Brésil : Dimanche 25 octobre, match nul entre Lula et Bolsonaro

Le sénateur, âgé de 45 ans et fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, a remporté le premier tour il y a près de trois semaines avec moins de deux points d’avance sur le candidat de gauche, Lula da Silva. Après un premier débat marqué par des insultes et une absence quasi totale de discussion sur leurs programmes de gouvernement, Lula et Bolsonaro se sont affrontés sur les politiques économiques, les projets d’infrastructure et le développement des différentes régions du Brésil.

Interrogé par Lula sur sa promesse d’appliquer la « tronçonneuse » aux dépenses publiques au Brésil — à l’instar du président argentin Javier Milei —, Bolsonaro a répondu : « J’aurai le même travail à faire ici [que Milei en Argentine], car vous laissez le pays en faillite » avec votre campagne. « N’avez-vous aucune honte ? » a-t-il lancé. Le conservateur a accusé Lula de favoriser l’expansion du crime organisé et l’endettement des familles, et de ne rien faire pour réduire le coût de la vie.

Il lui a également reproché d’augmenter le salaire minimum tout en maintenant des impôts élevés, tout en se moquant du doigt que le président a perdu dans un accident alors qu’il était jeune ouvrier métallurgiste : « Ça ne sert à rien, Lula, de donner d’une main pour reprendre avec les neuf doigts », a déclaré Flávio. Lula a répliqué : « Je ne laisserai pas un milicien me traiter de « neuf doigts » », cherchant ainsi à ternir l’image de son adversaire en rappelant ses liens avec les « milices » de Rio de Janeiro, des organisations criminelles composées de policiers corrompus.

Le dirigeant actuel a également accusé Bolsonaro de vouloir « livrer » le pays au dirigeant américainDonald Trump, en facilitant une éventuelle intervention grâce à la qualification de « narcoterroristes » appliquée aux groupes du crime organisé. Par ailleurs, Lula a évoqué le cas d’un policier qui aurait tiré sur une fillette lors d’une opération dans une favela, et dont l’un des avocats était le candidat de droite.

Le dirigeant brésilien a remis en question l’expérience du sénateur ainsi que sa connaissance du pays. « Il ne connaît pas le Brésil », a-t-il lancé. Durant sa campagne, Flávio Bolsonaro s’est présenté comme l’alternative du changement et se dit confiant dans sa capacité à inscrire le Brésil dans la vague conservatrice qui traverse l’Amérique latine.

« Je sais comment administrer le Brésil, je sais que le Brésil a choisi le changement », a-t-il affirmé. Lula a invité à plusieurs reprises l’auditoire à vérifier sur Google les affirmations de son rival, ce à quoi ce dernier a répliqué : « Qui gouverne le Brésil, toi ou Google ? ». Il a également semé le doute sur les projets économiques de Bolsonaro, se demandant si son véritable objectif n’était pas de mettre fin aux programmes sociaux. Le moment le plus tendu du débat, lors de la dernière séquence, a été marqué par une escalade d’accusations réciproques liées à des soupçons de corruption pesant sur les deux camps. Un sondage de l’institut Datafolha, publié jeudi, indique une égalité parfaite, avec 50 % des intentions de vote pour chacun des candidats. Il y a deux semaines, le sénateur devançait Lula de quatre points.