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Cinéma

Atmosphères angoissantes dans le nouveau film de Guillermo del Toro : « La forme de l’eau »

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres avec un amphibien… La forme de l’eau, le nouveau film du Mexicain Guillermo del Toro, qui a obtenu le Lion d’or à Venise, est remarquablement réalisé. Rarement les couleurs ont été aussi bien utilisées. De plus, la musique du français Alexandre Desplat est très habilement construite et interprétée. Le cinéaste était l’invité du Festival Lumière en octobre et a donné une superbe master class transcrite par Télérama que nous reproduisons ici.

Photo : extrait de La forme de l’eau

« J’ai eu une enfance de merde. J’ai passé beaucoup de temps seul à réfléchir, à lire, à regarder des images d’horreur dans les livres de mes parents. La biologie, l’anatomie, la zoologie : toute la bibliothèque y est passée. J’ai tout lu d’un bout à l’autre. Au point de m’inventer des maladies. À 7 ans, j’étais persuadé d’avoir une cirrhose ! Un autre élément fondateur a été un épisode de la série Au-delà du réel intitulé “Le Mutant”, avec un géant chauve qui m’a traumatisé […]

Très tôt, j’ai fait des rêves bizarres, des rêves éveillés. Je me réveillais dans mon rêve et tout avait l’air vivant. Le tapis au pied de mon lit était fait de dizaines de doigts verts. Des monstres habitaient dans mon armoire et, bien sûr, sous mon lit. Je demandais à ces créatures de me laisser aller aux toilettes et en échange je leur promettais d’être leur ami. C’est ainsi que je suis devenu l’ami de Frankenstein. C’était toujours mieux que Jésus et ses fractures ouvertes. Ma Sainte Trinité c’était Frankenstein, la Créature du lac noir et le Loup-garou ! On n’est jamais déçu par les monstres. Ils font ce pour quoi ils sont conçus. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Si tu te baignes dans le lac de la Créature, elle te bouffe. Alors que les adultes, qui sont censés protéger les enfants, leur font souvent du mal.

Je n’ai aucun mal à imaginer les monstres de mes films. J’en ai des dizaines en réserve. Ils habitent en moi. Si vous aviez vécu ce que j’ai vécu, vous seriez dans le même état. Mon problème, c’est de trouver l’argent pour financer mes délires. Il y a une dichotomie dans les films d’horreur. C’est un genre conçu pour plaire au plus grand nombre, mais qui ne plaît pas forcément aux notables qui dirigent les studios. L’état naturel d’un film c’est de ne pas exister. Car ça coûte des millions et ce n’est pas toujours rentable. Les gens qui possèdent l’argent dans ce métier sont malheureusement des abrutis. Ils veulent du fric facile, une rentabilité immédiate sans prendre de risques. Je sacrifie beaucoup d’énergie à tenter d’emprunter des chemins de traverse, moins balisés. Avec mon camarade Alfonso Cuarón [le réalisateur de Gravity, ndlr], on a rencontré un milliardaire mexicain et on lui a dit : “Suis-nous, on va faire de toi un millionnaire !” [rires]

Ce sont les contes de fées qui ont donné naissance aux films d’horreur. Leur structure narrative est très proche. Pour réinterpréter le monde dans lequel on vit, on a besoin de paraboles. Dans la littérature comme au cinéma. Et pour raconter des histoires, l’homme a toujours deux possibilités, et ce depuis l’âge des cavernes. Quand l’homme préhistorique dessinait une scène de chasse sur les murs de sa grotte, il inventait le documentaire, la reproduction du réel, c’est la voie suivie par les frères Lumière. S’il dessinait un serpent qui dévore la lune pour donner naissance au soleil, il inventait le mythe, la voie suivie par Méliès. Je me situe à mi-chemin. Mon devoir, en tant que cinéaste, consiste à choisir le bon objectif, la bonne distance, pour réinterpréter le monde. Borges disait que si on parvient à écrire un poème qui englobe le monde, le poème devient le monde.

Guillermo del Toro revient sur la signification du titre : « L’eau prend la forme de son contenant, mais malgré son apparente inertie, il s’agit de la force la plus puissante et la plus malléable de l’univers. N’est-ce pas également le cas de l’amour ? Car quelle que soit la forme que prend l’objet de notre flamme – homme, femme ou créature –, l’amour s’y adapte. » »

Alain LIATARD

En salle de 21 février. Voir la bande annonce

« Hasta Siempre, Comandante », le docufiction du Cubain Faisal Attrache primé au festival de Clermont-Ferrand

Docufiction d’à peine quinze minutes réalisé en 2016 par Faisal Attrache, Hasta Siempre, Comandante raconte l’histoire d’Ernesto, un jeune coiffeur cubain de 14 ans, qui veut se faire faire un tatouage contre l’avis de son père. Héritier des grands idéaux portés par la génération révolutionnaire, il tente de concilier ces valeurs et la réalité du monde qui l’entoure. Nous reproduisons ici l’entretien avec Faisal Attrache réalisé par Clotilde MyDylarama à Clermont-Ferrand durant le festival du court-métrage et publié sur le blog du festival.

Photo : extrait du film Hasta Siempre, Comandante

Où avez-vous tourné le film ?

Le tournage a eu lieu dans le cadre d’un stage animé par Abbas Kiarostami début 2016 à Cuba, organisé par Black Factory Cinema (Espagne). Nous étions à environ trois quarts d’heure de La Havane, à l’école nationale de cinéma et télévision (Escuela Internacional de Cine y TV, EICTV), et nous avons tourné à Pueblo Textil, un village voisin.

Comment avez-vous rencontré les personnages ?

Chaque participant au stage était libre de faire un film sur le sujet de son choix et avec l’équipe de son choix. Bien que j’aie rencontré Ernesto et son père, Andrés, dès mon arrivée au village, ce n’est qu’à la fin du stage que j’ai décidé de faire un film sur eux. J’avais déjà réalisé un court métrage documentaire sur un coiffeur, un réfugié syrien du camp de Zaatari en Jordanie, j’ai donc immédiatement été attiré par l’échoppe d’Ernesto. J’ai passé une journée à étudier la relation entre le père et le fils, mais sans savoir où cela allait me mener, j’ai donc laissé les choses se faire. Après avoir essayé deux fois, sans succès, de trouver une histoire avec d’autres personnages (Maître Kiarostami me disait toujours que mes idées étaient « trop compliquées » !), j’ai visionné la scène où Andrés dit que si Ernesto se faisait faire un tatouage sur le bras, il l’effacerait au fer à repasser ! L’idée de ce conflit me séduisait et elle était suffisamment simple pour en faire un court métrage. Je tenais mon sujet.

Ernesto s’est-il réellement fait faire un tatouage, ou sa famille était-elle juste opposée à cette idée ? Dans quelles proportions les choses étaient-elles fixées à l’avance ?

Ernesto ne s’est pas fait tatouer pour de vrai. Ce qui explique que nous ayons au générique un nom pour les « effets visuels », aussi étrange que cela puisse paraître, mais le spectateur, s’il a l’œil, comprendra en voyant le film. Le concept du film était très fluide et en constante évolution tout au long du tournage. J’ai emmené Ernesto dans la ville voisine pour trouver un salon de tatouage. En chemin, je lui ai demandé ce qu’il choisirait comme tatouage s’il décidait de s’en faire faire un. Il n’avait pas d’avis sur la question, mais soudain, j’ai eu le déclic. Comme son père était un grand admirateur de Che Guevara, tout collait : l’intention serait bonne mais il irait tout de même contre la volonté de son père. Cela résumerait à la fois le conflit entre les générations et les divergences de leurs idéaux. Nous avons trouvé un tatoueur et nous lui avons demandé de faire semblant de lui tatouer le Che sur le bras. J’aimais beaucoup l’idée que le tatouage, avec son caractère permanent, définitif, puisse déconcerter le public et susciter des interrogations sur sa véracité. Si on voit quelqu’un se faire tatouer dans un « documentaire », c’est forcément pour de vrai, non ?

Che Guevara est-il toujours une référence pour les Cubains ? Pourquoi avoir choisi ce personnage emblématique ?

C’est principalement une question de génération. Les anciens ont un immense respect pour Che Guevara et l’idolâtrent comme un héros national. Il a joué un rôle primordial dans leur vie et dans la libération de Cuba. Beaucoup, comme Andrés, ont sa photo dans leur salon. Cependant, dans tous les pays, chaque génération qui passe voit l’histoire déformée, transformée, réinterprétée au fil des changements qui se produisent dans le monde. Dans les années 1950 et 1960, Che Guevara représentait quelque chose de réel, de concret. Aujourd’hui, il est plus difficile pour la jeunesse de comprendre le retentissement qu’il a pu avoir, de comprendre qu’il représentait une période de résistance et de révolution pour les peuples du monde entier. À bien des égards, il a été simplifié à l’extrême, réduit à un dogme nationaliste et à une figure de la culture populaire. En résumé, un visage qu’on se fait tatouer sur le bras ! C’est avec cette version floue et édulcorée du Che que les jeunes d’aujourd’hui doivent composer.


Photo : Faisal Attrache/Isay Peña

Vous semblez vous intéresser à la relation entre parents et enfants. Aimeriez-vous aborder ce thème dans vos prochains films ?

C’est mon premier film qui traite des relations parent-enfant, mais j’ai compris que c’était un thème important que j’avais envie de développer. Je travaille actuellement sur une comédie dramatique entre un père et son fils, qui se déroule à Amman, en Jordanie – comment recréer les liens brisés, comprendre son histoire familiale, son passé. Je travaille aussi sur un projet qui me tient particulièrement à cœur, sur mon arrière grand-père, chef de la grande révolte syrienne de 1925. C’est un projet familial, aussi bien dans son contenu que dans sa mise en œuvre. Donc oui, c’est un thème que j’aborde dans mes films, ainsi que bien d’autres encore.

Y a-t-il des libertés que le format court métrage vous a apportées en particulier ?

De tous les courts métrages que j’ai réalisés, c’est celui-ci qui m’a apporté le plus de libertés. Après mes études de cinéma, je me suis retrouvé pris dans un mode de pensée selon lequel faire du cinéma était nécessairement synonyme de grosse production. Pour mettre en œuvre un projet, il faut un budget, une équipe au complet, du matériel, des lieux de tournage, etc. C’est une énorme entrave et souvent, par manque de temps, la créativité, les idées sont étouffées dans l’œuf. Je n’avais pas envie de me jeter à l’eau car je n’avais pas les moyens suffisants pour faire les choses correctement. Mais le fait de réaliser Hasta Siempre, Comandante a complètement changé cette vision des choses, pour de bon, j’espère. J’ai fait ce film en quelques jours, tout seul, sans équipe (par nécessité), avec ma petite caméra DSLR et très peu de matériel. Il ne m’a presque rien coûté. Faire cette expérience et arriver au final avec un film qui passe dans les festivals me rappellera toujours que cela est possible.

D’après La Brasserie du Court

« Vivir y otras ficciones », un film catalan de Jo Sol sur la sexualité des handicapés

Il n’est pas dans mes habitudes de chroniquer les films espagnols. Mais celui-ci, présenté dans de nombreux festivals est un film indépendant catalan de Jo Sol. Il a été fait surtout par souscription. Le réalisateur voulait faire un film sur la sexualité des handicapés. Il rencontre Antonio, un écrivain tétraplégique qui se bat pour le droit des personnes handicapées à avoir une vie sexuelle.

Photo : Vivir y otras ficciones

« Pour lui, jouir d’une sexualité épanouie est un choix vital, voire politique. Tout le monde devrait y avoir accès mais personne ne veut s’en mêler. Alors le film devient une fiction. Entre l’hostilité de son aide soignante, l’enthousiasme d’une prostituée militante et la perplexité de son assistant de vie, Antonio met en place un lieu d’assistance sexuelle chez lui. » Antonio, qui est un écrivain tétraplégique, joue son propre rôle. Pour son assistant de vie, il demande à Pepe – qu’il avait déjà filmé – et qui est un ancien patient d’une clinique psychiatrique dans laquelle il avait été envoyé après avoir volé des taxis la nuit pour travailler. Ces deux personnes discutent ensemble et amènent à réfléchir sur la frontière entre vivre et survivre. « Pour moi, déclare le réalisateur, il est difficile d’établir s’il s’agira d’un documentaire ou d’un film de fiction lorsque je suis à la recherche de la vérité. Mon objectif est de bousculer la réalité, de l’attaquer, mais je ne sais pas comment m’y prendre a priori. J’ai une histoire à raconter et cette histoire a quelque chose de réel, les faits se sont réellement produits dans la vie de ces personnes. »

Les deux personnages féminins sont des actrices car le réalisateur voulait montrer combien l’auxiliaire de vie, qui a un rôle difficile et ingrat, est peu récompensée de son attention pour Antonio. « Il était important de différencier l’assistante personnelle de l’assistante sexuelle qui, dans le film, sont interprétées par deux bonnes actrices Arántzazu Ruiz et Ann Perelló. Et il est vrai que l’assistante personnelle ressent de la jalousie : elle prend soin de lui tous les jours, elle éprouve une sorte d’amour romantique et elle souffre lorsqu’elle découvre qu’Antonio est une personne complète, même dans son désir… »

« Nous avons reçu le prix des jeunes à Abycine, et j’en suis très fier, car cela signifie que les jeunes croient encore que le cinéma appartient à la sphère de l’esprit, qu’il n’est pas qu’un divertissement. Il est important de continuer à créer des œuvres qui les stimulent. Nous avons également reçu le prix du Meilleur film au Cinemed de Montpellier, un festival très audacieux dans ses sélections. Et pourtant, nous faisons de gros efforts pour faire comprendre aux distributeurs que notre film n’est ni étrange ni difficile à comprendre, nous sommes partisans d’un cinéma simple qui porte un regard intelligent, car je pense que le public est intelligent. », a expliqué le réalisateur, extrait du site Cineuropa. Guidé par la voix bouleversante et les chansons flamencos de Niño de Elche, le film nous rappelle notre propre fragilité, banalise le regard et nous encourage à vivre une existence harmonieuse et sincère. À découvrir à partir du 7 février.

Alain LIATARD

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L’esprit rock du nouveau film de Julio Hernández Cordón : « Las Marimbas del Infierno »

Détrôné par la musique enregistrée, Don Alfonso n’animera plus les soirées musicales des halls d’hôtels… Pour continuer à vivre de sa musique et de son marimba, il n’a d’autre issue que de tenter l’aventure imaginée par Chiquilín, son neveu, et maintenant manager : associer le marimba à la légende vivante du heavy Métal au Guatemala, « El Blacko ». Ainsi naîtront « las Marimbas del Infierno », une expérience unique de fusion musicale et d’esprit rock dans un pays en plein chaos.

Photo : Las Marimbas del Infierno

Voici un film étonnant. Réalisé en 2010, il devait sortir en France en mai 2012, mais le distributeur fait faillite juste avant. Il a fallu près de cinq ans pour que le coproducteur français récupère les droits. Le film sera finalement en salle le 10 janvier prochainJulio Hernández Cordón rencontre Don Alfonso en 2007 qui lui explique qu’il a été victime d’une tentative d’extorsion et attaqué dans sa maison. Après avoir mis sa famille à l’abri, il vit seul, surveillant son marimba, l’instrument national du Guatemala et son gagne pain. Il est coursier le jour et cherche à jouer pour les mariages et les fêtes le soir. Trois ans plus tard, Julio Hernández Cordón lui propose de faire un film à partir de ses mésaventures.

El Blacko fut une grande star du heavy metal au Guatemala, capable de remplir un stade de 70 000 places, en 1989. Mais les temps sont devenus durs. Il est médecin mais, vu sa dégaine, personne ne le veut. De plus, il a été dans une secte satanique, puis évangélique et est maintenant « un fils des lois de Noé », une secte qui emprunte à des rites juifs. Il ne joue donc pas durant le sabbat, mais reste une star de la musique underground. Quant à Chiquilín, aujourd’hui décédé, il était conducteur de grues et le réalisateur le rencontra à l’école de cinéma où il donnait des cours. Il vivait dans les sous sols de l’école et fit quelques petits rôles.

Julio Hernández Cordón imagine une histoire pour faire rencontrer ces personnes.« Las Marimbas del Infierno de Julio Hernández est le portrait d’une génération charnière, explique Javier Payeras, conteur, poète et essayiste. Des jeunes qui sont passés de la dictature à la démocratie. Une démocratie sans emplois, sans éducation et sans perspective de transformation politique. Le portrait aussi d’un heavy metal militant, moyen choisi par certains guatémaltèques pour s’extraire de la pesanteur chrétienne, prude et consumériste, dont nous avons hérité. Un jeune métalleux au Guatemala est presque toujours un déraciné, issu de la classe ouvrière. Il est probablement l’image la plus authentique de la dissidence dans notre société. Si les personnages d’Hernández nous sont aussi proches c’est parce qu’ils représentent cette folie – cette persistance – nécessaire pour s’éloigner des rives de la « normalité » et nous extraire de ce présent douteux. »

Julio Hernández Cordón n’est pas un spécialiste du heavy metal. Ce qui l’a intéressé, c’est que ces personnes « sont nées pour ne pas se rendre. Celui qui ne se rend pas sait rester debout même si il sent que cela va mal finir. Je les admire parce qu’ils font ce qu’ils aiment et en assument pleinement les conséquences. Le fric est la dernière de leur motivation. » En 2013, Julio Hernández Cordón quitte Guatemala City pour s’installer à Mexico où il travaille à la programmation de la Cinémathèque Nationale et anime un atelier de réalisation. Son dernier film, Atrás hay relámpagos, fut présenté à Rotterdam en 2017. Las Marimbas del Infierno, un film plein d’humanité et d’humour à découvrir, même si l’on n’adore pas le heavy metal.

Alain LIATARD

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« El Presidente », le triller politique de l’Argentin Santiago Mitre sélectionné à Cannes en mai dernier

Au cours d’un sommet rassemblant l’ensemble des chefs d’état latino-américains dans un hôtel luxueux et isolé de la Cordillère des Andes, Hernán Blanco, le président argentin, est rattrapé par une affaire de corruption impliquant sa fille. Alors qu’il se démène pour échapper au scandale qui menace sa carrière et sa famille, il doit aussi se battre pour des intérêts politiques et économiques à l’échelle d’un continent. Interprété par Ricardo Darín, à qui le réalisateur avait déjà pensé dès l’écriture du scénario, El Presidente était proposé dans la section « Un certain regard » à Cannes cette année.

Photo : El Presidente dossier de presse

On sait que Ricardo Darín est sans doute le meilleur acteur latino-américain. Il a joué de nombreux rôles de méchants au cours de sa carrière, mais le public le voit toujours comme le gentil de l’histoire. Il incarne à merveille le président argentin qui réunit des hommes et des femmes politiques qui se prennent pour des dieux, alors qu’ils ne sont que de petits insectes au milieu de l’immensité des Andes. L’hôtel où va se dérouler aussi un drame personnel nous fait penser à Shining de Kubrick (1980). Mais ce film n’a peut-être pas la force et l’originalité qu’avait Dolores Fonzi dans Paulina présenté il y a deux ans par ce réalisateur doué. L’interprétation est au sommet avec autour de Ricardo Darín, Dolores Fonzi, Elena Ayala (La piel que habito d’Almodovar), Daniel Gimenez Cacho (vu dans La Zona), Alfredo Castro et Paulina García (La Fiancée du désert).

Le réalisateur Santiago Mitre revient sur l’origine du projet El Presidente : « Mes deux précédents films avaient déjà trait à la politique : El Estudiante était un récit d’apprentissage politique, et Paulina évoquait l’engagement politique d’une jeune femme dont la vie était bouleversée par un événement tragique. J’ai souhaité aller encore plus loin avec El Presidente et faire le portrait d’une figure politique majeure, d’un homme dont la politique est le métier. J’avais envie de confronter sa vie publique et sa vie privée, de montrer l’homme derrière le politicien. Par ailleurs, mon père a longtemps travaillé pour le Mercosur, de fait il a beaucoup fréquenté ces sommets internationaux qui réunissent les puissants de ce monde. D’où l’idée d’inscrire le récit dans un tel sommet quelque part en Amérique latine. En revanche, je ne voulais pas faire un thriller politique. Nous avons choisi, avec Mariano Llinás mon coscénariste, d’amener le récit vers plus d’étrangeté, d’installer un climat proche du fantastique tout en étant ancré dans le réel.

D’une certaine manière, le politique a toujours quelque chose d’inquiétant, d’énigmatique. Il m’a paru intéressant de travailler le politique à partir d’une entrée différente. Généralement, quand on parle des politiques, on fait plutôt des thrillers ; ici, j’avais envie d’aborder le politique à travers des éléments fantastiques. Il faut savoir que je me sens héritier de la tradition de la littérature fantastique qui est extrêmement forte en Argentine. Le fantastique me paraissait donc être une très bonne manière d’apporter de l’étrangeté et de l’inquiétude dans ce milieu du pouvoir. Mes inspirations ont été autant Polanski que Kubrick ou Julio Cortazar. »

Si El Presidente est très réaliste dans son intrigue principale, « il faut dire que le film est à 100 % de la fiction, que ce soit les faits ou les personnages », confie Santiago Mitre. Évidemment, le réalisateur a fait des recherches, particulièrement sur tout ce qui pouvait concerner les détails organisationnels des sommets. Du reste, le propre père du cinéaste travaille depuis de nombreuses années pour des organisations internationales, ce qui fait qu’il y a eu beaucoup de conversations à table où il a pu entendre parler de tout ce monde-là. À voir à partir du 3 janvier prochain.

Alain LIATARD

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Le film argentin « Alanis », réalisé par Anahi Berneri, couronné au festival de La Havane

Du 8 au 17 décembre s’est déroulée la 39e édition du Festival international du nouveau cinéma latino-américain de La Havane (Festival Internacional del Nuevo Cine Latinoamericano de La Habana) qui est, depuis sa création en 1979, l’un des plus importants festivals de cinéma latino-américain. Parmi les prix décernés annuellement, les plus importants sont le Gran Coral, nommé ainsi en référence aux récifs de corail des Caraïbes, et le Corail du meilleur réalisateur. C’est le film argentin Alanis, réalisé par Anahi Berneri, qui a remporté samedi soir le prix Coral du meilleur film.

Photo : extrait du film Alanis

Parmi les 34 lauréats de cette année, 25 étaient des femmes. L’Argentine était le pays le plus représenté avec 65 films projetés sur un total de 308. Le jury de cette 65e édition, présidé par John Malkovich, entouré de Dolores Fonzi, Jorge Guerricaechevarria, William Oldroyd, Emma Suárez, André Szankowski et Paula Vaccaro, a distingué cette Argentine qui devient la première femme à recevoir le prix de la mise en scène, film également récompensé par le prix d’interprétation féminine pour Sofia Gala Castiglione.

Alanis raconte l’histoire d’une prostituée qui tente de s’occuper de son fils, celle d’une jeune mère de Buenos Aires qui trouve un emploi en tant que travailleuse du sexe et lutte pour vivre sous les mêmes lois qui sont censées la protéger. Elle partage un appartement avec son amie Gisela ; un appartement où elle vit et s’occupe de ses clients, jusqu’à ce que deux inspecteurs ferment les lieux et emmènent Gisela, accusée de trafic. Trompée, Alanis trouve refuge chez sa tante, place Miserere. Dans ce quartier multiracial et violent, elle essaie de retrouver sa dignité, d’aider son amie et de prendre soin de son fils. Dans la rue, elle offre ce qu’elle sait faire, mais même la rue a ses règles et Alanis doit se battre pour garder sa place.

Favorite de la compétition, la réalisatrice argentine a finalement obtenu le prix de la mise en scène pour Zama, choisi pour représenter l’Argentine aux Oscars américains et aux Goyas espagnols. Le film Alanis avait déjà été récompensé en septembre au dernier festival international du film de Saint-Sébastien (Espagne), avec le Coquillage d’Argent de la meilleure réalisation.

Marlène LANDON

Un documentaire « Grand théâtre du monde » sur l’artiste argentin Antonio Seguí disponible en DVD

Le photographe François Catonné, a réalisé un documentaire sur l’artiste argentin, Antonio Seguí. Directeur de la photo de plus de 35 longs métrages, il a travaillé avec Gérard Mordillat, Bertrand Blier, Régis Wargnier, Robert Enrico, Lucas belvaux, Jean Pierre Denis… Il a été César de la photo pour « Indochine ». Son documentaire sur Antonio Seguí est son septième film que vous pouvez commander en ligne ici.

Photo : Antonio Seguí/Les Inrocks

Antonio Seguí est un artiste et collectionneur, né le 11 janvier 1934, à Córdoba en Argentine. Issu d’une famille de commerçants fortunés, il vit et travaille en France (Paris puis Arcueil), depuis 1963, et à Córdoba, en Argentine. Il arrive en France en 1951 pour étudier la peinture et la sculpture. En 1952, il part aussi étudier en Espagne. En 1957, il fait sa première exposition individuelle en Argentine. En 1958, il effectue un long voyage dans toute l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale, avant de s’installer au Mexique, où il étudie les techniques de la gravure. En 1961, il retourne travailler en Argentine, avant de partir définitivement à Paris en 1963. Il vit aujourd’hui à Arcueil dans l’ancienne propriété de Émile Raspail.

Antonio Seguí a aussi beaucoup voyagé en Afrique, d’où il a rapporté de nombreux objets, et il semble particulièrement intéressé par les éléphants. Au début de sa carrière, influencé par des artistes comme George Grosz ou Otto Dix, il pratiqua une figuration expressionniste d’où se dégageait de l’ironie.

Peu à peu, sa figuration évolua vers l’absurde, construisant une sorte de théâtre sur la scène duquel s’ébat un homme en mouvement recherchant sa place dans le monde. La facétie et l’humour supplantant l’angoisse existentielle, il tente d’orchestrer à sa façon les espoirs et les folies d’une comédie humaine, ironique, faussement naïve et inquiétante. Les militaires de la dictature argentine finirent par l’interdire de séjour : « Je n’ai pas cherché à les attaquer directement — je ne suis pas un militant, je ne crois pas à l’art engagé —, mais des gens pas très intelligents pensent que quand vous n’êtes pas avec eux, vous êtes contre eux. » Artiste latino-américain, chacune de ses œuvres porte en elle les images de la cité, de la nuit et de son pays natal : « J’ai réglé mes problèmes avec ma mère, avec Dieu, mais avec Córdoba, non ! La ville est restée telle qu’elle était dans mes souvenirs, et j’y reviens toujours en rêve… ».

Utilisant le fusain, le pastel, le crayon ou la plume, il fait vivre sur un fond d’agitation urbaine, un monde coloré et graphique qui semble surgir de l’univers de la bande dessinée. À partir de 2000, Antonio Seguí a enrichi sa création en collaborant avec Didier Marien de la galerie Boccara sur une série de tapis artistiques.

Portait d’Antonio Seguí par François Catonné, 52 min. 2017. Pour commander le DVD iciContact

« Mariana », le nouveau film de la réalisatrice chilienne Marcela Said

Nous avions découvert et interrogé Marcela Said à l’occasion de son premier film de fiction, L’Été des poissons volants, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 2014. Elle avait déjà réalisé un documentaire très apprécié, I love Pinochet, en 2001. Pour ce second film sélectionné à la Semaine de la critique de Cannes 2017, elle a su s’entourer de deux des meilleurs acteurs chiliens, Antonia Zegers et Alfredo Castro (l’acteur fétiche de Pablo Larraín) qui donnent beaucoup de réalité à ces deux personnages. Un très bon film qui sort le 13 décembre.

Photo : Antonia Zegers/Mariana

« Je pensais à ce film dès « L’Été des poissons volants », sorti en France en 2014, cela depuis que j’avais rencontré le colonel. J’avais l’idée qu’il serait intéressant de faire un film qui parle de la complicité des civils durant la dictature, mais je ne savais pas exactement ce que j’allais faire. Et puis j’ai trouvé la structure. Je n’avais pas d’autre projet, un à la fois. En plus ce n’était pas un film simple. La résidence de Cannes m’a aidée et le festival de Sundance aussi de confronter mon texte avec de vrais scriptwriters (scénaristes). », explique Marcela Said.

Le personnage du colonel est assez sympathique ?

« C’est ce que je voulais, que le méchant soit charmant. Il n’a pas été trop compliqué à écrire. Par contre, comment avoir de l’empathie pour Mariana, une bourgeoise pas très sympathique. Au début, je l’avais écrite différemment. C’était difficile. L’actrice est formidable. Elle est géniale, elle a beaucoup de caractère. Je me suis très bien entendu avec les deux, Antonia Zegers et Alfredo Castro. Avec les comédiens, le texte n’était pas figé, il évoluait. Et aussi avec la qualité de la photo. Je cherchais un directeur de la photo et l’on m’a recommandé George Lechaptois. Ce que je ne savais pas c’est que, malgré son nom, il est chilien. Il est très humain et il a beaucoup donné de lui-même. Il a beaucoup de talent et on s’est très bien entendu. Ce n’est pas facile de faire un film, mais c’est plus facile avec des êtres humains. On a beaucoup cherché les artistes ou les lieux de tournage. Tous les artistes sont chiliens, de Santiago. Tous les personnages sont vrais. »

Le titre français ne met-il pas trop l’accent sur Mariana, alors que le titre original est Los perros (Les chiens) ?

« Non, c’est le choix du distributeur français, mais cela ne me gêne pas, car c’est un vrai portrait de femme. Je voulais rendre compte de la violence du Chili. Je voulais montrer pourquoi Mariana a trahi, qu’est-ce qu’il manque à Mariana pour sortir de là. Elle n’a pas peur, mais Il lui manque du courage. »

Le personnage du commissaire est curieux ?

« C’est la justice qui abuse ! Cela questionne. Au début, le personnage était un journaliste et puis après c’est devenu un policier sur les conseils d’un ami. »

Quels sont vos prochains projets ?

« J’ai deux projets : Le puma, qui est une histoire d’amour et de trahison qui se passe dans la nature, peut-être tout au fond de la Patagonie, et un autre film, Ancila et Leo, une histoire très peu conventionnelle entre une femme célibataire, de la classe populaire avec un fils adolescent et un homosexuel. »

Pas de projet en France ?

« J’aimerai bien. J’ai deux sujets qui pourraient se passer en France et bien sûr très différents… »

Propos recueillis au Festival Biarritz Amérique latine
le 28 septembre 2017
par Alain LIATARD

« La fiancée du désert », un film de deux réalisatrices argentines Cecilia Atán et Valeria Pivato

« Teresa, 54 ans, a toujours travaillé au service de la même famille jusqu’au jour où elle est contrainte d’accepter une place loin de Buenos Aires. Elle entame alors un voyage à travers l’immensité du désert argentin, et ce qui semblait être le bout du chemin va s’avérer le début d’une nouvelle vie. » Pour bien comprendre ce film très court, il nous faut quelques repères. C’est la raison pour laquelle je laisse la parole aux deux réalisatrices qui ont pu mener de concert cette première collaboration.

Photo : Extrait de l’affiche du film

Duo de réalisatrices

Cecilia Atán est née en 1978 à Buenos Aires. Elle démarre sa carrière comme stagiaire à la réalisation auprès du cinéaste Eduardo Mignogna à l’occasion du film El Faro en 1998 au générique duquel figure notamment Ricardo Darín. Elle devient ensuite assistante réalisatrice avant de signer son premier court métrage, El Mar, qui est invité au Short Film Corner à Cannes en 2012 avant d’être présenté en compétition aux festivals de Biarritz et de Mar del Plata. En 2015, elle réalise la série documentaire en huit épisodes Madres de playa de Mayo, La Historia qui est nommée aux International Emmy Awards l’année suivante. La Fiancée du désert est son premier long-métrage de fiction. Cecilia Atán est également cofondatrice de la société de production El Perro En La Luna aux côtés de Sebastián Mignogna et Guido Mignogna.

Valeria Pivato est née en 1973 à Buenos Aires. Après des études de design et un diplôme en cinéma, elle entame une carrière d’assistante réalisatrice, scripte et directrice de casting. Elle travaille notamment avec Juan José Campanella sur Le Fils de la mariée en 2001 et surtout Dans ses yeux qui obtient l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2010. Elle participe également comme scripte à Nordeste de Juan Solanas qui est sélectionné à Un Certain Regard à Cannes en 2005. En 2008, elle assiste Pablo Traperosur Leonera qui est présenté en compétition au Festival de Cannes. 

« Au début du film, Teresa est installée dans un quotidien très balisé, un monde d’apparence tranquille. Elle est persuadée de faire vraiment partie de la famille à laquelle elle a consacré toute sa vie. Les années ont passé, et elle s’est accrochée au peu qu’elle avait. Et puis, soudain tout s’effondre, et Teresa se retrouve sans rien à 54 ans. Nombreux sont ceux qui y verraient la fin de l’histoire, pour nous au contraire c’est le début. Nous pensons que ce bouleversement, cette insécurité soudaine en quelque sorte, peut être le révélateur du vrai potentiel d’une personne en ce sens qu’il fait remonter à la surface des sentiments et des désirs trop longtemps enfouis. Le voyage qu’entreprend Teresa à travers le désert est comme un éveil à la vie, elle peut enfin prendre conscience de sa propre force de caractère. 

Le désert est hostile, expliquent les réalisatrices. Et ce voyage renvoie finalement au mythe fondateur du Sanctuaire : Deolinda Correa est morte de soif en traversant le désert avec son bébé dans les bras, mais celui-ci est parvenu à survivre en se nourrissant au sein de sa mère décédée. C’est ici la force de la Nature qui s’impose dans l’adversité, le destin plus fort que la spéculation, l’imprévu comme vecteur du changement. C’est dans ce lieu quasi mystique que Teresa va prendre un nouveau départ dans la vie. 

Le Sanctuaire de la Défunte Correa, situé dans le désert de San Juan (centre-ouest de l’Argentine), existe véritablement. C’est un lieu de pèlerinage Il y a quelque chose de mystique qui l’entoure. C’est à cet endroit qu’est né le mythe de la Défunte Correa voici maintenant plus d’un siècle. Et celui-ci est devenu un symbole à lui seul de la croyance populaire en Argentine. Deolinda Correa est morte d’épuisement au sommet d’une colline en tenant son bébé dans les bras, mais son enfant a survécu en se nourrissant au sein de sa mère décédée. On y a ensuite construit et développé un village entièrement dédié à son souvenir. Ce mythe renvoie selon nous au triomphe de la vie sur la mort, et c’est pourquoi le sanctuaire qui s’y rattache s’est avéré le lieu parfait pour notre histoire et la rencontre qui va bouleverser le cours de la vie de Teresa. C’est un endroit mystique, coloré et disparate, grâce aux milliers d’offrandes diverses telles que bouteilles d’eau, robes de mariée, sculptures, maquettes… » 

Pour interpréter Teresa, les réalisatrices ont fait appel à la comédienne chilienne Paulina García. Véritable star dans son pays, c’est le film Gloria de Sebastián Lelio qui l’a propulsée au-delà des frontières. Pour les rôles de complément, elles ont fait appel à des comédiens formés dans les écoles d’art dramatique et à des personnes vivant à San Juan et dans la province voisine de Mendoza pour interpréter ces gens qui habitent le désert et qui en connaissent les sons, les odeurs et les couleurs.

Il est donc évident que l’image et le son dans un tel film doivent compléter les qualités de l’interprétation. Un film à ne pas manquer dès le 13 décembre.

 Alain LIATARD

Lancement du 15e Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH) de Paris

L’association Alliance Ciné organise, du 5 au 12 décembre, le 15e Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH) de Paris, désormais la plus grande manifestation culturelle sur les droits humains en France. Cette manifestation présente chaque année un panorama de la production cinématographique documentaire sur le thème des droits humains.

Photo : Affiche FIFDH

Chaque projection est suivie d’un débat avec le public, en présence du réalisateur et/ou d’intervenants présents sur le terrain (responsables d’ONG, journalistes, universitaires, etc.). Les films proposés sont, pour l’essentiel, inédits ou en avant-première et absents des écrans français. Le FIFDH est aussi décliné en régions avec des équipes locales (Gironde, Gard, Pays Basque, Midi-Pyrénées, Haute-Savoie, Provence, Normandie).

Comme le dit Vincent Mercier, Délégué du Festival : « Quand nos institutions font défaut, les militants pour les droits de l’Homme, ces militants de la cause humaine, nous montrent combien les combats qui les animent, jouent un véritable rôle de garde-fou. Grâce à eux et à leur mobilisation, au péril souvent de leur tranquillité personnelle, nous vivons au sein d’une société plus juste et plus transparente. Gardons à l’esprit que ce sont des femmes et des hommes ordinaires qui refusent de se soumettre et qui par leur pugnacité, font bouger les lignes ». Voilà l’une des nombreuses questions que le Festival soulèvera en compagnie de réalisateurs et de nombreux invités. Vincent Mercier rajoute que « les droits de l’Homme, tout le monde s’en réclame et verse des larmes de crocodile quand ils sont attaqués. Mais dès qu’il s’agit de mettre en œuvre de véritables mesures concrètes de soutien en leur faveur, les rangs se clairsèment… Montrez que vous n’êtes pas de ceux-là et n’attendez pas qu’ils soient menacés en vous mobilisant à nos côtés ».

Jac FORTON
D’après le site du festival

Le Festival a lieu au cinéma L’Entrepôt, 7 rue Francis de Pressensé, Paris 14e, métro Pernety (ligne 13), du 5 au 12 décembre 2017. Quatre à cinq films par jour, le premier à 13 h 10, le dernier à 22 h 30. Détails du programme ici.

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