Incarcéré depuis début janvier aux États-Unis dans une prison connue pour son insalubrité, l’ancien dirigeant vénézuélien comparaît jeudi pour une audience de procédure.
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Emprisonné à New York depuis sa capture par les États-Unis début janvier, le président vénézuélien déchu Nicolás Maduro retrouve jeudi le tribunal de Manhattan devant lequel il est accusé d’avoir favorisé un trafic international de drogue. L’ancien homme fort du Venezuela, âgé de 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, poursuivie à ses côtés, ne sont plus apparus en public depuis une première audience le 5 janvier, au cours de laquelle ils ont été formellement inculpés par la justice américaine. L’audience de jeudi 24 mars vise principalement à résoudre des questions de procédure, préalablement à tout début d’examen au fond. Incarcéré – comme sa femme – au Metropolitan Detention Center (MDC) de Brooklyn, prison fédérale connue pour son insalubrité et sa gestion défaillante, Nicolás Maduro est seul dans une cellule, sans accès à internet ni aux journaux. Celui que certains de ses codétenus appellent « président » dans les couloirs, lit la Bible et n’a le droit de communiquer par téléphone qu’avec sa famille et ses avocats, à raison de 15 minutes maximum par appel, a indiqué une source proche du gouvernement vénézuélien. «Les avocats nous ont dit qu’il était solide », a déclaré son fils unique Nicolás Maduro Guerra, rapportant ces propos de son père: «. nous allons bien, nous sommes des combattants ».
Maduro est accusé de narcoterrorisme
Enlevé le 3 janvier à Caracas avec son épouse lors d’une spectaculaire opération militaire de l’armée américaine, impliquant quelque 150 avions et hélicoptères en plus de troupes au sol, Nicolás Maduro est poursuivi aux États-Unis pour quatre chefs d’accusation, dont narcoterrorisme. L’ancien président nie totalement les faits qui lui sont reprochés et ses avocats tentent de faire annuler l’acte d’accusation, selon des documents judiciaires récemment rendus publics.
Au cœur de leur argumentation : l’administration américaine empêche l’État vénézuélien de payer les frais d’avocats du couple, du fait des sanctions internationales qui pèsent sur le pays. Or, selon la défense de Nicolás Maduro, interdire à un accusé l’accès à un avocat de son choix est une violation d’un droit garanti par le sixième amendement de la Constitution américaine. « La seule issue est l’abandon des poursuites, car ce tribunal ne peut pas laisser cette affaire se poursuivre en violation de leurs droits constitutionnels », écrivent ses avocats. La réponse du juge chargé du dossier, Alvin Hellerstein, magistrat de 92 ans rompu aux grosses affaires, sera scrutée de près, même si le choix radical d’une annulation des poursuites paraît très peu probable.
D’après 24 Heures (Suisse)


