Rejoignez la lutte pour protéger l’Amazonie. Le combat des Guerrières pour l’Amazonie 

Les Guerrières pour l’Amazonie ont grandi à proximité des torchères, et sont déterminées à protéger leurs communautés de ces pratiques dévastatrices. Elles forment un groupe de militantes âgées de 10 à 20 ans et se battent aux côtés de l’Union des personnes affectées par les opérations de Texaco (UDAPT) ainsi que du collectif Éliminez les torchères, rallumez la vie. Elles ont baptisé les torchères « monstres de feu » Le torchage de gaz à partir de l’extraction pétrolière a atteint un niveau record en 2024 : 151 milliards de m3 dans le monde, d’après la Banque Mondiale. Ce qui représente 400 millions de tonne de gaz à effet de serre, 46 millions de tonnes de méthane. Neuf pays en particulier sont responsables des trois quarts du gaz torché : Russie, Iran, Irak, États Unis Venezuela Algérie Libye Mexique et Nigeria. Trente pays dans le monde utilisent les torchères dont l’Équateur. Dans ce pays avec le développement de l’industrie pétrolière, des torchères ont été installées en Amazonie au début par la multinationale Chevron Texaco et Petroequateur.

Dannya Bravo (DB) : J’ai 13 ans. Je viens de l’Amazonie, de la province de Orellana. Lency Lusitande (LL) : Moi j’ai 16 ans Je viens de l’Amazonie, de Sucumbíos et je suis de la communauté de San Pablo, de la nation Siekopai. On est six groupes ethniques Siona, Secoya, Cofán, Quichua, Waorani et Shuar. 

(DB) : J’ai vécu avec des personnes qui ont été malades en particulier avec le cancer. Au début je ne savais pas ce qui causait ces maladies, je ne connaissais pas ces problèmes de contamination. Mais mon papa est tombé malade du cancer. Et nous n’avons pas dans notre région des hôpitaux avec des unités pour soigner le cancer. Alors, on m’a expliqué ce qu’était cette pollution et ces torchères et cela m’a donné la force d’aller de l’avant car beaucoup d’autres personnes sont malades et meurent. Neuf jeunes filles de chaque canton des provinces d’Orellana et de Sucumbíos ont été choisies. Chacune ayant quelqu’un de sa famille avec un cancer. C’est comme ça qu’on s’est connues et que petit à petit sont nées « Les guerrières pour l’Amazonie »

(LL) : Nous les filles des six nations indiennes, nous avons rejoint le groupe des « Guerrières pour l’Amazonie » en 2024. Il y avait d’abord les neuf jeunes filles qui ont déposé plainte et après nous les six nationalités indiennes. Dans ces communautés indiennes, certains vivent aussi près de ces torchères d’autres non mais ils ont un fleuve qui est aussi contaminé. On s’est donc réunis pour demander justice parce que nos rivières, nos montagnes, nos animaux sont contaminés. Le gouvernement équatorien veut ignorer ce qui se passe, est corrompu Mais pour moi cela a commencé il y a de nombreuses années, depuis l’époque de mes grands-parents. Il y avait beaucoup de pollution depuis longtemps. Et donc notre communauté a commencé la lutte et a réclamé justice. Et moi j’ai voulu poursuivre ce combat. Moi aussi je veux la justice.

DB : C’était très triste de voir quelqu’un de ta famille mourir d’un cancer et on en souffre beaucoup. Cela m’a donné beaucoup de force d’être avec mes autres camarades On a donc déposé plainte auprès du ministère de l’Energie et le ministère de l’Environnement pour faire éliminer les 447 torchères en Amazonie. En 2021 on a obtenu un jugement qui condamne l’État équatorien à supprimer ces torchères. En mars 2023, ils ont ouvert un hôpital avec un service d’oncologie. Jusqu’à présent tous ces malades devaient aller à Quito mais souvent ils meurent là-bas car il n’y a pas de médicament mais on espère que cela va changer pour les générations futures.

DB :  Ils ont simplement présenté des excuses publiques auprès des populations.  Mais en réalité ils se sont moqués de nous car avant il y avait 446 torchères dans l’Amazonie Ils disaient qu’ils allaient éliminer celles au plus près des populations mais en fait ils ont augmenté leur nombre qui est passé à 486.

DB : C’est horrible de vivre à côté de ces torchères car elles sont tout le temps actives. Et cela émet un son très pénible tout le temps quand tu dors, toute la journée. Une partie de ma famille vit très près de ces torchères et ils doivent partir de leur maison car, quand cela s’éteint, cela dégage une odeur terrible. Les torchères causent de nombreux désastres sur l’environnement car comme cela extrait du pétrole, il y a quelquefois du pétrole qui se déverse. Et l’eau l’emporte et cela pollue tout, les animaux qui boivent cette eau et qui meurent après. Les femmes doivent laver à la rivière, cuisiner avec l’eau de pluie. Cela nous rend tous malades aussi bien chez les hommes que chez les femmes. On continue donc à lutter en organisant des meetings, manifestations pour faire pression sur le gouvernement équatorien qui est si injuste et corrompu.

LL :  Moi pour ce qui est de ma vie au quotidien j’étudie. Ce n’est pas facile car je vis dans ma communauté et je dois aller au village. Les routes d’accès sont en très mauvais état en Amazonie Le gouvernement ne construit pas des routes goudronnées. On doit partir à moto, pendant une demi-heure, et ensuite le bus pendant une heure pour arriver à mon collège. Et je reviens chez moi de la même façon. Les fins de semaine on veut se baigner avec mes amis mais ce n’est pas possible, parce que la rivière est affreuse. On n’a pas le choix alors on se baigne là. Et pour l’eau on boit l’eau de pluie car on n’a pas d’eau potable et cette eau est polluée à cause des torchères. Ces torchères sont un peu loin mais cela pollue tout autour quand il pleut avec le gaz qui sort de ces torchères.

Je vais vous raconter ce qui s’est passé il y a quelques années quand est arrivée la Compagnie Chevron Texaco. Les communautés indiennes ne savaient pas vraiment ce qu’était le pétrole et les conséquences sur la contamination. Et quand il y avait du pétrole qui se déversait dans la rivière, ils prenaient ce pétrole avec un seau, c’était tout noir, horrible Ils jetaient cette eau pleine de pétrole dans la cour Ils disaient que cela les aidait à nettoyer, que c’était très bien. Mais petit à petit ils sont tombés malades, en particulier avec des maladies sur la peau. Certains anciens sont morts. Maintenant il nous reste que peu d’anciens En plus on perd notre culture Mes grands-parents ont attrapé ces maladies sur la peau. Ma grand-mère pensait que l’eau était bonne, car cristalline au début mais après tout a été pollué. Il y a des milliers de poissons aussi qui sont morts. Il y a maintenant une pollution avec la compagnie Petro Équateur. Tous les déchets chimiques, ils les jettent dans les rivières.

DB : Non je n’ai pas reçu personnellement comme une camarade, Leonela Moncayo qui a reçu des explosifs dans sa maison. On nous dit qu’il faut arrêter avec ça si on veut recevoir une protection. Mais on reçoit souvent des menaces de la part de la police, ou ils nous ont lancé des gaz lacrymogènes. Mais on n’a pas peur ! car tout cela doit changer, on doit protéger notre nature, notre terre pour ne pas être les prochaines victimes de cancer.

LL : On n’a pas reçu de menaces précises jusqu’à ce jour mais on ne va pas rester les bras croisés de toutes façons, on n’a pas peur, on est fortes On va continuer à lutter ! Amnesty International a organisé une grande campagne pour soutenir votre lutte en Équateur. Un rapport a été publié « des jeunes activistes que défendent l’Amazonie équatorienne contre les torchères qui menacent les droits au présent comme au futur

DB : On est venu faire connaître cette situation et demander de l’aide, faire signer des pétitions, avoir un appui face à l’état équatorien. Beaucoup nous disent : mais pourquoi tu ne pars pas de là ? mais tous nous respirons cet air, et subissons cette contamination On va continuer à faire pression sur le gouvernement jusqu’à ce qu’il remplisse ses obligations, respecte ce qu’il avait promis. On va continuer notre lutte, de faire tout ce qui est possible pour que l’état arrête de nous tuer. Mais pour l’état équatorien cela leur importe peu que beaucoup de gens meurent. C’est pour cela qu’on est venu en France pour que vous soyez informés sur ce qui se passe en Amazonie équatorienne.

LL Moi, le message que je veux lancer est qu’on doit protéger , prendre soin de la terre , de la nature , ce poumon et cœur de la terre qui disparait et qu’on vienne nous soutenir de toutes les façons possibles Tout ce qui se passe en Amazonie peut affecter le monde entier si tout est détruit .Quand on s’est connu avec les autres camarades cela a été très beau pour nous , toutes ces jeunes filles qui luttent pour leurs droits , pour qu’il y ait une justice On est très heureuses de nous être réunies avec elles. On se sent plus fortes, on les remercie car sans elles en n’aurait rien pu faire.

Alors, prenons soin de la Pachamama notre mère nature !