La nomination de la cheffe du service International comme directrice de la rédaction de Libération a été validée ce jeudi 7 mai par les salariés avec 83,2 % des voix. Elle remplace à ce poste Dov Alfon. Fille d’exilés, sa mère d’origine russe et son père est né et grandi au Chili.
Sonia Delesalle-Stolper a été nommée ce jeudi 7 mai directrice de la rédaction de Libération. Elle remplace à ce poste Dov Alfon, en poste depuis 2020 mais qui avait annoncé son souhait de quitter ses fonctions le 8 avril. La candidature de Sonia Delesalle-Stolper devait, conformément aux statuts, être soumise à un vote. Elle a obtenu 83,2 % des voix.
Entrée comme pigiste au journal en 2009 comme correspondante à Londres, Sonia Delesalle-Stolper dirigeait depuis 2021 le service International. Elle avait entre-temps été embauchée en 2017, toujours comme correspondante à Londres. « Je suis née de parents exilés ou enfant d’exilés. Ma mère est d’origine russe, mon père est né et grandi au Chili. J’ai poussé dans une atmosphère où les mélanges de langues, de cultures, étaient une évidence », a-t-elle rappelé pour expliquer ce parcours journalistique essentiellement tourné vers les questions internationales.
Arrivée de la gauche au pouvoir à Londres avec Tony Blair, couverture des attentats de 2005, signature des accords de paix en Irlande du Nord, des JO de 2012 et bien sûr du Brexit, ses années londoniennes ont été intenses. Et c’est sans compter son suivi assidu de l’actualité royale, à travers une chronique intitulée « la Foire du trône » dont le simple titre devrait rassurer les plus républicains de nos lecteurs ! Ce suivi de l’actualité dans toute sa diversité, puisque couvrir des faits divers, faire le portrait d’Arsène Wenger en dernière page de Libé ou l’ouverture des pages culture fait aussi partie de la palette des sujets auxquels doit s’atteler un correspondant, Sonia Delesalle-Stolper l’avait en fait entamé à l’Agence France Presse, qu’elle avait intégrée à la fin de ses études, au service des informations générales.
Une école de «la rigueur», aime rappeler la nouvelle patronne de Libé. L’AFP, après six ans au bureau de Londres, lui a proposé de partir à Berlin ou Moscou. « Mais pour des raisons familiales et personnelles, j’ai décidé de rester à Londres et dû démissionner. Je suis alors devenue journaliste pigiste. J’ai alors fait comme tous les correspondants du monde entier, galéré et mangé à tous les râteliers ou presque pour gagner ma vie. Radio Méditerranée Internationale, Sud-Ouest, Géo, TF1, AFP- vidéo, Politique internationale et même Le Figaro un temps. En parallèle, j’ai aussi écrit des billets d’opinion pour The Guardian, The European ou The Independent ». C’était donc avant 2009, année où Libération lui a ouvert ses portes. Année où «je suis tombée dans la marmite Libé. Une marmite foutraque, mais une marmite éminemment talentueuse, efficace et capable de moments de grâce et de brillance absolues », a-t-elle raconté devant la rédaction lors de son « grand oral » mardi. Quinze ans plus tard, la marmite continue de bouillir chaque jour pour rendre compte à ses lecteurs des désordres du monde, mais aussi pour continuer de leur offrir ces moments de grâce et de brillance. Avec Sonia Delesalle-Stolper en cheffe… d’orchestre…
D’après Libération


