Venezuela : L’arrestation de Nicolás Maduro : un tournant majeur pour l’Amérique latine

Les Etats-Unis ont achevé leur action militaire au Venezuela après avoir capturé le dirigeant Nicolas Maduro, a déclaré samedi un sénateur américain, citant le secrétaire d’État Marco Rubio. Il ne prévoit « aucune action supplémentaire au Venezuela maintenant que Maduro est sous la garde des Etats-Unis », a écrit sur son compte X le sénateur Mike Lee, républicain initialement critique de l’opération, après ce qu’il a décrit comme un appel téléphonique avec M. Rubio. : L’arrestation de Nicolás Maduro marque une rupture nette dans la politique américaine à l’égard du Venezuela. Depuis plusieurs années, les États-Unis exerçaient une pression diplomatique, économique et politique sur Caracas dans l’espoir de provoquer un changement de régime, sans jamais franchir le seuil de l’intervention directe. Cette fois, ce seuil a été dépassé.

Sur le plan tactique, l’opération apparaît comme une réussite incontestable. Elle a été préparée de longue date, avec une montée en pression progressive : blocus maritime, déploiement de la flotte américaine et intensification de la lutte contre les narcotrafics. À cela s’est ajoutée une infiltration du territoire vénézuélien par les forces spéciales et les services de renseignement. L’intervention elle-même, menée de nuit, a été fulgurante : frappes ciblées sur des points stratégiques, arrestation rapide de Nicolás Maduro, de son épouse et de membres clés de son entourage par les forces spéciales américaines. D’un point de vue strictement militaire, l’opération constitue un succès.

Le président américain, Donald Trump, a déclaré samedi que les forces américaines avaient capturé le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain. « Les Etats-Unis d’Amérique ont mené avec succès une attaque de grande envergure contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolas Maduro, qui, avec son épouse, a été capturé et exfiltré du pays », a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social. 

Le plus difficile reste toutefois à venir. Une fois le régime renversé, se pose la question cruciale de l’après : comment établir un nouveau gouvernement ? Comment garantir la stabilité politique et économique du pays ? Et surtout, comment reconstruire un État affaibli par près de vingt-cinq ans de chavisme, entre Hugo Chávez et Nicolás Maduro ?

Contrairement à une lecture simpliste souvent avancée, l’intervention ne répond pas principalement à des considérations pétrolières. L’enjeu central est sécuritaire. Le Venezuela est devenu un narco-État, marqué par des trafics massifs, drogue, êtres humains, et par une grave crise humanitaire. Plus d’un million de Vénézuéliens ont fui le pays, provoquant une déstabilisation régionale majeure. Cette instabilité dépasse largement les frontières vénézuéliennes. La Colombie, le Chili et d’autres États d’Amérique latine subissent les conséquences directes de l’effondrement vénézuélien. Au Chili, par exemple, les bandes criminelles venues du Venezuela ont profondément déstabilisé le nord du pays, au point de devenir un thème central de la campagne présidentielle. Par ailleurs, le Venezuela constituait un pilier économique pour plusieurs régimes anti-américains, en particulier Cuba, à qui Caracas fournissait du pétrole à prix réduit. Aux yeux de Washington, la question vénézuélienne s’inscrit donc dans une stratégie globale de stabilisation du continent latino-américain.

À l’échelle régionale, les conséquences pourraient être rapides. Cuba, qui recevait environ 40 000 barils de pétrole par jour du Venezuela, risque une dégradation économique et sociale brutale. Privé de ce soutien, le régime cubain pourrait vaciller dans les semaines à venir, ouvrant la voie à un possible changement de gouvernement. Le Nicaragua, également dépendant des subsides vénézuéliens, pourrait suivre une trajectoire similaire.

Certains observateurs comparent déjà l’intervention américaine au Venezuela à celle menée en Irak en 2003, redoutant un scénario de chaos prolongé. Cette comparaison est pourtant largement infondée. L’Irak n’était pas un État-nation homogène ; il ne tenait que par la force d’une dictature et par l’idéologie du parti Baas. Le Venezuela, à l’inverse, est une nation dotée d’une forte cohésion culturelle, ethnique et religieuse. Il dispose d’une classe éduquée capable de gérer les institutions administratives et économiques du pays. Les conditions d’une reconstruction étatique y sont donc bien plus favorables.

Comme toujours après la chute d’un dictateur, l’avenir du Venezuela oscille entre promesses et défis. La fin du régime de Nicolás Maduro ouvre une opportunité historique de redressement démocratique. Mais reconstruire un pays profondément affaibli par vingt-cinq ans de mauvaise gouvernance exigera du temps, des compromis politiques et un accompagnement international durable. L’arrestation de Nicolás Maduro n’est ainsi pas une fin en soi : elle marque le début d’une nouvelle phase, décisive pour le Venezuela et pour l’équilibre de toute l’Amérique latine.

Le gouvernement espagnol a proposé samedi de jouer les intermédiaires dans la crise entre le Venezuela et les États-Unis, après les attaques aériennes américaines et l’annonce par le président Donald Trump de la « capture » de son homologue vénézuélien Nicolas Maduro. « L’Espagne appelle à la désescalade et à la modération », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, se disant « à cet égard (…) disposée à offrir ses bons offices pour parvenir à une solution pacifique et négociée à la crise actuelle », rappelent également qu’elle n’avait « pas reconnu les résultats des élections du 28 juillet 2024 », officiellement remportée par Nicolas Maduro, un résultat contesté par l’opposition.

Le numéro deux du Département d’État américain a déclaré samedi que le Venezuela connaissait une « nouvelle ère » après l’annonce du président Donald Trump de la capture par les forces américaines du président vénézuélien, Nicolas Maduro. « Une nouvelle ère pour le Venezuela ! Le tyran est parti. Il va désormais — enfin — répondre de ses crimes devant la justice », a écrit l’adjoint au secrétaire d’Etat, Christopher Landau, sur son compte X.

Le président colombien, Gustavo Petro, a annoncé samedi avoir ordonné le déploiement de militaires à la frontière avec le Venezuela, après les attaques aériennes menées par les Etats-Unis sur son voisin. Petro a qualifié ces bombardements d’ » agression contre la souveraineté » de l’Amérique latine et affirmé qu’elles entraîneraient une crise humanitaire.