Relations Internationales

La Bolivie dans le Mercosur


La Bolivie, nouveau membre d’un Mercosur aux grandes ambitions

Le 48e sommet du Marché Commun du Sud (Mercosur) à Brasilia s’est terminé samdi dernier sur l’intégration de son sixième membre permanent, la Bolivie. Le sommet réitère ses objectifs économiques, sociaux et politiques vers une intégration économique mais aussi politique.

Dans le communiqué final, “Les États membres et associés réaffirment leur volonté d’approfondir le processus d’intégration régionale dans le but d’appuyer le développement économique avec inclusion sociale, d’améliorer la qualité de vie des citoyens, de renforcer la justice sociale et d’éradiquer la faim et la pauvreté”. Ces objectifs confirment la volonté du bloc de poursuivre l’intégration productive des économies, le développement des infrastructures et des politiques inclusives, mais aussi la défense des valeurs démocratiques et des droits humains. Par exemple, les statuts contiennent une clause qui suspend ou annule la qualité de membre à tout pays dont le gouvernement serait issu d’un coup d’État. Ce fut le cas en juin 2012, lorsque le Paraguay fut suspendu suite à la destitution illégale du président Fernando Lugo. Il fallut attendre les dernières élections pour que le pays puisse réintégrer le bloc.

Condor hier, vautours aujourd’hui, même combat ?

La présidente Cristina Fernández d’Argentine relève que les ennemis des peuples s’étaient organisés durant les dictatures des années 70 et 80 sous le nom du Plan Condor, et qu’aujourd’hui, les “fonds vautours” tentent de couler des pays endettés en rachetant à prix bradés des actions dont ils exigent ensuite le remboursement à 100 % plus les intérêts. C’est le cas de l’Argentine, victime des exigences de divers fonds spéculatifs basés aux États-Unis qui exigent une vingtaine de milliards de dollars, soutenus dans leur démarche par des décisions “juridiques” d’obscurs juges new-yorkais… Le sommet Mercosur réitère son rejet de ces procédures et son soutien à l’Argentine dans son combat contre les vautours financiers. Le Brésil, par exemple, considère l’attaque des vautours contre l’Argentine “une question d’intérêt régional”. Ce combat est arrivé jusqu’aux Nations unies qui a créé un Comité spécial pour la restructuration de la dette souveraine de manière à établir un cadre juridique multilatéral permettant de poser des limites aux actions déstabilisatrices de ces fonds spéculatifs.

Le grand projet d’intégration politique

La grande différence entre le Mercosur et l’Alena (États-Unis, Mexique et Canada) ou l’Alliance du Pacifique (Chili, Pérou, Colombie et Mexique), réside en ce que les deux derniers sont essentiellement des accords économiques alors que le Mercosur projette également à long terme une vision d’intégration politique. Il s’agit de consolider l’unité régionale de manière à pouvoir négocier en position de force avec les autres blocs politiques ou économiques mondiaux (États-Unis, Union européenne) tout en développant le commerce interrégional. Le “monsieur Mercosur” du Brésil, Florisvaldo Fier, rappelle que 90 % des exportations brésiliennes vers les pays du Mercosur sont composées de produits industrialisés contre 50 % vers les États-Unis et 5 % vers la Chine, démentant ainsi les allégations des oligarchies industrielles brésiliennes pour lesquelles “Le Mercosur ne sert à rien”. L’entrée de la Bolivie est définitivement un bonus pour le Mercosur. En effet, non seulement ce pays est producteur de pétrole et surtout de gaz mais les politiques économiques mises en œuvre depuis une dizaine d’années ont profondément modifié sa structure. Sa croissance (moyenne de 5 % entre 2006 et 2014) a permis que l’extrême pauvreté passe de 38 % de la population en 2005 à moins de 20 % en 2013 et qu’une classe moyenne importante se développe en particulier parmi la population indigène jusqu’alors toujours marginalisée.

 Jac FORTON

Le Mercosur
Membres permanents : Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay (depuis 1991), Venezuela (2012), Bolivie (2015).
Pays associés : Chili, Pérou, Colombie, Équateur, Guyana et Surinam.
Pays observateur : Nouvelle-Zélande.
Site du Mercosur  (questions fréquentes, en espagnol et portugais seulement).
 
 

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