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Cinéma

« La Vie invisible d’Eurídice Gusmão » du Brésilien Karim Aïnouz en salle cette semaine

Au Festival de Biarritz, Le Prix du jury et celui du Syndicat Français de la Critique de Cinéma ont été décernés à La Vie invisible d’Eurídice Gusmão (A Vida invisível de Eurídice Gusmão) de Karim Aïnouz, (Brésil, Allemagne). Le film avait déjà reçu le prix Un Certain Regard à Cannes. Dans le compte rendu, nous avions dit tout le bien que nous pensions du film. Un mélodrame tropical, par le réalisateur de Madame Satã.

À Rio de Janeiro, dans les années cinquante, Euridyce, 18 ans et sa sœur Guida, 20 ans, sont inséparables. Mais Guida va suivre un marin grec et lorsqu’elle reviendra enceinte, elle sera rejetée par ses parents. Euridyce veut entrer au conservatoire en classe de piano, mais mariée à un comptable, elle ne pourra exercer son talent. Les deux sœurs ne se rencontreront jamais. Adapté librement d’un roman de Maria Bethana qui se déroule dans les années vingt, Karim Aïnouz a déplacé le récit aux années cinquante, avant le mouvement de libération des femmes. Car ces femmes, issues de l’immigration portugaise sont soumises : la mère ment pour être en accord avec son mari, émigré portugais. Euridyce ne pourra jamais entrer au conservatoire. Seule Guida trouvera avec une femme noire qui garde les enfants un certain équilibre.

Bien sûr, on pourra dire qu’il s’agit d’un mélodrame, mais un très beau mélodrame  Il s’agit pour lui de « partir du genre et en faire un film très personnel… J’ai été profondément ému quand j’ai découvert le livre. Il a fait remonter en moi de vibrants souvenirs de ma propre vie. J’ai grandi dans le Nordeste brésilien conservateur des années 60, au sein d’une famille composée majoritairement de femmes ; une famille matriarcale dans un contexte très machiste ». 

À noter qu’Euridyce âgée est jouée par Fernanda Montenegro qui interprétait en 1998 le beau rôle de Dora, la dame de la gare, dans Central do Brasil. En salles le 11 décembre.

Alain LIATARD

Sortie le 11 décembre 2019 | 2 h 20 min. De Karim Aïnouz. Avec Carol Duarte, Julia Stockler, Gregório Duvivier, Bárbara Santos, Flávia Gusmão.

Un documentaire sur Pepe Mujica et Noam Chomsky auquel vous pouvez apporter votre soutien

Que peut-il arriver quand deux leaders disruptifs et critiques se retrouvent pour discuter de l’état actuel de la société ? C’est une des questions que le mexicain Saúl Alvídrez Ruiz s’est posée. Il a décidé de créer un projet qui permettrait aux nouvelles générations d’avoir une perspective différente sur la manière de faire changer les choses pour construire un futur meilleur.  

Photo : greenme.it

Pour y parvenir, il a passé cinq années à perfectionner son idée. Il lui est venu à l’esprit que la discussion idoine pourrait réunir deux des plus grands esprits actuels remarquables : le philosophe et linguiste américain Noam Chomsky et l’ex-président d’Uruguay Pepe Mujica.  Chomsky, fort de ses 90 ans, est reconnu mondialement comme étant le père de la linguistique moderne. Professeur émérite du MIT (Massachusetts Institute of Technology), il a écrit plus d’une centaine de livres. Mujica, quant à lui, âgé de 84 ans, a été l’un des présidents les plus aimés en Uruguay grâce à sa cohérence politique. Il a été un guerrillero des Tupamaros dans les années soixante, fait prisonnier pendant près de 15 ans, puis a lutté afin d’arriver à la tête de son pays.  

Après de grands efforts, Alvídrez est parvenu à réunir les deux hommes, le temps d’un week-end, dans l’ancienne maison de l’ex-président à Montevideo pour qu’ils échangent sur des sujets politiques, sur des problématiques sociales contemporaines et sur d’autres thèmes. La rencontre donnera lieu au documentaire Chomsky & Mujica.  «  [Le documentaire] explore l’amour, la vie, la liberté, le pouvoir et les principaux défis du XXIème siècle aux côtés de deux personnages extraordinaires dont les chemins ne s’étaient jamais croisés jusqu’alors  », fait remarquer le réalisateur sur la page internet du documentaire.  

Le documentaire est actuellement en post-production mais ses créateurs essayent de récolter des fonds pour pouvoir le terminer. Pour ce faire, ils ont lancé une campagne sur Kickstarter pour que quiconque cherche à appuyer leur cause puisse le faire. Sur cette page, une vidéo explique le pourquoi de sa requête et fait le point sur les avancées du documentaire.  

Pour l’instant, Chomsky & Mujica a récolté plus de 27 000 dollars, ce qui dépasse l’objectif financier initial qui était fixé à 19 000 dollars pour couvrir le processus de post-production, qui inclut le traitement des images, la composition d’une bande-son originale, l’illustration, la correction des couleurs, les dessins, le traitement sonore et les crédits. Puisque le montant désiré a d’ores-et-déjà été atteint, le film est attendu pour mars 2020.  Cependant, le financement participatif sera encore disponible sur la plateforme jusqu’à la mi-décembre. L’idée est d’atteindre désormais un objectif encore plus élevé : celui de récolter 38 000 dollars. Avec cet argent, le réalisateur compte diffuser son documentaire dans des festivals internationaux.  

Le soutien financier minimal est de 5 dollars et chaque don donne lieu à une contrepartie. Ceux qui veulent contribuer à hauteur de plus de 300 dollars recevront le documentaire dans une édition spéciale et auront également la possibilité de discuter par chat avec le réalisateur du projet pendant une heure.  

Valeria MURCIA VALDÉS
 Traduit par Nina Morelli

Version en espagnol

« La Llorona » de Jayro Bustamante et « Los días de la ballena » de Catalina Arroyave Restrepo lauréats de la 21e édition du festival Filmar en América Latina

La 21e édition du Festival Filmar en América Latina s’est achevée de dimanche 1er décembre par la consécration du long-métrage de fiction La Llorona du cinéaste guatémaltèque Jayro Bustamante, prix du Public Focus Sud, et du film Los días de la ballena, de la réalisatrice colombienne Catalina Arroyave Restrepo, prix du Jury des Jeunes Opera Prima. Une mention spéciale a été attribuée par le Jury des Jeunes au film Perro Bomba, du réalisateur chilien Juan Cáceres.

Photo : La Llorona (Allocine)

Lauréat du prix du Public Focus Sus – cofinancé par la Fédération Genevoise de Coopération et par Helvetas -, le réalisateur guatémaltèque Jayro Bustamante, présent à la clôture du festival, a déclaré en prenant connaissance de son prix « Les films sont pensés depuis leur genèse dans le but de rencontrer le public ». Il n’y a pas de moment plus important parce que le message du film trouve son écho. Son chemin vers l’intérieur de l’être humain peut commencer. Pour le cinéma d’auteur, les prix décernés par les festivals et les professionnels sont importants car ils reconnaissent le travail, l’effort et le talent de toute une équipe. Les prix décernés par le public ne sont pas seulement réconfortants dans les mêmes aspects, ils nous disent à nous cinéastes : ‘Nous faisons partie du projet maintenant. L’histoire que vous avez partagée a été acceptée, appréciée et elle va continuer à vivre à travers nous’. Il n’y a pas de meilleur prix pour un film que celui décerné par ceux à qui il était destiné. Merci à vous public ! Merci aussi au Festival Filmar en América Latina. Au de-là d’être d’excellents curateurs et diffuseurs de notre culture, vous travaillez si fort pour nos histoires qui sont parfois difficiles à réaliser et à montrer et vous comprenez qu’elles sont toujours nécessaires et urgentes »

Dans un message vidéo, la réalisatrice colombienne Catalina Arroyave Restrepo a remercié le Jury des Jeunes. « C’est une grande joie que ce prix nous ait été donné par un jury jeune car cela en dit long sur les jeunesses actuelles qui sont unies malgré le fait qu’elles vivent dans des contextes différents, dans des pays différents, dans des situations différentes, mais cela nous concerne de la même manière. Cela résonne avec ce qui se passe actuellement en Amérique latine. Nous sommes en train de vivre un réveil de nombreuses personnes qui sortent demander que nos conditions de vie soient plus dignes, plus justes. Cette joie s’ajoute à ce moment historique dans lequel, l’Amérique latine est unie, portant un cri pour que nos peuples vivent mieux. Merci au Jury, au festival pour encourager cette rencontre, cet espace. Longue vie au ciné, à Filmar, à tous ces espaces qui nous permettent de dialoguer et partager nos réalités ». 

Le Prix du Jury des Jeunes Opera Prima est composé d’une quinzaine de collégiens genevois qui distinguent la première œuvre cinématographique de huit talents émergents. Le prix est cofinancé par Terre des Hommes Suisse, Eirene Suisse et Swissaid Genève.

« Avant le décompte final de la fréquentation de nos salles partenaires, nous pouvons dire que la fréquentation se consolide », estime la directrice du Festival Filma en América Latina Vania Aillon« Le public, toutes générations confondues, qui oscille annuellement depuis trois ans entre 18’000 et 20’000 spectateurs à Genève et autres communes du canton et de France voisine, a apprécié les rencontres enrichissantes et stimulantes avec nos 25 invités, dont les propos étaient en résonnance avec l’actualité dans de nombreux pays latino-américains », a-t-elle souligné.

Parmi les personnalités présentes cette année figuraient les réalisatrices Citéalli Andrango (Équateur), Catalina Arroyave Restrepo (Colombie), Ana Isabel Bustamante (Guatemala/Espagne), Laura Cazador (Suisse), Lucía Garibaldi (Uruguay), la productrice Marianela Illas (Venezuela), l’actrice Fabiana Hernández Guinea (Guatemala), l’activiste brésilienne Monica Benicio et Lilia Lustosa de Olivera (spécialiste suisse du cinéma brésilien). Les réalisateurs ayant fait le déplacement à Genève étaient René Ballestreros (Chili), Pablo Briones (Argentine), Jayro Bustamante (Guatemala), Juan Cáceres (Chili), Jorge Cadena (Colombie), Joshi Espinosa (Equateur), Stéphane Goël (Suisse), Julio Hernández Cordón (Mexique/Guatemala/États-Unis), Gregory Lassalle (France), Aldemar Matias (Brésil), Rubén Mendoza (Colombie), Alejo Moguillansky (Argentine), Emiliano Serra (Argentine), Rubén Sierra Salles (Venezuela) ainsi que l’acteur brésilien Régis Myrupu et le producteur suisse Dan Wechsler.

Filmarcito, la section pour les cinéphiles en herbe, a innové avec Jardín Móvil, esquisses animées pour enfants de 2 à 4 ans et des ateliers qui ont stimulé l’exploration autonome avec une pluralité d’expériences visuelles, acoustiques, métaphoriques, sensorielles et motrices. En outre, deux séries de courts-métrages sur la vulnérabilité des êtres habitant notre écosystème ont séduit les jeunes dès 6 ans, en sondant l’imaginaire de l’inconnu.

Filmar, la plus importante manifestation culturelle de Suisse dédiée à l’Amérique latine et qui contribue également au rayonnement de Genève, cité de dialogue et de culture, est soutenu par la Ville de Genève, le Bureau de l’intégration des étrangers du Canton de Genève (BIE), la Fédération genevoise de coopération, Artlink-Fonds Culturel Sud, la Fondation Emilie Gourd, la Loterie romande, la Fondation Simón Patiño, le Pour-cent culturel Migros, Traditions pour Demain, et les communes de Carouge, Lancy et Grand-Saconnex.

Filmar, l’un des seul festival qui s’autofinance à hauteur de 25 % grâce à la vente de billets, a proposé cette année plus de 80 films, trois tables-rondes, une conférence, une exposition et des projections pour les scolaires dans les salles partenaires : les Cinémas du Grütli, Fonction: Cinéma, le Nord-Sud, l’Auditorium de la Fondation Arditi, le Cinélux, le Spoutnik, la Maison de la Paix, l’Université Uni-Bastions, Ciné-Saussure, CinéVersoix, le cinéma Bio (Carouge), l’Espace Palettes (Lancy), la Ferme du Pommier (Grand-Saconnex), la Julienne (Plan-les-Ouates), le Centre des Arts de l’Ecole internationale de Genève, le Cinéma Voltaire (Ferney-Voltaire), le Théâtre du Bordeau (Saint-Genis-Pouilly), le Cinéma Rouge et Noir (St-Julien-en-Genevois) et le Ciné Actuel (Annemasse).

Contacts : Luisa Ballin – Responsable Presse / Responsable Prensa – luisa.ballin@filmar.chFestival Filmar en América Latina : 17, rue Necker – CH-1201 Genève – + 41 (0) 22 732 61 59 – +41 (0) 79 649 71 45

« Indianara », documentaire de Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa en salle

Dans un Rio en ébullition durant les années Temer, la colère gronde. Indianara Siqueira, révolutionnaire hors norme, mène avec sa bande un combat pour la défense des minorités et la survie des personnes transgenres au Brésil dans sa Casa Nem. Face à la menace totalitaire qui plane sur le pays, une seule injonction : résister !

Photo : Allocine

Indianara est le titre du film mais avant tout le prénom d’une femme pour qui tout est question d’amour, d’amitié et de solidarité. En suivant cette militante transgenre, les cinéastes nous plongent dans une vie de combat, où chaque jour il s’agit de tenir face à la répression, au mépris. Cet engagement permanent est mené par une communauté transgenre brésilienne qui n’a pour seules armes que son indignation, son amour fraternel, sa détermination. Ici les corps, filmés sans fausse pudeur, s’assument, résistent, jamais ne se résignent. Ils nous font découvrir de fragiles existences où la fierté de la différence devient aussi un espace de joie communicative. Si l’on exulte c’est pour trouver la force de vivre. »Delphine Deloget et Jean-Louis Gonnet, cinéastes de l’ACID qui a proposé le film à Cannes. 

Indianara Siqueira est une militante qui engage la communauté LGBT à se défendre malgré les aléas de la vie. Elle a vécu cinq ans en France et y a été emprisonnée. Elle est interdite sur notre territoire. De retour au Brésil en 2009, elle affronte à nouveau la violence policière, la ségrégation et les assassinats de ses amies. Indianara s’engage plus fermement, devenant la porte-parole de la communauté trans dans son pays. En 2010, elle est conseillère parlementaire du député socialiste gay, Jean Wyllys. En 2016, elle se présente à travers le PSOL, (le parti Socialisme et Liberté) comme conseillère municipale à la mairie de Rio et est élue suppléante, aux côtés de Marielle Franco, assassinée en mars 2018. Cette même année, elle ouvre en plein cœur de Rio, la « Casa Nem », un refuge pour les personnes transgenres en situation de rue. Indianara les accueille, les oriente médicalement, professionnellement et psychologiquement. 

 « Au Brésil, 179 personnes trans ont été assassinées en 2017, soit un assassinat tous les deux jours. Plus de la moitié des meurtres de personnes trans dans le monde est commise au Brésil. Leur espérance de vie n’y est que de 35 ans. Double choc donc, à la vue de cette femme libertaire, et à l’écoute de la longue liste des victimes » explique Aude Chevalier-Beaumel qui la rencontre pour la première fois en 2014. « Mais ce que nous avons en commun tous les deux », ajoute Marcelo Barbosa, « c’est une volonté d’impliquer nos corps dans nos tournages. Un tournage animal, instinctif et sans s’arrêter. Cette approche se ressent sur le résultat final, cette grande proximité avec les personnages. Le film est physique. » 

« Aujourd’hui Indianara et les siens occupent un immeuble de 7 étages à Copacabana. Un immeuble dans lequel elle a trouvé, dans une des chambres, des pièces de collection, objets indigènes, sculptures anciennes, des reliques, des os. Elle a immédiatement contacté le Musée national et les autorités pour analyser l’origine de ces pièces. En attendant, ils ont donc l’autorisation de rester dans cet immeuble, plus confortable et plus grand que la Casa Nem. Elle y a regroupé ses forces, ses « enfants » et n’abandonne pas la lutte. Plus que jamais le Brésil a besoin d’elle. Elle a été exclue de son parti politique mais continue de militer pour les Droits de l’Homme » ajoutent les réalisateurs-trices. Le film qui est vraiment plein d’humour et de sensibilité est soutenu par Amnesty International. 

Alain LIATARD 
D’après le dossier de presse 

Indianara, film documentaire brésilien d’Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa. 84 mn. Le film est sorti sur quelques écrans le 27 novembre. 

Le 41e festival des 3 Continents de Nantes propose 93 films avec un programme polymorphe et inédit

Du 19 au 26 novembre le Festival des 3 Continents propose, comme chaque année depuis 1979, un autre regard sur le cinéma et sur le monde à travers une sélection unique de films de fictions et de documentaires d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Organisé Les 3 Continent, associations à but non lucratif et déclarée d’utilité́ publique. Pour sa 41e édition, à travers 93 films dont 23 courts métrages, elle propose un programme résolument polymorphe et souvent inédits, ouvert sur toutes les formes de cinéma, passées, présentes, populaires, spectaculaires, originales. 

Photo : Festival des3 Continents

Cette année, neuf films concourent en compétition. Produits en 2019, ils sont présentés à Nantes en première française ou mondiale. Au programme, cinq fictions dont un film d’animation et quatre documentaires venus d’Afrique, d’Amérique et d’Asie. Ils seront soumis à l’appréciation d’un jury de professionnels (chargé de décerner la Montgolfière d’or et la Montgolfière d’argent). Un Prix du public (Prix Wik-Fip du Public) et celui d’un Jury Jeune (Prix du Jury Jeune) seront également attribués.  

Des avant premières  

Abou Leila de Amin Sidi-Boumedine (Algérie) En présence du réalisateur. Algérie, 1994. Lotfi et S., deux amis d’enfance, traversent le désert à la recherche d’Abou Leila, un dangereux terroriste. La poursuite semble absurde, le Sahara n’ayant pas encore été touché par la vague d’attentatsNina Wu de Midi Z (Taïwan) en présence du réalisateur et de l’actrice Wu Ke-XiUn film sur l’exploitation des femmes dans l’industrie du cinéma en suivant la première audition de Nina (Wu Ke-Xi, également coscénariste du film) pour un long métrage à gros budget. Le père de Nafi de Mamadou DIA (Sénégal). Deux frères se disputent à propos du mariage de leurs enfants. Le rôle de père de Thierno et sa responsabilité́ de guide spirituel sont en conflitTu Mourras à  vingt ans de Amjad Abu Alala (Soudan) : Soudan, province d’Aljazira, de nos jours. Peu après la naissance de Mozamil, le chef religieux du village prédit qu’il mourra à 20 ans. Le père de l’enfant ne peut pas supporter cette malédiction et s’enfuit. Un jour, Mozamil a 19 ans…  

Aspects du cinéma costaricain 

Petit pays d’Amérique centrale, le Costa Rica cultive également de véritables ambitions cinématographiques. Ce sont ses singularités (parmi lesquelles la place prépondérante des femmes dans l’industrie cinématographique) qui orienteront les lignes de ce programme composé de huit films. (Photo El Camino de Ishtar Yasin Gutierrez) Avec le soutien de Procomer – Esencial Costa Rica  

Retrouvez plus d’informations sur le site: https://3continents.festicine.fr/fr/program-guide/jour/19-11-2019  – www.3continents.com  

« Temporada », film brésilien de André Novais Oliveira en salle ce 20 novembre

Pour prendre un nouveau poste d’employée au service municipal de la propreté, afin de lutter contre la dengue, Juliana quitte les quartiers du centre-ville d’Itaúna pour la métropole de Contagem, près de Belo Horizonte, au Brésil. Tandis qu’elle attend que son mari la rejoigne, elle s’adapte à sa nouvelle vie, fait des connaissances, s’ouvre à de nouveaux horizons et essaie de surmonter son passé.

Photo : Allocine

« L’idée originale m’est venue de ma propre expérience, lorsque j’ai effectué exactement le même travail que le personnage principal. C’était il y a dix ans et ça a duré six mois. Travailler comme agent de contrôle des endémies m’a aidé à mieux comprendre la réalité du voisinage dans lequel j’ai grandi, celui qu’on voit dans le film. Cela a modifié mon regard sur cet endroit et sur les gens ; j’ai pris conscience de la richesse de cet environnement, rempli d’histoires et d’expériences diverses. C’est ce qui m’a motivé à faire ce film, ainsi que la possibilité de collaborer avec quelques-uns des employés que j’ai rencontrés à l’époque (certains d’entre eux jouent une version d’eux-mêmes dans le film). » Il a voulu «dépeindre ce quartier avec ses propres couleurs caractéristiques. Ce sont des lieux lumineux, colorés, avec quelques couleurs fortes selon l’endroit où votre regard se pose. Avec les rayons du soleil, tout devient plus intense, plus beau, et j’ai pensé qu’il était intéressant de souligner la beauté d’un lieu qui n’est pas traditionnellement considéré comme beau.»

Nous suivons Juliana, magnifiquement interprétée par Grace Passô qui se retrouve dans cette ville qu’elle va découvrir, et qui lui fait oublier son drame personnel et établir des relations avec ses collègues. Elle change de coiffure et devient plus à l’aise.

Grace Passô a commencé à écrire des pièces après avoir étudié le théâtre à Belo Horizonte : «je voulais créer un espace symbolique dans lequel les gens comme moi, ceux que je connaissais, pourraient exister, où mon univers pourrait être conceptualisé.» Dans la culture brésilienne, il est toujours difficile aux Noirs de se faire une place.

Dans notre cas ajoute André Novais Oliveira, «le fait d’avoir trois cinéastes noirs de la banlieue comme partenaires fondateurs (de notre société de production) et tous désireux de tourner des films dans et autour de la banlieue, c’est notre façon de nous installer à notre place.»

Le rythme du film est assez lent, a obtenu de nombreux prix, mais nous nous laissons porter par la grâce de Grace Passô. Temporada, drame brésilien d’André Novais Oliveira. 112 minutes. Sortie le 20 novembre.

Alain LIATARD

Rencontre avec Gael García Bernal au festival Lumière de Lyon d’octobre dernier

Plus de 200 000 personnes se sont rendues dans les salles lyonnaises lors de l’édition 2019 du festival Lumière entre le 12 et le 20 octobre.  
Pour ce dixième anniversaire, à côté des rétrospectives (le cinéaste André Cayatte, le cinéma américain des années trente avant le code de censure, la cinéaste italienne Lina Wertmuller…), des hommages étaient rendus à des personnalités, cinéastes comme Marco Bellochio dont on peut voir actuellement son film magnifique  
Le traitre, Ken Loach, la Palme d’or cannoise Bong Joan-ho, ou des acteurs comme Frances McDormand, Daniel Auteuil, Donald Sutherland. En ce qui concerne l’Amérique latine, Gael García Bernal était invité pour parler de ses films comme acteur et présenter sa seconde réalisation Chicuarotes. 

Photo : Wikipedia

Né et élevé à Guadalajara, Gael García Bernal a commencé sa carrière d’acteur dans les telenovelas mexicaines avant de jouer dans le film « Amores Perros » pour Alejandro González Iñárritu en 2000, nominé aux Oscars. Bernal a déclaré que jouer pour Alejandro González Iñárritu, et Alfonso Cuarón l’ont aidé à préparer à devenir réalisateur. Pour « Amores perros » les conditions de tournage étaient très difficiles car ils n’avaient de pellicule que pour une seule prise, et parfois en milieu de journée, il n’y en avait plus.  

Pour « Y Tu Mamá También (2001) » de Cuarón c’est « l’une des meilleures expériences que j’ai jamais vécues ». C’est par le biais de Cuarón que Bernal a également commencé à envisager un rôle différent, cette fois derrière la caméra. « Bien sûr, j’ai toujours aimé le cinéma, mais je n’ai jamais pensé à diriger un film ». Il a ajouté : « Ce genre de camaraderie et cette fraternité c’est quelque chose que j’aime beaucoup. Je veux que tous les films soient comme ça, dans cette dynamique. » 

Bernal a fait ses débuts de réalisateur à l’âge de 24 ans avec «Deficit», mais il mettra plus de dix ans à tourner son deuxième long métrage, un temps qu’il passera à devenir père et à collaborer avec des artistes tels que Iñárritu, Cuarón, Pedro Almodóvar («Mauvaise éducation» dont il ne garde pas un très bon souvenir), Walter Salles (« Carnets de voyage » qui lui a fait découvrir le monde politique), Pablo Larraín (« Neruda » et « No »),Michel Gondry («La science des rêves») et Jim Jarmusch («Les limites du contrôle»). Il a approfondi sa compréhension de la relation entre les deux aspects du métier. « Les acteurs ressemblent à un groupe de Frankenstein qui sont mis ensemble », a-t-il déclaré. « C’est la responsabilité du réalisateur de nous faire ressembler à des génies ». 

A propos de « Chicuarotes», présenté en première mondiale à Cannes (et qui n‘a pas pour l’instant de distributeur en France), il a expliqué que le film se déroule à San Gregorio Atlapulco, dans la banlieue de Mexico et raconte l’histoire de deux adolescents qui décident qu’une vie de crime est le seul moyen de sortir de la pauvreté qui les entoure. 

« Je voulais vraiment savoir d’où venait la violence…D’autre part, je voulais voir ce qu’il en est de réaliser un film où le personnage principal n’a pas grandi avec amour. Parce que j’ai grandi dans le sens opposé. » Il a poursuivi : « Ceux qui portent le message d’espoir dans le film, ce sont les petites filles. Au cours de l’histoire, nous ne les avons pas écoutées du tout. » 

 Bernal a salué la renaissance actuelle du cinéma mexicain, qui a remporté les Oscars pour Iñárritu, Cuarón et Guillermo del Toro (« La forme de l’eau »). « Nous exerçons notre liberté comme nous ne l’avions jamais fait auparavant », a-t-il déclaré, contrastant avec les périodes passées de censure des artistes mexicains. « Nous avons une chance d’exercer vraiment notre liberté, et c’est finalement notre responsabilité avec les films que nous réalisons. » Il place vraiment son espoir dans l’avenir qui rompra avec les attaches au passé et avec la violence et la misère. 

Alain LIATARD

Ainsi à 40 ans, Gael García Bernal a tourné dans une cinquantaine de films, en a produit une quinzaine et en a réalisé deux. Il été très applaudi en particulier par un groupe d’étudiants mexicains qui ont pu ainsi approcher leur idole. 

Festival Lumière de Lyon : Site 

Le documentaire « Cocaïne prison » en Bolivie : les petites fourmis de la cocaïne

Dans ce remarquable documentaire nous suivons trois personnages : Herman, 22 ans, venu à la ville pour faire des études et qui est en prison depuis trois ans pour avoir passé de la drogue. Il est en préventive, attendant son jugement. Daisy sa sœur, âgée de 18 ans qui veut réussir ses études et qui fait tout pour faire sortir son frère de prison. Enfin Mario, 42 ans, père d’une famille qu’il ne voit jamais car très loin, et compagnon de cellule d’Hernan, arrêté il ya trois ans dans une fabrique de cocaïne et lui aussi en attente de jugement. Ce sont le symbole des petites fourmis de la cocaïne. En salle ce mercredi 27 novembre.

Photo : Allocine

Violeta Ayala est une réalisatrice bolivienne d’origine quechua, née en 1978 à Cochabamba. Journaliste de formation, elle s’est particulièrement attachée dans son cinéma aux sujets d’investigation. Elle explique : « J’ai grandi sans aucune notion de bien ou de mal au sujet de la cocaïne. Pour moi, c’était un moyen de s’enrichir, c’est tout. Puis en vivant aux États-Unis et en Australie, j’ai pu constater les ravages provoqués par la consommation de drogue. En Bolivie, nous n’avons pas conscience des conséquences négatives liées au trafic et à l’addiction. Comme Hernan le dit : « Ici, il ne s’agit pas de crime organisé comme en Colombie. Tu veux gagner de l’argent ? Tu travailles dans le business. Tu veux arrêter ? Et bien, tu es libre de le faire et de partir ».  

Dans sa note d’intention, elle ajoute « En tant que réalisatrice bolivienne d’origine indigène, dont la famille a échappé à la pauvreté grâce au trafic de drogue, je guiderai le spectateur dans la complexité du commerce de la cocaïne en Bolivie. Je montrerai aussi comment pour beaucoup, c’est devenu un vecteur de développement et d’espoir, plus que le symbole de l’addiction et du crime. Le film mettra en lumière le besoin d’établir d’autres bases de relations entre les pays producteurs et consommateurs, moins hypocrites qu’à l’heure actuelle, afin d’ouvrir un dialogue qui empoigne les difficultés de cette situation sans passer par les jugements moralisateurs ou faciles ». 

Le film se passe en grande majorité dans et autour de la prison San Sebastián, située à Cochabamba, troisième ville de Bolivie. Ce lieu inimaginable est d’ailleurs autant une prison qu’un microcosme de la Bolivie, la conséquence de vingt ans d’application de la Loi 1008 qui disait « La production, la possession, la garde, le stockage, le transport, la livraison, le don comme cadeau ou l’administration sont des délits passibles de peines d’emprisonnement » ; la moitié des Boliviens furent alors instantanément considérés comme des criminels, avec une majorité de petites mains qui finirent en prison.  

Construite pour accueillir 80 prisonniers, ce sont aujourd’hui 700 personnes qui vivent et travaillent au sein de cette prison. Ces vingt dernières années, elle est devenue une citadelle avec une économie libéralisée où les détenus payent un droit d’entrée, louent ou achètent leur cellule. S’ils en ont les moyens, ils peuvent faire venir leur femme et leurs enfants, qui vivent alors avec eux. San Sebastián a sa propre dynamique, les prisonniers élisant même leurs représentants. Par ailleurs, 80% d’entre eux n’ont pas eu droit à un procès, et protestent souvent contre ces retards administratifs et la corruption endémique du système judiciaire.  

Pour filmer, la réalisatrice a remis aux prisonniers de petites caméras. C’est donc la vie dans ce lieu étonnant qui nous est montré. 

Alain LIATARD,
avec le dossier de presse du film.

Cocaïne prison, documentaire de Violeta Ayala, 1 h 15. À découvrir au cinéma le 27 novembre prochain.  

21e édition du festival de films latino-américains Filmar en Suisse

A partir du 18 novembre et jusqu’au 2 décembre 2019, se tiendra à Genève la 21e édition du plus grand festival de films consacrés à l’Amérique latine en Suisse, le festival FILMAR. Ayant pour thème « Eldorados, dilemmes et conséquences pour les peuples latinoaméricains », cette édition se destine à tous les publics et tout particulièrement aux jeunes. Dans une période sombre en termes de politique en Amérique latine, les films projetés tendent à faire réfléchir, à informer et à renouveler le regard dirigé vers ce continent.

Photo : Service de presse Filmar

Depuis 1999, FILMAR promeut le cinéma et les cultures latino-américaines en Suisse. En plein essor depuis les années 2000, le cinéma latino-américain n’a de cesse de renouveler ses approches narratives et technologiques des réalités locales. Le cinéma social, qui réalise le travail de témoignage, de dénonciation et de mémoire que les Etats ne font pas, a le vent en poupe. Le festival suisse accompagne et encourage ces changements. Le pays a même organisé une table ronde en 2018 pour favoriser les co-productions cinématographiques entre l’Amérique latine et la Suisse. 

L’une des caractéristiques majeures du festival FILMAR est son engagement envers le jeune public suisse. Avec ses programmes FILMARcito -qui permet la découverte des films en famille- et FILMAR école -qui prévoit le visionnage des films lors de sorties scolaires, le festival suisse donne une importance majeure à l’information par le divertissement des jeunes enfants. 

Filmar, un festival cinématographique éducatif et pédagogique. 

La programmation pédagogique de la 21e Édition a été présentée aux enseignant-e-s le 8 octobre aux cinémas de Grütli. Un des films présentés aux élèves, « Delfín » -une réalisation de Gaspar Scheuer sélectionnée à Cannes Ecrans Juniors 2019- , y a été projeté. 

Du 18 novembre au 2 décembre, de nombreux films destinés aux adultes ainsi qu’aux enfants seront présentés au public suisse. Parmi les films destinés aux adultes, « Terre en transe » (une réalisation de Glauber Rocha, Brésil), « Delfín » (Gaspar Scheuer, Argentine), « La Tonada del Viento » (Yvette Paz Soldán, Bolovie) ou encore « La Arrancada » (Aldemar Matias, France/Cuba/Brésil). Pour les enfants et les familles, seront projetés « Eldorado / Une vie meilleure » (Gregory Lassalle), « Fragile, Animaux Animés », « Contes fantastiques et exoplanétaires », « Delfín » (Gaspar Scheuer, Argentine), « Perro Bomba » (Juan Cáceres), etc. 

Seront aussi proposées au public des tables rondes thématiques ouvertes aux classes. Les thèmes du conflit armé en Colombie, des femmes et du cinéma documentaire y seront débattus avec les élèves de tous âges. Une manière idéale de découvrir de nouvelles thématiques et de s’informer pour des élèves qui ignorent tout de l’Amérique latine. 

Ainsi, Filmar, fleuron des festivals de cinéma consacrés à l’Amérique latine, est le lieu idéal pour découvrir les cultures d’un continent encore trop peu méconnu par le public européen, d’autant plus lorsqu’on est un enfant. Instructif, pédagogique et divertissant, ce festival ne cesse de se réinventer chaque année. À l’image du cinéma latino-américain. 

Inès JACQUES

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« La Cordillère des Songes » le dernier documentaire de Patricio Guzmán en salle ce mercredi 30 octobre

« Au Chili, quand le soleil se lève, il a dû gravir des collines, des parois, des sommets avant d’atteindre la dernière pierre des Andes. Dans mon pays, la cordillère est partout mais pour les Chiliens, c’est une terre inconnue. Après être allé au nord pour Nostalgie de la lumière et au sud pour Le Bouton de nacre, j’ai voulu filmer de près cette immense colonne vertébrale pour en dévoiler les mystères, révélateurs puissants de l’histoire passée et récente du Chili. » Patricio Guzmán.

« En février 2015, mon documentaire Le Bouton de nacre a été présenté à Berlin où il a remporté l’Ours d’argent. Quelques mois plus tard, je l’ai présenté au Chili dans le cadre du FIDOCS (le festival de documentaires que j’ai créé il y a vingt-deux ans à Santiago). L’accueil qui a été fait au film m’a grandement surpris. J’avais préparé une longue liste d’arguments pour le défendre. J’étais habitué à ce que mes documentaires suscitent la polémique car ils se réfèrent au coup d’État de Pinochet. Or, le grand public ne veut pas qu’on lui parle des disparus de la dictature, de ses morts, des prisonniers politiques, des personnes torturées. Mais je n’ai pas eu besoin de justifier le propos du film. Les gens se sont montrés plus intéressés et plus ouverts que jamais. Puis Le Bouton de nacre est resté très longtemps à l’affiche à Santiago et il a attiré des milliers de spectateurs.

Peu de temps après, le ministère de l’Éducation du Chili a même acquis des copies de mes autres films pour les présenter dans les universités, les lycées et les collèges [1]. Mon pays que je croyais « sans mémoire » commençait à se pencher sur son passé. Il sortait de son amnésie, dépoussiérant les textes qui relatent son histoire. Je me suis aussi rendu compte que la nouvelle génération s’intéressait beaucoup plus qu’avant au sort des prisonniers, des fusillés, des exilés.

La répression qui a duré plusieurs décennies serait-elle devenue un sujet d’actualité ? C’est très nouveau pour moi et cela fait évoluer ma relation avec ma terre natale, que j’explore dans mon travail depuis plus de quarante ans. De fait, la manière dont j’envisageais mon film La Cordillère des songes – qui, après Nostalgie de la lumière et Le Bouton de nacre, sera le dernier volet de cette trilogie que j’ai commencée il y a dix ans – s’est elle-même transformée. Le sens du film a pris corps. Il est bien sûr toujours question de la confrontation des hommes, du cosmos et de la nature. Mais cette gigantesque chaîne de montagnes, qui est au cœur de mon sujet, est pour moi devenue la métaphore de l’immuable, de ce qui nous reste et nous habite, quand on croit avoir tout perdu. Plonger dans la cordillère me fait plonger dans mes souvenirs. Scrutant ses sommets escarpés, m’enfonçant dans ses vallées profondes, j’entame un voyage introspectif qui, peut-être, me révèlera en partie les secrets de mon âme chilienne.

Service de presse de Pyramide Films

[1] Chili, la mémoire obstinée (1997), Le Cas Pinochet (2001), Salvador Allende (2004), Nostalgie de la lumière (2010) et Le Bouton de nacre (2015).

Après des études à l’Ecole Officielle de l’Art Cinématographique à Madrid de 1966 à 1969, Patricio Guzmán produit et réalise La Bataille du Chili avec la contribution de Chris Marker. Cette trilogie de cinq heures sur la période finale du gouvernement de Salvador Allende remporte six grands prix en Europe et en Amérique latine. Exilé à Paris et très attaché à l’histoire de son pays d’origine, il réalise plusieurs documentaires sur les bouleversements majeurs que connaît le Chili en cette fin de XXe siècle : Au nom de Dieu sur la lutte de l’Eglise catholique pour la défense des droits de l’homme au Chili, Chili : la mémoire obstinée (1997) sur la mémoire historique de son pays, Le Cas Pinochet (2001) sur l’arrestation du célèbre dictateur chilien, ou encore Salvador Allende (2004), forme d’hommage rendu à un homme qui a profondément marqué la vie de Patricio Guzmán.

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