Documentaire sur la route « Las Yungas » en Bolivie sur France TV

Imaginez une route de montagne si étroite que deux véhicules peinent à se croiser, sans barrière, avec un ravin à pic sous vos roues. Ajoutez le brouillard, la pluie tropicale, la boue qui grignote le bitume et des centaines de croix plantées au bord du vide. Bienvenue sur la route de la mort en Bolivie, un itinéraire que beaucoup considèrent encore comme la route la plus difficile à parcourir au monde. Officiellement appelée Route des Yungas, ou « Death Road », cette ancienne route relie les hauteurs de La Paz aux vallées tropicales de Coroico, au cœur de la cordillère des Andes. Sur un peu moins de 60 kilomètres, chaque virage peut se transformer en piège, au point de laisser les conducteurs les mains crispées sur le volant. Et pourtant, malgré sa réputation, cette route attire toujours plus de curieux prêts à la défier. Cette route n’a jamais été pensée comme une attraction touristique. Elle a été construite dans les années 1930, en grande partie par des prisonniers paraguayens après la guerre du Chaco qui s’est achevée en 1935. À l’époque, il s’agissait d’ouvrir un lien vital entre la capitale et les vallées productrices de café, de cacao ou de feuilles de coca. Les moyens étaient rudimentaires, les normes de sécurité quasi inexistantes, et de nombreux ouvriers ont perdu la vie pendant le chantier, un triste prélude à ce qui allait suivre.

Sur place, on comprend vite pourquoi cette route de la mort Bolivie a acquis un tel statut. La chaussée ne dépasse parfois pas trois mètres de large, pour un trafic qui accueillait autrefois bus, camions chargés et voitures. Il n’y a pas de glissières de sécurité, seulement un bord de piste en terre qui s’effrite par endroits, avec des précipices de plusieurs centaines de mètres juste à côté. La pluie rend la surface boueuse, le brouillard coupe la visibilité, les éboulements ne sont pas rares : une simple inattention peut vous envoyer par-dessus le bord d’une falaise très raide.

En 1995, la Banque interaméricaine de développement a qualifié la Route des Yungas de « route la plus dangereuse du monde ». Avant les travaux de sécurisation, certaines estimations évoquent entre 200 et 300 morts par an, d’autres autour d’une centaine de annuelles, avec en moyenne un véhicule qui disparaissait dans le vide toutes les deux semaines. Le pire drame survient le 24 juillet 1983, lorsqu’un bus bascule dans un ravin, faisant plus d’une centaine de morts. Et même si un itinéraire de contournement plus sûr a ouvert en 2006 puis un véritable contournement en 2007, la route historique reste meurtrière : en 2025, entre 30 et 40 personnes y ont encore perdu la vie. 

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