Nicaragua entre exil et résistance : Deux exilés politiques de Nicaragua témoignent en France de la répression actuelle

Depuis le soulèvement populaire d’avril 2018 au Nicaragua, le régime autoritaire du couple Ortega-Murillo gouverne par la répression et la terreur : des centaines de morts, des prisonniers et prisonnières politiques (dont plusieurs centaines ont été expulsés et déchus de leur nationalité), des disparus. Près de deux millions de Nicaraguayens ont choisi le chemin de l’exil ou été empêchés de rentrer au pays. Les élections de 2021 n’ont pas été validées par les instances internationales, plus aucun journal papier n’existe au Nicaragua, la majorité des journalistes sont exilés.

L’Église catholique est particulièrement visée, avec deux cents prêtres et religieuses expulsés du pays, la fermeture de l’Université jésuite, et récemment, l’interdiction d’ordonner de nouveaux prêtres et diacres. Le frère dominicain Rafael Aragón, religieux espagnol, a passé quatre décennies au Nicaragua. Penseur de la théologie de la libération et figure emblématique d’une église au service des pauvres et de l’émancipation des peuples en Amérique centrale, il a été compagnon de route de la révolution sandiniste. Il est aujourd’hui interdit de séjour au Nicaragua, pays dont il possède pourtant la nationalité, en raison de ses prises de position contre le pouvoir dictatorial de Daniel Ortega. Il continue d’animer l’antenne de Radio Veritas, qui émet désormais depuis le Costa Rica, où il est réfugié politique.

Gabriel Putoy est enseignant, catéchiste, issu des peuples autochtones du Nicaragua. Il fait partie des milliers de personnes emprisonnées à la suite du mouvement social de 2018. Torturé et menacé de mort, il est aujourd’hui réfugié au Costa Rica voisin, où il continue de subir le harcèlement du régime.