La revue bimestrielle « La Salida » éditée par l’association Le temps du Tango…

Plus de six mille amateurs de tango ont adhéré à l’association depuis sa création (dont mille adhérents à jour de cotisation), venant de toute la France et d’une vingtaine de pays : Allemagne, Angleterre, Argentine, Autriche, Belgique, Canada, Colombie, Danemark, Espagne, États Unis, Irlande, Israël, Italie, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Suisse, Taïwan, Thaïlande, Turquie…

Une équipe dynamique, professionnelle et volontaire, aujourd’hui composée de dix responsables bénévoles venus d’horizons divers (industrie, enseignement, santé, éducation, banque, profession artistique) et d’une quinzaine de bénévoles occasionnels participant aux activités de l’association. Des activités ouvertes à tout public : cours de danse, stages, pratiques, bals, concerts, conférences, manifestations artistiques et culturelles, publications, revue bimestrielle La Salida… Bref, le tango argentin des pieds à la tête.

‘30 000 et 76’… Cela vous revient comme un lointain boomerang en bois de lucidité. Un message qui arrive sur votre portable d’une connaissance argentine soudain éprise de chanter – loin de toute ambition en la matière – une chanson grave qu’elle souhaite seulement partager. Une chanson douce et terrible qui dit, entre autres vers : « Tout est cloué dans la mémoire / Épine de la vie et de l’histoire / La mémoire pince jusqu’au sang / Les peuples qui l’attachent / Et ne la laissent aller / Libre comme le vent ».

Et les mots de León Gieco vous ramènent au Palais de Glace de Buenos Aires, où vous les avez entendus pour la première fois. La chanson tournait alors en boucle lancinante au cœur d’une exposition photographique racontant le « golpe » de 1976, les années noires de la dictature. Il y aura cinquante ans le 24 de ce mois de mars… Une chanson en appelant une autre, un tango cette fois, peu connu, vous revient lui aussi. « Je dis 30 000… et 76 », chante Gabriela Torres à l’attaque d’un « Nunca más » signé Vitale-González pour la musique, Abonizio-Noble pour la musique, alliance pop-rock-tango unissant guitare et piano énervés au bandonéon de Walter Ríos.

Il suffit d’avoir suivi une fois au moins le défilé commémorant chaque année le sinistre anniversaire du coup d’État pour mesurer l’ampleur de la blessure qu’a endurée l’Argentine. Le pays s’est longtemps accordé sur ce nombre de 30 000 morts et disparus. Et puis, à l’heure de la post-vérité, une partie de la classe politique a entamé un rétropédalage révisionniste aussi vif que décomplexé… au motif que la Commission officielle d’évaluation n’avait pu attester officiellement que d’un peu moins de 10 000 victimes sur la base des plaintes déposées par les familles. Mais pour les associations des droits humains, les noms et visages des 30 000 sont bien là, cloués dans la mémoire collective.

Le pire est peut-être que ce nombre résonne étrangement aujourd’hui que les satrapes de Téhéran ont réussi à égaler le terrible « score » de la junte en même pas trois jours…