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novembre 2013

Documental 2013 : les doc primés

La septième édition du festival Documental, « l’Amérique latine en documentaires », organisée à Lyon par la revue Espaces Latinos, vient de s’achever ce samedi 30 novembre avec un concert de musique brésilienne (Brazilian Music Band) à l’AmphiOpéra de Lyon.

Du lundi 25 au vendredi 29 novembre, midi et soir, cinq longs-métrages et six courts-métrages étaient en compétition pour le prix du public. A la sortie de chaque séance, le public était invité à voter en donnant son avis par les mentions : « Très bien », « Bien », « Moyen », « Mauvais ».

A l’issue de la délibération, nous sommes heureux de dévoiler le nom des films les plus appréciés par les spectateurs : le long-métrage de la réalisatrice française Mélanie Brun Il n’y aura pas de révolution sans chanson et le court-métrage du réalisateur suisse Daniel Schweizer, Indiens d’Amazonie en sursis. Félicitations aux lauréats et un grand merci au public.

La prochaine édition de Documental est déjà en préparation et aura lieu, à l’AmphiOpéra de Lyon, du lundi 24 au samedi 29 novembre 2014.

Januario ESPINOSA (Directeur)

Voir la liste de films en compétition ici.

Le Mexique veut entamer sa révolution numérique

Au Mexique, le président Enrique Peña Nieto vient de présenter sa stratégie digitale nationale. Le but est de centraliser tous les services administratifs étatiques ou fédéraux et en offrir un accès informatique à tous les Mexicains qui pourront donc refaire les papiers officiels en ligne. Suite sur RFI>>

Honduras : la victoire de Juan Hernández confirmée

Après la période de troubles provoquée par les élections de dimanche dernier, le Tribunal suprême électoral a confirmé la victoire de Juan Hernández malgré les accusations de fraude de la candidate de l’opposition Xiomara Castro.

Le dimanche 24 novembre, les 5 millions d’électeurs honduriens devaient élire le Président de la République, trois vice-présidents, 128 députés et 298 maires. Pour la première fois depuis 100 ans, il y a eu huit candidats à la présidence. En général, le Parti libéral et le Parti national alternaient au pouvoir… Les candidats les plus prometteurs étaient Orlando Hernández du Parti national, Mauricio Villeda du Parti libéral, Xiomara Castro du Parti Liberté et Refondation (LIBRE). Les principaux défis : la violence, l’insécurité et la pauvreté. Le Honduras est un des pays les plus violents au monde (20 assassinats par jour !), et le taux de pauvreté approche les 72 % de la population !

Le gouvernement a mobilisé 25.000 soldats et policiers pour empêcher tout acte de violence dans les bureaux de vote. D’autre part, près de 800 observateurs internationaux sont présents pour évaluer la transparence du scrutin, dont une délégation du Parlement européen… Le tribunal électoral a dévoilé les résultats partiels lundi soir : Juan Orlando Hernández  (Parti  national)   34,19 % / Xiomara Castro  (Parti Libre)  28,83 % / Mauricio Villeda (Parti  libéral) 20,76 % / Salvador Nasralla (Parti anticorruption) 15,59 % / Romeo Vasquez (Alliance  patriotique) 0,21 % / Orle Solis (Démochrétien) 0,18 % / Jorge Aguilar (PINU) 0,16 % / Andrés Pavon (UD) 0,11 %

Xiomara Castro : la montée du Parti Liberté et Refondation (Libre)

C’est la grande surprise. Ce parti mené par Xiomara Castro est rapidement devenu un danger très clair pour les partis traditionnels car il tendait à rompre la routine bipartiste. Son slogan : « pour un socialisme démocratique ». Castro est l’épouse de l’ancien président Manuel Zelaya, victime d’un coup d’Etat en juin 2009. En 2006, Zelaya du Parti Libéral avait gagné les élections présidentielles. Á quelques mois de la fin de son mandat, une alliance Congrès – Cour suprême – armée le renverse : au petit matin et en pyjama, il est  transporté de force au Costa Rica. Ses crimes ? Avoir tenté de se rapprocher de l’ALBA (1) et proposer un referendum en vue d’organiser une Assemblée constituante visant à modifier la Constitution.
Des élections frauduleuses installent Porfirio Lobo à la présidence. Zelaya revient par surprise en Honduras et se réfugie à l’ambassade du Brésil où il reste plusieurs mois. Il n’a été autorisé que récemment à rentrer dans son pays. À la suite du coup d’Etat, les partisans de Zelaya se rassemblent dans le Front national de Résistance populaire (FNRP) au sein duquel Xiomara Castro joue un rôle prépondérant qui l’a naturellement amenée à présenter sa candidature pour le Parti Libre issu du FNRP. Dès la parution des résultats, Xiomara Castro et le Parti Libre dénoncent la fraude aux élections car « les résultats annoncés par le Tribunal électoral pour de nombreuses tables de vote ne correspondent pas aux informations que nous avons reçues », et se déclarent gagnants des élections !

Juan Orlando Hernández, le dauphin du putschiste

Le gouvernement Lobo a répondu par la violence institutionnalisée à la violence des maras (2), du crime organisé, des paramilitaires et des narcotrafiquants. Hernández, président du Congrès, considéré comme autoritaire, a promis « mano dura » contre les délinquants : « Je ferai ce qu’il faut faire… Les Honduriens savent ce que je veux dire… » Ce qui inquiète fortement Victor Meza, membre de la Commission de réforme de la sécurité publique du Congrès qui propose un nouveau modèle de police, celle-ci étant pour le moment corrompue jusqu’aux os ! La Commission a proposé aux huit candidats de s’engager à créer une nouvelle police, transparente, proche de la population et respectueuse des droits de l’homme. Hernández est le seul des huit candidats à ne pas avoir signé cette proposition… Le thème de la police va certainement être un facteur décisif dans le choix des électeurs.
À peine les résultats partiels le plaçant en tête, publiés  Hernández s’était déclaré gagnant, à l’instar de son adversaire politique.

Quelques surprises

C’est d’abord la troisième place de l’avocat conservateur Mauricio Villeda du Parti Libéral, ce qui marque la fin du bipartisme historique et le transforme en parti d’opposition de droite. C’est ensuite le bon résultat de Salvador Nasralla, un présentateur de télévision candidat du Parti Anticorruption et tout novice en politique. N’atteignant pas les 2% des voix, les autres partis en course perdront le droit de continuer  d’exister. 

Bien que vainqueur des élections, Hernández, n’ayant pas obtenu la majorité absolue, devra s’allier à d’autres formations pour pouvoir fonctionner.

Jac Forton

 (1)     Alliance bolivarienne pour notre Amérique comprenant neuf pays dont l’Argentine, le Brésil, l’Équateur, la Bolivie et le Venezuela.
(2)     Maras : jeunes organisés en bandes extrêmement violentes

Pablo Ortiz Monasterio, la photographie latino-américaine s’expose à la Fondation Cartier

Vous adorez la photographie ? Un môme et un pistolet vous font penser à William Klein. Le mot «Mexique» déclenche irrésistiblement le souvenir aux clichés d’Henri Cartier-Bresson. Et quand vous devez citer le nom d’un photographe latino-américain, vous dites spontanément : «Sebastião Salgado». Et bien, trois raisons pour visiter America Latina 1960-2013 où vous ne verrez rien de cela.L’exposition de la Fondation Cartier à Paris nous fait découvrir 70 photographes de 11 pays, dont Pablo Ortiz Monasterio, photographe multiprimé, auteur et éditeur, né en 1952 à Mexico, au Mexique. Entretien. Suit sur RFI>>

15e festival « Filmar en América Latina » à Genève

Cette année le festival Filmar en América Latina de Genève fête ses quinze ans ! Du 15 novembre au 1er décembre,  environ 130 films de fiction, documentaires,  films d’animation ou encore courts métrages, classiques, récents, primés dans d’autres festivals de cinéma ou inédits, représentant 15 pays d’Amérique latine sont projetés au cours de plus de 400 séances de cinéma, donnant ainsi une vision des multiples réalités culturelles et sociales du continent latino-américain. Pour cette quinzième édition, l’équipe du festival s’est lancé comme défi de nous faire découvrir le cinéma des pays andins : la Bolivie, l’Équateur et le Pérou.

Cette année, comme chaque mois de novembre depuis quinze ans, se déroule à Genève le Festival Filmar en América Latina, le festival de cinéma latino le plus important de Suisse. L’édition Filmar 2013 nous propose de découvrir pendant deux semaines une programmation riche et variée de 127 films latino-américains ou traitant de l’Amérique latine diffusés en grande partie aux cinémas du Grütli, la maison des arts du cinéma de Genève, mais aussi dans d’autres lieux de Genève, dans certaines villes frontalières françaises et en Suisse romande.

Grâce à cette diversité d’œuvres, le festival Filmar, qui en quinze ans d’existence n’a cessé de gagner en importance, attirant un public toujours plus nombreux d’amoureux de l’Amérique latine, de latinos, ou de cinéphiles en tout genre tend à dresser un panorama du cinéma latino actuel, mais aussi à donner un aperçu des multiples réalités artistiques, culturelles et sociales de l’Amérique latine.

Selon Sara Cereghetti, directrice du festival « Le Festival Filmar en América Latina se pense et se construit comme un miroir, un miroir aux reflets multiples qui déclame et témoigne à la fois d’une diversité cinématographique, à la fois d’une diversité culturelle ». La présence de nombreux réalisateurs venus présenter leurs œuvres, et notamment leur intervention lors de certaines séances permet de comprendre plus en profondeur la cinématographie latino-américaine actuelle et de générer, avec un public souvent composé en grande partie par des initiés, un dialogue et des réflexions.

Au cinéma du Grütli a été installée pour l’occasion une buvette, créant ainsi un espace de rencontre dans lequel se retrouvent les invités et les membres de l’équipe du festival et permettant aux spectateurs intéressés d’entrer en contact de manière moins formelle avec des réalisateurs ou de poursuivre la discussion lancée à la fin de la projection, tout en découvrant toute une gamme de plats ou de boissons d’Amérique latine.

La programmation de Filmar s’organise selon plusieurs axes thématiques, et cette année succédant aux cinémas mexicain, brésilien et colombien, c’est le cinéma de trois pays andins – la Bolivie, l’Équateur et le Pérou – qui est mis à l’honneur. Filmar nous fait découvrir cette cinématographie en plein essor, jusqu’alors peu connue des publics européens, à travers la diffusion de 35 œuvres en provenance de Bolivie, d’Équateur et du Pérou, et notamment une rétrospective de Jorge Sanjinés, un des réalisateurs boliviens les plus importants. Une programmation variée de fictions ou de documentaires souvent présentés en présence de leur réalisateur.

En plus d’une section documentaire autour des thèmes de l’environnement et des droits de l’homme, le festival réserve une place particulière aux femmes dans le monde du cinéma, mais aussi à leurs luttes dans le contexte latino-américain. Avec la section « Sur les notes du cinéma », la quinzième édition du festival Filmar met en avant la musique latino-américaine avec la diffusion de plusieurs documentaires (notamment No habrá revolución sin canción, de Mélanie Brun, présenté cette semaine lors du festival Documental d’Espaces Latinos). La chanteuse-compositrice afro-péruvienne Susana Baca a honoré le festival de sa présence à l’occasion de la projection du film Susana Baca : Memoria viva.

Une nouvelle génération

Alors que le cinéma latino est de plus en plus présent sur les festivals thématiques comme lors des rencontres de cinéma mondiales, le festival Filmar nous donne à connaître de jeunes réalisateurs, porteurs d’une nouvelle vision du monde et de leur région proposent un nouveau cinéma latino-américain. Très productifs, avec une grande attention portée à l’esthétique et à la démarche artistique, ces cinéastes, à travers les exemples de micro-réalités, ou des thèmes plus sociétaux expriment leur attachement à leur pays d’origine. C’est par exemple le cas de Iván Mora Manzano (Sin Otoño, sin primavera), qui explique vouloir tourner ses films  dans sa ville natale, Guayaquil en Équateur parce qu’il n’y a aucune production cinématographique, ou de Adrián Saba qui, dans son très remarqué film El limpiador, donne à Lima un rôle central.

D’autres réalisateurs, tels que Diego Mondaca de Bolivie (Ciudadela) qui tient à « raconter une histoire qui n’est pas l’histoire officielle, qui n’est pas celle de ceux qui ont gagné mais celle du peuple, celle qu’on ne vous a jamais enseigné. Et que nous même ne connaissons pas » revendique de manière plus forte l’importance de leur pays dans leur création cinématographique, elle-même fortement enracinée dans des réalités sociales. Le festival se poursuit jusqu’à dimanche prochain. Lors de la séance de clôture seront dévoilés les gagnants des différents prix décernés par les jurys.

 Chloé GIMENEZ COURT

Voir site de Filmar
Photo de la une : © Sigfredo Haro Photography / Festival Filmar en América Latina

 

Les faits du 17 au 24 Novembre 2013

17 NOV – CHILI – L’une des propositions phares de Michelle Bachelet est un profond changement de la Constitution de 1980, adoptée par Augusto Pinochet lors d’un référendum controversé. Pour cela il est nécessaire d’obtenir l’accord des deux tiers du Congrès, c’est-à-dire de 80 députés et 25 sénateurs. Mais la « Nueva Mayoría » – de centre gauche –, n’a réussi qu’à élire 68 (+12) députés et 21 (+1) sénateurs. Aussi Michelle Bachelet cherchera-t-elle un accord au Congrès entre tous les partis politiques concernant les réformes constitutionnelles. Elle n’a pas exclu d’appeler à une Assemblée constituante pour laquelle, lors des élections, 8 % des électeurs ont écrit les lettres « AC » sur leur bulletin pour obtenir la participation populaire pour changer de Constitution, après une forte campagne d’un mouvement appelé « Marca tu Voto ».

18 NOV. – ARGENTINE – La présidente Cristina Fernández de Kirchner a repris le travail après un mois et demi d’absence pour raisons de santé, en participant à des réunions privées à la résidence présidentielle des Oliviers, à la périphérie de Buenos Aires. En même temps, « Cristina K » a laissé à son porte-parole la tâche d’annoncer le retrait des ministres et des présidents de la banque Centrale et Nationale. Elle a annoncé des changements dans son gouvernement : le chef de cabinet faisant office de chef de gouvernement, Jorge Capitanich [photo] – économiste de 48 ans – ; le ministre de l’Economie, Axel Kicillof – économiste de 42 ans – et le ministre de l’Agriculture, Carlos Casamiquela – ingénieur agronome. Comme il est devenu évident qu’elle ne pourra plus briguer un troisième mandat, Jorge Capitanich, péroniste fidèle à la présidente,  peut être un héritier possible pour la présidentielle de 2015.

18 NOV – BRESIL Scientifiques et défenseurs de l’environnement ont tiré la sonnette d’alarme depuis des mois. Les chiffres rendus publics par le gouvernement brésilien montrent une réelle inversion de tendance : sur douze mois allant d’août 2012 à juillet 2013, la déforestation de l’Amazonie brésilienne, après quatre années consécutives de baisse, s’est accélérée. Les données satellitaires de l’Institut national de recherche spatiale (INPE) révèlent que près de 5 843 km² ont été déboisés sur un an, ce qui représente une hausse de 28 % du déboisement par rapport à l’année précédente, au cours de laquelle avait été enregistrée la plus faible déforestation de l’histoire récente. Ce rebond coïncide avec l’entrée en vigueur du nouveau code forestier, promulgué en mai 2012 par la présidente, Dilma Rousseff, et critiqué par les écologistes.

19 NOV. – MEXIQUE – À 81 années, l’essayiste et écrivaine, Elena Poniatowska (née à Paris en 1932),  a remporté le Prix Cervantes, la plus haute distinction des lettres espagnoles. Celui- ci est le cinquième gagnant pour un Mexicain et la première pour une Mexicaine. Elle est la quatrième écrivaine récompensée en 37 ans. Avant elle, il y a eu en autres les Espagnoles María Zambrano (1988) et Ana Maria Matute (2010), et la Cubaine Dulce Maria Loynaz (1992). Son livre le plus célèbre, La Nuit de Tlatelolco, est un témoignage saisissant de la répression contre les étudiants le 2 octobre 1968, une date gravée avec le sang dans l’histoire du Mexique. « On devrait officiellement la commémorer, une date de deuil national », répète-t-elle.

19 – VENEZUELA NOV – La majorité chaviste de l’Assemblée nationale a approuvé la loi d’habilitation qui autorise le président Nicolás Maduro à légiférer par décret « contre la guerre économique »  qui, selon le parti au pouvoir, est à l’origine la crise profonde que traverse aujourd’hui le Venezuela. Grâce à ces pouvoirs spéciaux, Nicolás Maduro peut examiner les contrôles des changes et commerciaux mis en place il y a une décennie pour réglementer davantage les importations, le contrôle du financement des partis politiques d’opposition et d’établir des mécanismes de lutte « contre les puissances étrangères cherchant à détruire le pays dans les domaines économique, politique et médiatique ». Le coût élevé de la vie se traduit par un taux d’inflation cumulé de 54 % l’an dernier.

19 NOV. – PÉROU – Le président péruvien Ollanta Humala a dû reporter sa visite au Canada en raison de la crise politique consécutive à la révélation des médias péruviens des liens actuels entre les agents de l’ex conseiller d’intelligence Vladimiro Montesinos de l’ancien président Alberto Fujimori, policiers et fonctionnaires de son gouvernement. Bien que le président ait essayé, pendant une entrevue d’une heure, de convaincre que l’épisode ne représente seulement que des « actes de corruption » de « quelques mauvais éléments de la police », les indices et les documents disponibles indiquent un problème de plus grande dimension. Les courriers d’opinion des journaux, les appels d’auditeurs de radios, et les réactions dans les réseaux sociaux, démontrent que les Péruviens sont insatisfaits avec cette explication. Et, pour aggraver la situation, le président a généré un malaise au sein de la police nationale en mettant toute la responsabilité sur l’institution.

19 NOV. – AMÉRIQUE LATINE – Aller à la salle de bain est un luxe pour 120 millions de Latino-Américains. La région est de plus en plus riche, mais il est plus facile d’avoir un téléphone cellulaire qu’un accès à des toilettes ou des sanitaires sécurités pour évacuer ses excréments. En dehors des villes, le problème est encore plus grave. Un tiers des habitants des zones rurales d’Amérique latine sont potentiellement exposés. Le chiffre est de 13 % pour les habitants des villages et des villes d’Amérique latine. De plus, il tend à aggraver l’extrême pauvreté et à augmenter la malnutrition et la mortalité infantile ; le manque d’assainissement adéquat a aussi des coûts économiques élevés selon Ivo Imparato, directeur du Programme Eau et de l’Assainissement pour l’Amérique latine et les Caraïbes de la Banque mondiale.

21 NOV. – PARAGUAY – Comme dans d’autres pays d’Amérique latine, la population a commencé à protester ces derniers temps pour des raisons allant de l’éducation aux transports en commun. Des milliers de Paraguayens se sont rassemblés à Asunción contre le népotisme et la corruption dans leur pays. L’usage de la corruption a été historiquement une affaire en suspens à régler au Paraguay, tout comme l’inégalité, la distribution de la terre et le développement économique. Cette fois, les citoyens ont réagi parce que plus d’une vingtaine de sénateurs ont voté contre la destitution d’un collègue du Parti conservateur Colorado du président paraguayen Horacio Cartes, accusé par la presse d’engager comme employés du Congrès la nourrice de ses enfants et une ex-candidate Miss Univers. Organisés sur les réseaux sociaux, les participants ont manifesté devant le Congrès avec des rouleaux de papier de toilette, comme un symbole qu’ils voulaient nettoyer après les politiciens. Plus de 100 magasins à travers le pays ont annoncé qu’ils ne seront pas servis ni l’accusé, ni les 23 autres sénateurs qui l’ont défendu.

21 NOV. – COLOMBIE – Après l’annonce par le président Juan Manuel Santos qu’il briguerait un second mandat en juin 2014, si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, les plus grands obstacles pour la réélection du président seraient le vote blanc et le scepticisme des Colombiens, qui pensent que le pays est sur la mauvaise voie. Toutefois, les enquêtes montrent que, même si Juan Manuel Santos n’est pas le président le plus populaire de ces dernières années, il n’a pas encore de rivaux qui pourraient compromettre sa réélection.

22 NOV. – COSTA RICA-NICARAGUA – La Cour internationale de Justice des Nations Unies (CIJ) de La Haye a rendu pour une seconde fois des mesures préventives sur le différend frontalier autour de la rivière San Juan entre  le Costa Rica et le Nicaragua depuis 2010. Cette fois, les juges ont ordonné au Nicaragua de quitter Isla Portillos et d’arrêter, dans les deux semaines, le dragage de deux canaux pour une sortie à la mer depuis la rivière. Sept jours plus tard, les autorités nicaraguayennes doivent démontrer, avec preuves photographiques qu’ils ont remis les choses en état car  la zone est incluse dans la Convention (des Nations unies) pour la préservation des zones humides.

23 NOV. – VENEZUELA – Après une période de calme relatif, le transfert des pouvoirs législatifs pour une année au président Nicolas Maduro a conduit l’opposition à appeler à des manifestations dans les 335 municipalités du pays. Le but est de protester non seulement contre la situation politique, mais aussi contre l’appauvrissement national formulé -par certains observateurs-, comme la plus grave crise économique des 30 dernières années. Dans le même temps, le leader de l’opposition et le gouverneur de l’État de Miranda, Henrique Capriles Radonski, vise à fusionner ses partisans avant les prochaines élections municipales, le 8 décembre.

24 NOV. – MEXIQUE – Lors de son XIVe Congrès national, le Parti de la révolution démocratique (PRD) a conclu des accords sur son orientation pour l’année prochaine, mais a également accumulé des divergences autour de la question de se maintenir dans le Pacte de México. Mais finalement les dirigeants du PRD ont décidé que cette politique restera en vigueur, en accord avec le président mexicain, Enrique Peña Nieto, pour faire voter des réformes structurelles, au moins tant que la proposition de réforme de l’énergie n’est pas approuvé par le président cette semaine, qui marque une année de pouvoir. En désaccord sur ce sujet, Marcelo Ebrard, l’ancien maire de México, a accusé les chefs du PRD – principalement par les permanents du parti – de prendre des décisions de façon unilatérale, et a annoncé qu’il demandera l’appui de Cuauhtemoc Cardenas, fondateur du PRD, pour mobiliser le parti à sa transformation en parti de gauche.

24 NOV. – HONDURAS – Lors de l’élection présidentielle, Juan Orlando Hernandez, comme sa rivale Xiomara Castro, estime l’avoir emporté, au terme d’une journée de vote sans incident, marquée par une importante participation des 5,4 millions d’inscrits. Le candidat du Parti National (droite) au pouvoir, Juan Orlando Hernandez, s’est déclaré vainqueur, après des résultats partiels basés sur 42 % des suffrages lui accordant 34,15 % des voix contre 28,45 % pour la candidate de gauche, Xiomara Castro avec 28,45 %, devant Mauricio Villeda (Parti Libéral, 20,9 %). Les électeurs ont également désigné leurs 128 députés et leurs 229 maires.

Guy MANSUY

Honduras: la droite conserve la présidence

La gauche n’a pas réussi son pari de gagner la présidence hondurienne. Les élections générales se sont déroulées dans le calme, avec 5,4 millions d’électeurs appelés aux urnes pour élire le successeur de Porfirio Lobo lors d’élections uninominales à un tour, où huit candidats se présentaient. Selon les résultats provisoires, Juan Orlando Hernández, candidat du Parti national au pouvoir a obtenu 34 % ; Xiomara Castro, la candidate de gauche, 28 % ; devant Mauricio Villeda, du Parti libéral, 20%. Suite sur RFI>>

Semaine du 13 au 19 novembre 2013

1 – CUBA – Le Conseil des ministres de Cuba a annoncé la cessation immédiate de « la prestation de cinéma (qui comprend des salles 3D) et des jeux d’ordinateur  » procurés avec leurs propres moyens. En même temps, a entériné l’ »illégalité de la vente au détail de marchandises importées ou la revente de produits acquis sur le réseau commercial de l’État « . Les autorités nient que ces mesures représentent un recul dans la mise à jour du modèle économique et affirment que, au contraire, ce sont des « corrections nécessaires » pour protéger les travailleurs indépendants.

2 – BRÉSIL – Plus de la moitié de la population brésilienne est d’origine noire ou de couleur. La Commission Justice et Constitution de la Chambre, a approuvé un projet de loi qui prévoit qu’au moins un cinquième des sièges du Congrès National et des Assemblées législatives des États soient réservés à des personnes de couleur. Il est nécessaire d’amender la Constitution, en étant approuvé par l’assemblée plénière du Congrès. Après, elle doit être ratifié par le Sénat et ensuite entériné par deux tiers des voix. Soit par 308 des 513 députés actuels. Si la loi a été adoptée, le Congrès devrait avoir 173 députés de couleur. Aujourd’hui, ils sont moins de 10 %.

3 – AMÉRIQUE LATINE – Le nombre d’immigrants hautement qualifiés a presque doublé dans la dernière décennie aux États-Unis et en Europe (12 à 20 millions de personnes), selon un rapport de l’UNESCO. Ils provenaient principalement des pays en développement. Beaucoup de professionnels latino-américains voient de meilleures opportunités ailleurs, dans un exode qui a vu des migrations allant jusqu’à 90 % dans certains pays des Caraïbes. Cet exode coïncide avec l’augmentation dans l’enseignement supérieur des latino-américains qui sont passés de 23 à 40 millions entre 1996 et 2007, selon la Banque Mondiale.

4 – ARGENTINE – Quelque 1500 dossiers secrets de la dernière dictature militaire en Argentine (1976-1983) ont été trouvés, stockés dans le sous-sol d’un immeuble de l’Armée de l’Air, à Buenos Aires. Parmi ces documents, ceux de plus de 300 intellectuels et artistes classés selon le degré de « dangerosité » :   des écrivains comme Julio Cortázar et María Elena Walsh, des chanteuses comme Mercedes Sosa, le tango compositeur Osvaldo Pugliese et des acteurs comme Hector Alterio et Norma Aleandro.

5 – MEXIQUE – La réforme du secteur énergétique du Mexique pourrait aller au-delà de la proposition faite en août par le président mexicain, Enrique Peña Nieto. Son parti, la révolution institutionnelle (PRI) et le Parti d’action nationale (PAN, droite) sont en train de négocier une réforme plus large. Ils veulent permettre au secteur privé participer à l’industrie énergétique du pays, grâce à des accords de licence, ce qui le Gouvernement de Peña Nieto avait précédemment écarté, selon les informations du quotidien américain The Wall Street Journal.

6 – COLOMBIE – Le gouvernement de Juan Manuel Santos et les Forces armées révolutionnaires [photo] de Colombie (FARC) ont terminé un nouveau chapitre dans les négociations de paix tenues à La Havane. L’accord sur la participation politique après celui sur le développement rural, est vu comme un des progrès substantiels. Sur l’agenda attend le trafic de la drogue, le désarmement, les droits des victimes et la fin du conflit. Les dirigeants politiques -sauf l’opposition Uribe – ont salué l’accord, même si aucun détail n’est connu à cause de l’accord de confidentialité entre les négociateurs. Les annonces montrent principalement que les FARC formeront un parti politique après la démobilisation.

7 – GUATÉMALA – Les survivants des massacres de l’exil ont élevés une plainte contre le Guatemala devant la Cour Interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), basée à Washington. Le procès pour génocide et crimes contre l’humanité contre l’ex-dictateur Efrain Rios Montt et son ancien chef du renseignement -le général à la retraite Mauricio Rodriguez Sanchez- ne peut reprendre qu’en 2015.

8 – VENEZUELA – Après l’incendie d’un avion mexicain intercepté au Venezuela, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, n’a donné aucune explication au sujet de l’opération. Cependant, le gouvernement a déclaré à la radio et à la télévision que sont maintenant 30 avions abattus par ses forces armées pour leurs liens présumés avec des réseaux de drogue.

9 – HONDURAS – L’annonce faite par le Salvador pour l’achat de 10 avions de combat d’occasion A-37 au Chili a provoqué une réaction immédiate du Honduras. Le gouvernement a averti que l’acquisition répond à la « prétention » salvadorien à établir « une paix armée » avec un « scénario de guerre hypothétique » dans la région pour le différend territorial entre le Honduras et le Salvador. Cela fait allusion à l’îlot de Conejo, une île de 0,5 kilomètres carrés située sur le golfe de Fonseca sur la côte Pacifique.

10 – CHILI – Le poète Pablo Neruda souffrait d’un cancer de la prostate quand il a décédé quelques jours après le coup d’Etat. Celle-ci est la conclusion d’un rapport commandé par la justice chilienne à une équipe d’experts internationaux réunis à Santiago. Ils ont déterminé que le poète n’avait pas de produits chimiques dans son corps qui permettraient de conclure à un empoisonnement. Le parti communiste et l’entourage de l’écrivain continuent à penser qu’il n’est pas mort de cause naturelle.

11 – MEXIQUE – Ygnacio Lopez Mendoza avait entamé en octobre une grève de la faim devant le Sénat mexicain. En tant que maire de Santa Ana Maya dans le Michoacan, il cherchait attirer l’attention des autorités fédérales sur le manque de ressources de la mairie.  Il a été tué après avoir dénoncé le paiement de quotes-parts de maires de la région au crime organisé. Il avait rendu public qu’il était arrivé à un accord avec le Gouvernement d’Enrique Peña Nieto, pour améliorer la distribution de ressources publiques. Âgé de 60 ans, le maire du Parti travailliste était sur le point d’accomplir sa deuxième année de mandat.

 12 – BRÉSIL-PÉROU – La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, s’est entretenu avec le président péruvien Ollanta Humala lors d’une visite de sept heures à Lima. Le but était de signer trois accords bilatéraux et participer à un forum d’affaires. Ainsi, pouvoir renouer le lien suspendu en 2012, après que deux projets d’infrastructure dans l’énergie et l’achat d’avions de guerre brésiliens ont été rejetés. Avec cette visite, les deux pays ont commémoré dix ans d’une alliance stratégique initiée par les présidents Luis Inacio Lula da Silva et Alejandro Toledo.

13 – AMÉRIQUE LATINE – Près d’un quart des Latino-Américains – quelque 130 millions de personnes – sont obèses. Certaines des plus grandes économies de la région, tel le Mexique, le Chili et l’Argentine, présentent le plus fort pourcentage d’adultes en surpoids. La prolifération des régimes alimentaires malsains et les calories excédentaires, l’insuffisance d’exercices et les modes de vie sédentaires, ont fait que l’Amérique latine soit de plus en plus obèse. Cette situation menace le fondement de leurs systèmes de santé. Selon l’étude de l’Organisation panaméricaine de la santé, les dépenses résultant du diabète – la principale maladie liée à l’obésité – atteignent 65,000 millions de dollars par an.

14 – BRÉSIL  – Rui Falcão [photo], président du Parti des travailleurs (PT) et député à São Paulo, a été reconduit dans ses fonctions de président du parti par plus de 800.000 membres, soit 70 %  des votants. Rui Falcão était soutenu par l’ancien président Lula da Silva qui, pour la première fois, en tant que fondateur du parti avait mis de côté son indépendance proverbiale pour ces élections. Tout cela en raison du fait que les cinq autres candidats préféraient un  parti plus près de gauchistes et progressistes.

15 – ÉQUATEUR – La Cour National de justice (CNJ) d’Equateur a condamné d’une indemnisation de 6.400 millions d’euros le pétrolier américain Chevron pour avoir pollué les eaux de la région de l’Amazonie équatorienne entre 1964 et 1992. La guerre de Chevron contre l’Equateur va se poursuivre devant les tribunaux des Etats-Unis.

16 – SALVADOR – Le Bureau du Procureur général du Salvador a ordonné, dans un geste sans précédent, à un tribunal de la capitale de poursuivre de 21 anciens fonctionnaires pour des infractions de corruption. Celles-ci auraient coûté à l’Etat quelque 1 000 millions dollars. Parmi les accusés il y a l’ancien ministre de l’Economie, Miguel Lacayo, le président de la compagnie nationale d’électricité CEL, Guillermo Sol Bang, et José Antonio Rodriguez Rivas avec Pedro José Escolan, beaux-frères des ex présidents salvadoriens Francisco Flores et Armando Calderón Sol (qui ont gouverné entre 1994 et 2004). Ce scandale affecte essentiellement le parti de droite de l’Alliance républicaine nationaliste (ARENA) comme les personnes les plus impliquées.

17 – BRÉSIL – Lors d’une session considérée comme historique et controversée, la Cour suprême fédérale du Brésil a décidé d’incarcérer 12 des 25 coupables condamnés dans la procédure de corruption politique connue comme cas mensalão. Entre autres, il s’agit des dirigeants historiques du Parti des travailleurs (PT): José Dirceu, ministre du premier gouvernement de l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva, le député José Genoino et l’ex trésorier Delúbio Soares. Les juges, cependant,  insistent sur le fait qu’ils ont jugé en toute conscience, en suivant strictement les lois pénales et sans se laisser influencer par des pressions extérieures. Depuis, José Dirceu et huit autres condamnés dans l’affaire mensalão se sont livrés à la police.

18 – ARGENTINE – Le Sénat argentin a adopté une loi contre la cyber-intimidation sexuelle. Pour le code pénal argentin, à partir de maintenant, est passible de six mois à quatre ans de prison l’adulte qui « à travers une fausse identité et l’utilisation de tout média électronique, commet des actions destinées à influencer un mineur pour effectuer des activités sexuelles explicites ou à connotation sexuelle « . Les harcèlements sexuels en ligne des moins de 18 ans sont passibles de six ans de prison.

19 – VENEZUELA – L’Assemblée nationale a voté la loi qui donne au président Nicolas Maduro la possibilité de légiférer pendant un an à partir de la semaine prochaine. Tout s’est passé comme prévu. Les « chavistes » ont pu sauver avec succès la première discussion du projet de Loi d’Habilitation grâce à la contribution inestimable de Carlos Flores, adjoint parlementaire du dissident Maria Mercedes Aranguren, dépouillé de son immunité pour corruption présumée. « Le socialisme ne peut jamais s’affermir avec  la corruption. Je suis venu pour demander d’autres pouvoirs habilitants, pour accélérer et livrer bataille à fond pour une nouvelle éthique politique« , a déclaré le chef d’Etat.

20 – SALVADOR – Le bureau de l’organisation humanitaire ProBúsqueda –  dédié à la localisation des enfants disparus pendant la guerre civile d’El Salvador (1980-1992) – a été attaqué par un groupe de trois hommes armés qui ont essayé de détruire les archives de ProBúsqueda. Ce bureau garde les données de 1.200 mineurs disparus. Son siège et certains de ses dossiers ont été brûlés. Le président Mauricio Funes et le Médiateur pour les droits de l’homme, David Morales, ont répudié ce qui est arrivé et ont promis de traduire les coupables en justice. On soupçonne quelques officiers d’alors qui ont enlevé des enfants mineurs d’âge, mais l’Armée n’a pas ouvert les archives pour une loi d’amnistie. La guerre civile salvadorienne a fait plus de 75.000 morts et 8.000 disparus, dont 1.200 sont des enfants.

21 – MEXIQUE – Un programme de bourses d’études pour des étudiants de Mexico pourrait cacher une fraude qui concerne des politiciens du PRD, la gauche mexicaine. L’Assemblée locale créée en 2011 pour fournir des bourses à 45.000 jeunes, mais, deux ans plus tard, seulement 2.700 en ont reçu et la plupart du budget, 250 millions de pesos (19 millions de dollars) a disparu.

22 – MEXIQUE – Les groupes d’autodéfense des municipalités Tepalcatepec et Buena Vista -au Michoacán- ont pris Tancítaro, une ville de plus de 6700 habitants, située dans la partie occidentale de l’État. Accompagné par les résidents de la municipalité, selon les gardes communautaires, l’intervention a eu pour but de libérer la cité des abus continus du cartel des Chevaliers des Templiers, qui domine une partie de la société. Un des principaux chefs des neuf groupes d’auto-défenses du Michoacán, le Dr. José Manuel Mireles, a rapporté qu’ils avaient repoussé l’attaque et tué neuf narco-trafiquants.

23 – CHILI – La candidate socialiste et ex-présidente, Michelle Bachelet, est arrivée largement en tête du premier tour de la présidentielle, mais devra affronter sa rivale de droite Evelyn Matthei, lors d’un second tour fixé au 15 décembre. Selon des chiffres officiels Michelle Bachelet (62 ans), a réuni 46,68 % des voix contre 25 % pour Evelyn Matthei (60 ans), première femme candidate de la droite de l’histoire du pays. Avec 11 % des voix, arrive en troisième position le socialiste dissident Marco Enriquez-Ominami (40 ans). Les Chiliens votaient également pour renouveler la totalité de la Chambre des députés et plus de la moitié du Sénat (20 sénateurs sur 38). D’après des résultats provisoires, la coalition de la Nouvelle Majorité, conduite par Michelle Bachelet et regroupant démocrates-chrétiens, socialistes et, pour la première fois depuis quarante ans, les communistes, aurait conquis la majorité au Congrès. Une majorité simple qui n’est toutefois pas suffisante pour faire adopter des lois importantes, qui requièrent une majorité qualifiée, de quatre septièmes. Quatre anciens dirigeants de la révolte étudiante qui ébranlèrent le Chili en 2011 ont obtenu des sièges de députés, dont la « passionaria » communiste Camila Vallejo, 25 ans. Le président Piñera a indiqué que 56 % des 13,5 millions d’électeurs ont voté. Pour la première fois, le vote n’était pas obligatoire et l’inscription sur les listes électorales était automatique.

Guy MANSUY

Elena Poniatowska lauréate de la plus grande récompense littéraire du monde hispanique

Nous connaissons l’œuvre d’Elena Poniatowska depuis bien longtemps. Nous lisions aussi ses chroniques politiques du journal mexicain La Jornada, dont elle a été l’une des fondatrices. Le réseau que nous avons tissé depuis notre fondation en 1984 allait jusqu’au D. F., ville de Mexico, d’ où des amis nous envoyaient régulièrement des articles, et de temps à autre les propos d’Elena Poniatowska sur les grands sujets de l’actualité mexicaine ou internationale. En octobre 2003, nous présentions, non sans difficultés, la deuxième édition du festival littéraire Belles Latinas. Ce fut l’année où nous avons reçu le moins d’écrivains. Mais parmi les auteurs qui ont accepté notre invitation se trouvait Elena Poniatowska. Elle a passé trois jours à Lyon et ce fut un moment riche d’échanges et de dialogues avec cette grande dame de la littérature latino-américaine. Le contact avec elle ne s’est jamais coupé depuis. L’année dernière, nous avions envisagé de la faire revenir, mais pour raison de contraintes financières, nous n’avons pas pu concrétiser nos souhaits.

Elena Poniatowska est une grande journaliste et écrivaine engagée. Elle vient de remporter le prix Cervantes, la plus importante récompense littéraire du monde hispanique. Le jury l’a récompensée pour « sa trajectoire littéraire dans plusieurs genres, en particulier le narratif, et pour s’être dédiée de manière exemplaire au journalisme, à la chronique et à l’essai », a souligné le ministre espagnol de la Culture, José Ignacio Wert. « Le Mexique vit un moment compliqué. Nous sommes divisés par les luttes politiques internes et par la violence des narcotrafiquants”, a dit Elena Poniatoswka, qui avait soutenu en 2006 le candidat de la gauche mexicaine Andrés Manuel López Obrador.

Née à Paris le 19 mai 1932, d’un père aristocrate d’origine polonaise et d’une mère mexicaine, Elena Poniatowska avait 10 ans quand sa famille émigra au Mexique, en raison de la Deuxième Guerre Mondiale. Ses parents l’envoyèrent étudier aux États-Unis et elle entama à son retour au Mexique, en 1954, une carrière journalistique. Elle commença parallèlement à se dédier à la littérature avec son premier livre Lilus Kikus. Pour le jury du prix Cervantes, elle est devenue l’un des écrivains mexicains les plus engagés et « une des voix les plus puissantes de la littérature en espagnol »En 1971, elle reçut une consécration internationale avec son livre La nuit de Tlatelolco, une compilation de chroniques et de témoignages sur le massacre d’étudiants le 2 octobre 1968 dans le centre de Mexico.

Parmi ses œuvres de fiction traduites en français figurent notamment Cher Diego, Quiela t’embrasse (1978) et Leonora (2011), son livre le plus récent. Considéré comme le prix Nobel de littérature du monde hispanophone, le prix Cervantes comprend notamment parmi ses lauréats le péruvien Mario Vargas Llosa (1994), le mexicain Octavio Paz (1981), l’uruguayen Juan Carlos Onetti (1980) le chilien Nicanor Parra et l’espagnol Camilo José Cela (1995).

Olga BARRY

Photo: Elena Poniatowska et Januario Espinosa, directeur d’Espaces latinos et Belles Latinas, en octobre 2003 à Lyon.

Cristina Kirchner de retour à la présidence

Après avoir souffert d’une arythmie cardiaque et de migraines, Cristina Kirchner, la présidente d’Argentine, s’est fait drainer un hématome au cerveau. Le 18 novembre dernier, elle a repris ses fonctions à la Casa Rosada, dans un scénario où ses adversaires politiques commencent à se préparer pour les présidentielles de 2015

Cristina Fernández Kirchner a repris le cours normal de ses activités depuis le lundi 18 novembre. Il y a un peu plus d’un mois, elle s’était fait drainer un hématome au cerveau après s’être rendue à l’hôpital à cause d’une arythmie cardiaque et de migraines. Son absence a mis en évidence l’inexistence d’un leader à même de la remplacer à la présidence.

Dans un communiqué de presse, le porte-parole du gouvernement argentin, Alfredo Scoccimaro, a lu l’avis médical émis après les contrôles et les études du  laboratoire de la Fondation Favaloro. Cristina Fernández ne pourra pas prendre l’avion pendant un mois et devra se soumettre  le 9 décembre à un nouvel examen neurologique. Selon le journal espagnol El País, l’absence de la présidente a démontré un défaut de leadership pour le kirchnerisme. En même temps, les élections du 27 octobre passé, ont démontré que Cristina n’a plus la majorité des voix, elle ne pourra donc pas modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat.

La liste des candidats pour les présidentielles de 2015 commence à se former. Le maire conservateur de Buenos Aires, Mauricio Macri, a déjà annoncé sa candidature. L’ancien kirchneriste, Sergio Massa, représente le centre de l’échiquier politique. « Il a été menemiste sous Carlos Menem, duhaldiste sous Duhalde, kirchneriste sous Kirchner, cristiniste sous Cristina Fernández et maintenant il est massista », affirme la presse argentine. D’un autre côté, il y a le gouverneur de la province de Buenos Aires, Daniel Scioli, qui a dévoilé son envie de devenir président en 2015, sauf si Cristina Kirchner brigue un troisième mandat, ce qui semble désormais exclu.

                                                                                                                                                            Soledad ITURRIAGA

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