie permettant la libération de ces détenus politiques. Elle a été approuvée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, étant donné la promesse faite par le président de l’Assemblée et frère de la présidente Jorge Rodriguez, de la mettre en vigueur fin janvier sous la pression des Etats-Unis. « Il faut savoir demander pardon et il faut aussi savoir le pardon » lancée par la présidente par intérim après la signature du document promulguant la loi au palais présidentiel.

La loi d’amnistie couvre des faits qui se sont produit sur treize périodes précisément (liées à des manifestations et répressions), alors que certains espéraient qu’elle couvre l’entièreté de la période de 1999 à 2026 soit les présidences du défunt Hugo Chavez (1999 – 2013) et de Nicolas Maduro (2013 – 2026). Du coup, quelques personnes remettent en cause la pertinence de cette loi comme le directeur de Foro PenalGonzalo Himiob avec : « Rien que cela, en soit, est excluant et ignore le fait que la persécution a été continue pendant ces vingt-sept ans ». Selon le résumé du directeur de l’ONG Acceso a la justicia Ali Daniels : « Le bilan de cette loi est négatif »car il pointe de « graves déficience structurelle » sur cette loi d’amnistie.

La loi d’amnistie est exclue pour les personnes ayant commis des : « violations graves des droits de l’homme, crimes contre l’humanité […] homicides […] trafic de drogue […] infractions de corruption ». Elle exclut aussi les personnes ayant « promu, instigué, sollicité, invoqué, favorisé, facilité, financé ou participé » à des « actions armées » contre le Venezuela, ce qui pourrait priver de la mesure de nombreux membres de l’opposition dont sa cheffe et Nobel de la paix María Corina Machado, qui ont soutenu l’intervention américaine du 3 janvier.

Des experts des Nations unies ont estimé avant la séance que : « Le projet de loi d’amnistie pourrait être crucial pour les victimes et leurs familles, ainsi que pour la société vénézuélienne dans son ensemble ». Et que selon eux : « la loi doit se limiter aux victimes de violations des droits de l’homme et exclure expressément les personnes accusées de violations graves des droits de l’homme et de crimes contre l’humanité, y compris les acteurs étatiques, paramilitaires et non étatiques ». Selon l’avocate spécialiste des cas politique Jackeline Sandoval : « il y aura une commission qui évaluera certains cas. Au final, ce seront les tribunaux qui décideront. Par conséquent, aucun policier ni militaire ne sortira de prison dans l’immédiat ». Et ce, alors que des dizaines de militaires et policiers accusés de comploter sont derrière les barreaux. 

Dans la nuit du vendredi 20 février, la justice vénézuélienne a accordé la liberté à 379 prisonniers politiques. Malgré tout, selon Gonzalo Himiob qui défend les détenus politiques avec son ONG Foro Penal, 600 sont encore derrière les barreaux. Et les familles des détenus campent devant les établissements pénitentiaires depuis le 8 janvier et les promesses de libération faites par le pouvoir. Une grève de la faim avait été entamée par dix femmes proches de détenus politiques de la prison de Caracas ce samedi 21 février, car elles étaient exaspérées des libérations au compte-gouttes. Toutes ont cessé cette grève de la faim après l’annonce, seulement une seule a continué ce jeudi puis a cessé après 136 heures selon un tableau accroché près des grévistes. Enfin, l’amnistie éteint aussi les actions en justice contre les personnes qui sont sorties de prison ces derniers jours et qui étaient en liberté conditionnelle.