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Cinéma

Le monde de la lucha libre mexicaine dans Cassandro, the Exótico ! de Marie Losier

Dans le monde bariolé et flamboyant de la lucha libre, Cassandro est une star aussi incontournable que singulière. Il est le roi des Exóticos, ces catcheurs mexicains travestis qui dynamitent les préjugés dans un sport pourtant fortement machiste. Malgré ses mises en plis, son mascara et ses paupières impeccablement maquillées, Cassandro est un homme de combat extrême, maintes fois champion du monde, qui pousse son corps aux limites du possible. Pas un combat sans qu’il ne soit en sang ou blessé. Pourtant, après vingt-six ans de vols planés, d’empoignades et de pugilats sur le ring, il ne souhaite pas s’arrêter.

Photo : AlloCiné

«À chacun de mes voyages à Mexico City, mon attirance pour la Lucha Libre [le nom général du catch mexicain, NDLR], que j’avais découverte des années auparavant à travers le cinéma, s’était accentuée. C’est tout ce que j’aime : un monde théâtral excessif et drôle, des «personnages» de cinéma bigger than life, des costumes multicolores et scintillants, des cris, du suspense, des prouesses acrobatiques spectaculaires et par-dessus tout, c’est un moment d’allégresse regroupant toutes les classes sociales avec leurs héros du ring ! C’est le deuxième sport le plus populaire au Mexique après le foot, et les catcheurs y sont vénérés comme des légendes vivantes par le public en liesse. C’est une véritable religion ! Tout le monde est réuni et «vit» le jeu à fond, les vieux, les jeunes, c’est merveilleux. Je suis, par ailleurs, comme le public mexicain lui-même, très sensible au mystère de ces hommes musclés et masqués qui ne révèlent jamais leur identité ni dans la vie ni sur le ring. Il y a là tout un univers de sons et de couleurs qui donne une envie folle de filmer», explique la réalisatrice Marie Losier.

Elle poursuit : «Il faut imaginer le courage qu’il a fallu à cet homme pour apparaître sur le ring, non seulement en étant ouvertement gay, couvert de plumes et de maquillage dans un sport si machiste, mais en plus pour le faire sans masque ! Si les Exóticos existaient avant lui, tous, majoritairement hétérosexuels, singeaient une homosexualité grossière et burlesque, presque homophobe, alors que lui en a fait une cause nationale, un cheval de guerre sincère et bouleversant. Une acceptation, une revendication de lui-même entière et sans concession qui a depuis fait école. Il repousse les frontières, il est très ouvert aux autres, solidaire, conscient de la fragilité de sa survie.»

Pour montrer ce portrait très attachant – et qui nous en apprend beaucoup sur ce sport et sur ce personnage sur le fil, ou sur la frontière (Cassandro est Texan mais a fait sa carrière à Juárez au Mexique) –, Marie Losier utilise une technique expérimentale : tournage en 16 mm à l’ancienne avec des couleurs saturées, des trucages. Elle ajoute : «J’aime les trucages caméra, les filtres, les optiques différentes et même kaléidoscopiques. J’aime les techniques du début du cinéma, des Méliès, des Cocteau, des Jack Smith. Le choix de la pellicule est un travail sur la matière — film, sur la mythologie — film aussi.»

Le film a été sélectionné à Cannes dans la section de l’ACID – une association née en 1992 de la volonté de cinéastes de s’emparer des enjeux liés à la diffusion des films, à leurs inégalités d’exposition et d’accès aux programmateurs et spectateurs – et aussi, entre autres, au Rencontres documentaires de Lussas en Ardèche. Il est en salle depuis le 5 décembre.

Alain LIATARD

Cassandro, l’exotique documentaire de Marie Losier (France – 1 h 13 ) – Urban distribution. 

José, le film guatémaltèque de Cheng Li, primé au 40e festival des 3 Continents de Nantes

Cette année, neuf films ont tenté de décrocher un prix. À l’issue de la projection du film Tel Aviv on fire de Sameh Zoabi présenté en avant-première au Grand T à Nantes, le jury de cette 40e édition a remis les prix suivants : Montgolfière d’Or à Mémoires of my body de Garin Nugroho (Indonésie), Montgolfière d’argent à Three adventures of brooke de Yuan Qing (Chine), et mention spéciale du jury à José de Cheng Li (Guatemala).

Photo : Festival 3 Continents

José, 19 ans, vit seul avec sa mère, œuvrant chacun de son côté à de petits métiers pour assurer leur ordinaire : elle vendant sans licence des sandwichs, lui rabattant à un carrefour les clients potentiels vers un restaurant. Sa rencontre avec Luis, venu de la Côte pacifique du pays pour gagner sa vie comme manœuvre sur des chantiers de construction à Guatemala City, conduit José à réinvestir la part intime mais cachée de son existence.

Film guatémaltèque réalisé par Cheng Li, chinois résidant aux États-Unis, José parvient à faire glisser sur un même plan l’attention qu’il porte à son personnage principal à travers l’usage récurrent de plans fixes et une distance à lui qui installe son histoire dans l’épais tissu social et urbain qui l’entoure jusqu’à une poignante scène de clôture. Parvenant à neutraliser une menace naturaliste au bord de laquelle le film se tend, le jeu des acteurs non professionnels l’alimente d’un élan contrôlé mais convaincant, donnant aux hésitations des personnages, et Enrique Salanic à celui de José, leur juste poids. 

Chaque année depuis 1979, à la fin du mois de novembre à Nantes, le Festival des 3 Continents propose des films de fictions et des documentaires d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Cette spécialisation géographique, pionnière en son temps, ne résume pas l’identité du Festival, elle est une des formes de ce qui l’anime et le distingue : la passion et la curiosité, le goût de la découverte et des rencontres, l’amour des films du Sud et la volonté de les servir.

Depuis sa création, le Festival des 3 Continents a constamment fait preuve d’un flair certain dans sa programmation. De nombreux hommages ont fait date : Raj Kapoor (Inde) en 1984, nouvelle vague argentine dès 1997 et à nouveau en 2002, Melvin Van Peebles en 1979 (USA), Tolomouch Okeev (Kirghistan) en 2002, Satyajit Ray (Inde) en 2006…

La Compétition a également ses titres de gloire : Souleymane Cissé (Mali) en 1979, Hou Hsiao-hsien (Taïwan) en 1984, Abbas Kiarostami (Iran) en 1987, Wong Kar-wai (Hong-Kong) en 1991, Tsai Ming-liang (Taïwan) en 1993, Jia Zhang-ke (Chine) en 1998 et bien d’autres encore… Le Festival des 3 Continents a été et restera un lieu de découvertes et de rencontres, un lieu d’échange et de passion.

Service de presse
Festival des 3 Continents de Nantes

Voir aussi l’article de Kevin Saint-Jean sur le festival 3 Continents de Nantes

Pachamama, un film d’animation de Juan Antin autour des peuples amérindiens

«Pachamama», c’est la terre nourricière. Lorsque les Incas qui habitent de l’autre côté de la montagne viennent racketter les cultures d’un petit village, ils s’emparent aussi d’une petite statuette sacrée : la Huaca. Tepulpaï et Naïra, deux enfants, vont partir jusqu’à Cuzco pour récupérer la statuette. Ils arrivent au moment où les conquistadors envahissent la ville.

Photo : Pachamama

«C’est impressionnant de constater à quel point cette civilisation était visionnaire. Son mode de vie reposait sur un cercle vertueux qui pouvait durer éternellement, contrairement à aujourd’hui où on s’évertue à épuiser les ressources de la terre. Mon attachement à l’écologie est inscrit dans la culture des peuples amérindiens. Pour eux, il n’y avait pas de séparation entre les êtres et le monde : c’était un tout. Cela rejoint l’approche de la physique quantique, qui considère qu’il n’y a pas de matière, mais seulement des vibrations d’énergie, et que tout ce qui constitue l’univers est lié. Ces peuples restituaient à la terre une partie de ce qu’elle leur donnait, dans un échange permanent avec une entité vivante. Dans le film, j’exprime ma colère de voir comment la nature est maltraitée aujourd’hui. Et l’analogie avec les peuples amérindiens respectant la nature, avec une vision spirituelle de la terre, en opposition à la vision matérialiste des conquistadors qui passe par l’exploitation et la recherche de richesse. De même, quand les espagnols voient l’idole, la Huaca, ils pensent qu’elle est précieuse parce qu’ils croient qu’elle contient de l’or, alors que sa valeur est uniquement spirituelle», explique Juan Antin.

«Plutôt que de relater la colonisation de manière historique, j’ai voulu la raconter du point de vue des indigènes, à hauteur d’enfants. C’était important pour moi, car en Argentine, on apprend à l’école que les «bons» étaient les Espagnols, apportant civilisation et progrès, et les indigènes, des sauvages. Sur un billet de cent pesos argentin, on voit le portrait de Rocca, un président qui a fait tuer des millions d’Indiens. Le projet de conquête, c’était amener la civilisation européenne, s’emparer des ressources naturelles et exterminer les «sauvages». Comme on n’enseigne pas cela à l’école, j’avais envie de raconter aux enfants que les conquistadors n’étaient pas des héros, mais des voleurs.»

Le film traite graphiquement de manière différente les trois peuples. Au village, sous l’ombre du Condor, on a utilisé des formes organiques liées à la terre. Pour les personnages des Incas, le film s’est basé sur leur architecture qui est constituée surtout de lignes droites, car ils travaillaient les pierres de manière à les encastrer entre elles. Dans cet univers, l’énergie est celle du soleil. Quand les conquistadors apparaissent, tous les décors se teintent de rouge : on ne montre pas de sang mais on le suggère.

Un autre aspect important est la trame sonore et la musique de Pierre Hamon : beaucoup de sons de vent ont été réalisés avec des instruments précolombiens, et une partie des chants des oiseaux ont été produits avec des vases siffleurs. Ont été ajoutés des ambiances sonores de forêt, et de vrais chants d’oiseaux, et tous ces éléments sont d’une qualité sonore excellente. Il leur est aussi arrivé de mêler ces sons réels de forêt avec des effets réalisés grâce aux vases siffleurs qui imitent les oiseaux, car cela ajoutait un côté magique.

Ajoutons que Juan Antin, qui est argentin, a mis quatorze ans pour réaliser son film. En 2002, son premier long-métrage, Mercano Le Martien obtient au festival d’Annecy le prix spécial du jury. Après 70 films courts, Pachamama est son deuxième long-métrage. Le film a pu se réaliser grâce à une coproduction entre les producteurs français de Kirikou, le Luxembourg et le Canada. Un film à voir avec ses enfants, mais pour lequel les adultes ne sortiront pas déçus non plus. En salle le 12 décembre.

Alain LIATARD *

* Lors de l’avant première à Lyon, au cinéma Comoedia (cinéma d’arts et essais) le samedi 1er décembre,  la grande salle était pratiquement pleine. Pachamama de Juan Antin – 1 h 12 – espagnol – Distributeur Haut & Court

Les Genevois ont afflué au 20e festival de cinéma Filmar en América Latina

Nous transcrivons un article de la Tribune de Genève de lundi dernier qui publie les films primés du vingtième festival Filmar en América Latina. Deux films cubain et péruvien ont été récompensés, ont indiqué les organisateurs à l’issue de ce festival qui a accueilli durant les trois semaines vingt mille spectateurs.

Photo : Filmar Genève

Le festival Filmar en América Latina, qui célébrait cette année son 20e anniversaire, a autant séduit voire davantage les Genevois que lors des précédentes éditions. Selon les premières estimations, l’affluence sur deux semaines pourrait même être supérieure aux dernières années où elle a atteint environ 20 000 personnes.

Des soirées supplémentaires sont prévues sur un site jusqu’à mardi. La fréquentation dans les principales salles partenaires «a augmenté», a relevé la directrice du festival, la cinéaste genevoise d’origine chilienne Vania Aillon.

Les 90 films ont été montrés à Genève mais aussi plus largement dans le canton et en France voisine. Deux nouveaux sites étaient prévus. «Nous sommes fiers d’œuvrer pour la diffusion de ce cinéma qui a le vent en poupe» et de diffuser des films qui ne sont, pour la plupart, pas projetés en Suisse, s’est félicitée Vania Aillon.

Parmi les deux films récompensés, Un traducteur de Rodrigo et Sebastián Barriuso a remporté le Prix du public. Le premier a salué «un honneur» que le film ait été désigné par le public. Tournée à Cuba, cette coproduction cubano-canadienne, inspirée de l’existence du père des deux jeunes réalisateurs, raconte le quotidien d’un professeur de littérature russe à l’université de La Havane en 1989. Celui-ci est détaché à l’hôpital pour une mission spéciale auprès d’enfants victimes de la tragédie de Tchernobyl. Le film montre la rencontre de cet homme avec un jeune patient. Le prix du public est doté de 4 000 francs suisses.

De son côté, la fiction Retablo du Péruvien Alvaro Delgado-Aparicio, a reçu le prix du Jury des jeunes, alimenté du même montant. «Très heureux», le réalisateur a relevé que cette œuvre, tournée au sein d’une communauté autochtone, mettait notamment l’accent sur la diversité. Dans un village de montagne au Pérou, un artisan réputé enseigne à son fils l’art des retablos, crèches décoratives vendues à l’église ou à des familles. Le jury a salué un film qui porte sur «les conséquences dramatiques» provoquées parfois par des valeurs patriarcales. Outre les films, une discussion sur les défis de tourner en Amérique latine a réuni des cinéastes et producteurs. La 21e édition aura lieu du 15 novembre au 1er décembre 2019.

La Tribune de Genève

Festival Filmar

Guaxuma, film d’animation franco-brésilien, vainqueur au festival du film court de Villeurbanne

Le festival du film court de Villeurbanne, qui s’est déroulé du 16 au 25 novembre, a primé trois films choisis par le jury. Au niveau de la compétition animation, c’est le film franco-brésilien de Nara Normande, Guaxuma, qui a gagné le prix d’un montant de 1 500 euros. Ce film de 14 minutes mêle plusieurs techniques : d’abord la pixilation qui utilise des photos réelles en accéléré, ensuite les poupées représentant les deux héroïnes, et enfin l’animation faite avec du sable, ce qui donne des images très particulières et granuleuses.

Photo : Festival d’Annecy

Guaxuma, c’est l’histoire de deux amies inséparables sur une plage du Nord-est du Brésil. C’est le souffle de la mer qui rappelle les souvenirs heureux de Nara et Tayra au moment de leur enfance et adolescence.

Le cinéma d’animation brésilien est très riche puisqu’il a remporté deux années de suite le grand prix au festival d’Annecy : RIO 2096 de Luiz Bolognesi en 2013 et Le garçon et le monde en 2014. À Villeurbanne cette année, le grand prix fiction a été donné au film grec Le silence des poissons mourants (19 minutes) de Vassilis Kekatos : Makis apprend un beau matin qu’il est mort. Il lui faudra trouver des gens pour s’occuper de ses affaires.

Le prix du public est allé à Mort aux codes, film tourné à Lyon par Leopold Legrand, qui raconte en 15 minutes les difficultés du SAMU pour rentrer dans un immeuble puis dans l’appartement d’un homme en train de mourir.

Lancé en même temps que la (re)naissance du Zola en 1979, le Festival du Film Court de Villeurbanne fêtait en 2018 sa 39e édition. Difficile de citer tous les courts métrages très intéressants de cette très bonne édition. Du 16 au 25 novembre, 150 films ont été présentés, des films dont les univers ont conquis par leur originalité, leur créativité, leur urgence de raconter quelque chose par le biais du cinéma et d’être en prise avec notre époque. Rendez-vous l’an prochain pour la 40e !

Alain LIATARD

Le pacte d’Adriana, un documentaire chilien diffusé sur Arte le mardi 4 décembre

Lissette Orozco, une jeune réalisatrice chilienne, enquête sur le rôle de sa tante sous la dictature de Pinochet dans Le pacte d’Adriana, un documentaire passionnant, primé dans de nombreux festivals, qui sera diffusé sur Arte le mardi 4 décembre à 00 H 55. Un premier film extrêmement personnel dans lequel Lissette Orozco tente de gérer le numéro d’équilibriste difficile à maintenir entre son rôle de nièce et celui de réalisatrice. En montrant le tournage, elle aborde l’acte de se filmer. Et à mesure qu’elle avance, étape par étape, sa vie privée devient inconsciemment politique.

Photo : ArteTV

Radieuse et coquette, Adriana est une tante en or pour Lissette, qui n’a pas connu sa mère. Exilée depuis des années en Australie, Adriana, que tous ses proches surnomment «Chany», a prévu de passer quelques semaines au Chili à l’occasion d’une fête familiale. Mais elle est arrêtée à sa descente d’avion. La justice la soupçonne d’avoir participé aux enlèvements et aux assassinats d’opposants lorsque, dans les années 1970, elle travaillait pour la Dina, la terrible police politique du général Pinochet. Récusant les accusations, Adriana fait appel aux sentiments filiaux de sa nièce, étudiante en cinéma, pour prouver son innocence.

L’amour et l’effroi

Qui était vraiment Adriana Rivas ? Une secrétaire lambda, ainsi qu’elle le clame, ou une redoutable tortionnaire, comme le pense la justice chilienne ? En choisissant de tourner son premier documentaire sur sa tante, Lissette Orozco plonge dans son histoire familiale et dans les années noires de la dictature de Pinochet. Écartelée entre son lien avec l’accusée et la recherche de la vérité, la jeune réalisatrice avance à petits pas, s’interroge, enquête et documente, oscillant tour à tour entre l’amour et l’effroi. Saluée dans de nombreux festivals, sa quête intime, qui embrasse le passé d’un pays encore meurtri, offre un témoignage passionnant sur les mystères de l’âme humaine et le pacte de silence qui unit les criminels d’hier.

Adriana a toujours été la tante préférée de la réalisatrice. Une femme charismatique qui s’était installée en Australie, un jour en 2007, elle est soudainement arrêtée en rendant visite à sa famille au Chili et accusée d’avoir travaillé pour la police secrète tristement célèbre du dictateur Pinochet, la DINA. La tante nie ces accusations. Sa nièce décide d’étudier l’histoire d’Adriana et commence à filmer.

En 2011, ses investigations commencent à s’étendre de plus en plus, c’est alors que sa tante prend soudainement la fuite à bord d’un avion, juste avant un procès. Adriana demande à sa nièce d’interviewer ses anciens collègues qui pourront confirmer son innocence. Le film révèle des conflits longtemps enterrés dans la famille qui reflètent les problèmes sociaux du pays dans son ensemble. Les recherches de la cinéaste au sein de la DINA provoque de la tension entre les générations – est-ce Adriana qui refuse de parler du passé, ou quelque chose l’empêche-t-elle de le faire ?

D’après Arte TV

Voir aussi portail du film documentaire

Les Héritières, le premier film du Paraguayen Marcelo Martinessi sélectionné à la Berlinale

Asunción, Paraguay. Chela, riche héritière, a mené la grande vie pendant trente ans avec Chiquita. Mais, au bord de la faillite, elle doit vendre tous ses biens et regarde Chiquita, accusée de fraude, partir en prison. Alors qu’elle n’a pas conduit depuis des années, Chela accepte de faire le taxi pour un groupe de riches femmes âgées de son quartier et fait la rencontre d’Angy. À ses côtés, Chela prend confiance en elle et cherche à ouvrir un nouveau chapitre de sa vie. Nous n’avons pas beaucoup l’occasion de voir des films paraguayens. Celui-ci a particulièrement frappé la Berlinale où il a obtenu trois prix (prix d’interprétation, prix de la critique et Ours d’argent du premier film).

Photo : Berlinale-2018

Marcelo Martinessi explique très bien la genèse de son film : «Il est impossible de parler du cinéma paraguayen sans avoir conscience des années sombres de son histoire et des nombreuses décennies durant lesquelles on ne pouvait pas réaliser de film. Dans les années 1960 et 1970, alors que le reste de l’Amérique latine racontait ses propres histoires sur grand écran, mon pays est resté invisible. La construction de notre propre cinématographie est donc aujourd’hui un défi majeur pour ma génération. Quand j’ai écrit l’histoire de Chela et Chiquita, j’ai réalisé que j’essayais de créer un dialogue avec cette période d’obscurité et avec une société qui ne veut pas changer, qui préfère rester cachée, accrochée à son ombre.»

«Le coup d’État le plus récent (2012) a montré qu’il y a toujours eu une sorte de complicité entre notre petite bourgeoisie et les régimes autoritaires. Et je ne parle pas seulement des personnages forts qui ont façonné leur époque à coups de bottes et de fusils jusqu’à la fin des années 1980. Les nouveaux leaders «démocratiques», qui partagent désormais les bénéfices de la corruption et du trafic de drogue, ont eux aussi besoin de cette complicité pour inspirer les mêmes peurs et maintenir les mêmes silences. Personnellement, je m’intéresse à la vie quotidienne en dehors de ces zones de pouvoir…»

Chela, qui se retrouve seule après l’arrestation de Chiquita, vit dans un milieu fermé : sa maison, la prison où elle rend visite à Chiquita, et même ensuite sa voiture où elle conduit les riches mamies du quartier. Elle ne s’ouvrira qu’avec la rencontre d’Angy, qui ne participe pas à ce petit monde de commérage et qui a des problèmes personnels. Elle voit qu’elle peut fuir son enfermement. «J’ai eu un point de départ clair de l’histoire mais j’ai permis aux personnages de trouver une fin. Puis, au-delà des sentiments d’enfermement qui ont déclenché le processus d’écriture, et même au-delà de l’obscurité que je percevais comme le seul avenir possible pour mon pays, ces personnages m’ont montré qu’il y avait peut-être une porte ouverte à un nouveau départ. Ce fut une découverte magnifique et inattendue.»

Car dans sa voiture, Chela commence à percevoir qu’il existe un monde extérieur. Le réalisateur a trouvé et a su filmer des actrices formidables pour porter ce film (où l’on ne voit pratiquement pas d’hommes) qui n’a rien de caricatural. Encore un film qui montre le rôle des bonnes dans les familles bourgeoises. Les Héritières, premier film de Marcelo Martinessi, sera en salle à partir du 28 novembre.

Alain LIATARD

Pour ses 40 ans, le Festival des 3 Continents propose un paysage du cinéma latino-américain 

Rendez-vous emblématique des cinéphiles, le Festival des 3 Continents de Nantes a commencé cette semaine et se déroulera jusqu’au mardi 27 novembre. Pour cette nouvelle saison, le Festival a décidé de célébrer quarante années de programmation ambitieuse de films souvent inédits en France. Cette année encore, le cinéma latino-américain est bien représenté. 

Photo : Festival 3 Continents

Faire connaître les continents invisibles à l’écran  

Au-delà d’une longévité remarquable dans un pays où le nombre de festivals tend à se réduire d’années en années, ce qui marque la spécificité des 3 Continents, c’est avant toute chose son rôle pionnier de défricheur. Dans un entretien récemment accordé à Télérama1, l’actuel délégué artistique et programmateur du Festival Jérôme Baron, rappelle que « jusquaux années 1980, lhistoire du cinéma nexiste pas beaucoup en dehors des patrimoines européens et nord-américains ». Bien des cinémas nationaux sont méconnus du Vieux Continent, exception faite pour une poignée d’érudits. Les grands rendez-vous internationaux comme le Festival de Cannes ne suffisent pas et c’est réellement à Nantes que se dévoile la création contemporaine de dizaines de pays. Ainsi, rapidement, le festival Les 3 Continents apporte de la mer des films inédits en France et des noms d’auteurs jusque-là inconnus. 

Il en va de même pour le continent Latino-Américain qui peut compter dès le début des années 1980 sur les Panoramas, temps forts consacrés à des cinémas nationaux, pour faire connaitre ses talents : Panorama du cinéma brésilien en 1982, Panorama du cinéma mexicain en 1984, Panorama du cinéma argentin l’année suivante… L’Argentine étant de nouveau mise au-devant de la scène en 2017 à travers une rétrospective historique. Ce n’est que dix ans plus tard que, à la faveur de nouvelles initiatives, l’Amérique Latine devient l’enjeu partagé de plusieurs rendez-vous (le Festival de Biarritz Amérique Latine est créé en 1992, Documental en 2004). Aujourd’hui, la multiplication des festivals a profondément changé notre rapport de spectateur au cinéma du monde et « les premières mondiales ne constituent plus un enjeu » pour les 3 Continents, tant les films circulent en nombre, d’un pays à l’autre. Il n’en reste pas moins que c’est souvent l’unique fenêtre de diffusion proposée à une œuvre en France. Toujours lucide sur ce rôle à jouer, la programmation nantaise valorise encore aujourd’hui la découverte de la jeune création, à renforts d’inédits qui résonnent avec l’actualité.  

Paysage du cinéma latino-américain 

La nouvelle édition des 3 Continents met en lumière une histoire du cinéma taïwanais, mais l’Amérique Latine n’est pas en reste. Cette année, trois films latinos concourent à la Montgolfière d’or, grand prix de la Compétition Internationale : Faust de la mexicaine Andrea Bussmann (prix spécial du Jury 2018 à Locarno), José, film guatémaltèque du réalisateur Cheng Li (Queer Lion au Venice Film Festival 2018) et le film Temporada du brésilien André Novais Oliveira qui sera présent pour accompagner son film. 

Avec six œuvres projetées pendant l’édition, le Brésil est avec la Chine le pays qui compte le plus de films représentés. 

Sorti en 2017Arabia de Joào Dumans et Affonso Ûchoa est un drame qui suit la découverte par André, jeune homme habitant Ouro Preto, du carnet d’un ouvrier dans l’ancienne usine d’aluminium près de chez lui. Le film s’inscrit dans la programmation des 40 ans du Festival qui propose « un état des lieux du cinéma contemporain, avec un programme de 40 films balisant le paysage cinématographique des 3 continents depuis le tournant des années 2000 ».

Toujours dans cette programmation et derrière le titre Occuper, résister, construire, on retrouve des courts-métrages documentaires brésiliens inédits en France voire à l’international: Its never nightime in the map de Ernesto De CarvalhoTell this to those who say weve been defeated et Ava Yvy Vera – The land of the Lightnings people. Un triptyque résolument contemporain au service d’un discours universel sur la question de l’utilisation de nos données personnelles, ou d’actions politiques d’occupation d’espaces dans un pays où des milliers d’habitants rencontrent un véritable problème de logement, et où les populations indigènes sont victimes de spoliation. 

Au total, ce sont six pays d’Amérique Latine qui sont représentés cette année avec une vingtaine de films. Notons la présence du réalisateur chilien Francisco Rodríguez Teare qui accompagne son court-métrage Una Luna de hierro projeté pour la première fois en France ainsi que la projection en avant-première et en plusieurs parties du film à épisodes La Flor de l’argentin Mariano Llinás, d’une durée totale de 14h.  

 Kevin SAINT-JEAN

Pour retrouver la programmation complète du Festival des 3 Continents en cliquant ici.

Filmar América Latina à Genève : Vingt ans pour grandir et devenir incontournable

Le festival Filmar América Latina fêtera ses vingt ans du 16 novembre au 2 décembre 2018. Le public, fidèle à ce festival qui contribue au rayonnement de Genève, ville internationale et de culture, pourra rencontrer 26 invités, réalisateurs, réalisatrices, acteurs, actrices, producteurs et productrices venus d’Europe et d’Amérique latine. Les festivaliers découvriront 90 œuvres cinématographiques, une exposition d’affiches de films, et assisteront à d’autres temps forts, dont une table-ronde sur les défis de filmer en Amérique latine.

Photo : Presse Filmar

«En créant des liens avec d’autres acteurs et actrices culturels, Filmar prouve son ancrage dans le tissu genevois. 20 ans donc pour grandir et devenir incontournable : cette édition, j’en suis sûr, le prouvera de la plus belle des manières», déclare le Maire de Genève, M. Sami Kanaan, Conseiller administratif en charge de la Culture et des Sports. Sous la houlette de sa directrice, la réalisatrice genevoise d’origine chilienne Vania Aillon, Filmar prendra ses quartiers à Genève, au Petit-Lancy, à Carouge, Plan-les-Ouates, Versoix, Annemasse, Ferney-Voltaire, Gex et St-Julien-en-Genevois.

Découvreur de talents, le festival Filmar en América Latina, la manifestation suisse la plus importante dédiée aux cinématographies latino-américaines, proposera, dans la section Focus Sud, huit films en compétition pour le prix du public et huit premières œuvres de cinéastes dans la section Opera Prima. «Filmar donne du prestige à des cinéastes et à des films de tous les pays du continent y compris les plus petits», affirme Jean-Pierre Gontard, président de l’Association Cinéma des Trois Mondes, qui chapeaute le festival depuis sa création.

Suivi par quelque 20 000 spectateurs payants par édition, Filmar est un des rares festivals qui se finance à hauteur de 30 % grâce à la billetterie. «Le Festival Filmar a permis de voir l’évolution des 20 dernières années du cinéma latino-américain. Avec plus d’un millier de films présentés, le public a pu suivre la carrière de cinéastes dont Pablo Trapero, Fernando Pérez, Fernando Solanas, Patricio Guzmán, Walter Salles, Arturo Ripstein, Lucrecia Martel, Sergio Cabrera, Pablo Larraín. Ces dix dernières années, le festival a invité 159 cinéastes, acteurs, actrices, producteurs et productrices», rappelle Gérard Pérroulaz, co-fondateur de Filmar. Vania Aillon précise que «le public pourra également revoir cinq long-métrages cultes, grâce à la carte blanche offerte à Edouard Waintrop, actuel directeur des Cinémas du Grütli et ancien Délégué de la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes».

16 films en compétition

Œuvres Focus Sud en compétition pour le prix du Public : Cabros de mierda, de Gonzalo Justiniano (Chili, 2017, fiction) ; Eugenia, de Martin Boulocq (Bolivie/Brésil, 2017, fiction) ; Ex- Pajé / Ex-Shaman, de Luis Bolognesi (Brésil, 2018, documentaire) ; La camarista, de Lila Avilés (Mexique, 2018, fiction); Los fantasmas del Caribe, de Felipe Monroy (Colombie/France/Suisse, 2018, documentaire) ; Sueño Florianópolis / Florianópolis Dream, de Ana Katz (Argentine/Brésil/France, 2017, fiction) ; Teatro de Guerra / Theatre of War, de Lola Arias (Argentine/Espagne, 2018, documentaire) ; Un traductor, de Rodrigo et Sebastián Barriuso (Cuba/Canada, 2018, fiction).

Films Opera Prima en compétition pour le prix du Jury des jeunes : El silencio del viento,de Alvaro Aponte-Conteno (Porto Rico/République dominicaine/France, 2017, fiction) ; En el pozo, de Bernardo et Rafael Antonaccio (Uruguay, 2018, fiction) ; Enigma, de Ignacio Juricic Merillán (Chili, 2018, fiction) ; La omisión, de Sebastián Schjaer (Argentine/Suisse/Pays-Bas, 2018), fiction ; Los débiles / The Weak Ones, de Raul Rico et Eduardo Giralt Brun (Mexique, 2017, fiction) ; Miriam miente / Miriam Lies, de Natalia Cabral et Oriol Estrada (République Dominicaine/Espagne, 2017, fiction) ; Retablo, de Álvaro Delgado-Aparicio (Pérou/Allemagne/Norvège, 2017, fiction) ; Virus tropical, de Santiago Caicedo et PowerPaola (Colombie, 2017, animation).

26 invités à rencontrer

Les spectateurs ont rendez-vous avec les producteurs Gema Juárez Allen (Argentine) et Dan Wechsler (Suisse), l’actrice et réalisatrice argentine Ana Katz, les scénaristes et réalisateurs Bernardo et Rafael Antonaccio (Uruguay), les cinéastes Álvaro Aponte-Centeno (Porto Rico), Rodrigo Barriuso (Cuba), Gonzalo Justiniano, Ignacio Juricic Merillán, Andrés Lübbert (Chili),Juan José Lozano, Jorge Cadena, Felipe Monroy (Colombie),Leonardo D’Antoni (Argentine), Álvaro Delgado–Aparicio (Pérou),Marcelo Martinessi (Paraguay), l’actrice et le réalisateur boliviens Andrea Camponovo et Martín Boulocq, les réalisateurs Natalia Cabral etOriol Estrada (République dominicaine et Espagne), les réalisatrices Violeta Ayala et Lula Gómez (Bolivie et Argentine), la co-scénariste et dessinatrice colombienne Powerpaola et l’actrice franco-colombienne Mélanie Delloye-Betancourt, ainsi qu’avec le directeur des Cinémas du Grütli Edouard Waintrop et le critique de cinéma Bertrand Bacqué (France). La cérémonie de clôture aura lieu le dimanche 2 décembre à L’Alhambra de Genève,

Filmar en América Latina est soutenu par la Ville de Genève, le Canton de Genève, la Fédération genevoise de coopération, la Loterie romande, Artlink, le Pour-cent culturel Migros (qui soutient les jeunes réalisatrices et réalisateurs dans le cadre de la table-ronde), Traditions pour Demain, Helvetas, Terres des Hommes Suisse, la Centrale sanitaire Suisse romande CSSR, Eirene et Casa Alianza. Par ailleurs, le Bureau de l’intégration des étrangers du Canton de Genève apporte son soutien à deux séances gratuites, l’une au Cinéma Bio de Carouge et l’autre à la Julienne de Plan-les-Ouates. Sans oublier, en France voisine, le soutien de Encuentro de Dos Mundos.

 Service de presse Filmar

Festival Filmar en América Latina – 17, rue Necker – CH-1201 Genève + 41 (0) 22 732 61 59 – +41 (0) 79 649 71 45 Facebook | Twitter| Instagram | www.filmar.ch

«Voces de Santa Lucia» de Marcos Oyarzábal : récit des survivants de la dictature en Uruguay

Avec ce documentaire plusieurs fois sélectionné en festivals en Amérique latine, l’association ¿Dónde Están? nous propose en cette fin d’année un film nécessaire et bouleversant, dans lequel la parole des victimes de la dictature en Uruguay forge la mémoire des disparus et participe à leur réhabilitation. Le documentaire est programmé à Paris, Lyon et Grenoble.

Photo : Donde Están?

Synopsis : Dans la ville de Santa Lucia située à une soixantaine de kilomètres au nord de Montevideo, capitale de l’Uruguay, une caméra suit et enregistre la voix de femmes et d’hommes. Ce sont les témoignages d’anciens prisonniers ou de leurs proches recueillis entre 2013 et 2015. Les survivants de la dictature uruguayenne (1973-1985) prennent ainsi la parole tour à tour pour nous raconter avec douleur les persécutions et atrocités qu’ils ont subies et se rappeler la disparition de leurs proches.

Lutter contre l’impunité

«Voces de Santa Lucia» est un court-métrage de 25 minutes réalisé par Marcos Oyarzábal. Il compile et complète le travail de prises de paroles citoyennes initié à Santa Lucia en 2013 par un collectif de femmes coordonné par Maria Julia Listur. Ces prises de paroles ont été réalisées pour permettre aux victimes de rendre compte des crimes organisés par la dictature civico-militaire, dont la dénonciation aujourd’hui est encore laissée sans réponses. Pour Elena Salgueiro, de l’association ¿Dónde Están?, «la «loi de caducité de la prévention punitive de l’État» n’est toujours pas abrogée. Les crimes ne peuvent pas être jugés et les gouvernements récents n’ont pas fait beaucoup avancer la chose même s’il existe une commission gouvernementale qui est chargée de ces affaires avec un procureur spécialisé». A l’écran, la douleur est donc aussi celle de la société civile, de ces milliers de femmes et d’hommes qui dénoncent l’impunité des responsables de ces crimes plus de trente ans après les faits. Aujourd’hui le collectif derrière «Voces de Santa Lucia»  travaille à la réalisation d’un second film, «Voces de Canelones». Il inscrit sa démarche dans une série plus vaste dont l’objectif est de «réaliser un recueil de mémoire le plus important possible».

Diffuser la mémoire des victimes de la dictature

Pour l’association ¿Dónde Están?, ce film est aussi un objet politique qui permet aujourd’hui le débat et la réflexion sur cette période dans les villes uruguayennes où il est projeté. Aujourd’hui les victimes de cette histoire vieillissent et le risque de perdre leurs précieux témoignages est grand. Beaucoup reste à faire et la mise en lumière récente d’une parole féminine sur les tortures sexuelles commises par le régime et ses hommes (mouvement de la Cause des 28 femmes) témoigne de l’urgente nécessité de continuer à libérer la parole au nom de la vérité. Déclaré «d’intérêt culturel» par le Ministère de l’Éducation et de la Culture Uruguayen, Mention Spéciale du Jury au 8e Festival International du Film Documentaire en Uruguay Atlantidoc, sélectionné au 16e Festival International des Droits Humains de Buenos Aires, sa reconnaissance a permis à beaucoup d’Uruguayens de se réapproprier cette histoire et à l’opinion publique mondiale de la découvrir.

Kévin SAINT-JEAN

Voces de Santa Lucia sera projeté en cette fin d’année en France par l’association ¿Dónde Están? dans le cadre d’une séance débat en compagnie de María Julia Listur, protagoniste du film et promotrice du projet. Le 22 novembre à Grenoble, Amphi 6, Batiment Stendhal, Université Grenoble-Alpes, 18 h, le vendredi 23 à la Mairie de Lyon sixième à 18 h 30 et à Paris à la Maison de l’Amérique latine le mardi 27 novembre à 18 h 30

¿Dónde Están? : depuis 1997 l’association agit pour informer sur la situation en Uruguay à travers l’organisation d’activités culturelles et de conférences. Elle lutte pour rendre visible les crimes contre l’Humanité commis par la dictature civico-militaire uruguayenne de 1973 à 1985, tout en accompagnant les familles des victimes et les associations qui mènent au quotidien un travail de mémoire sur cette période.
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