« Wild Horse Nine », tragicomédie douce-amère à l’Ile de Pâques, territoire chilien, en 1973…

Faire du chant du cygne d’un vieil agent de la CIA une tragicomédie d’une irrésistible drôlerie : tel est le tour de force de Martin McDonagh, avec ce « Wild Horse Nine », en salle ce 4 novembre 2026. Porté par les prodigieux John Malkovich et Sam Rockwell, ce faux thriller d’espionnage sur l’île de Pâques transforme un baroud d’honneur en une errance poétique. Voir « les grosses têtes » et mourir. Tel est le dernier vœu de Chris, agent vieillissant de la CIA rongé par un cancer en phase terminale, auprès de son collègue et ami Lee.

Les deux complices ont bourlingué au gré de missions plus ou moins avouables pour le compte du gouvernement américain, fait les 400 coups (d’État) ensemble. À la veille du séisme politique qui s’apprête à secouer le Chili en 1973, ils s’envolent donc vers l’île de Pâques. Là, alors que Chris divague au fil des piquouses de morphine, enregistrant sur dictaphone ses mémoires mêlant lucidité géopolitique et délires paranoïaques, le binôme va devoir composer entre mission officielle et Guide du routard intime. 

À la fois politique, poétique et délicieusement absurde, ce Wild Horse Nine ne ressemble à rien. Ou plutôt si : on y retrouve les ingrédients qui font de la patte de Martin McDonagh, l’un des auteurs les plus passionnants du paysage cinématographique actuel. Comme dans ses excellents Bons baisers de Bruges, TroisBillboards ou encore Les Banshees d’Inisherin, ce nouveau long-métrage navigue entre humour noir et mélancolie, dans cet équilibre délicat entre trivialité et gravité.