Le phénomène El Niño est désormais « solidement installé » et devrait « devenir un phénomène de très forte intensité dans les mois à venir » a alerté jeudi l’Organisation météorologique mondiale, prévoyant une prolongation de l’épisode jusqu’en février 2027.
France 24 – Environnement
Des eaux en surchauffe qui suscitent l’inquiétude de l’ONU. Le phénomène El Nino, caractérisé par un réchauffement océanique intense dans le Pacifique équatorial, est désormais « solidement installé » et devrait encore se renforcer dans les prochains mois pour atteindre une intensité « très forte », a alerté jeudi 3 septembre l’Organisation météorologique mondiale (OMM). « El Niño s’est solidement installé et va s’intensifier pour devenir un phénomène de très forte intensité dans les mois à venir, avec des répercussions importantes sur les régimes de température et de précipitations, ainsi que sur les risques associés d’inondations, de sécheresses et de chaleurs extrêmes », alerte une nouvelle mise à jour de l’OMM.
L’épisode « devrait se renforcer encore au cours des prochains mois pour atteindre une très forte intensité avant de parvenir à son apogée vers la fin de l’année 2026 », prévient encore l’OMM. En outre, souligne l’organisation, les dernières prévisions saisonnières des centres mondiaux de production de l’OMM indiquent « une probabilité exceptionnellement élevée » de près de 100 % qu’El Niño se maintienne jusqu’en février 2027.
Deux puissants ouragans et une tempête tropicale qui se renforce traversent mercredi l’océan Pacifique, dont les eaux sont réchauffées par un épisode d’El Niño d’une intensité historique. L’ouragan Lowell est passé mercredi en catégorie cinq, la plus élevée, alors qu’il se déplace vers l’ouest, suivi par l’ouragan Karina (catégorie quatre). Tous deux devraient passer loin des côtes d’Hawaï, selon le Centre national américain des ouragans (NHC). Les houles générées par Lowell se propagent vers le nord et toucheront certaines parties des îles hawaïennes au cours des prochains jours, a toutefois déclaré le NHC, ce qui pourrait entraîner des conditions dangereuses près des côtes.
Lowell et Karina sont suivis par la tempête tropicale Marie, actuellement située à quelques centaines de kilomètres des côtes mexicaines et qui devrait devenir un ouragan plus tard dans la journée, selon le NHC. Le réchauffement lié à El Niño crée les conditions propices à ces tempêtes, qui sont alimentées en grande partie par des eaux chaudes, estime Julia Cole, climatologue à l’université du Michigan. Un enchaînement de trois tempêtes est assurément rare, ajoute-t-elle.
Un précédent en 2015
Le système climatique s’est vraiment réchauffé depuis une vingtaine d’années, appuie Benjamin Kirtman, de l’université de Miami, soulignant que la température des eaux de surface est déjà à des niveaux quasi record. Selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), l’El Niño de cette année a 69 % de chances de devenir le plus intense jamais enregistré. Il provoque déjà des phénomènes météorologiques extrêmes partout dans le monde, alors qu’il ne devrait atteindre son pic que vers novembre. Phénomène climatique qui se produit tous les deux à sept ans, il survient quand les vents d’est qui retiennent en temps normal les eaux chaudes dans l’ouest du Pacifique faiblissent temporairement, permettant à celles-ci de remonter à la surface et de se déplacer vers l’est.
Lorsque les températures en surface se maintiennent au-dessus de la normale pendant plusieurs mois, cela provoque plus de tempêtes au-dessus de la région, ce qui a des répercussions sur l’ensemble de l’atmosphère terrestre. En conséquence, le climat devient plus chaud et sec dans certains endroits, et plus frais et humide dans d’autres.
Les scientifiques s’accordent à dire que les changements climatiques amplifient les effets d’El Niño. Il n’existe en revanche pas de consensus quant à savoir si les changements climatiques renforcent El Niño en soi, même si des preuves en ce sens commencent à émerger.
D’après France 24


