Archives mensuelles :

mars 2013

Guatemala : Procès historique d’un dictateur

De 1954 à 1985, le Guatemala a vécu sous la coupe de dictateurs militaires. Le conflit entre dictatures,  mouvements sociaux et guérilla, un des plus long du continent, a fait 200 000 morts dont 45 000 disparus. Le plus féroce des dictateurs, le général Efraín Ríos Montt (1982-83), est actuellement jugé pour génocide contre le peuple Maya Ixil. Une première historique.

L’armée guatémaltèque avait adopté une stratégie très agressive non seulement en décimant les mouvements sociaux et en attaquant la guérilla mais en s’en prenant aussi à toute zone considérée comme sympathisante de la guérilla, zones habitées essentiellement par les Indiens Maya. La politique des militaires : « Puisque la guérilla est comme un poisson dans l’eau parmi les peuples indigènes, si on ne peut pas tuer le poisson, il faut lui retirer l’eau » donc exterminer la population civile indigène. C’est l’origine des massacres : plus de 600 villages indiens sont rayés de la carte dans le cadre d’une « politique de la terre brûlée!

Depuis de nombreuses années, les familles des victimes et les associations de défense des droits humains luttent pour que les dictateurs des années 1980 soient jugés pour crimes contre l’humanité et génocide. La peur et les menaces contre les juges, les avocats, les témoins survivants et leurs familles avaient jusqu’à présent réussi à éviter une mise en examen de ces militaires.

En 2001, l’AJR (Association pour la justice et la réconciliation) et le CALDH (Centre d’action légale pour les Droits Humains), déposent devant la justice, une plainte contre le général Efraín Ríos Montt pour génocide et crimes contre l’humanité envers les Ixils lorsqu’il était ‘président de fait’,  c’est-à-dire dictateur du Guatemala en 1982 et 1983. Mais la justice reste silencieuse pendant plusieurs années…

En 2006, l’AJR sollicite du Ministère Public qu’il demande à l’armée de lui remette les plans militaires « Opération Ixil » et « Opération Sofia », noms des actions militaires en territoire ixil durant l’année 1982. Ces documents prouveraient la volonté d’extermination des Indiens par le dictateur. L’armée refuse en arguant que ces document relèvent du secret d’État et mettraient la Sécurité de l’État en danger. Peu crédible, cet argument est rejeté par la justice. L’armée l’informe alors que « ces documents ont disparus ». Ce n’est qu’en juin 2011 que la juge Carol Flores ordonne la détention des généraux Efraín Ríos Montt et Rodríguez Sánchez, chef du renseignement militaire à cette époque, pour crimes contre l’humanité commis contre le peuple Maya Ixil.

L’ouverture du procès est sans cesse retardée, les avocats du dictateur déposant plus de cent recours : récusations, appels, incidents divers, accusation de partialité des juges, etc. Ils sont tous rejetés par la justice car ils sont « frivoles et hors sujet » avec pour seul but de retarder et faire obstacle à la justice. Les accusés demandent alors à la Cour Constitutionnelle qu’elle leur octroie une amnistie totale au nom de la Loi de Réconciliation signée lors des accords de paix de 1996. Demande rejetée car l’article 8 de la loi stipule qu’il ne pourra y avoir d’amnistie pour les crimes de génocide, tortures et disparitions forcées.

Le 28 janvier 2013, le juge Miguel Ángel Galvez décide que les deux généraux peuvent être inculpés : bien que plusieurs milliers d’indiens ixils aient été assassinés par l’armée, le procès concerne la mort de 1 771 personnes. Il s’est ouvert le 19 mars 2013. C’est la première fois qu’un des dictateurs des années les plus meurtrières de l’histoire du Guatemala depuis la conquête espagnole est inculpé et accusé de génocide.

Au premier jour du procès, l’avocat du dictateur demande son report car il n’aurait pas eu le temps de lire tout le dossier. Refusé par la Cour composée de trois juges. Il veut ensuite récuser la présidente du tribunal pour manque d’impartialité. Refusé. Il fait alors un plaidoyer politique en évoquant « l’ingérence d’étrangers qui fomentent la convulsion de la société et empêchent l’instauration d’une paix durable », alors que, selon lui, le général Ríos Montt « s’est montré gardien de la morale et précurseur d’un Guatemala démocratique et respectueux des droits humains ». L’extermination des Ixils « n’était pas une intention stratégique mais la conséquence d’une stratégie militaire ». L’avocat du CALDH répond que « chercher la justice n’est pas un acte de terrorisme ou de déstabilisation de l’État ».

Le deuxième jour est consacré au témoignage de survivants des massacres : ils racontent les assassinats, les viols, les tortures, les mutilations, le saccage et les destructions d’habitations, l’incendie des récoltes, le massacre des animaux, la fuite dans la montagne où les enfants meurent de faim… L’intention d’extermination est évidente lorsque l’on s’aperçoit que les enfants ne sont pas épargnés.  Une femme ixil raconte : « Les adultes étaient tués puis jetés dans la rivière. Les enfants étaient jetés vivants dans la rivière où ils se noyaient… »

Sans cesse, les avocats du dictateur demandent aux témoins « Les uniformes que vous avez vus ressemblaient-ils à ceux des autres ? », les autres étant la guérilla. L’intention est claire : faire croire aux juges que les Ixils avaient confondus les uniformes de la guérilla avec ceux de l’armée et que les massacres avaient été perpétrés par les guérilleros. Les témoins répondent qu’ils n’ont jamais vu dans le village d’autres uniformes que ceux des soldats. L’avocat de Ríos Montt leur crie alors au visage : « Qui vous a payé pour dire tout ça ? ». À quoi un Ixil répond tranquillement : « Il faut qu’il y ait justice pour que nos enfants ne vivent jamais ce que nous avons vécu »… Pour l’avocat de l’AJR, « face au monde, ce procès est un rappel que chaque processus de paix doit nécessairement être accompagné de mécanismes judiciaires. Le silence imposé pendant des années ne peut étouffer le désir de justice des victimes de graves violations aux droits humains ». Le procès reprendra début avril.

Jac FORTON

Informations basées  sur des document produits par l’AJR, le CALDH, le Collectif Guatemala en France, la FIDH et la documentation personnelle de l’auteur qui vivait au Guatemala lors de la signature des accords de paix de 1996.

Roberto Platé scénographe argentin à la Maison de l’Amérique latine à Paris

Roberto Platé, scénographe argentin, « encadre » la Maison de l’Amérique latine avec une installation monumentale sur le boulevard Saint-Germain et invite le visiteur à passer littéralement à travers les miroirs d’une exposition qu’il a lui-même scénographiée : installations qui trompent l’œil, maquettes de décors pour le théâtre, l’opéra, la danse et parfois la mode. Un parcours enrichi de photographies, de documents, de projections de films, et d’une cinquantaine d’œuvres provenant des collections de l’artiste, de la Bibliothèque Nationale de France, et de la Comédie Française. Exposition du 20 mars au 24 juillet 2013. 

  • Du lundi au vendredi de 10 h à 20 h – samedi 14 h à 18 h – Entrée libre (fermée les jours fériés).

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  • Un livre publié aux éditions Artlys accompagne cette exposition, 160 p, 150 illustrations. 30 €. Exposition réalisée avec le soutien de M. Pierre Bergé, et avec le concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France et de la Comédie-Française.

Chili: Michelle Bachelet officiellement candidate à la présidentielle de 2013

Au Chili, l’ex-présidente Michelle Bachelet a annoncé sa candidature à la prochaine élection présidentielle de novembre. Elle était rentrée le matin même au Chili après avoir quitté la direction d’ONU Femmes à New York. Elle avait démissionné le 16  mars dernier en affirmant vouloir rentrer au Chili.

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La semaine du 19 au 24 mars 2013

19 – MEXIQUE – L’opposition mexicaine s’est unie pour exiger du président Enrique Peña Nieto qu’il précise l’origine de son patrimoine ; par seulement cinq voix (225 contre 220), la Chambre des Députés a exhorté le président et les membres de son cabinet à « respecter pleinement leur engagement de rendre publiques les déclarations de leurs biens. » En janvier, Enrique Peña Nieto et les membres de son équipe gouvernementale ont présenté la déclaration de leurs biens, une obligation légale pour les membres de l’exécutif, qu’ils peuvent aussi décider s’ils donnent à connaitre les données. Enrique Peña Nieto, politicien du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), a partiellement rendu public son patrimoine. Selon ce document, ses entrées sont de 193.478 pesos (environ $ 14.700) par mois pour exercer sa charge et il possède neuf biens immobiliers, dont six étaient des «dons»  reçus entre 1988 et décembre 2011 (l’un d’eux, un terrain de 52 600 mètres carrés). L’ancien gouverneur de l’État de Mexico est toutefois resté réservé sur l’origine de ces dons, leur valeur et leur emplacement. La déclaration précise également qu’il a refusé de divulguer les entrées nettes « pour les applications industrielles, commerciales, financières et autres« , et la valeur de ses investissements, le solde de ses comptes bancaires et dettes. Cette demande n’engage pas le président Enrique Peña Nieto de répondre ou de prendre des mesures, mais il relance le débat sur un sujet qui, à l’époque, a interpelé de nombreux analystes: comment ont été acquises ces propriétés? Qui les a données? Quelles sont les caractéristiques de ces propriétés?

19 – GUATEMALA – Suspendu en début de mois par la cour d’appel, le procès de l’ancien dictateur guatémaltèque Efrain Rios Montt, premier ancien dirigeant poursuivi par un tribunal national pour un génocide commis sous son régime (1982-1983)  s’est ouvert à Guatemala. Aux arrêts domiciliaires depuis un an,Efrain Rios Montt, 86 ans, est accusé, d’être responsable du massacre de 1 771 Indiens mayas de l’ethnie Ixil dans le département de Quiché (nord), lors de la guerre civile qui a ravagé le pays entre 1960 et 1996, faisant 200 000 morts et disparus. Il encourt une peine de 50 ans de prison. Un autre ex-général, Jose Rodriguez, son ancien chef d’état-major, est jugé sous des chefs d’inculpation identiques.

19 – ÉTATS-UNIS – MEXIQUE – De toutes les armes fabriquées aux États-Unis, 2,2% partent vers le Mexique à travers des réseaux de contrebande, selon une étude à paraître de l’ University of San Diego et Igarapé Institut . «C’est un chiffre beaucoup plus élevé que les gouvernements ont admis», dit le rapport. La valeur de ces armes obtenues illégalement a représenté des profits pour les fabricants de 127 millions depuis 2010. Et quelques 253.000 armes ont traversé la frontière dans la même période, selon l’étude. Les producteurs et les vendeurs d’armes aux États-Unis sont les principaux bénéficiaires de leur trafic vers le Mexique ; 46,7 % de ces bénéfices dépend des armes vendues au sud des États-Unis, qui entrent ensuite au Mexique en dehors de toute réglementation. Sans la contrebande, les marchands d’armes feraient tout simplement faillite, affirme le rapport. Le gouvernement du Mexique a dénoncé à plusieurs reprises le trafic d’armes à la frontière et a même demandé aux États-Unis de durcir les lois régissant la vente d’armes sur son territoire. L’étude souligne que les actions visant à prévenir l’échange d’armes entre les deux pays n’ont pas été couronnées de succès, seulement 14,7 % des armes illégales en circulation a été saisi selon les données de 2009.

20 – MEXIQUE – Une étude menée par l’Université de Harvard et publiée durant le Congrès de l’Association Cœur nationale des États-Unis conclut que le Mexique est le pays où meurent le plus de personnes à cause des boissons sucrées. « Par an, sur un million de personnes qui meurent dans le pays, plus de 300 morts sont dues à  cette cause « , selon les chercheurs. « Au Mexique  une personne sur trois souffre de diabète et ceux qui ont le plus de risque de mourir du diabète ont moins de 45 ans. Exactement, 24.000 personnes sont mortes en 2010 de maladies liées à la consommation de ces boissons dans le pays « , explique le Dr Singh Gitanjali, co-auteur de l’étude. En revanche, au Japon, qui possède l’un des plus faibles taux de sa consommation mondiale, ce sont seulement 10 personnes sur un million qui sont mortes cette même année pour cette cause.

21 – ARGENTINE – L’ancien juge espagnol Baltasar Garzón [photo de la une], conseiller auprès de la Commission des droits de l’homme de la Chambre des députés d’Argentine, a proposé à Buenos Aires que François, le nouveau pape argentin, puissent  « ouvrir les archives du Vatican pour connaitre les renseignements sur la période de la dictature  » militaire (1976-1983) du pays sud-américain « époque où des messages ont été envoyés d’ici « , se référant à la nonciature apostolique (ambassade du Saint-Siège en Argentine). « Ce serait une manière de coopérer avec les victimes« , a proposé Baltasar Garzon, qui a participé à un acte d’hommage aux immigrants qui ont souffert sous ce régime militaire.  « En tant qu’État avec des représentants diplomatiques, les rapports diplomatiques ont été remis au Vatican « , dit Garzon, qui dans les années 90 a engagé une procédure contre ceux qui violaient les droits de l’homme en Argentine pour une liste de 576 victimes espagnoles de cette dictature. Des étrangers d’autres nationalités ont également souffert à cette époque : Latino-Américains, Allemands, Français et Suédois, entre autres. « A cette époque, les mères et les grands-mères de la Plaza de Mayo ont adressé des missive à Jean-Paul II. Il serait bon de faire une recherche à l’initiative du pape (François) « , faisant allusion à l’ex-archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio.

22 – ORGANISATION DES ÉTATS AMÉRICAINS – La réunion spéciale de l’Organisation des États américains (OEA), a mis fin au processus de réforme de son Système Interaméricain de Droits de l’Homme (SIDH), un souhait de tous les pays membres de l’Organisation, à l’exception du groupe ALBA représenté par l’Équateur, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua. L’ALBA, dans son entêtement à éviter que l’Organisation adopte une résolution qui montrera l’échec de leurs propres initiatives, a réussi, après presque 12 heures de montage et sur proposition de l’Argentine, à faire glisser dans le texte final un appel à son Conseil permanent de « poursuivre le dialogue sur les aspects fondamentaux pour le renforcement du SIDH « . Une victoire à la Pyrrhus puisque l’Alba a dû abandonner le reste de ses propositions : le financement de la Commission des droits de l’homme et le poids de ses rapporteurs qui sont les principaux points de friction avec les autres pays et qui n’ont pas été pris en considération par l’OEA.

23 – MEXIQUE – Un nouveau cycle de violence au Mexique a pris fin avec au moins 26 personnes tuées. L’événement le plus macabre est la mort de sept hommes, dont un mineur, qui ont été exécutés avec un coup de grâce, et leurs corps ont été placés à l’aube sur des chaises en plastique laissées au milieu d’une rue de la ville d’Uruapan, Michoacan. A Ciudad Altamirano, dans l’État de Guerrero, un des quartiers les plus pauvres et les plus violents du pays, sept hommes, dont trois policiers fédéraux ont été abattus dans un bar local. Il y a à peine une semaine, des hommes armés ont mis à feu et à sang Las Nenas, un repaire d’Acapulco et ont tué dix clients. Ce ne sont que les faits d’une longue liste de ces violences. La guerre contre le crime organisé menée par le précédent gouvernement de Felipe Calderón il y a six ans a fait plus de 70.000 morts. Les trois premiers mois en tant que président de Enrique Peña Nieto sont également chargés de violence armée avec  plus de 3.100 morts.

23 – VENEZUELA – La police nationale espagnole est montée à bord, à 700 miles au sud-est du Cap-Vert, d’un navire en provenance du Venezuela et  en partance pour le continent européen qui transportait 2 tonnes de cocaïne. « C’est la plus grande opération de 2013 à ce jour en ce qui concerne la lutte contre le trafic de drogue« , a déclaré le directeur général de la police, Ignacio Cosidó, qui a signalé que l’importance de cette action réside dans la quantité de drogue qui a été débarquée et parce qu’elle a désarticulé un organisme voué à importer de la cocaïne d’Amérique du Sud vers l’Europe. Le chef de cette organisation était un homme de nationalité vénézuélienne qui  n’était pas inconnu des agents. « Il est un familier – a ajouté Ignacio Cosidó – avec une histoire de trafic de drogue et un membre important dans ce monde. » Ignacio Cosidó a déclaré que le navire venait de la région de l’Orénoque et se dirigeait quelque part au nord du Portugal ou de la côte galicienne, où,  au moyen de petites embarcations, il débarquait la drogue. « Nous comprenons que, par sa quantité, la drogue pourrait servir à la consommation de l’Espagne, mais une autre partie pourrait aller vers le marché européen« , a-t-il ajouté. Selon le directeur général de la police,  il y a eu au total neuf arrestations, cinq membres d »équipage du navire [quatre brésilien et coréen] et quatre organisateurs présumés de l’expédition dont deux personnes vivant en Espagne pour contrôler le fonctionnement. L’un de ces derniers, un ressortissant vénézuélien, a été le représentant de l’organisation sud-américaine en Espagne. Les arrestations ont eu lieu à Porto par la police judiciaire portugaise.

Guy MANSUY

Bolivie: Oruro, ville morte, refuse que son nouvel aéroport s’appelle «Evo Morales»

Oruro, cinquième ville du pays, est complètement bloquée depuis trois jours. Le nouvel aéroport international, qui a coûté 15 millions de dollars, devait prendre le nom d’un héros local de l’aviation, Juan Mendoza. Mais quelques heures avant l’inauguration, le nom a été changé pour celui d’«Aéroport Juan Evo Morales Ayma». L’indignation des habitants a tourné à la grève générale.

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Les 50 000 photos perdues de Daniel Mordzinski

Triste journée pour Daniel Mordzinski mais aussi pour le reste du monde. 50 000 photos du photographe argentin ont en effet été détruites par un salarié du journal Le Monde. Le photographe argentin, qui entreposait ses clichés dans les locaux du célèbre quotidien, a ainsi raconté l’histoire sur son blog : « Pendant plus de dix ans, nous utilisions, en vertu de l’accord entre El País et Le Monde, un espace du septième étage de la rédaction parisienne du quotidien du soir, où nous gardions des milliers de négatifs et de diapositives originaux. Ils ont disparu, comme ça, rien de plus« .

Les négatifs du photographe étaient en fait conservés dans une armoire dans le bureau du correspondant en France d’El Pais, Miguel Mora. Le bureau a en fait été vidé pour y installer un nouveau salarié du groupe, et les clichés n’ont pas fait long feu. Certaines sources indiquent ainsi que la faute incomberait à un salarié chargé de l’entretien qui aurait détruit les clichés sans faire attention. Les journalistes du Monde se disent choqués par la situation. Citée par BFM TV, une salariée du quotidien évoque ainsi la triste histoire : « Je me suis adressée à la direction générale, on m’a confirmé qu’il y avait eu un déménagement intempestif suivi d’un vidage de l’armoire où étaient stockés ces travaux. Les services généraux ont par erreur détruit le contenu. Tout le monde ici est complètement atterré« .

Le photographe argentin a lui aussi fait part de sa déception expliquant notamment qu’ »au-delà de l’injustice et de l’absurdité de la situation, je trouve paradoxal que Le Monde fasse de ses gros titres – et je suis certain que c’est sincère – la défense de la liberté d’expression dans des endroits exotiques comme l’Afghanistan ou le Mali, mais que des milliers de photos, des centaines de dossiers avec comme légende Cortázar, Israël, American Writers, Semana negra de Gijón, Carrefour des littératures, Saint-Malo, Mercedes Sosa, Astor Piazzolla, etc. ne leur évoquent rien, et qu’ils balancent tout à la poubelle sans consulter personne« . La direction du Monde a bien évidemment adressée ses excuses au photographe rappelant que la « destruction de ses documents s’est produite sans le moindre aval de la direction » déplorant toutefois « que ce photographe, après avoir décidé d’entreposer ses archives au siège du journal sans en avertir quiconque au Monde, rejette sur le seul journal la responsabilité de cet incident. »

La réponse du journal Le Monde : Le journal s’excuse mais rejette toutefois une part de responsabilité sur le photographe argentin.

Dans un communiqué daté du 19 mars (document en PDF), les directions du Monde et d’El Pais répondent au photographe Daniel Mordzinski, ainsi qu’à la pétition lancée sur Facebook par l’écrivain chilien Luis Sepúlveda :« Depuis quelques jours, le photographe Daniel Mordzinski prétend que Le Monde aurait volontairement détruit les négatifs qu’il avait choisis d’entreposer au siège social du journal depuis plusieurs années. Le Monde a déjà reçu Daniel Mordzinski afin d’identifier le matériel manquant. Depuis Le Monde a tout mis en œuvre pour comprendre les causes de ce regrettable incident et étudier de quelles manières les archives manquantes pouvaient être reconstituées. Le Monde tient à réitérer ses excuses auprès du photographe s’agissant de la destruction de ses documents, qui s’est produite sans le moindre aval de la direction. Le Monde déplore néanmoins que ce photographe, après avoir décidé d’entreposer ses archives au siège du journal sans en avertir quiconque au Monde, rejette sur le seul journal la responsabilité de cet incident, et qu’il ait entamé une campagne de dénigrement systématique notamment sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, aucun accord contractuel n’a jamais existé entre Le Monde et El Pais prévoyant que Daniel Mordzinski puisse stocker ses archives dans les locaux du Monde. La direction du Monde a proposé de recevoir à nouveau Daniel Mordzinski dans les prochains jours. »

 

Semaine du 11 au 18 mars 2013

11 – ARGENTINE – Des militants de Greenpeace ont déployé sur le toit de la centrale nucléaire argentine d’Embalse une banderole indiquant « Le danger nucléaire, ça suffit « . L’action, réalisée lors du deuxième anniversaire de la catastrophe de Fukushima (Japon), vise à inciter le pays à favoriser les énergies renouvelables.

11 – ARGENTINE – Le référendum organisé sur le maintien de l’appartenance des îles Falkland (Malvinas pour les Argentins) au Royaume-Uni depuis 1833, souveraineté que rejette l’Argentine, a donné des résultats accablants pour les Argentins : les habitants des îles ont décidé à 99,8 % de rester britanniques. La question était : « Voulez-vous que les Falklands conservent leur statut politique actuel comme un territoire d’outre-mer du Royaume-Uni? » ; 92 % des 1 672 électeurs de cet archipel ont participé au scrutin et la réponse des 1.517 électeurs a été de 1.513 « oui », de trois « non » et d’un vote contesté.

12-13 – BOLIVIE-FRANCE – À l’occasion de la visite de travail qu’il vient d’effectuer en France, Evo Morales, le président de la Bolivie a été reçu à l’Élysée par François Hollande. Le président français a salué les réformes profondes accomplies en Bolivie, depuis l’élection du président bolivien, en vue de réduire les inégalités. Il a souligné le souhait de la France de renforcer les relations bilatérales avec la Bolivie dans plusieurs domaines. Les deux présidents ont notamment convenu de renforcer les échanges économiques bilatéraux. Les entreprises françaises souhaitent s’engager dans le développement de la Bolivie, en respectant sa souveraineté et en prenant en compte les impératifs de la protection environnementale. Plusieurs secteurs prioritaires ont été identifiés : infrastructures, énergie, transports et le domaine spatial. Le président français a également soulevé l’importance de renforcer la coopération entre la France et la Bolivie au sein des institutions multilatérales sur la lutte contre les changements climatiques et a rappelé sa volonté de mobiliser la communauté internationale sur la question de la lutte contre le trafic de drogue, en associant les pays d’Amérique latine à cette initiative.

13 – ARGENTINE – C’est par des manifestations de joie que les catholiques d’Argentine ont appris la nouvelle de l’élection au trône pontifical par les cardinaux à Rome de leur archevêque et primat d’Argentine , le cardinal de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio, devenu le 266 e Pape de l’ Eglise et évêque de Rome sous le nom de François. Pourtant des victimes et des opposants sud-américains aux dictatures militaires et particulièrement à celle des militaires argentins (1976-1983) se sont empressés de rappeler que le primat d’Argentine est le chef d’une Eglise catholique très contestée pour son rôle pendant la dictature. Certains l’accusent même de complicité avec les militaires, diffusant sur Internet des photos de Jorge Mario Bergoglio qui était à l’époque provincial des jésuites d’Argentine, en compagnie du général Videla, un des chefs de la Junte militaire, condamné par les tribunaux de son pays, pour crimes contre l’humanité.

15 – CHILI – Michelle Bachelet, la directrice exécutive de l’ONU-Femmes, qui s’est établie aux États-Unis et a pris ses fonctions en septembre 2010, a indiqué lors de son discours de clôture de la Commission de la condition de la femme, au siège de l’ONU à Manhattan, qu’elle renonçait à sa fonction pour retourner au Chili pour des raisons personnelles, avec seulement quatre mots : “Vuelvo a mi país”. Le secrétaire général, Ban Ki-moon, a déclaré dans un communiqué de presse sa gratitude pour son service:  » Elle était la bonne personne au bon poste et au bon moment. Sa direction visionnaire a donné  à l’ONU-Femmes un départ dynamique nécessaire (…) Je remercie Michelle Bachelet pour sa contribution et nous lui souhaitons tout le succès possible alors qu’elle s’embarque dans le prochain chapitre de sa vie remarquable.  » L’annonce, cependant, n’a pris par surprise ni la classe politique chilienne, ni sa population: l’ex-présidente, depuis qu’elle a quitté le Palais de La Moneda en mars 2010, a conservé un fort soutien populaire et, bien qu’elle ait choisi de prolonger le mystère, il est un fait avéré qu’elle retourne au Chili pour être à nouveau candidate pour l’élection présidentielle de novembre 2013. Selon la dernière enquête réalisée par le Centre d’études publiques (CEP), 54% des électeurs ont décidé de voter pour Michelle Bachelet et leur soutien a été décrit par les analystes comme un phénomène.

15 – AMÉRIQUE LATINE – L’Amérique latine est la région où sont effectuées la plupart des césariennes. Selon la dernière enquête de l’État Mondial de l’Enfance de l’UNICEF, 38% des naissances entre 2006 et 2010 se sont produites dans une salle d’opération. Chaque fois, plus de femmes et de médecins font la sourde d’oreille aux recommandations des autorités sanitaires, qui alertent depuis des décennies sur les risques de résoudre chirurgicalement un processus aussi naturel que la naissance. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dit que l’on devrait avoir une césarienne lorsque le travail ne peut pas se développer normalement, ce qui arrive dans 15% des cas. Au-dessus de ce chiffre l’acte est considéré comme une chirurgie inutile. Le rapport de l’UNICEF met en tête le Brésil et le Mexique avec 50% de césariennes. Des pays comme la République dominicaine (42%) et le Paraguay (33%) atteignent également plus du double du pourcentage préconisé par l’OMS. Le rapport de l’Unicef ne fournit aucune donnée pour le Chili, l’Argentine ou le Venezuela, mais les indicateurs nationaux montrent la même tendance.

18 – ARGENTINE – Le nouveau Pape François, ancien archevêque de Buenos Aires jusqu’à son élection la semaine dernière, a reçu la présidente de l’Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner: elle est la première chef d’État reçue par le nouveau Pape. La rencontre privée [photo de la une] entre le Pape et la présidente a duré environ 20 minutes. Cristina Fernandez a offert au Pape du mate, une infusion traditionnelle argentine. Selon le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, cette audience privée est « un geste de courtoisie, d’attention envers l’Argentine et sa présidente« . Cette réunion achevée, le Pape a déjeuné avec Cristina Fernandez dans la résidence Santa Marta, le lieu où les cardinaux sont restés pendant le conclave et où habite encore le Pontife, qui n’a pas encore pris son appartement dans le Palais papal. L’arrivée à Rome du premier Pape latino-américain a été très bien reçue par des dirigeants comme l’Équatorien Rafael Correa, qui s’est dit « très excité« , de la Brésilienne Dilma Rousseff ou du Chilien Sebastian Pinera. La plupart d’entre eux ont essayé de rencontrer le Pape avant la messe d’intronisation, du 19 mars. Mais le Pape a décidé que la première serait Cristina Fernandez.

 Guy MANSUY

L’ex-présidente Michelle Bachelet démissionne de l’ONU Femmes pour rentrer au Chili

Michelle Bachelet vient d’annoncer sa démission d’ONU Femmes après deux et demi à sa tête. L’ex-présidente du Chili devrait se représenter pour un nouveau mandat lors de l’élection présidentielle chilienne, qui aura lieu en décembre 2013. Le Chili l’attend avec impatience.

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La semaine du 5 au 10 mars 2013

5 – COLOMBIE – LArmée de Libération Nationale (ELN), l’autre guérilla colombienne, a libéré les deux frères allemands Uwe et Günther Otto Breur, après quatre mois de détention, dans la région du Catatumbo, près de la frontière avec le Venezuela, dans la même zone où ils ont été enlevés. La mission humanitaire, à laquelle a pris part le Comité International de la croix rouge, a pu opérer grâce à la cessation d’opérations militaires après l’autorisation du président Juan Manuel Santos. L’ex avocat général Jaime Bernal Cuellar, membre de la Comisión Facilitadora para los Diálogos con el ELN, qui existe depuis 1999 et qui a négocié dans cette libération, a assuré aux médias colombiens que pendant la livraison des otages un des guérilléros de l’ELN lui a dit : « l’homme mérite la peine de dialoguer et la manifestation qui a été faite montre qu’il faut lutter pour finir cette guerre qui n’apporte aucun bénéfice au pays, ni à personne ». Quant à Jaime Bernal Cuellar, il avait dit être disposé à recevoir les otages mais aussi à faciliter un rapprochement entre les parties, en pensant un processus de paix.

5 – VENEZUELA – C’est le vice-président Nicolas Maduro qui a annoncé avec émotion la nouvelle de la mort du président Hugo Chávez à ses compatriotes, « la plus dure et la plus tragique que nous puissions annoncer au peuple ». À 58 ans, Hugo Chávez a succombé au cancer dont il souffrait depuis 2011, après quatorze ans de pouvoir et une longue agonie. Militaire de carrière converti au socialisme du XXIe siècle, le  Commandant-président avait remporté treize des quatorze scrutins depuis 1998. Il avait mis son exceptionnel charisme au service de la cause des plus démunis. Haut en couleur, souvent provocateur dans ses longs discours publics, le chantre du projet de la Révolution bolivarienne a été adulé et détesté bien au-delà des frontières de son pays. Il avait été réélu en octobre 2012 pour un nouveau mandat de six ans. Mais, en décembre, il avait annoncé  être victime d’une rechute de son cancer et avait été opéré une nouvelle fois le 11 décembre à Cuba. Rentré au pays le 18 février, le président restait hospitalisé et silencieux. Devant l’Hôpital militaire de Caracas où il est décédé, les caméras de télévision filment la tristesse des gens spontanément descendus dans la rue pour pleurer la disparition du président. « On s’y attendait mais on n’y croyait pas », résume une femme en larmes. Le gouvernement vénézuélien a annoncé sept jours de deuil national et suspendu les cours pendant trois jours. Les chefs d’État de la région ont immédiatement fait parvenir leurs condoléances aux Vénézuéliens. Le Cubain Raul Castro, l’Argentine Cristina Kirchner, le Bolivien Evo Morales et l’Équatorien Rafael Correa ont, eux aussi, annoncé plusieurs jours de deuil national. « Un révolutionnaire est parti, mais nous sommes encore des millions », a déclaré Rafael Correa, récemment réélu. Selon la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela, en espagnol República Bolivariana de Venezuela, nom officiel du Venezuela depuis la constitution de 1999, une élection présidentielle aura lieu dans 30 jours.

5 – ARGENTINE – Un procès historique s’ouvre à Buenos Aires pour juger 25 responsables de l’opération Condor, le réseau de collaboration entre les dictatures du cône sud de l’Amérique latine pour éliminer des opposants, dans les années 1970 et 1980. La chasse à l’homme a fait des milliers de disparus en Argentine, en Bolivie, au Brésil, au Chili, en Uruguay et au Paraguay. Des documents révélant l’existence du plan concerté entre les six dictatures du cône sud de l’Amérique latine avaient été découverts en 1992, dans un commissariat désaffecté d’Asunción, par l’avocat paraguayen Martin Almada, qui avait été lui-même arrêté et torturé pendant trois ans sous la dictature de Stroessner. Le juge chilien Juan Guzman – qui avait condamné Augusto Pinochet – et le magistrat espagnol Baltasar Garzón – qui avait demandé, en 1998, l’extradition du général Pinochet, détenu en Grande-Bretagne – ont désigné le dictateur chilien comme le principal cerveau de l’opération Condor ; un plan qui aurait été conçu lors d’une réunion des services secrets de la région, en 1973, sous la houlette du général Manuel Contreras, chef de la DINA, la police secrète de Pinochet. En Argentine, les hauts responsables de la dictature militaire ont longtemps bénéficié de lois d’amnistie, jusqu’à l’arrivée au pouvoir du président péroniste Néstor Kirchner (2003-2007), qui les a abrogées, permettant l’ouverture de centaines de procès et la mise en examen de plus d’un millier de militaires et de policiers. Ce procès, qui pourrait durer deux ans, avec les témoignages de quelque 450 personnes, est le premier focalisé sur l’opération Condor en Amérique latine. Il recueille des plaintes déposées entre 2008 et 2012 par 106 victimes, une majorité d’Uruguayens, des Argentins, mais également des Paraguayens et des Chiliens arrêtés et torturés en Argentine.

8 – VENEZUELALes 32 chefs d’État et de gouvernement venus assister aux obsèques d’Hugo Chávez [photo de la une] ont pénétré peu avant midi dans l’Académie militaire de Caracas, devant laquelle des dizaines de milliers de Vénézuéliens attendaient encore de pouvoir se recueillir devant le cercueil. La cérémonie s’est ouverte dans un roulement de tambour, suivi de l’hymne national, joué par l’orchestre symphonique Simon-Bolivar, dirigée par Gustavo Dudamel. Nicolas Maduro a ensuite déposé sur le cercueil une réplique de l’épée en or du libérateur sud-américain. Appelés un par un, les dirigeants présents ont été invités par groupes à former des haies d’honneur autour du cercueil. D’abord les plus proches alliés latino-américains, dont le Cubain Raul Castro, le Bolivien Evo Morales et l’Équatorien Rafael Correa, vivement applaudis par la foule ; ensuite, José Mujica, d’Urugay, ou Juan Manuel Santos, de Colombie ; puis les deux des alliés les plus controversés du régime chaviste, le Biélorusse Alexandre Loukachenko et l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad.  Au terme d’une longue journée marquée par la célébration des funérailles du chef d’État défunt, l’ancien syndicaliste Nicolas Maduro, ancien vice-président d’Hugo Chávez et dauphin désigné, a prêté serment comme président par intérim. Le corps d’Hugo Chávez sera embaumé et exposé dans un cercueil de cristal. « Pour que le peuple vénézuélien puisse l’avoir avec lui pour l’éternité », a précisé Nicolas Maduro.

9 – GUATEMALA – Une cour d’appel du Guatemala a accordé une protection temporaire demandée par les avocats de l’ancien dictateur Efraín Ríos Montt, permettant au vieux général de renvoyer sine die le procès intenté contre lui pour des accusations de génocide et de crimes contre l’humanité. Le général devait être traduit en justice pour le meurtre de 1.700 indigènes de l’ethnie Quiche (nord du Guatemala), à la suite de la politique de la terre brûlée lors de sa fonction de chef de l’État du 23 mars 1982 au 8 août 1983. En janvier, le juge des crimes les plus à risque, Miguel Angel Vazquez, a déclaré que Efraín Rios a fait l’objet de poursuites, « après avoir conclu qu’il existe des preuves suffisantes de sa responsabilité dans les massacres commis contre des civils ».

9 – VENEZUELA – L’opposition vénézuélienne, regroupée au sein du Bureau de l’unité démocratique (MUD), une coalition de plus de 20 partis allant du centre-droit aux partis de gauche, a décidé à l’unanimité d’offrir à l’avocat Henrique Capriles 40 ans, gouverneur de l’État de Miranda, le soin d’être à nouveau leur candidat, lui qui avait recueilli, à la présidentielle du 7 octobre 2012, plus de six millions et demi voix, soit 46% des voix contre 54% de Chávez. Henrique Capriles a accepté publiquement l’offre du Bureau de l’unité démocratique de contester la présidence à Nicolas Maduro lors de la présidentielle fixée au 14 Avril. «C’est un moment très délicat», a reconnu José Ramón Medina, secrétaire exécutif de l’alliance de l’opposition. «Le plus grand inconvénient pour nous est la décision de la Cour suprême qui a permis à Maduro de devenir président par intérim, contrairement à ce que dit la Constitution. Le deuxième défi consiste à recueillir des fonds pour la campagne. Ici il n’y a pas de financement public des partis depuis 1999. Et puis il y a des contraintes factuelles et juridiques du secteur privé à contribuer à la campagne. Lors des élections d’octobre de nombreuses pressions ont été exercées sur les gens qui coopèrent. Le troisième inconvénient est que les funérailles sont devenues, sans aucune honte, un acte de prosélytisme électoral ».

Guy MANSUY

Nicolas Maduro face à Henrique Capriles au Venezuela

Ce sera bien le duel de la présidentielle du 14 avril prochain au Venezuela. Le chef de l’Etat par intérim et l’opposant ont déposé officiellement leur candidature, chacun à sa façon. Nicolas Maduro est allé en personne déposer sa candidature lundi 11 mars. Il avait revêtu son blouson jaune, bleu, rouge aux couleurs du drapeau national. Le dauphin désigné d’Hugo Chavez avait convoqué une marée rouge composé de milliers de partisans chavistes, venus aux portes du conseil électoral pour lui apporter leur soutien. Du côté de l’opposition, Henrique Capriles a également fait acte de candidature et rappelé que la campagne se déroulait désormais entre lui et Maduro.

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