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mai 2017

Le chef de l’État intérimaire, Michel Temer, accusé de corruption : où va le Brésil ?

Suite à la révélation de corruption accusant le président brésilien Michel Temer, oppositions, grande presse et bourse réclament sa démission. Ce scandale pourrait-il mener à la destitution ou à la démission du président Michel Temer ? Quelle serait alors l’alternative politique envisageable ?

photo : Diego DEAA (Wikimedia Commons)

Les faits reprochés au président Michel Temer pourraient effectivement le conduire à démissionner. À la suite de révélations similaires, le sénateur et président du Parti social-démocrate brésilien (PSDB) – candidat malheureux aux présidentielles de 2014 – Aecio Neves, vient de se voir retirer son mandat de sénateur. Il a en conséquence démissionné et remis à disposition du PSDB sa charge de président du parti. Sa principale collaboratrice – qui se trouve être sa sœur – est actuellement en prison. Ainsi, pour le même type d’accusation, ce sénateur a été contraint de s’écarter du jeu politique.

Le cas du président Michel Temer est-il différent ?

Oui. En tant que président de la République, il bénéficie d’un statut judiciaire particulier – comme dans d’autres pays. Cela étant, compte tenu de l’ampleur du scandale, combien de temps va-t-il pouvoir résister ? Déjà une demi-douzaine de demandes de destitution ont été présentées à la justice brésilienne par des parlementaires. Beaucoup d’élus considèrent que la meilleure solution serait que le président présente volontairement sa démission. Néanmoins, si effectivement sous la pression des élus, de la presse – en particulier du groupe Globo, dont le rôle avait déjà été très important en 2016 pour la destitution de Dilma Rousseff – de la bourse et de la rue, Michel Temer démissionnait, une grande inconnue demeurerait : dans quelles conditions le Brésil pourrait-il être dirigé jusqu’aux prochaines élections d’octobre 2018 ?

La Constitution prévoit l’organisation d’élections pour suppléer la vacance au sommet de l’État survenue durant les deux premières années d’un mandat présidentiel. Ce délai étant dépassé, c’est au vice-président d’assurer la fin du mandat. Le pays est déjà dans ce cas de figure puisque l’an dernier, la présidente Dilma Rousseff, élue en 2014, a été écartée du pouvoir par un coup d’État parlementaire dont les motivations strictement politiques n’ont rien à voir avec des scandales de corruption – contrairement à ce que disent souvent les médias français. La Constitution ne prévoit pour une nouvelle relève en fin de mandat présidentiel qu’une seule option : l’élection de l’éventuel successeur du chef de l’État, ou du vice-président intérimaire, par un candidat élu par les parlementaires. Or, quand on connaît l’état politique et éthique du Parlement élu en 2014, il est difficile de penser que cette solution serait acceptée comme satisfaisante par les Brésiliens.

La destitution constitutionnelle, au cas où le président refuserait de démissionner, suppose la mise en œuvre d’une procédure initiée par les élus. Dilma Rousseff avait été instruite par une commission d’enquête créée avec l’aval et les encouragements du président du Congrès de l’époque, Eduardo Cunha, actuellement emprisonné pour corruption. Celui-ci, avec une majorité d’élus eux-mêmes accusés de corruption, avaient écarté la présidente en détournant les dispositifs requis par la Constitution. Cette dernière ne prévoit une relève présidentielle que dans le cas où une violation grave de la Constitution et de la morale publique était constatée. Ce cas de figure pourrait être appliqué avec pertinence pour destituer Michel Temer. Mais cette voie apparait peu crédible compte tenu du sinistre moral, politique et économique ambiant, de même que du discrédit du Parlement et des élus

En quoi la corruption représente-t-elle un sujet particulièrement sensible au Brésil ?

La corruption est un thème de débat sociétal et politique dans tous les pays se trouvant dans une situation socio-économique compliquée, ce qui est le cas du Brésil. Depuis le rétablissement de la démocratie dans le pays, le fonctionnement du système politique et des règles électorales pose des problèmes récurrents, politiques comme éthiques. Dans ce pays fédéral, le système électoral éclate la représentation partisane. Ainsi, depuis le rétablissement de la démocratie, tous les gouvernements ont été à majorité composite avec des têtes de file venant la plupart du temps du PSDB ou PT (les deux grands partis) (2). Cependant, ces partis ont toujours été très minoritaires au Parlement et ont donc dû négocier avec cinq à dix autres formations, plus ou moins importantes. Bien souvent, des compensations sont exigées par ces alliés de circonstance, ce qui ouvre la voie à toute sorte d’abus et de fait, de corruption.

La réforme politique et électorale est un serpent de mer de la vie politique brésilienne. Tout le monde sait qu’il faudrait assainir la vie politique en modifiant le mode d’élection pour simplifier le fonctionnement de la vie partisane, ainsi que procéder à de profondes réformes institutionnelles. Néanmoins, aucun président n’a eu soit le courage d’affronter les petits partis du Congrès, soit n’a eu la capacité de pouvoir le faire. La crise de l’an dernier a été démonstrative de ces dysfonctionnements. Les députés opposés au programme économique de Dilma Rousseff ont voté sa destitution, alors qu’ils étaient en théorie membres de sa majorité. Ils ont basculé de la majorité vers l’opposition du jour au lendemain, du fait de leur manque de « consistance » idéologique et morale. Dilma Rousseff a fait l’objet d’une manipulation parlementaire et politique visant à l’écarter du pouvoir pour changer de politique économique et sociale. Parallèlement, des collaborateurs des présidents Lula da Silva et Dilma Rousseff ont été mis en examen et condamnés pour des faits de corruption, relevant du mode de fonctionnement institutionnel brésilien, signalé supra.  L’ex-président Lula a fait l’objet de poursuites nombreuses, qui n’ont pas abouti mais qui se sont accentuées depuis l’an dernier.

Mais l’affaire actuelle, qui vise Michel Temer, l’ex-sénateur Aecio Neves, ainsi que leurs amis politiques du PMDB et du PSDB (2), a révélé qu’une fois lancée, la justice ne peut pas s’arrêter aux affaires concernant le seul PT : tout le système étant gangrené, de fil en aiguille tous les partis politiques sont aujourd’hui sur la sellette. On assiste, comme en Italie avec l’opération « Mani pulite », à l’explosion du système politique brésilien, ce qui pose trois sortes de problèmes. Le premier concerne la gouvernabilité du pays. Le deuxième a trait au devenir de la démocratie brésilienne. Le troisième concerne les conséquences sur le contexte économique déjà difficile dans lequel est plongé le pays depuis plusieurs années.

Un an après sa prise de fonction controversée, quel est le bilan global de la présidence Temer ? La multiplication des manifestations illustre-t-elle une crise politique et socio-économique d’une ampleur sans précédent dans le pays ?  

Le président Temer est arrivé au pouvoir au terme d’un coup d’État parlementaire, alimenté par un certain nombre d’élus proches des milieux d’affaires et des médias dominants. Ceux-ci considéraient la politique suivie par Dilma Rousseff et le PT comme trop favorable aux catégories populaires, empêchant la mise en œuvre d’une autre politique économique, nécessaire au rétablissement « des grands équilibres ». Selon eux, le Brésil se devait de pratiquer une politique d’austérité, coupant dans les budgets sociaux et d’investissements et réorientée vers les États-Unis et l’Europe. Conformément à cette orientation, Michel Temer a pris des mesures d’austérité. La plus spectaculaire a consisté à geler le budget de l’État fédéral pendant vingt ans au niveau de celui de 2016. Cela a provoqué des troubles et des revendications sociales, ainsi qu’un regain de popularité pour l’ex-président Lula. Ces mesures n’ont par ailleurs pas redressé la situation de l’économie.

La croissance n’est toujours pas au rendez-vous, tandis que le chômage réel s’élève aujourd’hui à 24 % de la population active, soit deux points de plus qu’en 2016. La crise que vivait le Brésil à l’époque de Dilma Rousseff, loin de s’atténuer, s’est donc approfondie. C’est peut-être l’une des clefs des révélations faites par le journal brésilien O Globo, qui avait aussi été à la manœuvre pour la destitution de Rousseff et que l’on retrouve en première ligne aujourd’hui. Les milieux d’affaires sont insatisfaits. Michel Temer n’a non seulement pas su redresser la situation économique mais il n’a pas réussi non plus à arrêter les processus judiciaires en cours, qui déstabilisent la plupart des grandes entreprises brésiliennes ayant donné de l’argent aux partis politiques. Le délateur à l’origine des déboires de Michel Temer n’est rien moins que Joesey Batista, le patron du numéro 1 mondial de la viande froide, JBS.

Jean-Jacques KOURLIANDSKY

(1) Tribune de Jean-Jacques Kourliandsky, publiée par l’IRIS en mai 2017, reproduite ici avec l’autorisation de l’auteur. IRIS   (2) PSDB : Parti de la sociale démocratie brésilienne de Aecio Neves.  PMDB : Parti du mouvement  démocratique  brésilien de Michel Temer.  PT : Parti des travailleurs de Dilma Rousseff et Lula da Silva.

Les déclarations de Donald Trump dénonçant « l’oppression » à Cuba jugées « ridicules »

Les déclarations « ridicules » de Donald Trump selon la télévision d’État cubaine, les excuses de la chaîne TV Globo à Dilma et Lula, le Venezuela sur la liste noire financière des États-Unis, L’enquête sur le président Michel Temer autorisée par la Cour Suprême brésilienne, un procès contre l’ex-dictateur Efraín Ríos, l’enlèvement de Salvador Adame… La semaine a été agitée en Amérique latine !

photo: Flickr

Jeudi 18 mai VENEZUELA – Les États-Unis ont porté un rude coup au camp du président Nicolas Maduro en plaçant sur leur liste noire financière huit membres de la Cour suprême vénézuélienne, accusés d’avoir aggravé la crise politique du pays en affaiblissant l’autorité du Parlement. La Cour suprême a accusé les États-Unis de poursuivre des « intérêts obscurs » pour « prendre le contrôle de la justice » du pays.

Vendredi 19 mai – BRÉSIL – La Cour Suprême a autorisé une enquête visant le président Michel Temer, accusé d’être impliqué dans un vaste réseau de corruption, a indiqué l’agence d’État Agencia Brasil. Le juge Edson Fachin « a décidé d’ouvrir une enquête contre le président Michel Temer », basée sur les confessions d’un chef d’entreprise, Joesley Batista, qui a enregistré le chef d’État donnant son accord pour le versement de pots-de-vin, a précisé l’agence. Michel Temer a ignoré les appels de plus en plus pressants à la démission et a exclu de démissionner. Voir notre article principal.

Samedi 20 mai MEXIQUE – Le journaliste Salvador Adame, propriétaire d’une télévision locale, a été enlevé par des hommes armés dans l’État de Michoacán, a annoncé sa famille, au terme d’une semaine marquée par l’assassinat d’un reporter spécialiste du narcotrafic.

Dimanche 21 mai CUBA – La télévision d’État a qualifié de « ridicules » les déclarations du président Donald Trump dénonçant « l’oppression » dont souffre selon lui le peuple cubain, dans un communiqué publié à l’occasion de la fête de l’indépendance cubaine qui marque la victoire sur les autorités coloniales espagnoles voilà 115 ans.

Lundi 22 mai – BRÉSIL – La chaine TV Globo a dû s’excuser auprès de Lula da Silva et Dilma Rousseff pour avoir diffusé une « fausse information » en affirmant dans le journal télévisé le plus regardé du Brésil que Joesley Batista, propriétaire des plus grands frigos de viande du monde, mis en examen dans le scandale Petrobras, « avait affirmé qu’il avait déposé des pots-de-vin dans deux comptes aux noms des anciens présidents Lula et Rousseff. En fait Batista a dit que cet argent était bien dans un compte à son nom » mais qu’il comptait « le donner aux campagnes de Lula et Rousseff ».

Mardi 23 mai – GUATEMALA – Le Collectif Guatemala informe que la juge du Tribunal de risque majeur A, Claudette Domínguez, a décidé d’ouvrir le procès contre l’ex-dictateur Efraín Ríos Montt pour génocide et crimes contre l’humanité. Pour des raisons de santé (démence sénile), il bénéficiera d’un procès à huis clos et sera représenté par sa fille Zury. S’il y a condamnation, la sentence devra dicter des « mesures de sécurité et de correction » et non une sanction pénale. Selon la juge, en tant que chef d’État de facto et commandant général de l’armée guatémaltèque Ríos Montt était nécessairement au courant des actions réalisées par les militaires sur le terrain.

Guy MANSUY

Des airs du Brésil à Grenoble, la Belle Électrique devient « The Place To Beach ! »

Le soleil, l’été, l’exotisme… Un rêve éveillé alors que le temps se fait de plus en plus estival ! Un rêve, vraiment ? La Belle Électrique se charge de le réaliser en proposant un avant-goût des vacances grâce à une semaine ensoleillée. Et quoi de mieux qu’un afterwork brésilien pour démarrer les festivités ? Saúde !

photo : la Belle Électrique

La Belle Électrique, chef lieu des musiques amplifiées à Grenoble depuis son ouverture en janvier 2015, propose un grand nombre de manifestations culturelles autre que des concerts et des DJ sets. Cette semaine la Belle, comme on l’appelle chez les initiés, vous procure de quoi décompresser après votre journée de travail grâce à des afterworks mais aussi un bar extérieur, des jeux et des animations, un terrain de beach-volley, des jeux de pétanque ou de molki… Venez profiter du soleil en vous prélassant non pas au bord d’une piscine mais tout de même sur un transat, un cocktail à la main – avec ou sans alcool – et au son de musiques vibrantes !
Pour ouvrir sa semaine où à Grenoble l’ambiance sera celle de « la playa », la Belle organise un afterwork rafraîchissant spécial Brazil ce mercredi 24 mai, de 18 h à 1 h. Le groupe brésilien SambaNoble sera de la partie pour vous faire danser grâce à un répertoire fait de grands classiques de la musique brésilienne. Rien de mieux pour découvrir ou redécouvrir la Samba de Raiz, Samba-Canção, Samba-Rock, Bossa Nova…

Le mieux dans tout cela est que ce n’est pas une mais deux soirées brésiliennes que la Belle vous propose ! Si l’afterwork vous a mis l’eau à la bouche, le vendredi 26 mai vous aurez l’occasion de venir une nouvelle fois vous déhancher comme au carnaval avec le mix du Dj ALex Do BrazilAlex Sambaboy, membre du groupe SambaNoble, animera cette soirée remplie de grooves brésiliens pour vous faire découvrir les grands noms du Samba-Swing et de la Bossa Electro.

Pas d’excuses, les deux événements sont gratuits, ouverts à tous et complétés par, cerise sur le gâteau, un Happy Hour de 18 h à 20 h. Está tudo bem com la Belle Électrique !

Et parce que le plaisir ne s’arrête pas là, la Belle vous convie à venir avec votre plus belle chemise hawaïenne afin de participer au concours mis en œuvre pour vous faire gagner des places de concert !

Maud REA

 

Le Chili est le pays invité au « Festival du 7e art dans le 7e » organisé par la mairie de Paris septième

Dans le cadre du Festival le 7e art, des projections gratuites de films chiliens, animations et expositions se dérouleront du mardi 6 au 10 samedi 10 juin dans les locaux de la mairie du  VIIe arrondissement de Paris.

Le Chili est le pays invité de la 16e édition du Festival le 7e art dans le 7e – organisé par la mairie du septième arrondissement parisien – qui aura lieu du 6 au 10 juin prochain. L’événement propose des projections gratuites de nombreux films chiliens ou au sujet du pays, ainsi que d’animations dans les salons de la mairie du 7e arrondissement de Paris et d’ateliers ludiques pour les enfants. À la suite des projections, des rencontres-débats auront lieu avec des comédiens, des réalisateurs ou l’équipe des films. Des inscriptions gratuites sont nécessaires pour toutes les activités du festival.

Le festival ouvre le 6 juin à 21 h avec le film Neruda (2017), de Pablo Larraín. Le film retrace l’histoire de ce grand poète chilien, diplomate et prix Nobel de littérature, quand, en 1948, Pablo Neruda se voit persécuté pour ses critiques au gouvernement. Le film a été sélectionné aux festivals de Cannes, San Sebastián et aux Golden Globes. La projection est suivie d’une rencontre avec l’équipe du film. Le programme continue avec les films : Colonia (2016), de Florian Gallenberger, inspiré de faits réels, qui raconte l’histoire du camp allemand Colonia Dignidad au Chili ; Jodorowsky’s Dune (2016) de Frank Pavich, en présence du célèbre réalisateur franco-chilien Alejandro Jodorowsky (sous-réserve) ; Mon ami Machuca (2005), de Andrés Wood, sélectionné au Festival de Cannes. Bear Story (2016), de Gabriel Osorio, oscar du meilleur court-métrage d’animation, et Violeta (2012), de Andrés Wood, clôturent le festival le 10 juin à 20 h 30.

Des projections spécialement pensées pour le jeune public seront aussi disponibles. Pour les enfants à partir de 6 ans, le 7 juin, une projection de dessins animés est organisée avec Nicolas Lara, La Fille du Vent, Les Trois Pêcheurs et La Femme Terre. Le 9 juin, une projection destinée aux lycéens avec trois courts-métrages Chanter avec cœur (2016), de Leonardo Beltrán et Cecilia Toro, biographie animée de Violeta Parra, Les Chutes de la Princesse (2014), de Joy Penroz et Les contes de Jodo (1997), d’Alejandro Jodorowsky. Toujours dans le cadre du festival, la mairie du VIIe accueille, en partenariat avec l’ambassade du Chili, l’exposition « Images après l’image » des artistes chiliennes Cecilia Andrews et Irène Dominguez. L’exposition sera ouverte au public à la mairie du VIIe du 31 mai au 10 juin. Le vernissage aura lieu le 1er juin à 17 h 30.

Barbara D’OSUALDO

Le programme complet est à télécharger sur : Partie 1, Partie 2 

Juana Molina, la chanteuse argentine qui fait un tabac en France

Juana Molina est la fille du chanteur de tango Horacio Molina et de l’actrice et mannequin Chunchuna Villafañe. À six ans, elle commence à apprendre la guitare avec son père. En 1976, sa mère part en France, elle reste en Argentine avec son père, ensuite elle part en Espagne en 1977 puis en France où elle reste jusqu’en 1980.

photo: service de presse de Juana Molina

Juana Molina commence sa carrière en Argentine en 1988 comme comédienne dans l’émission de télévision La Noticia Rebelde. Elle a joué des rôles importants et a gagné en notoriété avec Antonio Gasalla dans la comédie de télévision El Palacio de la risa. Ses expériences lui ont permis d’avoir sa propre émission télévisée, Juana y sus hermanas (Juana et ses sœurs), qui a un certain succès. En 1996 elle décide de laisser de côté le théâtre et commence à chanter. Elle chante ses propres paroles, accompagnée par une guitare acoustique et des claviers, musique qu’elle qualifie d’électro-folk.

Elle produit elle-même son premier album, Rara. Dans ses concerts, elle utilise des pédales pour créer des boucles sonores. Après la parution de ses deux albums suivants (Segundo et Tres Cosas) sur le prestigieux label anglais Domino, elle est adoptée par la scène électronique/folk. L’album Tres Cosas figure dans la liste des 10 meilleurs albums de l’année selon le New York Times. Elle tourne beaucoup, surtout aux USA (notamment avec David Byrne) et au Japon, mais également en Europe. Sa musique comporte bien des éléments électroniques et folk, mais elle est unique et sans équivalent. Les médias l’ont comparée à Björk ou à Beth Orton mais, comme l’écrit le New York Times, « Juana Molina n’imite personne, elle s’amuse beaucoup trop en étant simplement elle-même ».

En 2011, Juana Molina participe au projet collectif Congotronics vs Rockers ; elle y collabore avec Konono N°1, Kasai Allstars, Deerhoof, Wildbirds & Peacedrums et Matt Mehlan (Skeletons). En octobre 2013 paraît Wed 21, son premier album depuis 2008, qui est acclamé par la presse. Le premier single extrait de l’album Wed est Eras, illustré par une vidéo qui a été diffusée par Pitchfork le lendemain de Halloween 2013.

Voir Les Inrock

« Rendez-les-nous vivants ! », un livre sur l’affaire des 43 étudiants mexicains disparus, par John Gibler 

Ayotzinapa. Comment la disparition de 43 étudiants est-elle possible ? À l’époque, des déclarations peu claires et contradictoires ont été avancées, on a parlé de la corruption du maire d’Iguala, la ville des faits, et de celle de sa femme, des rapports douteux entre la police locale, les narcotrafiquants et les politiques locaux. Et puis, comme souvent, l’oubli a peu à peu repris le dessus.

Mais pas par tout le monde : Rendez-les-nous vivants. Histoire orale des attaques contre les étudiants d’Ayotzinapa est l’enquête extrêmement sérieuse d’un journaliste nord-américain qui vit au Mexique, et qui permet enfin d’avoir une vision extérieure et complète de ce qui s’est vraiment passé. Ayotzipana, dans l’État de Guerrero, est une « école normale » assez particulière : en dehors du système scolaire officiel, elle ouvre ses portes aux jeunes gens pauvres, d’origine paysanne en majorité, et leur permet une véritable ascension sociale. L’organisation y semble militaire et en tout cas les membres sont des militants, cadres et élèves, ce qui ne plaît pas toujours aux autorités en place. Le 26 septembre 2014, les étudiants reçoivent l’ordre de se préparer à participer à la manifestation nationale du 2 octobre, qui commémorera le massacre de la Place des Trois Cultures, en 1968. Très vite, les choses dégénèrent. Les étudiants réquisitionnent des bus de ligne, les policiers (le sont-ils vraiment ?) se mettent à tirer. Il y aura six morts sur place. Et quarante-trois étudiants ne seront pas retrouvés.

John Gibler est journaliste indépendant. Il est l’auteur de quatre livres, dont Mourir au Mexique (CMDE, 2015) et Mexico Unconquered: Chronicles of Power and Revolt (City Lights), sur l’histoire récente mexicaine. Pour partager le résultat de ses recherches, il a pris le parti de ne pas intervenir, de ne faire aucun commentaire et de laisser la parole exclusive aux témoins, c’est-à-dire aux étudiants survivants, et aussi à des entraîneurs de deux équipes de football pris par hasard dans le mitraillage, à des professeurs de l’école ou à des journalistes locaux. Aucun filtre donc, ce qui se révèle une excellente idée : dans les témoignages fragmentés, qui reconstituent la chronologie précise des faits, on avance, lentement, au rythme des faits et rien ne nous échappe. Grâce à la multiplicité des paroles, il donne une vue complète et précise de cette folie meurtrière. Impossible de « comprendre », encore moins « d’accepter », on est condamné à assister à l’insupportable.

Le mitraillage, sans aucun réel motif, l’incompréhension des victimes, les corps qui tombent, la quasi-impossibilité de se faire soigner (pour certains médecins, les jeunes étudiants ne sont que des anarchistes qui ont mérité d’être blessés et qui donc ne méritent pas d’être soignés). Puis le retour à la vie d’avant et ce qui, pour les survivants et les rescapés, devient une mission sacrée : retrouver les disparus, vivants ou morts, savoir ce qui  est arrivé et, finalement, le faire savoir. Mission presque impossible dans un pays où la version officielle, les versions officielles plutôt, puisque celle de Mexico n’a rien à voir avec celle de l’État de Guerrero, celle de la police locale contredit celle de la police fédérale. C’est pourtant cette mission presque impossible que parvient à réussir John Gibler dans ce  livre indispensable.

Christian ROINAT

Rendez-les-nous vivants : Histoire orale des attaques contre les étudiants d’Ayotzinapa de John Gibler, traduit de l’espagnol (Mexique) par Anna Touati, éd. CMDE, maison d’édition collective qui publie des contes illustrés tout public, des livres-DVD et de la critique sociale. En savoir plus sur nous.Toulouse, 208 p., 18 €.

 

Des volontaires français protègent des personnes menacées de mort au Guatemala

Objectif : donner l’espace de sécurité nécessaire aux personnes et aux organisations qui agissent pour faire respecter les accords de Paix de 1996 et les droits humains au Guatemala. Le collectif Guatemala et Acoguate, des associations à but non-lucratif, soutiennent les organisations de droits humains et le mouvement social et indigène guatémaltèque dans leurs efforts pour construire un État de droit.

Il s’agit d’assurer une présence physique lors des réunions ou des manifestations de mouvements qui militent en faveur des droits humains, et de fournir un accompagnement protecteur à des personnes directement menacées du fait de leur engagement dans la lutte pour la justice et la démocratie. Le Collectif Guatemala, dont les grands axes d’intervention sont la sensibilisation et l’information du public français, soutient ces actions d’accompagnement international.

Qu’est-ce que l’accompagnement international ?

C’est un outil de l’Intervention Civile de Paix, c’est-à-dire l’intervention non armée sur un terrain de conflit d’une organisation venant accomplir des missions d’observation, d’information, d’interposition ou de médiation de proximité en vue de prévenir ou de faire cesser la violence, promouvoir les valeurs des droits humains et de la démocratie, affirmer les droits de chaque partie et créer les conditions d’une solution politique du conflit. Il s’agit de « transformer » le conflit de telle sorte que le moyen de sa résolution ne soit plus l’action violente mais l’action non-violente. Dans cette perspective, il ne s’agit pas seulement de faire cesser les violences qui sont les conséquences du conflit mais aussi les violences qui en sont les causes, engendrées par les structures politiques, économiques ou sociales qui créent des situations d’oppression, d’exploitation ou d’aliénation.

Accompagnement dissuasif

Les accompagnateurs assurent une présence lors de manifestations de paysans ou de familles de disparus, lors du déplacement de certaines personnalités menacées, lors de réunion de travail entre défenseurs des droits humains, ou encore lors d’exhumations de fosses communes. Il peut aussi s’agir d’accompagner, dans leur vie de tous les jours ou au tribunal, des victimes d’exactions ou encore d’accompagner des groupes de paysans qui viennent négocier au sujet de conflits liés à l’accaparement des terres. Ainsi, les accompagnateurs deviennent littéralement des « gardes du corps » de militants menacés. Cette présence continue cherche à exercer une dissuasion à l’égard des acteurs qui voudraient mener des exactions contre ces personnes. Tout acteur politique soucieux de sa respectabilité internationale doit en effet tenir compte de l’impact que pourrait avoir auprès de l’opinion publique du pays d’origine des volontaires le meurtre de l’un d’entre eux.

Entre neutralité et ingérence : un équilibre difficile à réaliser

Les volontaires n’ont qu’un statut de touriste même si les autorités ne sont, en général, pas dupes sur la nature de leurs activités. Trois principes guident, en conséquence, leur action. Neutralité/ impartialité : Les membres d’une intervention civile doivent surtout rester impartiaux et équitables mais pas neutres. Les accompagnateurs ne s’impliquent pas dans les affaires internes des organisations accompagnées. Ils ne leur fournissent ni ressources, ni matériel, ni même savoir-faire. La présence internationale n’est là qu’en tant qu’observatrice et accompagnatrice afin que les personnes accompagnées puissent effectuer leur travail en sécurité. Non-ingérence : Cet aspect aussi est problématique car l’intervention est en elle-même une ingérence.

La justification de cette ingérence proviendrait d’une responsabilité universelle de chaque citoyen à faire respecter les droits humains. En même temps, ce principe reste valable pour les accompagnateurs dans la mesure où ils n’interviennent que sur invitation des acteurs de la société civile qui se sentent menacés, et leur installation dans les pays concernés ne peut se faire sans le consentement au moins tacite des États d’accueil. Les volontaires doivent toujours rester dans la légalité. Les populations civiles locales doivent rester seules responsables d’une réconciliation éventuelle. Non-violence : Les volontaires ne sont jamais armés ; les associations et personnalités protégées sont toujours accompagnées en fonction du caractère pacifique de leur travail. Cet aspect non-violent doit être affiché clairement de la part de la mission afin d’éviter les réactions de méfiance de la part des populations civiles et de créer un climat de confiance favorisant la coopération.

Jac FORTON

* Sur base de témoignages du Collectif Guatemala

 

 

 

Plutôt que des murs, des programmes socio-économiques pour l’ Amérique centrale

Début mai, le Congrès des États-Unis a approuvé un budget de 665 millions de dollars pour l’Amérique centrale, destinés à la lutte contre la violence endémique et le manque de développement économique, raisons principales de la migration massive vers le pays du Nord. L’ONG étatsunienne WOLA analysera le bon usage de cet argent.

photo : WOLA

Pour WOLA (Washington Office for Latin America), le succès ou l’échec de l’aide US dépendra du bon usage de cet argent et, surtout, de la volonté des gouvernements à réaliser les réformes nécessaires. Cette aide est principalement dirigée vers le Guatemala, le Honduras et le Salvador, trois des pays considérés comme les plus violents au monde et d’où partent des milliers de candidats à l’immigration.

La lutte contre la corruption

Ce budget considère une aide spécifique à la CICIG, la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (une agence des Nations unies) et à la MACCIH, Mission de soutien à la lutte contre la corruption et l’impunité au Honduras. Il s’agit de renforcer les capacités des institutions locales et d’assister les enquêtes dans un combat implacable contre la corruption à tous les niveaux, y compris dans les sphères proches des Congrès et des gouvernements. C’est ainsi que les services des procureurs généraux et les ministères publics des trois pays bénéficieront d’une partie de l’aide. La corruption est un des éternels fléaux qui rongent les institutions de ces trois pays et indignent la population qui n’hésite plus à descendre en masse dans la rue pour exprimer sa colère. On peut rappeler que le président Otto Molina du Guatemala et sa vice-présidente Roxana Baldetti ont dû démissionner suite à de vastes manifestations populaires d’indignation devant la corruption de leur gouvernement.

Dissuader l’immigration

Vu la corruption chronique existant dans ces pays, le Congrès US prévient que l’aide est conditionnée au respect de 12 critères : les gouvernements et les institutions bénéficiaires doivent démontrer un véritable engagement à renforcer l’État de droit, combattre la corruption, attaquer la pauvreté et réduire les inégalités, principales causes qui poussent des milliers de Centraméricains à émigrer vers les États-Unis. Il ne s’agit donc pas de grande générosité de la part du Congrès US mais de l’intérêt du pays à maîtriser l’immigration. Construire un mur entre le pays et le reste de l’Amérique latine comme l’a décidé le président Donald Trump ne sert à rien s’il n’y a pas aussi des programmes et des politiques sociales et économiques qui permettent aux habitants de l’Amérique centrale de vivre et travailler en paix dans leur propre pays. Pour Adriana Beltrán, coordinatrice de ce projet chez WOLA, « Les familles qui fuient l’Amérique centrale vers les États-Unis le font suite à la violence et à la pauvreté » qui ravagent ces États.

Création d’un Moniteur centraméricain

WOLA annonce la création d’une institution, le Moniteur centraméricain, qui suivra de près l’usage des fonds octroyés en travaillant en étroite collaboration avec des ONG locales connues pour leur intégrité : la Fondation Myrna Mack au Guatemala, l’Institut universitaire d’opinion publique (IUDOP) au Salvador et l’Institut universitaire en démocratie, paix et sécurité (IUDPAS) au Honduras. Les fonds octroyés pour l’année 2017 se montent à 280 millions de dollars pour l’assistance au développement, 104 millions pour le Fonds de soutien économique, 225 millions pour développer la sécurité et 3 millions d’assistance militaire. La CICIG recevra 6 millions, la MACCIH, 5 millions, et les ministères publics des trois pays de 6 à 11 millions chacun. Une partie du budget devra obligatoirement être dédiée à la protection des défenseurs des droits humains, des journalistes, des syndicalistes et des membres de l’opposition politique.

Jac FORTON

Sites des associations mentionnées : WOLA ; CICIG ; MACCIH  ; Moniteur centraméricain ; Fondation Myrna Mack ; IUDOP ; IUDPAS.

 

Un festival riche et exaltant : la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes en France

Depuis 2014 la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes (SALC) promeut  les relations culturelles, économiques et politiques à travers toute la France. Ce festival organisé par le Ministère des Affaires Étrangères, avec le soutien de la Présidence de la République et du Sénat, et de nombreuses associations et organisations partout en France aura lieu du 27 mai au 9 juin 2017. Pour la quatrième année consécutive venez nombreux découvrir les merveilles de l’Amérique latine et des Caraïbes.

La volonté de célébrer et renforcer les liens et les échanges entre la France et l’Amérique latine, mais aussi les Caraïbes, a pris naissance en 2011 lorque le Sénat a créé une Journée de l’Amérique latine et des Caraïbes. En 2014 cette « journée » s’est transformée en une Semaine sous l’impulsion du Président de la République en 2015 et coordonnée par le Quai d’Orsay. La SALC est aujourd’hui une « manifestation populaire et festive incontournable »Grâce à son succès des trois dernières années, la SALC propose cette année plus de deux cents événements, du 27 mai au 9 juin, à Paris mais aussi dans quinze autres villes françaises !

Cette quatrième année marque un temps particulièrement riche pour le festival qui offre un panorama exaltant de la créativité latino-américaine et caribéenne à travers une large variété de manifestations… Danse, musique, cinéma, expositions photographiques et d’arts plasitiques, littérature, gastronomie mais aussi conférences et débats rythmeront la Semaine. Cette année une attention particulière est attribuée à l’espace caribéen: les Caraïbes sont à l’honneur ! Un voyage sans même prendre l’avion, un délice culturel pour découvrir la richesse de la relation entre la France et les pays d’Amérique latine et les Caraïbes. Pour partager ensemble cette Semaine, n’hésitez pas à utiliser le #SALC2017 !

À Paris l’inauguration de la SALC est organisée par le magazine El Café Latino, en collaboration avec le Ministère des Affaires Étrangères. Elle aura lieu de Dimanche 28 mai sur le Bateau L’Alizé (1 Port de la Rapeeamarré au coeur de Paris, entre le Pont de Bercy, la gare de Lyon et la gare d’Austerlitz. Un lieu d’exception donc pour acceuillir l’ouverture du festival de midi à minuit, comment ne pas céder?

À Lyon la Maison de l’Amérique Latine et des Caraïbes propose de nombreux événements dans le cadre de la SALC: expositions, colloque, conférences, rencontres littéraires sont au rendez-vous. Nous-même, Espaces Latinos, organisons le festival Primavera Latina en collaboration avec le Musée des Confluences. Au programme : tables rondes, projections et concerts.

Maud REA

El Café Latino – Paris – L’ensemble du programme par villes est disponible ici.

La Colombie au centre du dernier dossier d’Amnesty International France

Dans son magazine, La Chronique, Amnesty International fait le point de la situation actuelle en Colombie, presque six mois après la signature de l’accord de paix, où les familles des victimes de disparitions forcées continuent leurs recherches. Le Centre national de mémoire historique (CNMH) comptabilise 60 630 cas documentés de disparitions forcées entre 1970 et 2015 et les difficultés de la recherche persistent.

photo : Prensa Latina

La Chronique, le magazine d’Amnesty International France, consacre le dossier principal de son numéro de mai à la Colombie. Six mois après la signature de l’accord de paix entre le gouvernement de Juan Manuel Santos et les Forces Révolutionnaires Armées de Colombie (FARC) – qui a mis fin à une guerre civile de 52 années entre les guérillas d’extrême gauche, l’armée et les groupes paramilitaires – le dossier fait le point de l’actuel contexte de transition vers la paix.

Le dossier comporte un reportage sur les familles de disparus en quête de la vérité qui demandent l’exhumation d’une décharge de gravats dans la Comuna 13, près de Medellín, soupçonnée d’être une emblématique fosse commune ; une interview avec Daniel Pécaut, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de la Colombie, sur les enjeux de la transition à la paix; une analyse de la situation après les accords de paix de 2016 et la mise en place d’une « justice transitionnelle », chargée durant les dix prochaines années d’élucider les crimes et juger leurs responsables.

Selon le registre unique national de victimes du conflit mis en place par le gouvernement, jusqu’au 1er mars 2017, le nombre de victimes du conflit depuis 1985 est de 8 374 463, dont près de 268 000 morts et plus de 7 million de déplacés. « Il est probable que le nombre de victimes augmente au fur et à mesure de la mise au jour de la vérité. Notamment le nombre de personnes victimes de disparitions forcées » affirme dans son analyse Anna Proenza, auteure du dossier.

C’est ceci le thème central du dossier : celui des personnes disparues durant le conflit et la souffrance de leurs familles dans la quête de localisation et identification. Dans une étude publiée en novembre dernier, le Centre national de mémoire historique (CNMH) comptabilise 60 630 cas documentés de disparitions forcées entre 1970 et 2015. Une recherche très difficile, Amnesty International le montre, compte tenu l’extension du conflit, la généralisation et barbarisation de la pratique à partir des années 1990 et même la géographie colombienne.

Le sujet est un exemple central de l’importance de la bonne conduction du processus de transition vers la paix qui va se suivre dans les prochaines années, qui devra apporter d’adaptations de la justice et des réformes. Une nouvelle phase qui apporte de considérables défis et des incertitudes.

Barbara D’OSUALDO

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