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Cinéma

La réalisatrice Bani Khoshnoud présente le film «  Luciérnagas » à l’Instituto de Mexico le 15 janvier à 19 h 30

Bani Khoshnoudi (1977, Téhéran, Iran) est une réalisatrice et artiste qui travaille le documentaire et la fiction, ainsi que des formats d’installation audio et vidéo. Luciérnagas est son troisième long-métrage. Il sera présenté en avant première ce mercredi 15 janvier.

Photo : Allociné

La réalisatrice Bani Khoshnoudi s’installe aux États-Unis pendant la révolution de 1979. Cinéaste, artiste visuelle et auteure, elle puise son inspiration dans la photographie et l’architecture avec des thématiques en lien avec la révolution, la modernité et son impact sur la mémoire, l’exil et l’immigration. Elle a fait ses études à l’Université du Texas, a vécu en France pendant dix ans et depuis 2009 habite dans la ville de Mexico. Elle a réalisé le court-métrage Transit en 2004, le documentaire A people in the shadows en 2008, son premier long-métrage de fiction Ziba en 2012, The silent majority speaks en 2014, et le film expérimental Transits: Nuestros trazos, nuestra ruina en 2016, qui ont tous reçu de nombreux prix.

Synopsis

Quand Ramin embarque clandestinement sur un cargo quittant la Turquie, il ne s’attend pas à se retrouver à Veracruz au Mexique. Jeune homme gay persécuté en Iran, il espérait pouvoir rejoindre l’Europe. Maintenant qu’il est à l’autre bout du monde, il cherche à revenir en arrière, supportant mal d’avoir laissé derrière lui son petit ami et son passé. Il éprouve des sentiments paradoxaux, oscillant entre la nostalgie et la découverte d’un nouvel environnement plus clément. Pour gagner un peu d’argent, Ramin enchaîne les petits boulots précaires avec d’autres migrants. C’est là qu’il va rencontrer Guillermo, un ancien membre de gang venant du Salvador, obligé de fuir son pays, unique moyen pour lui d’échapper à son passé violent, avec lequel il noue une relation ambiguë. Ici à Veracruz, ils partagent la solitude de leur déracinement à travers des moments d’intimité inattendus. Ne manquez pas cette sortie !

Luca DI PIETRO

Luciérnagas de Bani Khoshnoudi (Mexique, Grèce, États-Unis, République Dominicaine), 1 h 28 min, avant première l’Instituto de Mexico à Paris. Sortie en France le 22 janvier 2020.

« La Llorona » du réalisateur guatémaltèque Jayro Bustamante

Selon la légende, la Llorona est une pleureuse, un fantôme qui cherche ses enfants. Aujourd’hui, elle pleure ceux qui sont morts durant le génocide des indiens mayas. Le Prix du public du festival de Biarritz avait été décerné à La Llorona le troisième film du réalisateur guatémaltèque Jayro Bustamante (Guatemala, France).

Photo : Festival de Biarritz

Même s’il parait différent des deux autres films Ixcanul et Tremblements, Jayro Bustamente a voulu faire une trilogie en  s’attaquant aux trois mensonges de la société guatémaltèque : la vie des indiens Maya, le poids de la famille par rapport à l’homosexualité, enfin le pouvoir prêt à exterminer les communistes c’est-à-dire les défenseurs des droits de l’homme. Un vieux général qui va passer en jugement pour génocide entend la pleureuse la nuit. Bien entendu, il sera acquitté. Un jour une nouvelle domestique arrive car toutes sont parties sauf une qui est là depuis vingt ans. Est-ce elle La Llorana qui a tué ses enfants ? Selon la légende seuls les coupables l’entendent pleurer.  Est-elle venue punir ceux que la justice n’a pas condamnés.

Sur Youtube on peut trouver une belle version de la chanson, interprétée par Chavela Vargas.  Jayro Bustamente explique : «  Bien sûr. Il y a une acceptation, une banalisation de la violence aujourd’hui. Au Guatemala, on nie tout ce qui s’est passé. En Europe après la deuxième guerre mondiale, on a parlé, pour tenter de soigner. Même en Afrique du Sud, il y a eu des explications, une tentative de réconciliation. Au Guatemala, on préfère penser que les militaires ont sauvé le pays. Des années de procès ont été jetées à la poubelle en une semaine par les pouvoirs de quelques grandes familles et de l’armée, qui sont remontés jusqu’à la cour suprême, laquelle a finalement décidé de dire : non, il n’y a pas eu de génocide ni de génocidaires. Et au Guatemala personne n’a réagi ! Donc, le film a pour ambition de parler à une population qui est totalement dans la négation, qui pense que parler du passé est une perte de temps, et qu’il faut aller de l’avant. Au Guatemala, la population a peur de Dieu, et des militaires… C’est une société rétrograde qui a peur du changement. Le mal qui ronge le pays, c’est mieux vaux l’ordre que la liberté… L’actrice María Mercedes Coroy

est un trésor, une perle que j’ai rencontrée sur un marché, durant le casting sauvage que je faisais pour « Ixcanul ». Elle est devenue une femme très importante au Guatemala. Elle a été la première femme Maya à faire récemment la couverture du plus important magazine féminin du pays. Elle représente une voix très importante, une inspiration pour les jeunes maya. Plus de 60% de la population est indigène, mais à peine 40% d’entre eux osent se dire Mayas. Il faut que cela change ! »

On est un peu étonné au début que le film se centre sur la famille de ce militaire arrogant, puis petit à petit grâce au son et aux tonalités de l’image, notre perception évolue !Pour tourner les scènes de manifestations, le cinéaste s’est appuyé sur l’association H.I.J.O.S. qui recherche toujours les disparus, car l’État ne fait rien.

Alain LIATARD

La llorona de Jayro Bustamante (Guatemala/France). 1 h 37’. Sortie en France le 22 janvier 2020.

Cinélatino de Toulouse prépare sa 32e édition avec une riche programmation de fin mars prochain

Cinélatino vous ouvrira les portes de l’Amérique latine pour sa 32e édition du 20 au 29 mars 2020 ! Cet événement incontournable du mois de mars vous fera découvrir en 150 films sur 10 jours les meilleures productions de l’année, les jeunes talents, l’univers de réalisateurs confirmés et revisitera l’histoire du cinéma latino-américain sous plusieurs angles thématiques.

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Le festival Cinelatino de Toulouse dévoile son visuel et les dates de sa 32e édition

C’est avec plaisir et fierté que l’équipe d’animation de Cinelatino de Toulouse présente la nouvelle affiche de la 32e édition qui se tiendra du 20 au 29 mars prochain. Cette édition de mars annonce donc clairement que le prochain festival ne passera pas à côté de l’histoire. Le Focus permettra d’approcher ces réalités au plus près des faits.

Photo : Cinelatino Toulouse

Le visuel des prochaines rencontres de cinéma de Toulouse, a été réalisé une fois de plus par le peintre et affichiste Ronald Curchod né en 1954 à Lausanne en Suisse. Il est parti pour la France en 1975 puis a acquis la nationalité française en 1996 et s’est installé à Toulouse.

Le festival Cinélatino est organisé par l’ARCALT (Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse) depuis 1989 tous les ans au mois de mars. Rendez-vous pour la 32e édition du 20 au 29 mars 2020 ! Au programme : une centaine de films de fiction, documentaires et courts-métrages, de très nombreuses avant-premières, des rencontres avec les invités, des concerts, des rencontres littéraires, etc.

Dans la précédente édition, Cinélatino avait choisi de mettre en lumière les îles de la Caraïbes. Si Cuba, la République dominicaine et Haïti font figures de locomotives, une myriade d’îles pointe ses caméras dans le paysage cinématographique : Aruba, Trinidad et Tobago, Puerto Rico, Jamaïque, Curaçao, Guadeloupe, Martinique, Bahamas.

Dans un récent communiqué, les organisateurs du festival font référence à la situation de l’Amérique latine qui est en feu avec la révolte du peuple au Chili, le coup d’État en Bolivie puis les révoltes équatorienne et colombienne… « Les peuples sont en lutte de survie et organisent la résistance. Comme Bolsonaro qui affirme vouloir liquider Quilombolas et Indigènes, les putschistes boliviens se déclarent ennemis des Aymaras : c’est une régression vertigineuse alors que ce pays était le plus stable du continent sous la présidence brutalement usurpée d’Evo Morales. Ce que demandent les peuples est ce que leur refusent ces gouvernements autoritaires, élus ou pas : un travail et un niveau de vie dignes, la libre pratique de leur langue et de leur culture, le non-asservissement aux puissances extérieures qui convoitent leurs richesses minières ou agricoles au mépris des habitants. En somme, l’autodétermination et la démocratie, rien moins ».

Cette édition de mars annonce donc clairement que le prochain festival ne passera pas à côté de l’histoire. Le Focus permettra d’approcher ces réalités au plus près des faits et d’en comprendre les substrats divers, puisqu’il se déclinera en deux parties principales : Cinémas du présent et Exercices de mémoire. Un jeu très populaire mais dont les enjeux sont éminemment politiques complètera ce binôme : le football.

D’après Cinelatino

« Au cœur du monde », de Maurílio et Gabriel Martins (Brésil)

Un coup de feu retentit lors d’une soirée d’anniversaire et lie les destins de Selma, Ana, Marcos, Beto et Miro. Tous se démènent pour améliorer leur vie et trouver leur place au cœur du monde. Une dédicace amoureuse lors d’une soirée d’anniversaire, un baiser interrompu par un coup de feu.

Réjouissance et drame, sentiment d’appartenance et velléité de départ font partie des sentiments antagoniques que Maurílio et Gabriel Martins distillent dans leur premier long métrage. Description sensible, à fleur de peau même, de Contagem, ville à la périphérie de Belo Horizonte où se trouve leur propre maison de production. Contagem, ce « motherfucking Texas » comme on le chante dans le rap du générique annonçant que ce cœur du monde, plus qu’une chronique du quotidien (ce que le film est aussi), nous confronte à un territoire où l’espoir se joue hors la loi et où les personnages les plus anodins – comme Ana, employée des transports en commun et étudiante la nuit, et Marcos, son petit ami à la situation précaire – peuvent devenir les protagonistes d’un thriller ou d’un film d’action. Après Temporada, de André Novais Oliveira (en compétition au Festival des 3 Continents en 2018), Au cœur du monde réaffirme le Minas Gerais comme épicentre du meilleur cinéma brésilien d’aujourd’hui. 

Au cœur du monde (No coração do mundo), de Gabriel et Maurílio Martins. Brésil/2019/120 min. Avec Grace Passô, Barbara Colen, Renato Novaes. Sortie 18 décembre. N’ayant pu voir ce film, nous vous proposons le texte de sa présentation au Festival des 3 Continents de Nantes 2019.

Alain LIATARD

« La Vie invisible d’Eurídice Gusmão » du Brésilien Karim Aïnouz en salle cette semaine

Au Festival de Biarritz, Le Prix du jury et celui du Syndicat Français de la Critique de Cinéma ont été décernés à La Vie invisible d’Eurídice Gusmão (A Vida invisível de Eurídice Gusmão) de Karim Aïnouz, (Brésil, Allemagne). Le film avait déjà reçu le prix Un Certain Regard à Cannes. Dans le compte rendu, nous avions dit tout le bien que nous pensions du film. Un mélodrame tropical, par le réalisateur de Madame Satã.

À Rio de Janeiro, dans les années cinquante, Euridyce, 18 ans et sa sœur Guida, 20 ans, sont inséparables. Mais Guida va suivre un marin grec et lorsqu’elle reviendra enceinte, elle sera rejetée par ses parents. Euridyce veut entrer au conservatoire en classe de piano, mais mariée à un comptable, elle ne pourra exercer son talent. Les deux sœurs ne se rencontreront jamais. Adapté librement d’un roman de Maria Bethana qui se déroule dans les années vingt, Karim Aïnouz a déplacé le récit aux années cinquante, avant le mouvement de libération des femmes. Car ces femmes, issues de l’immigration portugaise sont soumises : la mère ment pour être en accord avec son mari, émigré portugais. Euridyce ne pourra jamais entrer au conservatoire. Seule Guida trouvera avec une femme noire qui garde les enfants un certain équilibre.

Bien sûr, on pourra dire qu’il s’agit d’un mélodrame, mais un très beau mélodrame  Il s’agit pour lui de « partir du genre et en faire un film très personnel… J’ai été profondément ému quand j’ai découvert le livre. Il a fait remonter en moi de vibrants souvenirs de ma propre vie. J’ai grandi dans le Nordeste brésilien conservateur des années 60, au sein d’une famille composée majoritairement de femmes ; une famille matriarcale dans un contexte très machiste ». 

À noter qu’Euridyce âgée est jouée par Fernanda Montenegro qui interprétait en 1998 le beau rôle de Dora, la dame de la gare, dans Central do Brasil. En salles le 11 décembre.

Alain LIATARD

Sortie le 11 décembre 2019 | 2 h 20 min. De Karim Aïnouz. Avec Carol Duarte, Julia Stockler, Gregório Duvivier, Bárbara Santos, Flávia Gusmão.

Un documentaire sur Pepe Mujica et Noam Chomsky auquel vous pouvez apporter votre soutien

Que peut-il arriver quand deux leaders disruptifs et critiques se retrouvent pour discuter de l’état actuel de la société ? C’est une des questions que le mexicain Saúl Alvídrez Ruiz s’est posée. Il a décidé de créer un projet qui permettrait aux nouvelles générations d’avoir une perspective différente sur la manière de faire changer les choses pour construire un futur meilleur.  

Photo : greenme.it

Pour y parvenir, il a passé cinq années à perfectionner son idée. Il lui est venu à l’esprit que la discussion idoine pourrait réunir deux des plus grands esprits actuels remarquables : le philosophe et linguiste américain Noam Chomsky et l’ex-président d’Uruguay Pepe Mujica.  Chomsky, fort de ses 90 ans, est reconnu mondialement comme étant le père de la linguistique moderne. Professeur émérite du MIT (Massachusetts Institute of Technology), il a écrit plus d’une centaine de livres. Mujica, quant à lui, âgé de 84 ans, a été l’un des présidents les plus aimés en Uruguay grâce à sa cohérence politique. Il a été un guerrillero des Tupamaros dans les années soixante, fait prisonnier pendant près de 15 ans, puis a lutté afin d’arriver à la tête de son pays.  

Après de grands efforts, Alvídrez est parvenu à réunir les deux hommes, le temps d’un week-end, dans l’ancienne maison de l’ex-président à Montevideo pour qu’ils échangent sur des sujets politiques, sur des problématiques sociales contemporaines et sur d’autres thèmes. La rencontre donnera lieu au documentaire Chomsky & Mujica.  «  [Le documentaire] explore l’amour, la vie, la liberté, le pouvoir et les principaux défis du XXIème siècle aux côtés de deux personnages extraordinaires dont les chemins ne s’étaient jamais croisés jusqu’alors  », fait remarquer le réalisateur sur la page internet du documentaire.  

Le documentaire est actuellement en post-production mais ses créateurs essayent de récolter des fonds pour pouvoir le terminer. Pour ce faire, ils ont lancé une campagne sur Kickstarter pour que quiconque cherche à appuyer leur cause puisse le faire. Sur cette page, une vidéo explique le pourquoi de sa requête et fait le point sur les avancées du documentaire.  

Pour l’instant, Chomsky & Mujica a récolté plus de 27 000 dollars, ce qui dépasse l’objectif financier initial qui était fixé à 19 000 dollars pour couvrir le processus de post-production, qui inclut le traitement des images, la composition d’une bande-son originale, l’illustration, la correction des couleurs, les dessins, le traitement sonore et les crédits. Puisque le montant désiré a d’ores-et-déjà été atteint, le film est attendu pour mars 2020.  Cependant, le financement participatif sera encore disponible sur la plateforme jusqu’à la mi-décembre. L’idée est d’atteindre désormais un objectif encore plus élevé : celui de récolter 38 000 dollars. Avec cet argent, le réalisateur compte diffuser son documentaire dans des festivals internationaux.  

Le soutien financier minimal est de 5 dollars et chaque don donne lieu à une contrepartie. Ceux qui veulent contribuer à hauteur de plus de 300 dollars recevront le documentaire dans une édition spéciale et auront également la possibilité de discuter par chat avec le réalisateur du projet pendant une heure.  

Valeria MURCIA VALDÉS
 Traduit par Nina Morelli

Version en espagnol

« La Llorona » de Jayro Bustamante et « Los días de la ballena » de Catalina Arroyave Restrepo lauréats de la 21e édition du festival Filmar en América Latina

La 21e édition du Festival Filmar en América Latina s’est achevée de dimanche 1er décembre par la consécration du long-métrage de fiction La Llorona du cinéaste guatémaltèque Jayro Bustamante, prix du Public Focus Sud, et du film Los días de la ballena, de la réalisatrice colombienne Catalina Arroyave Restrepo, prix du Jury des Jeunes Opera Prima. Une mention spéciale a été attribuée par le Jury des Jeunes au film Perro Bomba, du réalisateur chilien Juan Cáceres.

Photo : La Llorona (Allocine)

Lauréat du prix du Public Focus Sus – cofinancé par la Fédération Genevoise de Coopération et par Helvetas -, le réalisateur guatémaltèque Jayro Bustamante, présent à la clôture du festival, a déclaré en prenant connaissance de son prix « Les films sont pensés depuis leur genèse dans le but de rencontrer le public ». Il n’y a pas de moment plus important parce que le message du film trouve son écho. Son chemin vers l’intérieur de l’être humain peut commencer. Pour le cinéma d’auteur, les prix décernés par les festivals et les professionnels sont importants car ils reconnaissent le travail, l’effort et le talent de toute une équipe. Les prix décernés par le public ne sont pas seulement réconfortants dans les mêmes aspects, ils nous disent à nous cinéastes : ‘Nous faisons partie du projet maintenant. L’histoire que vous avez partagée a été acceptée, appréciée et elle va continuer à vivre à travers nous’. Il n’y a pas de meilleur prix pour un film que celui décerné par ceux à qui il était destiné. Merci à vous public ! Merci aussi au Festival Filmar en América Latina. Au de-là d’être d’excellents curateurs et diffuseurs de notre culture, vous travaillez si fort pour nos histoires qui sont parfois difficiles à réaliser et à montrer et vous comprenez qu’elles sont toujours nécessaires et urgentes »

Dans un message vidéo, la réalisatrice colombienne Catalina Arroyave Restrepo a remercié le Jury des Jeunes. « C’est une grande joie que ce prix nous ait été donné par un jury jeune car cela en dit long sur les jeunesses actuelles qui sont unies malgré le fait qu’elles vivent dans des contextes différents, dans des pays différents, dans des situations différentes, mais cela nous concerne de la même manière. Cela résonne avec ce qui se passe actuellement en Amérique latine. Nous sommes en train de vivre un réveil de nombreuses personnes qui sortent demander que nos conditions de vie soient plus dignes, plus justes. Cette joie s’ajoute à ce moment historique dans lequel, l’Amérique latine est unie, portant un cri pour que nos peuples vivent mieux. Merci au Jury, au festival pour encourager cette rencontre, cet espace. Longue vie au ciné, à Filmar, à tous ces espaces qui nous permettent de dialoguer et partager nos réalités ». 

Le Prix du Jury des Jeunes Opera Prima est composé d’une quinzaine de collégiens genevois qui distinguent la première œuvre cinématographique de huit talents émergents. Le prix est cofinancé par Terre des Hommes Suisse, Eirene Suisse et Swissaid Genève.

« Avant le décompte final de la fréquentation de nos salles partenaires, nous pouvons dire que la fréquentation se consolide », estime la directrice du Festival Filma en América Latina Vania Aillon« Le public, toutes générations confondues, qui oscille annuellement depuis trois ans entre 18’000 et 20’000 spectateurs à Genève et autres communes du canton et de France voisine, a apprécié les rencontres enrichissantes et stimulantes avec nos 25 invités, dont les propos étaient en résonnance avec l’actualité dans de nombreux pays latino-américains », a-t-elle souligné.

Parmi les personnalités présentes cette année figuraient les réalisatrices Citéalli Andrango (Équateur), Catalina Arroyave Restrepo (Colombie), Ana Isabel Bustamante (Guatemala/Espagne), Laura Cazador (Suisse), Lucía Garibaldi (Uruguay), la productrice Marianela Illas (Venezuela), l’actrice Fabiana Hernández Guinea (Guatemala), l’activiste brésilienne Monica Benicio et Lilia Lustosa de Olivera (spécialiste suisse du cinéma brésilien). Les réalisateurs ayant fait le déplacement à Genève étaient René Ballestreros (Chili), Pablo Briones (Argentine), Jayro Bustamante (Guatemala), Juan Cáceres (Chili), Jorge Cadena (Colombie), Joshi Espinosa (Equateur), Stéphane Goël (Suisse), Julio Hernández Cordón (Mexique/Guatemala/États-Unis), Gregory Lassalle (France), Aldemar Matias (Brésil), Rubén Mendoza (Colombie), Alejo Moguillansky (Argentine), Emiliano Serra (Argentine), Rubén Sierra Salles (Venezuela) ainsi que l’acteur brésilien Régis Myrupu et le producteur suisse Dan Wechsler.

Filmarcito, la section pour les cinéphiles en herbe, a innové avec Jardín Móvil, esquisses animées pour enfants de 2 à 4 ans et des ateliers qui ont stimulé l’exploration autonome avec une pluralité d’expériences visuelles, acoustiques, métaphoriques, sensorielles et motrices. En outre, deux séries de courts-métrages sur la vulnérabilité des êtres habitant notre écosystème ont séduit les jeunes dès 6 ans, en sondant l’imaginaire de l’inconnu.

Filmar, la plus importante manifestation culturelle de Suisse dédiée à l’Amérique latine et qui contribue également au rayonnement de Genève, cité de dialogue et de culture, est soutenu par la Ville de Genève, le Bureau de l’intégration des étrangers du Canton de Genève (BIE), la Fédération genevoise de coopération, Artlink-Fonds Culturel Sud, la Fondation Emilie Gourd, la Loterie romande, la Fondation Simón Patiño, le Pour-cent culturel Migros, Traditions pour Demain, et les communes de Carouge, Lancy et Grand-Saconnex.

Filmar, l’un des seul festival qui s’autofinance à hauteur de 25 % grâce à la vente de billets, a proposé cette année plus de 80 films, trois tables-rondes, une conférence, une exposition et des projections pour les scolaires dans les salles partenaires : les Cinémas du Grütli, Fonction: Cinéma, le Nord-Sud, l’Auditorium de la Fondation Arditi, le Cinélux, le Spoutnik, la Maison de la Paix, l’Université Uni-Bastions, Ciné-Saussure, CinéVersoix, le cinéma Bio (Carouge), l’Espace Palettes (Lancy), la Ferme du Pommier (Grand-Saconnex), la Julienne (Plan-les-Ouates), le Centre des Arts de l’Ecole internationale de Genève, le Cinéma Voltaire (Ferney-Voltaire), le Théâtre du Bordeau (Saint-Genis-Pouilly), le Cinéma Rouge et Noir (St-Julien-en-Genevois) et le Ciné Actuel (Annemasse).

Contacts : Luisa Ballin – Responsable Presse / Responsable Prensa – luisa.ballin@filmar.chFestival Filmar en América Latina : 17, rue Necker – CH-1201 Genève – + 41 (0) 22 732 61 59 – +41 (0) 79 649 71 45

« Indianara », documentaire de Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa en salle

Dans un Rio en ébullition durant les années Temer, la colère gronde. Indianara Siqueira, révolutionnaire hors norme, mène avec sa bande un combat pour la défense des minorités et la survie des personnes transgenres au Brésil dans sa Casa Nem. Face à la menace totalitaire qui plane sur le pays, une seule injonction : résister !

Photo : Allocine

Indianara est le titre du film mais avant tout le prénom d’une femme pour qui tout est question d’amour, d’amitié et de solidarité. En suivant cette militante transgenre, les cinéastes nous plongent dans une vie de combat, où chaque jour il s’agit de tenir face à la répression, au mépris. Cet engagement permanent est mené par une communauté transgenre brésilienne qui n’a pour seules armes que son indignation, son amour fraternel, sa détermination. Ici les corps, filmés sans fausse pudeur, s’assument, résistent, jamais ne se résignent. Ils nous font découvrir de fragiles existences où la fierté de la différence devient aussi un espace de joie communicative. Si l’on exulte c’est pour trouver la force de vivre. »Delphine Deloget et Jean-Louis Gonnet, cinéastes de l’ACID qui a proposé le film à Cannes. 

Indianara Siqueira est une militante qui engage la communauté LGBT à se défendre malgré les aléas de la vie. Elle a vécu cinq ans en France et y a été emprisonnée. Elle est interdite sur notre territoire. De retour au Brésil en 2009, elle affronte à nouveau la violence policière, la ségrégation et les assassinats de ses amies. Indianara s’engage plus fermement, devenant la porte-parole de la communauté trans dans son pays. En 2010, elle est conseillère parlementaire du député socialiste gay, Jean Wyllys. En 2016, elle se présente à travers le PSOL, (le parti Socialisme et Liberté) comme conseillère municipale à la mairie de Rio et est élue suppléante, aux côtés de Marielle Franco, assassinée en mars 2018. Cette même année, elle ouvre en plein cœur de Rio, la « Casa Nem », un refuge pour les personnes transgenres en situation de rue. Indianara les accueille, les oriente médicalement, professionnellement et psychologiquement. 

 « Au Brésil, 179 personnes trans ont été assassinées en 2017, soit un assassinat tous les deux jours. Plus de la moitié des meurtres de personnes trans dans le monde est commise au Brésil. Leur espérance de vie n’y est que de 35 ans. Double choc donc, à la vue de cette femme libertaire, et à l’écoute de la longue liste des victimes » explique Aude Chevalier-Beaumel qui la rencontre pour la première fois en 2014. « Mais ce que nous avons en commun tous les deux », ajoute Marcelo Barbosa, « c’est une volonté d’impliquer nos corps dans nos tournages. Un tournage animal, instinctif et sans s’arrêter. Cette approche se ressent sur le résultat final, cette grande proximité avec les personnages. Le film est physique. » 

« Aujourd’hui Indianara et les siens occupent un immeuble de 7 étages à Copacabana. Un immeuble dans lequel elle a trouvé, dans une des chambres, des pièces de collection, objets indigènes, sculptures anciennes, des reliques, des os. Elle a immédiatement contacté le Musée national et les autorités pour analyser l’origine de ces pièces. En attendant, ils ont donc l’autorisation de rester dans cet immeuble, plus confortable et plus grand que la Casa Nem. Elle y a regroupé ses forces, ses « enfants » et n’abandonne pas la lutte. Plus que jamais le Brésil a besoin d’elle. Elle a été exclue de son parti politique mais continue de militer pour les Droits de l’Homme » ajoutent les réalisateurs-trices. Le film qui est vraiment plein d’humour et de sensibilité est soutenu par Amnesty International. 

Alain LIATARD 
D’après le dossier de presse 

Indianara, film documentaire brésilien d’Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa. 84 mn. Le film est sorti sur quelques écrans le 27 novembre. 

Le 41e festival des 3 Continents de Nantes propose 93 films avec un programme polymorphe et inédit

Du 19 au 26 novembre le Festival des 3 Continents propose, comme chaque année depuis 1979, un autre regard sur le cinéma et sur le monde à travers une sélection unique de films de fictions et de documentaires d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Organisé Les 3 Continent, associations à but non lucratif et déclarée d’utilité́ publique. Pour sa 41e édition, à travers 93 films dont 23 courts métrages, elle propose un programme résolument polymorphe et souvent inédits, ouvert sur toutes les formes de cinéma, passées, présentes, populaires, spectaculaires, originales. 

Photo : Festival des3 Continents

Cette année, neuf films concourent en compétition. Produits en 2019, ils sont présentés à Nantes en première française ou mondiale. Au programme, cinq fictions dont un film d’animation et quatre documentaires venus d’Afrique, d’Amérique et d’Asie. Ils seront soumis à l’appréciation d’un jury de professionnels (chargé de décerner la Montgolfière d’or et la Montgolfière d’argent). Un Prix du public (Prix Wik-Fip du Public) et celui d’un Jury Jeune (Prix du Jury Jeune) seront également attribués.  

Des avant premières  

Abou Leila de Amin Sidi-Boumedine (Algérie) En présence du réalisateur. Algérie, 1994. Lotfi et S., deux amis d’enfance, traversent le désert à la recherche d’Abou Leila, un dangereux terroriste. La poursuite semble absurde, le Sahara n’ayant pas encore été touché par la vague d’attentatsNina Wu de Midi Z (Taïwan) en présence du réalisateur et de l’actrice Wu Ke-XiUn film sur l’exploitation des femmes dans l’industrie du cinéma en suivant la première audition de Nina (Wu Ke-Xi, également coscénariste du film) pour un long métrage à gros budget. Le père de Nafi de Mamadou DIA (Sénégal). Deux frères se disputent à propos du mariage de leurs enfants. Le rôle de père de Thierno et sa responsabilité́ de guide spirituel sont en conflitTu Mourras à  vingt ans de Amjad Abu Alala (Soudan) : Soudan, province d’Aljazira, de nos jours. Peu après la naissance de Mozamil, le chef religieux du village prédit qu’il mourra à 20 ans. Le père de l’enfant ne peut pas supporter cette malédiction et s’enfuit. Un jour, Mozamil a 19 ans…  

Aspects du cinéma costaricain 

Petit pays d’Amérique centrale, le Costa Rica cultive également de véritables ambitions cinématographiques. Ce sont ses singularités (parmi lesquelles la place prépondérante des femmes dans l’industrie cinématographique) qui orienteront les lignes de ce programme composé de huit films. (Photo El Camino de Ishtar Yasin Gutierrez) Avec le soutien de Procomer – Esencial Costa Rica  

Retrouvez plus d’informations sur le site: https://3continents.festicine.fr/fr/program-guide/jour/19-11-2019  – www.3continents.com  

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