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Cinéma

« Mariana », le nouveau film de la réalisatrice chilienne Marcela Said

Nous avions découvert et interrogé Marcela Said à l’occasion de son premier film de fiction, L’Été des poissons volants, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 2014. Elle avait déjà réalisé un documentaire très apprécié, I love Pinochet, en 2001. Pour ce second film sélectionné à la Semaine de la critique de Cannes 2017, elle a su s’entourer de deux des meilleurs acteurs chiliens, Antonia Zegers et Alfredo Castro (l’acteur fétiche de Pablo Larraín) qui donnent beaucoup de réalité à ces deux personnages. Un très bon film qui sort le 13 décembre.

Photo : Antonia Zegers/Mariana

« Je pensais à ce film dès « L’Été des poissons volants », sorti en France en 2014, cela depuis que j’avais rencontré le colonel. J’avais l’idée qu’il serait intéressant de faire un film qui parle de la complicité des civils durant la dictature, mais je ne savais pas exactement ce que j’allais faire. Et puis j’ai trouvé la structure. Je n’avais pas d’autre projet, un à la fois. En plus ce n’était pas un film simple. La résidence de Cannes m’a aidée et le festival de Sundance aussi de confronter mon texte avec de vrais scriptwriters (scénaristes). », explique Marcela Said.

Le personnage du colonel est assez sympathique ?

« C’est ce que je voulais, que le méchant soit charmant. Il n’a pas été trop compliqué à écrire. Par contre, comment avoir de l’empathie pour Mariana, une bourgeoise pas très sympathique. Au début, je l’avais écrite différemment. C’était difficile. L’actrice est formidable. Elle est géniale, elle a beaucoup de caractère. Je me suis très bien entendu avec les deux, Antonia Zegers et Alfredo Castro. Avec les comédiens, le texte n’était pas figé, il évoluait. Et aussi avec la qualité de la photo. Je cherchais un directeur de la photo et l’on m’a recommandé George Lechaptois. Ce que je ne savais pas c’est que, malgré son nom, il est chilien. Il est très humain et il a beaucoup donné de lui-même. Il a beaucoup de talent et on s’est très bien entendu. Ce n’est pas facile de faire un film, mais c’est plus facile avec des êtres humains. On a beaucoup cherché les artistes ou les lieux de tournage. Tous les artistes sont chiliens, de Santiago. Tous les personnages sont vrais. »

Le titre français ne met-il pas trop l’accent sur Mariana, alors que le titre original est Los perros (Les chiens) ?

« Non, c’est le choix du distributeur français, mais cela ne me gêne pas, car c’est un vrai portrait de femme. Je voulais rendre compte de la violence du Chili. Je voulais montrer pourquoi Mariana a trahi, qu’est-ce qu’il manque à Mariana pour sortir de là. Elle n’a pas peur, mais Il lui manque du courage. »

Le personnage du commissaire est curieux ?

« C’est la justice qui abuse ! Cela questionne. Au début, le personnage était un journaliste et puis après c’est devenu un policier sur les conseils d’un ami. »

Quels sont vos prochains projets ?

« J’ai deux projets : Le puma, qui est une histoire d’amour et de trahison qui se passe dans la nature, peut-être tout au fond de la Patagonie, et un autre film, Ancila et Leo, une histoire très peu conventionnelle entre une femme célibataire, de la classe populaire avec un fils adolescent et un homosexuel. »

Pas de projet en France ?

« J’aimerai bien. J’ai deux sujets qui pourraient se passer en France et bien sûr très différents… »

Propos recueillis au Festival Biarritz Amérique latine
le 28 septembre 2017
par Alain LIATARD

« La fiancée du désert », un film de deux réalisatrices argentines Cecilia Atán et Valeria Pivato

« Teresa, 54 ans, a toujours travaillé au service de la même famille jusqu’au jour où elle est contrainte d’accepter une place loin de Buenos Aires. Elle entame alors un voyage à travers l’immensité du désert argentin, et ce qui semblait être le bout du chemin va s’avérer le début d’une nouvelle vie. » Pour bien comprendre ce film très court, il nous faut quelques repères. C’est la raison pour laquelle je laisse la parole aux deux réalisatrices qui ont pu mener de concert cette première collaboration.

Photo : Extrait de l’affiche du film

Duo de réalisatrices

Cecilia Atán est née en 1978 à Buenos Aires. Elle démarre sa carrière comme stagiaire à la réalisation auprès du cinéaste Eduardo Mignogna à l’occasion du film El Faro en 1998 au générique duquel figure notamment Ricardo Darín. Elle devient ensuite assistante réalisatrice avant de signer son premier court métrage, El Mar, qui est invité au Short Film Corner à Cannes en 2012 avant d’être présenté en compétition aux festivals de Biarritz et de Mar del Plata. En 2015, elle réalise la série documentaire en huit épisodes Madres de playa de Mayo, La Historia qui est nommée aux International Emmy Awards l’année suivante. La Fiancée du désert est son premier long-métrage de fiction. Cecilia Atán est également cofondatrice de la société de production El Perro En La Luna aux côtés de Sebastián Mignogna et Guido Mignogna.

Valeria Pivato est née en 1973 à Buenos Aires. Après des études de design et un diplôme en cinéma, elle entame une carrière d’assistante réalisatrice, scripte et directrice de casting. Elle travaille notamment avec Juan José Campanella sur Le Fils de la mariée en 2001 et surtout Dans ses yeux qui obtient l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2010. Elle participe également comme scripte à Nordeste de Juan Solanas qui est sélectionné à Un Certain Regard à Cannes en 2005. En 2008, elle assiste Pablo Traperosur Leonera qui est présenté en compétition au Festival de Cannes. 

« Au début du film, Teresa est installée dans un quotidien très balisé, un monde d’apparence tranquille. Elle est persuadée de faire vraiment partie de la famille à laquelle elle a consacré toute sa vie. Les années ont passé, et elle s’est accrochée au peu qu’elle avait. Et puis, soudain tout s’effondre, et Teresa se retrouve sans rien à 54 ans. Nombreux sont ceux qui y verraient la fin de l’histoire, pour nous au contraire c’est le début. Nous pensons que ce bouleversement, cette insécurité soudaine en quelque sorte, peut être le révélateur du vrai potentiel d’une personne en ce sens qu’il fait remonter à la surface des sentiments et des désirs trop longtemps enfouis. Le voyage qu’entreprend Teresa à travers le désert est comme un éveil à la vie, elle peut enfin prendre conscience de sa propre force de caractère. 

Le désert est hostile, expliquent les réalisatrices. Et ce voyage renvoie finalement au mythe fondateur du Sanctuaire : Deolinda Correa est morte de soif en traversant le désert avec son bébé dans les bras, mais celui-ci est parvenu à survivre en se nourrissant au sein de sa mère décédée. C’est ici la force de la Nature qui s’impose dans l’adversité, le destin plus fort que la spéculation, l’imprévu comme vecteur du changement. C’est dans ce lieu quasi mystique que Teresa va prendre un nouveau départ dans la vie. 

Le Sanctuaire de la Défunte Correa, situé dans le désert de San Juan (centre-ouest de l’Argentine), existe véritablement. C’est un lieu de pèlerinage Il y a quelque chose de mystique qui l’entoure. C’est à cet endroit qu’est né le mythe de la Défunte Correa voici maintenant plus d’un siècle. Et celui-ci est devenu un symbole à lui seul de la croyance populaire en Argentine. Deolinda Correa est morte d’épuisement au sommet d’une colline en tenant son bébé dans les bras, mais son enfant a survécu en se nourrissant au sein de sa mère décédée. On y a ensuite construit et développé un village entièrement dédié à son souvenir. Ce mythe renvoie selon nous au triomphe de la vie sur la mort, et c’est pourquoi le sanctuaire qui s’y rattache s’est avéré le lieu parfait pour notre histoire et la rencontre qui va bouleverser le cours de la vie de Teresa. C’est un endroit mystique, coloré et disparate, grâce aux milliers d’offrandes diverses telles que bouteilles d’eau, robes de mariée, sculptures, maquettes… » 

Pour interpréter Teresa, les réalisatrices ont fait appel à la comédienne chilienne Paulina García. Véritable star dans son pays, c’est le film Gloria de Sebastián Lelio qui l’a propulsée au-delà des frontières. Pour les rôles de complément, elles ont fait appel à des comédiens formés dans les écoles d’art dramatique et à des personnes vivant à San Juan et dans la province voisine de Mendoza pour interpréter ces gens qui habitent le désert et qui en connaissent les sons, les odeurs et les couleurs.

Il est donc évident que l’image et le son dans un tel film doivent compléter les qualités de l’interprétation. Un film à ne pas manquer dès le 13 décembre.

 Alain LIATARD

Lancement du 15e Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH) de Paris

L’association Alliance Ciné organise, du 5 au 12 décembre, le 15e Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH) de Paris, désormais la plus grande manifestation culturelle sur les droits humains en France. Cette manifestation présente chaque année un panorama de la production cinématographique documentaire sur le thème des droits humains.

Photo : Affiche FIFDH

Chaque projection est suivie d’un débat avec le public, en présence du réalisateur et/ou d’intervenants présents sur le terrain (responsables d’ONG, journalistes, universitaires, etc.). Les films proposés sont, pour l’essentiel, inédits ou en avant-première et absents des écrans français. Le FIFDH est aussi décliné en régions avec des équipes locales (Gironde, Gard, Pays Basque, Midi-Pyrénées, Haute-Savoie, Provence, Normandie).

Comme le dit Vincent Mercier, Délégué du Festival : « Quand nos institutions font défaut, les militants pour les droits de l’Homme, ces militants de la cause humaine, nous montrent combien les combats qui les animent, jouent un véritable rôle de garde-fou. Grâce à eux et à leur mobilisation, au péril souvent de leur tranquillité personnelle, nous vivons au sein d’une société plus juste et plus transparente. Gardons à l’esprit que ce sont des femmes et des hommes ordinaires qui refusent de se soumettre et qui par leur pugnacité, font bouger les lignes ». Voilà l’une des nombreuses questions que le Festival soulèvera en compagnie de réalisateurs et de nombreux invités. Vincent Mercier rajoute que « les droits de l’Homme, tout le monde s’en réclame et verse des larmes de crocodile quand ils sont attaqués. Mais dès qu’il s’agit de mettre en œuvre de véritables mesures concrètes de soutien en leur faveur, les rangs se clairsèment… Montrez que vous n’êtes pas de ceux-là et n’attendez pas qu’ils soient menacés en vous mobilisant à nos côtés ».

Jac FORTON
D’après le site du festival

Le Festival a lieu au cinéma L’Entrepôt, 7 rue Francis de Pressensé, Paris 14e, métro Pernety (ligne 13), du 5 au 12 décembre 2017. Quatre à cinq films par jour, le premier à 13 h 10, le dernier à 22 h 30. Détails du programme ici.

Arte présente le documentaire « Colombie le silence des armes » de la réalisatrice Natalia Orozco

Arte propose ce mardi 28 novembre à 22 h 35 le documentaire Colombie, le silence des armes, de la réalisatrice Natalia Orozco. Elle retrace, de l’intérieur, les étapes du processus de paix entre les Farc et le gouvernement. Un an après la signature de l’accord, elle éclaire les défis que doit aujourd’hui relever son pays

Justice

“C’est la question qui a divisé et divise encore aujourd’hui l’opinion publique : comment admettre que les Farc, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, qui ont commis des crimes injustifiables, n’aillent pas en prison ? C’est très difficile à supporter, même pour moi qui crois profondément à la négociation comme seul chemin pour arriver à la paix, mais il n’y avait pas d’autre choix. Les commandants de la guérilla n’auraient jamais accepté de négocier pour finir leurs jours en prison, après cinquante ans de lutte. Comme dans tous les processus de paix à travers le monde, les deux parties se sont accordées sur une justice spéciale. Les guérilleros comparaîtront devant un tribunal et devront dire la vérité. En échange, ils recevront des peines alternatives à la prison. Dans le cas où un tribunal prouve qu’ils mentent et cachent des informations importantes, ils perdront automatiquement ces privilèges et comparaîtront en justice traditionnelle.”

Vérité

“Les victimes veulent savoir où sont les disparus, où sont enterrés les corps. Ce processus devra également mettre au jour les routes de la drogue, révéler à qui appartenaient les cultures illicites et si les Farc ont encore de l’argent ou des armes cachées. Mais surtout – et c’est la vérité la plus importante –, la Colombie a besoin de savoir avec quelles forces au sein des institutions, du gouvernement, de l’armée et de la police, les Farc et les forces paramilitaires ont travaillé. Qui les a financés ? Si les militaires et les élites colombiennes ne parlent pas, si seule la guérilla le fait, le processus de paix ne sera qu’une illusion. Des générations continueront à croire que le pays se divise entre les bons et les mauvais, et que les guérilleros sont les seuls mauvais. Or, il n’y a rien de moins vrai.”

Divisions

“Si je dis toujours que je n’ai jamais connu un seul jour de paix dans ma vie, aujourd’hui, je peux affirmer que je n’ai jamais vu la Colombie aussi divisée. Au-delà de la difficulté à pardonner, je pense que l’opposition aux accords est liée à deux autres raisons. D’abord, le processus de paix oblige les grands propriétaires terriens à rendre une partie de leurs terres aux paysans. Or ceux-ci ne veulent pas perdre leurs privilèges. Ensuite, les élites colombiennes, les propriétaires terriens, les industriels, les multinationales ont peur que les Farc parlent et que l’opinion publique apprenne la vérité, à savoir leur rôle dans le financement de la guérilla et des paramilitaires, et leur implication dans le déplacement des populations les plus vulnérables. Je ne justifierai jamais les excès commis par les Farc, mais eux sont en train de demander pardon, presque toutes les semaines, dans tous les coins de la Colombie. On attend que les autres, l’armée, les élites, les grands médias, l’Église fassent de même.”

Propos recueillis par Laetitia Møller
ARTE

« La educación del Rey », un film de Santiago Esteves inspiré par la réalité contemporaine argentine

Le jeune Reynaldo participe à un cambriolage qui tourne mal. En tentant de s’enfuir, il tombe dans le jardin d’un couple de retraités. Contre toute attente Carlos, le propriétaire, ne le dénonce pas à la police mais lui propose un marché. Une relation de confiance fragile s’installe alors entre le jeune homme et son protecteur.

Photo : affiche du film La educación del Rey

« Rey n’est pas seulement l’abréviation de Reynaldo, explique le réalisateur, cela signifie aussi roi en espagnol. J’aime penser que la relation entre Carlos et Rey est la première d’une série de rencontres à l’origine de la transformation de Reynaldo en un nouveau type de leader. Et j’ai enfin été très inspiré par la réalité contemporaine en Argentine, où il existe de plus en plus de sociétés de sécurité privées, qui multiplient les « forces de l’ordre » dans les rues. C’est de cette rencontre singulière entre un monde ancien et cette réalité contemporaine qu’ont surgi les premières ébauches du récit… Les mass media ont façonné et popularisé l’image de l’enfant délinquant, ou pibe chorro, les enfants et adolescents des classes défavorisées ont été stigmatisés par cette appellation. Ils n’ont aucune protection à attendre de la police : l’histoire du vol auquel participe Reynaldo dans le film est née de plusieurs faits divers similaires dans lesquels c’est la police qui utilise ces jeunes marginaux pour commettre des délits. »

Bien sûr, on est un peu étonné par la certaine docilité de Reynaldo face à Carlos, ancien convoyeur de fonds. Ainsi pour créer une certaine distance, Santiago Esteves n’a pas voulu tourner à Buenos Aires mais à Mendoza où il est né. « Mendoza est un endroit où le cinéma argentin est souvent allé chercher des images touristiques (la haute montagne, les vignobles), mais jamais les images de banlieues, qui sont pourtant extrêmement intéressantes car elles sont traversées par la nature. Si nous réfléchissons à des mythes dans le cinéma, c’est impossible de ne pas faire référence au western ; c’est pourquoi les paysages de notre propre « far west » ont fait partie de l’identité visuelle du film et, j’espère, l’ont rendu plus fort. »

Santiago Esteves, qui a réalisé plusieurs courts métrages, fut monteur pour des réalisateurs comme Pablo Trapero, Mariano Llinás et Milagros Mumenthaler. La educacion del Rey était à l’origine une minisérie, avant de devenir son premier long métrage. À découvrir dès le 22 novembre.

 Alain LIATARD

Le film « Chavela Vargas » de Catherine Gund et Daresha Kyi en salle le 15 novembre

Représentante de la chanson « ranchera« , en général plutôt réservée aux hommes, Chavela Vargas, née Isabel Vargas Lizano en 1919 et décédée en 2012, était arrivée au Mexique depuis son Costa Rica natal dans les années 1930 et avait acquis par la suite la nationalité mexicaine. Comme Édith Piaf, à laquelle l’a comparée le metteur en scène espagnol Pedro Almodóvar, elle avait commencé sa carrière en chantant dans les rues. Daresha Kyi et Catherine Gund lui ont consacré un documentaire.

Photo : liberal.com.mx

Chavela Vargas s’est construit une vie de légende en raison de sa relation avec l’alcool, de son homosexualité et de son amitié avec quelques unes des grandes figures de la culture mexicaine du XXe siècle comme les peintres Frida Kahlo (1907-1954) et Diego Rivera (1886-1957). Dans les années 90, après plusieurs années au cours desquelles elle avait sombré dans l’alcoolisme, Chavela Vargas avait effectué une tournée mondiale, en remplissant notamment l’Olympia de Paris et le Carnegie Hall de New York avec ses anciens succès comme La Llorona, Piensa en mi ou El Último trago.

Le documentaire Chavela Vargas est constitué de trois types de séquences : les interviews de 1991 menées par Catherine Gund alors qu’elle se trouvait à Mexico, les interviews récentes réalisées avec Daresha Kyi et les images d’archives accompagnées de photos. « À 71 ans, en 1991 raconte Catherine Gund, elle était assez méconnue, également queer, oubliée et dénigrée. Mes amis savaient qu’elle avait des problèmes d’alcoolisme, qu’elle avait récemment rompu avec quelqu’un, et qu’elle vivait des moments difficiles. La communauté lesbienne de Mexico à cette époque était assez petite et trouvait que Chavela n’était pas reconnue à sa juste valeur. Il y avait là cette immense icône qui semblait être relayée au second plan et sombrait dans l’oubli. Mais néanmoins, tous savaient qu’elle n’avait pas peur et ils l’admiraient pour cela. Elle était fidèle à elle-même et croyait en son pouvoir. C’était un miracle d’avoir eu cette interview. Elle nous a invitées dans sa maison d’Ahuatepec. Elle n’avait jamais autant parlé avec des inconnus comme elle l’a fait pendant des heures avec nous. Elle a évoqué des choses personnelles, comme le fait de trouver l’amour et le perdre, de se battre pour être reconnue pour son talent, elle s’est livrée avec beaucoup d’émotion. Elle a parlé de la joie et de la souffrance d’être confrontée à des gens qui la reconnaissaient, et qui l’appelait soit ‘diva’ soit ‘gouine’. Nous savions que c’était une opportunité de faire partager son histoire à une large audience ».

Daresha Kyi, qui réalise le documentaire en compagnie de Catherine Gund, a toujours été attirée par des personnalités comme celle de Chavela Vargas. « Une latino qui porte des pantalons, qui fume des cigares, qui descend des verres de tequila et qui porte un pistolet tout en chantant des histoires d’amour à des femmes, tout cela dans un pays catholique des années 40… difficile d’être plus marginale (ou plus rebelle) que ça ! Avoir l’opportunité de raconter l’histoire de quelqu’un qui a vécu et dormi dans la rue, s’est perdue dans l’alcool puis a chanté à guichet fermé au Carnegie Hall et est apparue dans un film avec Salma Hayek, a été la muse de Pedro Almodóvar et reçu la décoration la plus prestigieuse d’Espagne – Comment aurais-je pu résister ? ». « Les interviews tournées récemment, ajoute-Catherine Gund, auraient pu être très traditionnelles, mais elles ont été nourries de la chaleur de ces gens, nous accueillant dans le confort de leur maison, entourés de leurs livres, de leurs photos, de leurs plantes. C’est cela aussi qui fait écho à la mémoire de Chavela : l’authenticité. Quand je regarde la séquence tournée il y a 25 ans où j’avais 25 ans, j’aurais aimé savoir tout ce que je sais maintenant… ? Il n’existe pas d’autres interviews comme celle-ci, et nous n’allions pas gâcher cette chance. Nous étions jeunes, honnêtes et admiratifs. Et d’une certaine façon elle nous le renvoyait ». Le documentaire remporta le Prix spécial et le Prix du public au dernier festival de Biarritz. Il sortira en salle ce mercredi 15 novembre.

Alain LIATARD

Un nouveau documentaire de la chilienne Maité Alberdi, en salle le 15 novembre

Au moment où nous vous invitons à découvrir les films que nous avons sélectionnés pour notre 11e festival Documental (27 novembre – 2 décembre) à l’Opéra de Lyon, plusieurs documentaires sortent sur les écrans français. D’abord L’École de la vie de la Chilienne Maite Alberdi, ainsi que Chavela Vargas sur la célèbre chanteuse mexicaine, que nous présentons aussi dans la newsletter de cette semaine.

Un groupe de personnes trisomiques qui vivent et travaillent ensemble dans un centre privé, nous racontent les joies et les difficultés de la vie en commun, de la démocratie, de l’amour. Ils ont l’avantage d’être toujours eux-mêmes sans masques et sans ambigüité. À 40 ans passés, ils sont déterminés à ne plus être considérés comme des enfants. Los Niños est le titre original du film. Nous connaissons Maite Alberdi depuis son précédent documentaire La Once qui suivait les merveilleuses discussions entre plusieurs vieilles dames à l’heure du thé. Ici le projet est audacieux car filmer les personnes trisomiques, sans jamais voir les visages des éducateurs ou de la famille est un exploit.

On est ému par la souffrance de ces personnes, même si l’on comprend la réticence ou l’inquiétude des éducateurs et des parents. « J’ai passé toute ma vie au contact d’une tante qui avait le syndrome de Down, (appelé en France Trisomie 21). Ma grand-mère vivait dans l’angoisse de sa mort (…). La société n’était pas préparée à voir cette génération devenir adulte. L’idée de mon film vient de là ». Il n’existe pas au Chili d’institutions qui accueillent les trisomiques au-delà de leurs 25 ans. Maite Alberdi a donc posé sa caméra dans une école payée par les familles : « Elle fonctionne en journée, et le soir les élèves rentrent chez eux. Ils ne peuvent pas poursuivre leurs études mais dans cette école, ils vendent le fruit de leur travail de pâtissier contre un salaire symbolique. Mais en même temps, ils payent pour être dans cette école. C’est une situation étrange et une vraie difficulté pour les parents dont ils restent dépendants…  Mon film est une invitation à entrer dans ce groupe pour en saisir toute la diversité ».

Effectivement, les cas des personnes sont différents, mais tous revendiquent la possibilité de vivre comme les autres adultes, et d’être indépendants. La réalisation était une gageure (un an de tournage à trois personnes et 200 heures à monter), que Maite Alberdi a parfaitement réussie.

Alain LIATARD

Dans le cadre du Festival Interférences, les Lyonnais pourront également découvrir El Patio – Le jardin des anonymes de Elvira Diaz en sa présence, consacré au cimetière général de Santiago du Chili, un immense jardin fleuri qui cache encore des secrets de la dictature (jeudi 15 novembre à 20 h 30 au cinéma Le Zola à Villeurbanne)

Projections des Caraïbes à Paris et deux célèbres cinéastes mexicains au Festival Lumière de Lyon

Deux manifestations cinématographiques sont à la une cette semaine. À ne pas manquer 0 Paris le festival Caraïbes outre mer au cinéma Les 7 Parnassiens à Paris, et à Lyon dans le cadre du grand festival Lumière la présence des réalisteurs mexicains

Un cinéma venu des Caraïbes

Port-au-Prince, dimanche 4 janvier, François Marthouret (2015) : Haïti, 4 janvier 2004, célébration du bicentenaire de la déclaration d’indépendance. Depuis des mois, des manifestations étudiantes et populaires protestent contre la dictature du  président Aristide. Tout oppose Lucien, étudiant en philosophie convaincu du succès de la manifestation vers la démocratie, à son jeune frère Little Joe, voyou recruté par les Chimères pour réprimer la marche des étudiants. Ce jour va sceller le destin des deux frères (Allociné).

Comment conquérir l’Amérique en une nuitDany Laferrière (2004) : Gégé, un jeune Haïtien, décide de partir pour Montréal, où il retrouve Fanfan, son oncle casanier. Tous deux confrontent leurs souvenirs, leurs illusions, et leur vision de l’Amérique, autour d’un repas auquel ont été conviées deux Québecoises (Allociné).

Dans ce cadre, un point de rencontre sur Doc Amazonie Caraïbe a eu lieu le 10 octobre. Il s’agit d’un programme de développement du secteur du documentaire de création dans la grande région Amazonie et Caraïbe. Le programme propose des ateliers de développement de projets de films documentaires en direction de jeunes auteurs, réalisateurs et producteurs, ainsi que des rencontres de coproduction, pour les projets les plus aboutis, qui mettent en relation les auteurs avec des producteurs et diffuseurs afin que les films développés voient le jour. Est également sur les écrans Ouvrir La Voix d’Amandine Gay, un documentaire sur les femmes noires issues de l’histoire coloniale européenne en Afrique et aux Antilles. Le film est centré sur l’expérience de la différence en tant que femme noire et des clichés spécifiques liés à ces deux dimensions indissociables de l’identité « femme » et « noire ».

Au Festival Lumière de Lyon

À Lyon, dans le cadre du Festival Lumière qui se déroule du samedi 14 au dimanche 22 octobre 2017, sont organisés une nuit « Guillermo del Toro » le samedi 14 octobre autour de quatre de ses films – Cronos, Hellboy, Le Labyrinthe de Pan et Pacific Rim – l’avant-première de son dernier film, Lion d’or à la Mostra de Venise, The shape of water, une master class le lundi 16 octobre à 15 h et un choix d’une dizaine de films, des Diaboliques de Henri-Georges Clouzot à La Planète des vampires de Mario Bava. De quoi satisfaire tous les aficionados du cinéaste mexicain. Un autre cinéaste mexicain sera présent à Lyon, Alfonso Cuáron, oscarisé pour Le Fils de L’homme et Gravity. Il a choisi un moyen métrage profond et poétique, La fórmula secreta de Rubén Gómez (1964), qu’il commentera les dimanche 15 et lundi 16 octobre.

Ce festival est devenu le rendez-vous mondial du cinéma de patrimoine. Une fois par an, c’est à Lyon, ville natale du cinématographe, que le monde du cinéma célèbre sa vitalité et sa mémoire, à travers une visite contemporaine des œuvres du passé (films restaurés, rétrospectives, invités, hommages…). Grâce à l’ensemble des salles de cinéma participantes, le festival rayonne dans toute l’agglomération lyonnaise et touche un large public. L’an dernier, 160 500 festivaliers ont assisté à 397 séances dans 60 lieux de la métropole lyonnaise ; des séances présentées par des acteurs, des cinéastes, des historiens, des critiques, et par des « Ambassadeurs Lumière ». Un prix Lumière est remis chaque année à une personnalité du cinéma pour l’ensemble de son œuvre. C’est le cinéaste chinois Wong Kar-wai qui recevra le prochain prix Lumière, succédant à Catherine Deneuve en 2016, Martin Scorsese en 2015, Pedro Almodóvar en 2014, Quentin Tarantino en 2013, Ken Loach en 2012, Gérard Depardieu en 2011, Milos Forman en 2010 et Clint Eastwood en 2009.

Alain LIATARD

Festival Lumière ici – Cinéma Les Parnassien ici

France-Colombie : Un panorama du cinéma colombien à Paris

Dans le cadre de l’année croisée France-Colombie 2017, deux temps forts de l’automne pour le cinéma colombien à Paris avec le Panorama du cinéma colombien et 100% doc Colombie : regards féminins.

Pour sa cinquième édition, l’Association Le Chien qui aboie (association pour la promotion et la diffusion du cinéma d’Amérique latine) présente du 11 au 17 octobre 2017 un Panorama du Cinéma colombien à Paris dans le cadre de l’année France-Colombie. En avant-première a été projeté le documentaire El silencio de los fusiles de la journaliste et réalisatrice Natalia Orozco où l’on voit les différentes étapes du processus de paix depuis 2010 en Colombie à partir de témoignages des principaux acteurs et médiateurs de tous bords sur les nouvelles négociations commencées en 2012 à Cuba.

Vitalité du cinéma colombien

Les 14 longs métrages et 14 courts métrages inédits, fictions et documentaires, présentés dans ce festival témoignent du renouveau et de la vitalité du cinéma colombien contemporain. Ce sont aussi des rencontres avec plusieurs réalisateurs colombiens qui abordent des thèmes autour des conflits armés et politiques, autour de l’amour, de la nostalgie de la terre et de la famille, de la relation à l’intime et à l’environnement immédiat. Comme le précise Bibata Uribe, universitaire spécialiste du cinéma colombien : « À l’aube d’une nouvelle ère dans l’histoire du pays avec en particulier l’accord de paix signé entre le gouvernement et la guérilla des Farc, la société civile se prépare, non sans hésitations, à une réorganisation profonde sur le processus d’identité, sur la mémoire commune, sur le deuil et la nécessaire reconstruction. Le cinéma colombien, ce territoire imaginé comme une réverbération de la réalité, se fait l’écho des questionnements multiples. » Cette année, le festival décernera un prix du public avec un jury. Une section parallèle présente des films du Pérou, du Mexique et de Cuba, tous coproduits avec la Colombie.

Au-delà du cinéma

Ce festival, c’est aussi de la musique avec, par exemple, Les Valientes Gracias, un groupe de femmes qui, à travers la cumbia ou le bullerengue, proteste contre la condition des femmes en Colombie et ailleurs, avec les percussions africaines et les flûtes des Indiens de la Sierra Nevada de Santa Marta. Ou encore Ivan Gaona, l’auteur compositeur de la B.O. du film Pariente présenté en clôture du festival. On pourra voir une exposition Telúricos de l’artiste Oscar González Guache, créateur du visuel du Panorama 2017, entre muralisme et graffiti, ainsi que l’exposition « Rituel de Mémoire« , en parallèle à la présentation du film Oscuro Animal par le réalisateur Felipe Guerrero et la photographe Carolina Navas. À l’occasion de sa 5e édition, Le chien qui aboie réalise pour la première fois une itinérance dans plusieurs villes de France avec huit cinémas et organismes partenaires qui présentent six films de la sélection 2017 et accueillent des réalisateurs.

100 % Doc : Des regards féminins colombiens 

 100% doc fait partie depuis 2015 de la programmation du Forum des images à Paris. Cette année en particulier, du 31 octobre au 7 novembre, le Forum des images met à l’honneur trois générations de femmes cinéastes colombiennes des années soixante aux années 2010. Singuliers et pluriels, ces « regards féminins » sont tour à tour sensibles, intimistes, engagés, révoltés, poétiques, et écrivent en 20 séances une histoire vivante de la Colombie. Coup d’envoi mardi 31 octobre en présence des réalisatrices Marta Rodríguez (Chircales) et Catalina Mesa (Jericó, el infinito vuelo de los días). Marta Rodríguez, la cinéaste pionnière en Colombie, a consacré sa vie aux luttes des communautés indiennes dont les territoires sont dévastés par la guerre ou les défoliants, et s’est engagée auprès des populations déplacées par la guerre civile, des paysans spoliés de leurs terres, des femmes exploitées, des enfants victimes des mines. Cinq films de Marta Rodríguez seront projetés à cette occasion pour une rétrospective. Le documentaire de Catalina Mesa présenté en avant-première, Jericó, el infinito vuelo de los días, dresse, avec un regard plein de tendresse, plusieurs portraits intimes de femmes d’âges et de conditions sociales différents dans le village de Jericó (Antioquia). Ce film a reçu de nombreux prix dont celui du meilleur documentaire au festival Cinelatino à Toulouse en 2017. On pourra rencontrer bien d’autres cinéastes, comme Catalina Villar et son travail sur les migrants dans un quartier de Medellín, Patricia Ayala avec Un asunto de tierras, un documentaire sur l’exécution de la loi pour la restitution des terres, ou le portrait de Camilo Aroyo, héritier d’une grande famille colombienne, installé sur la côte pacifique, et devenu le Don Ca, respecté de tous.

À signaler : le mercredi 1er novembre à 19 h se tiendra une table ronde autour de la question « Existe-t-il un cinéma colombien au féminin ? », avec Marta Rodríguez, Patricia Ayala et María Isabel Ospina. Sortie du numéro 25 de la revue Cinémas d’Amérique latine édité par L’Arcalt de Toulouse et les Presses universitaires du Midi, intitulé Caliwood et le cinéma colombien.

Chantal GUILLET

Renseignements sur le festival Panorama du cinéma colombien, le Forum des images et Cinémas d’Amérique latine.

Rendez-vous incontournable de la culture et du cinéma latino au festival Biarritz Amérique latine

À côté des grands festivals européens qui sont généralistes comme Berlin, Cannes et Venise, les festivals spécialisés font la joie des spectateurs. En effet ceux-là sont ouverts largement au public et aux scolaires. Que ce soit Annecy pour l’animation ou Toulouse, Villeurbanne, San Sebastian ou Biarritz pour le cinéma latino. Se retrouver fin septembre au Pays basque avec le soleil et les derniers touristes est un plaisir. 

Ce qui n’empêchait pas 700 spectateurs de venir en plein après-midi découvrir le documentaire de Catherine Gund et Daresha Kyl sur Chavela Vargas, cette chanteuse homosexuelle admirée entre autres par Frida Kahlo ou plus récemment par Pedro Almodóvar. Le documentaire remporta le Prix spécial et le Prix du public. Il sortira en salle à la fin de l’année. Le Grand Prix du doc a été remis à Cine São Paulo de Ricardo Martensen et Felipe Tomazelli, Brésil, l’histoire de Chico qui veut  rouvrir le cinéma qui était toute sa vie.

Au niveau des longs métrages, c’est La familia de Gustavo Rondón Córdova, Venezuela, qui remporta l’Abrazo, le grand prix du Festival. Nous avons déjà apprécié ce film à la Semaine de la Critique de Cannes, l’histoire de ce gamin rebelle de douze ans qui blesse gravement un jeune garçon qui tentait de le voler et se voit forcé par son père de fuir avec lui. Au milieu de la violence, s’installe peu à peu la tendresse entre le fils et son père. Bien que tourné en 2015, le film montre les problèmes du Venezuela d’aujourd’hui.

Le Prix du jury a été attribué à Mariana (Los Perros), le second film de Marcela Said, Chili, qui lui aussi était à la Semaine de la critique de Cannes. C’est le portrait de Mariana, une quadragénaire de la haute bourgeoisie chilienne (les chiens du titre original), attirée par son professeur d’équitation, ancien colonel de l’armée et  poursuivi par la justice. Je crois qu’il est très difficile de faire un film sur des personnages sympathiques qui sont aussi des « chiens ».

La qualité de l’interprétation des deux meilleurs acteurs chiliens, Antonia Zegers et Alfredo Castro (l’acteur fétiche de Larraín) y est pour beaucoup. J’avais rencontré Marcela Said à Cannes pour son premier film de fiction L’été des poissons volants en 2014, et je publierai l’entretien sur  ce dernier film lors de sa sortie française en décembre. Le Prix du public est allé à Últimos días en La Habana de Fernando Pérez, Cuba, qui raconte les derniers jours de Diego, plein de vie, mais cloué au lit par le SIDA.

Il est soutenu par son ami Miguel qui est triste et sombre. Mais leur amitié est indestructible, soutenue par des voisins hauts en couleurs et par la nièce de Diego, âgée de 15 ans et magnifiquement interprétée par Graciela Ramos qui obtint le prix d’interprétation féminine. Le réalisateur argentin Diego Lerman, à qui l’on doit de beaux films comme Refugiado (2014) ou Mientras tanto (2006) réalise un film très sensible sur l’adoption, Una especie de familia.

C’est l’histoire de Malena qui se rend au nord de l’Argentine pour aller chercher le bébé qu’elle veut adopter de manière plus ou moins légale. Bien sûr, tout ne se passera pas comme prévu. Daniel Araoz obtint le prix d’interprétation masculine. Nous reviendrons au moment de sa sortie sur l’autre film vénézuélien La soledad, de Jorge Thielen Armand (Prix de la critique), qui raconte la dissolution d’une famille dans les ruines d’une vieille propriété familiale.

Au point de vue cinéma, il y avait un focus sur la Colombie en présence de quatre réalisateurs à mieux connaitre. Des films et des rencontres sur  Gabriel García Márquez et plein d’autres choses, sans oublier les rendez-vous littéraires et les bancs des artisans, les cours de danse et les concerts tous les soirs au village. Et aussi la prestation du quintet magnifique de Alexis Cárdenas y Recoveco. La fréquentation a encore augmenté avec des salles pleines dès le matin. Le nouveau directeur Jacques Arlandis peut être  satisfait de sa première édition très conviviale.

Les films latinos à San Sebastian

Le Festival de San Sebastián qui s’est déroulé du 22 au 30 septembre dans cette ville basque a également primé plusieurs films latinos. Parmi eux, Diego Lerman a reçu le Prix du scénario pour son film Una especie de familia, et Maria Said a gagné le Prix Horizons latinos pour Los Perros.

Alain LIATARD

Festival de Biarritz Amérique latine

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