CINÉMA À TOULOUSE

Toulouse et la diversité


À Toulouse, l’Amérique latine et l’Europe s’associent pour la diversité

Dans le cadre du festival Cinélatino, en mars dernier, a eu lieu la rencontre entre la Conferencia de Autoridades Cinematográficas de Iberoamérica (CACI) et l’European Film Agency Directors (EFADs). Cette rencontre s’est déroulée dans l’esprit de la convention UNESCO de 2005 sur la diversité culturelle.

Sous la conduite de leur président respectif, M. Peter Dinges (FFA) et M. Manoel Rangel (ANCINE), les délégations des EFADs (European Film Agency Directors) et de la CACI (Conferencia de Autoridades Cinematográficas de Iberoamérica) se sont réunies à Toulouse, à l’occasion de la 28e édition du festival Cinélatino, pour deux journées de discussions intenses. C’était la première fois que les deux organisations saisissaient l’occasion de partager leurs points de vue sur des questions d’intérêt commun.

Cette rencontre a permis de bâtir un pont entre deux continents animés de la même passion pour la culture et de la même vision des valeurs fondamentales incarnées par la diversité culturelle, l’identité culturelle et le dialogue interculturel. L’Europe et l’Amérique latine partagent la même ambition pour leurs industries audiovisuelles. Elles souhaitent les voir prospérer, aussi bien à l’échelle locale qu’internationale. Comme l’a souligné Mme Frédérique Bredin, présidente du CNC, “les agences cinématographiques d’Europe et d’Amérique latine savent qu’elles seront plus fortes si elles travaillent main dans la main pour promouvoir leurs valeurs”.

Valeurs et objectifs communs : promouvoir la diversité et s’adapter aux défis du numérique

La plupart des États d’Amérique latine et d’Europe considèrent que la circulation des biens et services contribue au développement économique et culturel de leur pays. Ils conviennent également que les industries audiovisuelles ne devraient pas être traitées de la même façon que les autres services. Le cinéma, la télévision et les nouveaux médias, comme les plateformes de vidéo à la demande (VoD), constituent des services pouvant proposer une grande variété d’œuvres et de produits. Cependant, ces services requièrent des gouvernements qu’ils mettent en place des cadres réglementaires visant à établir des relations culturelles et économiques qui soient justes et équilibrées.

Les gouvernements ont le droit, et même le devoir, d’assurer la diversité de l’offre et l’accès généralisé à cet environnement. Grâce à l’intervention des pouvoirs publics, des moyens financiers peuvent être consacrés au soutien de la création et, par conséquent, à la production et l’exploitation d’œuvres cinématographiques que le marché seul jugerait sans valeur. Il existe de nombreux exemples de films nés d’un financement public et qui sont devenus des succès commerciaux.

Parallèlement au soutien des gouvernements, le développement d’industries audiovisuelles prospères en Europe et en Amérique latine exige un environnement favorable pour les investisseurs privés, où les différentes parties prenantes (producteurs, distributeurs, chaînes de TV et fournisseurs de services VoD) partagent tous le risque lié à leur investissement. La pratique du préfinancement, qui existe dans la plupart des pays d’Europe et d’Amérique latine, garantit que les œuvres produites accèdent aux marchés pour générer des retours et devenir rentables. Ainsi, la création de mécanismes qui favorisent les coproductions et la génération de recettes, à travers les ventes internationales, est essentielle pour les productions audiovisuelles, en particulier dans les petits marchés nationaux. Par conséquent, les membres des EFADs et de la CACI redoutent que le programme de la Commission européenne pour la création d’un marché unique numérique compromette l’exploitation des œuvres sur une base territoriale, mettant en péril les capacités de production, de coproduction et de distribution des deux continents.

La plupart de nos coproductions proviennent d’Amérique latine, où les auteurs et réalisateurs proposent des histoires et des images que les publics européens affectionnent. Certaines de ces coproductions bénéficient du soutien financier de plusieurs fonds européens, confirmant ainsi leur potentiel international.

L’ouverture du fonds Eurimages aux pays non membres de l’Union européenne représente une opportunité intéressante pour les pays latino-américains. Les représentants de la CACI se réjouissent également de la proposition d’ouverture de la Convention du Conseil de l’Europe sur la coproduction cinématographique aux États non membres ; ils suggèrent par ailleurs d’explorer la possibilité d’une convention réciproque qui permettrait d’ouvrir l’accord ibéro-américain de coproduction cinématographique aux pays européens.

Les membres des EFADs et de la CACI tombent également d’accord sur la nécessité daccroître la coopération et les échanges, notamment en ce qui concerne les cadres réglementaires régissant le marché de l’audiovisuel et de la VoD dans leurs pays respectifs. Ils considèrent qu’il s’agit d’un aspect important pour garantir que tous les acteurs impliqués dans la chaîne de valeur soient sur un pied d’égalité, assurant ainsi une concurrence équitable sur le marché, tout en stimulant le développement économique et la diversité culturelle.

Compte tenu des difficultés de réglementation liées à la numérisation des salles de cinéma, les EFADs et la CACI jugent important de promouvoir le principe de diversité. Les deux organisations insistent également sur la nécessité d’encourager les salles diffusant une grande diversité d’œuvres, aussi bien nationales qu’internationales.L’objectif est d’éviter toute homogénéisation et d’impulser une distribution plurielle et diversifiée de films, condition indispensable à une véritable liberté de choix pour le public.

D’après le communiqué de presse
de Cinélatino

 
 

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