Pedro Mancini est un illustrateur et un auteur de bande dessinée argentin. Figure phare de la scène indépendante argentine, ses œuvres mêlent humour et étrange, avec des références fantasmagoriques à l’enfance de David Lynch à Musclor et de William S. Burroughs à Alf.
Pedro Mancini s’est dédié à l’art du comic. Issu d’une famille d’artistes de théâtre, de cinéma ou techniciens, il a une enfance timide et se réfugie dans le dessin. Il abandonne à l’adolescence et se met à la batterie ! Plus tard il découvre les comics et se remet à dessiner. Son travail est composé d’images assez surréalistes avec des personnages étranges ou monstrueux. L’artiste se dit influence par les dessins animés « He-Man », « Transformers », les écrivains comme William Burroughs, les musiciens comme le saxophoniste John Zornou les dessinateurs comme Jim Woodring.
Il a étudié trois ans dans l’atelier des frères Villagrán puis à Sótano Blanco avec Juan Bobillo. C’étaient des ateliers de dessin tournés vers l’illustration et la bande dessinée. Santiago Fredes, l’intellectuel, Darío Fantacci, l’excentrique et Pedro Mancini, le réservé, ils ont créé le collectif Niños qui en est au septième numéro de la revue Ultramundo à laquelle de nombreux jeunes auteurs espèrent participer. Organisateurs de festivals et promoteurs de nombreux projets, ces trois dessinateurs ont entre 27 et 30 ans.
Garçon Chenille
Victor est un garçon introverti et taciturne. Il est obligé de porter un masque à cause de fortes crises de paranoïa qui font jaillir des tentacules des orifices de son visage. Sa famille, contrariée par cet enfant bizarre, décide de se débarrasser de lui en l’envoyant vivre chez son grand-père. Mais, à peine arrivé dans cette maison, Victor découvre un vieillard grotesque à l’allure dérangeante. Effrayé, il cherche à s’enfuir et bascule alors dans l’Ultra monde. Victor va devoir transcender ses angoisses. Sa quête lui fera traverser maisons hantées, forêts mystérieuses et villes fantômes, sur les traces de celui que l’on appelle l’Anti-être.
Il rencontrera aussi d’étranges personnages, comme échappés de versions distordues des contes pour enfants. C’est auprès de cette armée d’entités difformes qu’il pourra accomplir sa destinée et se libérer du mal qui l’oppresse. Détournant les codes de la fantasy et des comics de super-héros, l’auteur d’Alien triste et du Jardin incroyable nous plonge dans un monde parallèle onirique, peuplé de personnages zoomorphes et chimériques. Son dessin en noir et blanc, au tracé minutieux, entremêle les références à la littérature jeunesse avec le cinéma de John Carpenter ou celui de David Lynch. Pedro Mancini crée ainsi sa propre mythologie pour évoquer, de façon détournée, son histoire familiale rendre hommage à ses aïeux, notamment son grand-père, Ricardo Passano. Cet acteur argentin a été marqué par l’arrêt brutal de sa carrière lorsque la dictature l’a mis sur liste noire. Son hérédité, à la fois fascinante et terrifiante, est ainsi transfigurée dans une catharsis transgénérationnelle. Pedro Mancini a bénéficié d’une résidence d’auteur de la Région Île-de-France au sein du lycée Maurice Utrillo de Stains (93) pour la finalisation de cette œuvre entre 2018 et 2019.
D’après INSULA
« Garçon Chenille » de Pedro Mancini, traduit de l’espagnol (Argentine) par Cécile Ramirez aux édition Insula, 172 p., (Paris)


