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Culture

Un épisode de l’émission «Des trains pas comme les autres» consacré à la Colombie

Pour la 9e saison de Des trains pas comme les autres, Philippe Gougler embarque les téléspectateurs pour sept nouvelles destinations : en Namibie, en Colombie, au Canada, en Irlande, en Espagne, à Taïwan et au Portugal. Le jeudi 26 juillet, après la Namibie, France 5 diffuse le reportage consacré à la Colombie à partir de 20 h 55.

Photo : Des trains pas comme les autres
En Colombie, les transports ferroviaires s’avèrent peu développés. Ainsi, depuis le début des années 2000, le trafic de passagers s’est interrompu. Seul le transport de marchandises est encore opérationnel, sur un réseau de plus en plus vétuste. Dans la région montagneuse et agricole de l’Antioquia, les «motomesas» permettent d’utiliser certaines portions du réseau ferroviaire désaffecté.
 
Ces motos tractent les passagers sur des planches, pour quelques pesos. À Bogota, un train vintage permet aux plus nostalgiques de goûter aux plaisirs du rail, sur une courte distance. À Medellín circule l’unique métro de Colombie. Il constitue la fierté des habitants.
 
À la question comment l’ont accueilli les Colombiens posée par le magazine TéléZ, Philippe Gougler répond ainsi : «J’ai remarqué que dans les pays où il y avait très peu de trains, c’étaient souvent des trains extraordinaires. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit alors souvent d’une dernière ligne de vie, un dernier moyen d’aller dans les villages. Ce sont des trains avec lesquels les gens se débrouillent. Par exemple en Colombie, c’est le seul moyen de transport public du coin. Parfois, là où ils s’arrêtent, les habitants tendent des câbles entre deux vallées pour les traverser. Avant de les suivre, un Colombien m’a dit : pour ne pas avoir peur, il faut bien se tenir à ses cheveux !»
 
Retrouvez les autres aventures de Philippe Gougler découvrant les pays du monde entier dans les trains les plus originaux du monde dans l’émission Des trains pas comme les autres diffusée sur France 5 sur tous les jeudis de l’été à partir du jeudi 16 juillet, 20 h 55.

D’après France 5

Les rencontres professionnelles Biarritz Amérique latine Lab entre Français et Latino-américains

Vitrine reconnue des cinémas latino-américains, le Festival Biarritz Amérique Latine est aussi un espace de coopération entre producteurs français et créateurs latino-américains. Les rencontres professionnelles du festival se structurent sous le label de Biarritz Amérique Latine Lab / BAL-LAB autour de deux pôles : un pôle «résidences» autour du partenariat avec Lizières, et un pôle «rencontres de coproduction».

Photo : O som dos sinos 

Depuis 2014, le festival est partenaire de la Résidence Lizières, dirigée par l’artiste pluridisciplinaire Ramuntcho Matta. L’un des réalisateurs sélectionnés à Biarritz est choisi lors du festival pour participer à la résidence d’écriture pour son prochain projet. Depuis 2015, grâce au soutien de la région Nouvelle-Aquitaine, les réalisateurs latino-américains présents à Biarritz ont la possibilité de présenter un projet en écriture ou en développement à des producteurs établis dans la région dans le cadre des rencontres de coproduction. Les réalisateurs et producteurs latino-américains dont un film est sélectionné au festival ont la possibilité de proposer un projet (documentaire ou fiction, court ou long métrage) pour la résidence de Lizières et/ou pour les rencontres de coproduction.

À ce jour, plus de vingt professionnels européens (producteurs néo-aquitains, autres producteurs, fonds d’aide, partenaires) sont venus à Biarritz pour y participer. 31 projets de films en développement ont été présentés entre 2015 et 2017.

Entrée en résidence des lauréates 2017

L’année dernière, vous aviez découvert en compétition le documentaire O som dos sinos de Marcia Mansur et Marina Thomé. Les deux réalisatrices ont remporté le prix Lizières pour leur prochain projet documentaire, A dupla naturaleza da luz.

Ce nouveau projet traitera des inégalités d’accès aux besoins fondamentaux au Brésil, en particulier de l’électricité. Le propos croise d’autres problématiques fondamentales de la société brésilienne, comme les droits indigènes ou la question environnementale.

Marcia Mansur et Marina Thomé entreront en résidence au mois d’août pour six semaines afin de mener à bien leur projet. Les deux réalisatrices poursuivent avec ce nouveau documentaire leur travail avec la société de production brésilienne Estudio Crua.

D’après Biarritz Amérique latine

Exposition hors les murs de Carlos Cruz-Diez au Centre Pompidou-Metz

En coproduction avec la Ville de Metz pour le festival Constellations de Metz et la Cruz-Diez Art Foundation, et en lien avec l’exposition L’Aventure de la couleur, le Centre Pompidou-Metz présente l’artiste Carlos Cruz-Diez, invité à intervenir de manière exceptionnelle sur le Parvis des Droits de l’Homme. Après les rues de Mexico, Paris ou Miami, l’artiste investit le sol aux abords du Centre Pompidou-Metz du 28 juin 2018 au 16 septembre 2019.

Photo : Centre Pompidou-Metz

Pour Carlos Cruz-Diez, la couleur a le pouvoir de transfigurer le monde qui nous entoure. Ses œuvres explorent depuis la fin des années 1950 la condition éphémère, instable et ambiguë de la couleur. Celle-ci devient un événement, une réalité qui évolue dans l’espace et le temps et donne son sens profond à la perception immédiate.

«J’ai toujours voulu – dit Cruz-Diez – lancer la couleur au-delà de son support, la projeter dans l’espace. Pour moi, la couleur n’est pas juste une anecdote de la forme, elle n’est pas seulement le rouge de la pomme, le bleu du ciel. La couleur est autonome, fugace, en mouvement perpétuel. La couleur est comme la vie : un présent permanent.»

Pour le Centre Pompidou-Metz, l’artiste investit le Parvis des Droits de l’Homme avec un Environnement Chromatique qui accompagne et bouscule les habitudes du public liées à ce lieu : ses lignes, ses formes, ses tonalités. Le passant devient à la fois témoin et acteur du spectacle qui se déploie au gré de ses déplacements et l’entoure sur plus de 500 m2. Il découvre sa capacité à créer, par ses propres moyens perceptifs, des couleurs qui ne sont pas présentes sur le support de l’œuvre, mais qui sont pourtant tout aussi réelles que les pigments utilisés dans la peinture. En proposant des stimuli visuels nouveaux, Carlos Cruz-Diez offre une expérience à la fois esthétique, poétique et sensorielle au cœur de la ville.

Environnement Chromatique est une œuvre continuellement changeante. Elle dialogue avec l’architecture, anime l’espace et lui confère une dimension inédite et ludique pour révéler avant toute chose l’expérience vitale de la couleur. «L’une des conditions de l’art est l’étonnement. Dès que vous sortez de chez vous et dépassez la porte cochère, vous devenez un robot. Vous traversez la rue sans y penser sans être attentif à la beauté du dessin du pavé, de l’espace qui vous entoure, de la couleur de l’atmosphère. C’est à l’artiste de provoquer l’étonnement, de proposer des objets insolites, des situations inédites, de déplacer les codes. On déclenche des bouleversements, une remise en cause, une prise de conscience. Rien n’est stable et tout peut être modifié. Contrairement à la peinture qui arrête le temps, ma technique produit un événement instable. C’est toute la réflexion sur l’éphémère, sur l’ambigu, sur l’instabilité, sur la continuité de la vie.», explique Carlos Cruz-Diez.

D’après le Centre Pompidou-Metz

«Federico à son balcon», le dernier roman écrit par Carlos Fuentes

Carlos Fuentes est mort en 2012. Il venait tout juste de terminer Federico à son balcon, roman dont la traduction vient de sortir en France, avec lequel il prouve que les années n’ont pas eu de prise sur lui : à plus de 80 ans, il est resté un observateur d’une clairvoyance extraordinaire, doublé d’un penseur de premier plan. Son talent de narrateur lui permet en outre de brasser une foule d’idées essentielles en déployant une fantaisie souvent pleine d’humour. Tout part de la mystérieuse rencontre de deux hommes qui prennent le frais sur leur balcon par une chaude nuit. 

Photo : RTVE/Gallimard

Un beau soir caniculaire, le narrateur (Carlos Fuentes lui-même ?) se met à discuter de balcon à balcon avec son voisin, dont il se rend compte qu’il ignore tout, mais qui lui semble pourtant étrangement familier. Son visage (épais sourcils noirs, une moustache qui dissimule sa bouche) lui dit quelque chose. L’inconnu finit par se présenter : Federico Nietzsche. C’est le début d’un dialogue/monologue passionnant d’acuité, l’ultime feu d’artifice intellectuel de Carlos Fuentes. 

Il nous emmène dans un monde sans aucune frontière, où est passée la mondialisation, un monde qui est le nôtre et qui nous est étranger parce que décalé, un peu comme en peinture avec Le Greco qui, quand il peignait des corps allongés, partageait une autre réalité, une autre forme de réalisme. L’état du monde, ou d’une région du monde, et son évolution a toujours été au centre des préoccupations de l’auteur, au centre de tout ce qu’il a écrit depuis La plus limpide région il y a tout juste soixante ans. Sujet inépuisable qu’il a sans cesse renouvelé. 

Qu’il parle des enfants martyrisés dans leur famille (la petite Elisa qui se vengera en se trompant peut-être de cible), des syndicalistes qui trahissent leurs affiliés pour se rapprocher du pouvoir ou de la justice humaine (l’avocat nommé Azar qui ne sait plus s’il est là pour juger, pour accuser ou pour défendre), il fait une analyse, toujours au niveau humain, mais qui prend cette fois des proportions de la taille de la planète. 

Une de ses préoccupations de toujours, qu’il partage avec Nietzsche, est le pouvoir : qui y a droit, le peuple ou une poignée de personnes, comment le prend-on ou quelle est sa nature («Cette pureté est incompatible avec le pouvoir ?», se demande une des voix). Il revient sur ce thème longuement pour bien nuancer, jouer avec ses facettes, donner des exemples. 

Même sans être familier des œuvres de Nietzsche et de sa pensée, on en reconnaît certains aspects au passage : le surhomme (idée qui a été déformée par les proches du nazisme), la mort de Dieu et un monde sans Lui, l’éternel retour. Quant à Fuentes, qui dialogue avec l’ombre du philosophe et commente ses écrits, il devient une espèce de Machiavel ; un Machiavel qui ne serait plus un conseiller, mais l’observateur froid de ce qu’est devenue notre planète. 

Après une partie presque ludique, avec ses personnages symboliques bien dessinés qui se répondent non sans humour, la réflexion se fait plus serrée dans la deuxième moitié. Les grandes idées de Nietzsche et de Fuentes sont discutées, nuancées sans que ces notions essentielles ‒ la liberté, le destin, individuel ou national, la réalité de l’histoire, le libre arbitre parmi d’autres ‒ deviennent obscures ou même pesantes. 

On a parlé à propos de Federico à son balcon de testament littéraire ou idéologique. S’il est difficile d’en être certain (le décès de Carlos Fuentes a été très brutal), cet ouvrage est en tous cas une brillante confrontation avec sa pensée qu’il aura maintenue au plus haut jusqu’à la fin. 

Christian ROINAT 

Federico à son balcon de Carlos Fuentes, traduit de l’espagnol (Mexique) par Vanessa Capieu, éd. Gallimard, 384 p., 23,50 €. Carlos Fuentes en espagnol : les éditions Alfaguara ont publié, à Mexico et à Madrid, la plupart de ses œuvres romanesques. Carlos Fuentes en français : essentiellement aux éditions Gallimard 

Atahuallpa, le dernier empereur inca au cœur du nouveau roman du Lyonnais Gilbert Vaudey

Pizarro, Atahuallpa, le dernier empereur inca, la conquête éclair du Cuzco et de l’immense empire : l’histoire comme les personnages sont bien connus, du moins le croit-on. Gilbert Vaudey ne prétend pas avancer des découvertes sensationnelles ni révolutionner les connaissances acquises. Son nouvel ouvrage, qui n’est pas, nous dit-il, d’un américaniste mais simplement d’un passionné, apporte pourtant des points de vue tout à fait dignes d’intérêt.

Photo : Fête du livre de Bron

Après avoir brièvement restitué les derniers jours de la prise du pouvoir par Pizarro, l’auteur s’intéresse à ce que l’on sait de la personnalité d’Atahuallpa. Il le fait avec une modestie rare. Combien d’historiens patentés annoncent des exclusivités retentissantes qui ne se vérifient pas toujours ou qui sont démenties quelques années plus tard ? Ici, il se passe le contraire, à aucun moment il ne cache les lacunes des documents d’époque qu’il a soigneusement consultés et, lorsqu’il propose une théorie, il insiste sur l’inévitable subjectivité. Or, subjectivité ne veut pas dire automatiquement erreur !

Un des leitmotivs du livre est la volonté de remettre les faits dans un contexte de l’époque, de tâcher de laisser de côté la déformation, elle aussi inévitable pour les historiens, provoquée par une vision distante de plusieurs siècles. Par exemple, la cruauté avérée de certaines pratiques était-elle l’apanage des Incas ? Que se passait-il presque en même temps à la Cour papale ou à Florence ?

Il semble en revanche qu’il existe des «lois naturelles» qui touchent au pouvoir et à son utilisation politique, la première étant la soif de puissance qui domine certains êtres humains. Gilbert Vaudey tente dans son analyse de garder l’équilibre entre cette aspiration personnelle («j’ai besoin de conquérir un pouvoir absolu et, quand je l’ai, je ferai tout pour le conserver») et les conditions propres aux peuples d’Amérique latine, différentes des nôtres. Il réussit son projet, adopte ce recul nouveau malgré les nombreuses études existantes. Cela ne l’empêche pas, à d’autres moments, de faire preuve d’objectivité, par exemple quand il remet la puissance de l’Empire inca à son juste niveau, bien au-dessous de l’Empire aztèque de la même époque, ou de l’Empire maya des temps passés.

Le dernier chapitre, qui nous fait sortir de l’histoire à proprement parler, ne manque ni d’originalité, ni d’intérêt, sur l’exploitation dans divers domaines de la création, de la rencontre entre Pizarro et Atahuallpa. Sont cités et commentés le fameux air extrait des Indes galantes de Rameau ou un roman de Marmontel, pas des plus connus, mais qui joue avec la réalité historique pour la mettre à la mode de l’époque des Lumières, ou encore l’inévitable Inca Garcilaso, noble dans ses deux ascendances, indienne et espagnole, chez lequel il n’est plus du tout question d’objectivité, mais, et cela s’applique aussi à Gilbert Vaudey, de résurgences contemporaines d’un passé révolu.

Objectivité, subjectivité… Au fond, ces mots ont-ils un sens si ce qui domine indéniablement, c’est l’honnêteté ?

Christian ROINAT

Vie et mort de l’Inca Atahuallpa de Gilbert Vaudey, éd. Christian Bourgois, 176 p., 12 €.

«Femmes du chaos vénézuélien», un documentaire de la Franco-vénézuélienne Margarita Cadenas

De plus en plus de documentaires sortent en salles. Après le très beau Jericó, le vol infini des jours, de la Colombienne Catalina Mesa, sur les écrans depuis le 20 juin, c’est au tour de ce film, Femmes du chaos vénézuélien, réalisé par Margarita Cadenas, de dresser le portrait de cinq femmes vénézuéliennes.

Photo : Femmes du chaos vénézuélien

«Le projet de mon documentaire est né dans l’urgence, explique Margarita Cadenas, comme un devoir moral qui s’imposait à moi de témoigner de la situation actuelle au Venezuela. En tant que réalisatrice franco-vénézuélienne, je ne pouvais pas rester insensible ni inactive face à la crise majeure qui frappe mon pays. Un pays que j’ai connu par le passé riche, beau, prospère, et que je vois aujourd’hui sombrer de plus en plus dans le chaos.» 

«Dans mon enfance, le Venezuela était (et demeure) le pays dont la réserve de pétrole est la plus importante au monde, sans parler de ses autres ressources naturelles. C’était l’un des pays leader d’Amérique latine, avec un développement, une croissance économique et des avancées technologiques impressionnantes. C’était une sorte de « terre promise ». Aujourd’hui, le pays vit la plus grande crise de son histoire.» 

«Même si je me suis beaucoup investie émotionnellement dans le film, mon but était de transmettre un constat objectif sur la situation insupportable que vivent les Vénézuéliens, plongés dans un climat politique asphyxiant et une émigration massive. J’ai suivi cinq femmes fortes dans leur vie de tous les jours avec l’idée que chacune d’entre elles incarnaient un aspect du dysfonctionnement de la société vénézuélienne. Trois d’entre elles se battent à présent pour leur survie dans un pays au bord de l’anarchie. Les deux autres sont parties construire un avenir plus sûr dans un autre pays…» 

«Cependant, le film a une certaine dimension subversive étant donné que l’armée nous avait formellement interdit de filmer l’intérieur des hôpitaux ou les enseignes des supermarchés, nous obligeant à filmer de manière clandestine. Toute critique jugée « antipatriotique » était également interdite à l’enregistrement. Pour ces raisons, l’équipe technique a préféré rester dans l’anonymat.» 

Chacune de ces femmes représente un problème majeur de la crise : la pénurie alimentaire, le manque de moyens dans les hôpitaux, les prisonniers politiques, le manque d’eau, l’injustice et la délinquance. Elles se sont livrées sans masque. On voit aussi la vie à Caracas dont le seul travail devient la recherche d’un moyen pour survivre, souvent de petits trafics. On achète ce que l’on trouve, même si on n’en a pas besoin, pour faire ensuite du troc avec d’autres produits, comme le montre la séquence sur le trafic des couches. Par rapport aux difficultés des citoyens, on entend à la radio la langue de bois du pouvoir. Depuis le début du tournage, la situation a encore empiré.

À l’écran depuis le 4 juillet, le film est soutenu par Amnesty International et Human Right Watch. Il a participé à de nombreux festivals internationaux de films documentaires et de droits de l’homme (Prague, Genève, Londres, Copenhague, Francfort, La Hague, New York).

Alain LIATARD

Pour plus d’informations sur le film, visitez le site qui lui est dédié : https://www.femmesduchaosvenezuelien.com

Villa Verde, le quartier chilien qui se tourne vers l’architecture sociale d’Alejandro Aravena

Dans la ville de Constitución, en plein centre du Chili, le quartier de Villa Verde est devenu pionnier en terme de construction de logements sociaux modulables une fois installés. Après le tremblement de terre et le tsunami qui ont dévasté la ville en 2010, l’architecte Alejandro Aravena a imaginé un nouveau type de logements sociaux pour la reconstruction de la ville : des «demi-maisons» avec un espace disponible que les habitants peuvent compléter eux-mêmes quand ils le veulent et comme ils le veulent.

Photo : Elemental

La seconde moitié de ces maisons peut-être complétée bien après l’installation des habitants. «Et donc, avec le matériel que tu choisis, tu peux donner de l’originalité à ta maison» explique Rosa, qui réside désormais dans ce type de logement.

C’est une idée «made in Chili» qui permet de construire davantage de logements sociaux. À Constitución, c’est tout un quartier qui a misé sur les «demi-maisons» d’Alejandro Aravena. Chacune d’entre elles dispose de tout le nécessaire pour que les gens s’y installent. Le rez-de-chaussée est composé d’une cuisine et d’une salle de bain et l’étage dispose de deux chambres. La seconde partie de la maison, composée elle aussi de deux étages, peut-être construite et aménagée à tout moment.

Ainsi les résidents peuvent agrandir leur maison dès qu’ils en ont les moyens. Bien sûr, ce n’est pas obligatoire, mais à Villa Verde, sur les cinq cents maisons construites, une grande majorité a déjà été complétée. «C’est ce que j’ai préféré, pouvoir construire ma maison comme je le veux, l’agrandir si je le voulais» explique Rosa. Ces maisons sont prévues pour quatre personnes.

Carmen a quant à elle une famille de six personnes, mais elle préfère vivre dans ce type de maison plutôt que dans un appartement. «Il y a des gens qui n’ont jamais prétendu à avoir une maison, parce qu’ils n’en avaient pas les moyens, et parce qu’il y a beaucoup plus d’appartements disponibles que de maisons. Mais dans une maison, tu peux au moins avoir un petit chien, alors que dans un appartement tu ne peux rien faire.»

Des «demi-maisons» fondées sur ce modèle ont déjà été construites au Ghana, en Afrique du Sud, en Thaïlande et au Mexique. Et si elles arrivaient dans ton quartier ?

D’après BBC News,
retranscrit et traduit de l’espagnol par Laura CHANAL

«Zama», un film argentin réalisé par Lucrecia Martel d’après le roman d’Antonio Di Benedetto

XVIIIe siècle. Le magistrat espagnol don Diego de Zama, isolé dans le Gran Chaco, espère une lettre du vice roi du Río de la Plata signifiant sa mutation pour Buenos Aires. Souffrant de l’éloignement de sa famille, de l’ennui de son travail de fonctionnaire et du manque de reconnaissance de sa hiérarchie, son impulsivité et son manque de sens des relations sociales le conduisent d’échec en échec. Il vit dans un état second qui finit par entraîner chez lui une fièvre tropicale l’emportant de plus en plus loin de la réalité. Sa plongée dans la folie est exprimée par de subtiles nuances à la fois brillantes et inquiétantes. Superbement filmé, ce film historique propose une critique incisive des préjugés sociaux et raciaux qui trouve une forte résonance contemporaine.

Photo : Zama/Sens Critique

Lucrecia Martel est une grande cinéaste et c’est peut-être ce coté Désert des Tartares qui l’a intéressée dans le roman d’Antonio Di Benedetto publié à l’origine en 1956 et récemment réédité. Comme toujours chez Lucrecia Martel, le rythme est lent, les cadrages serrés, le montage très travaillé. Formellement, l’image est très belle, opposant les intérieurs très sombres et les personnages confinés à la beauté des extérieurs extrêmement bien choisis. Puis l’image devient différente lorsque le protagoniste quitte son travail pour se lancer dans des endroits insalubres.

C’est donc une œuvre remarquable, un peu rigide, dont la beauté formelle est à couper le souffle. Ce n’est que le quatrième film de la réalisatrice qui avait commencé sa carrière avec des courts métrages. En 2001, elle réalise son premier long métrage, La Ciénaga. Son second film, La Niña santa, portrait d’une adolescente, est présenté en compétition à Cannes en 2004. Elle est d’ailleurs membre du jury présidé par Wong Kar-wai en 2006. Elle y présente en 2008 son troisième long métrage, La Femme sans tête. Elle enseigne le cinéma et a une énorme influence sur les cinéastes argentins et latino-américains actuels.

«Lorsque j’ai terminé La Femme sans tête, explique Lucrecia Martel, j’ai eu la sensation d’arriver au bout de quelque chose. Par ailleurs, je souhaitais m’immerger dans le monde d’autres auteurs avec, dans un premier temps, l’adaptation de la bande-dessinée El Eternauta (L’Éternaute), puis celle de Zama. La spécificité de Zama est que ce roman est une véritable invention linguistique ; dans l’ordre des mots, dans les temps utilisés, il y a un pouvoir à l’œuvre qui a de lourdes conséquences sur le corps. Je m’en suis rendue compte à l’écriture des dialogues. Toute l’équipe a travaillé à reconstituer l’esprit de Di Benedetto. Nous n’avons pas hésité à inventer notre XVIIIe siècle […]. Nous voulions des lieux d’époque, mais pas seulement. Nous avons constitué une équipe de Brésiliens : Karen Pinheiro et ses amazones nous ont apporté l’architecture religieuse de la région de la Chiquitanía, mais nous l’avons utilisée pour des bâtiments non religieux. Karen a également utilisé les couleurs des sables d’Empedrado, dans la province de Corrientes. Le bâtiment gouvernemental a été filmé à Chascomús, en plein hiver

En salle le 11 juillet !

Alain LIATARD

MúsicaOcupa, le festival qui s’approprie les lieux insolites de la capitale équatorienne

Du 5 au 16 juin derniers, la ville de Quito en Équateur a accueilli MúsicaOcupa, un festival de musique classique qui se déroule dans des endroits insolites. Pendant près de deux semaines, les 3000 spectateurs présents ont pu profiter de 11 concerts et de 10 présentations spontanées dans les 18 lieux investis à cette occasion. Pour cette 2édition du festival, ce sont 21 musiciens nationaux et 11 invités internationaux qui ont répondu présent. 

Photo : MúsicaOcupa

Le festival MúsicaOcupa est une organisation à but non lucratif dont l’objectif est de promouvoir et d’assurer la prolifération de la musique classique en Équateur. En choisissant de se produire dans des lieux insolites, elle vise à rendre accessible la musique aux personnes issues de communautés qui ne disposent pas forcément de ressources pour participer aux concerts formels. Ainsi elle croit en l’importance de la musique dans le développement social et culturel de son pays et c’est pour cette raison qu’elle a fait le choix de créer des espaces pour que les personnes cultivent leur passion pour cet art ou apprennent à l’apprécier. 

Selon les organisateurs du festival, «l’Équateur a besoin d’une plus forte diffusion culturelle qui puisse toucher un public plus large. Nous sommes engagés dans le but d’utiliser ce projet comme un outil pour décentraliser et démocratiser l’accès à la musique classique. Celle-ci ne doit pas seulement être jouée dans les grands théâtres mais doit être disponible pour ceux qui veulent la découvrir et en profiter».

Cette année, pendant deux semaines, de nombreux espaces insolites de la ville de Quito comme le cimetière de San Diego, le centre de réhabilitation de Latacunga ou le marché des Arenas, ont été la scène de concerts et de présentations lors desquels les spectateurs ont pu profiter d’un répertoire varié composé de pièces musicales du baroque classique ainsi que d’œuvres équatoriennes contemporaines.

Pour cette deuxième édition du festival, ce sont les talents locaux qui ont prédominé sur scène. Plusieurs groupes équatoriens comme InConcerto, Vientos mitad del mundo, Mozart k911 string quartet, Quito brass quintet et Royal brass ont animé la quinzaine. La programmation ne s’arrête pas là puisque des musiciens venus tout droit d’Uruguay, du Brésil, du Chili, d’Australie ou encore d’Espagne étaient également invités. 

De l’Opéra Européen aux rues d’Amérique Latine

Depuis que l’Équateur considère la musique classique comme un facteur culturel favorable au développement social du pays, de nombreuses autres initiatives commencent à fleurir partout en Amérique latine. À São Paulo au Brésil, le festival Ilumina a pour philosophie de faire de la musique classique une révolution musicale. De l’autre côté du continent, le Festival international de musique de Carthagène des Indes en Colombie fait dialoguer de manière harmonieuse la musique classique et les influences européennes et latino-américaines. On pense également au festival de musique classique et latino-américaine La Rioja.

Mais il faut savoir que la prolifération de la musique classique en Amérique latine ne s’arrête pas là. Pour les férus de ce genre musical, il existe un site web nommé Bachtrack, en lien avec l’organisation culturelle colombienne «Gestar Cultura», sur lequel on peut revoir des spectacles latino-américains et dont l’objectif est de tenir informés les utilisateurs des concerts, festivals et autres manifestations de ce type en Amérique latine.

Margarita CARRASQUILLA

Plus d’informations sur le festival MúsicaOcupa
Pour accéder au site de Bachtrack 

À vos agendas ! Le Brésilien Caetano Veloso en concert à Lyon et à Paris

Chaque semaine, nous réservons un espace dédié aux événements et aux invitations. Il vous suffit de nous envoyer un courrier électronique avec des informations susceptibles d’intéresser nos internautes en indiquant simplement le titre de votre manifestation, le lieu, la date et l’heure, un visuel et un contact. Le temps fort de cette semaine se déroulera successivement à Lyon et à Paris. Les 5 et 7 juillet prochains, le chanteur brésilien Caetano Veloso se produira d’abord à Lyon, dans le cadre des Nuits de Fourvière, puis au Grand Rex à Paris. Pour le reste des semaines du 23 juin au 6 juillet, voici notre sélection.

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VENDREDI 29 JUIN – 21H — PARIS — CONCERT

Hommage à Mercedes Sosa à la MAL par les musiciens Martín Oliva et Lucas Velich

Martín Oliva vient de Córdoba (Argentine), accompagné pour la première fois à Paris de son complice le guitariste Lucas Velich avec lequel il parcourt les scènes les plus prestigieuses de la musique populaire argentine et latino-américaine. Un voyage musical à travers les régions, les paysages et les réalités sociales du continent latino-américain… avec le chanteur argentin qui fut l’ami et partenaire de Mercedes Sosa. Artistes invités : Pelu Merco (voix), Fermín Juarez (percussion) et Emilio Ortecho (basse électrique). Plus d’infos

SAMEDI 30 JUIN — AIX-EN-PROVENCE — BRÉSIL

La Roda propose une semaine autour des expressions brésiliennes au Château de l’Horloge 

Le samedi 30 juin 2018, au Château de l’Horloge, la Roda et ses adhérents vous invitent à venir découvrir ou redécouvrir la musique populaire brésilienne. Nous vous donnons rendez-vous à partir de 16h avec, au programme : projection du film Na Rodas do Choro (Dans les Rondes du Choro) de Milena Sà ; un documentaire qui traverse l’univers du choro, en mettant l’accent sur les processus de transmission de cette musique typiquement brésilienne. Concert-Roda, un atelier de choro, un «brin de causette», Roda des enfants dans le parc, restauration Roda de samba. Infos et réservations

DÉBUT JUILLET — GRANDS CONCERTS D’ÉTÉ

Caetano Velozo aux Nuits de Fourvière à Lyon et au Grand Rex à Paris Réservations ouvertes

En France, c’est en 2002 que Caetano Veloso crève l’écran, grâce à sa délicieuse reprise de Cucurrucucú Paloma dans Parle avec elle de Pedro Almodóvar. Le grand public découvre alors ce chanteur étourdissant de génie, à la fois héritier des classiques (Tom Jobim, João Gilberto) et inventeur de formes – il fut le principal artisan du tropicalisme, qui rénova en profondeur les musiques brésiliennes. À 75 ans, Caetano nous embarque dans une nouvelle aventure en compagnie de ses trois fils, Moreno, Zeca et Tom. Tout Veloso est là, résumé dans ce qui promet d’être un sommet de musicalité. Infos Nuits de Fourvière et Grand Rex

MERCREDI 3 JUILLET — 19H — PARIS — LITTÉRATURE

«Aucune pierre ne brise la nuit» par Frédéric Couderc aux éditions Héloïse d’Ormesson

En 1998, Gabriel et Ariane se croisent dans un musée du Havre, face à l’œuvre d’un figuratif argentin. Ils l’ignorent encore, mais l’Argentine et l’amour viennent de se poser là, entre eux, faisant resurgir les fantômes du passé. Assis sur un axe Paris-Buenos Aires, la tragédie des «vols de la mort», les complicités innombrables de la France et d’anciens de l’OAS, Frédéric Couderc livre un roman bouleversant, dans lequel une folle histoire d’amour cherche la vérité. Présentation animée par le Collectif argentin pour la mémoire, à la Maison de l’Amérique latine de Paris. Plus d’infos

JUSQU’AU 7 JUILLET — LILLE ET SES ENVIRONS — PHOTOGRAPHIE

Suites des manifestations «Ola Cuba !» – Exposition des photographies d’Alejandro González

Dans le cadre de son partenariat officiel avec Auchan Retail, lille3000 a imaginé une exposition itinérante afin de connecter un nouveau public à la photographie d’art dans les hypermarchés et galeries marchandes Auchan de la métropole lilloise, ainsi que le centre commercial V2. L’exposition se présentera sous forme de cubes sur lesquels seront affichées des clichés du photographe cubain Alejandro GonzálezPlus d’infos

LES 6, 7 et 8 JUILLET — LYON — RÉFLEXIONS ET ÉCHANGES 

Trois jours de dialogues en humanité au parc de la Tête d’or à Lyon

Le mouvement des Dialogues en humanité a germé à Johannesburg en 2002. Il s’agit d’un forum mondial sur la question humaine, dont l’objectif est de sortir de l’impuissance et de l’indifférence. Que ce soit à Lyon ou sur tous les continents, le mouvement permet chaque année, sur une durée d’un à trois jours, de réunir dans la bienveillance et la convivialité des citoyens du monde entier de tous âges et de tous horizons pour tisser des liens et agir ensemble. Dans la riche programmation de cette année, nous prêtons attention à la pièce Papa est dans l’Atlantide du dramaturge mexicain Javier Malpica par Les Curieux Polyglottes. Plus d’infos

DU 25 AU 29 JUIN — EN DIRECT DU PARLEMENT EUROPÉEN

Cinq députés européens se rendent en Colombie et au Brésil pour étudier les conditions des Vénézuéliens

Le Venezuela a sombré dans une crise politique, économique et humanitaire sans précédent. La semaine prochaine, cinq députés européens se rendront en Colombie et au Brésil pour étudier sur le terrain la situation humanitaire aux frontières avec le Venezuela. La délégation visitera des postes frontières et rencontrera des représentants des autorités locales, régionales et nationales, ainsi que des organisations internationales et des ONG en charge de gérer l’afflux de citoyens vénézuéliens fuyant vers les pays frontaliers. Plus d’infos

EN LIBRAIRIE 

Un numéro spécial été de la revue littéraire «Europe» consacré à l’écrivain chilien Roberto Bolaño

Depuis 1923, Europe est une revue littéraire d’audience internationale. Sa dernière édition (n° 1070-71-72) est consacrée à l’écrivain chilien Roberto Bolaño (1953-2003), figure majeure de la littérature contemporaine, dont l’œuvre est traduite dans le monde entier et dont le rayonnement ne cesse de s’accroître. Pour sa part, Philippe Lançon, dans le journal Libération de ce samedi 23 juin, propose une chronique sur Bolaño, chevalier troubadour raconté par ses compagnons de route. Plus d’infos

ÉCHOS DE PRESSE 

José Luis Fuentes, un architecte chilien en charge de la Tour Eiffel

Plan vigipirate oblige, depuis les attentats de novembre 2015, la Tour Eiffel est entouré d’un important périmètre de sécurité permettant de filtrer ses visiteurs. Une nécessité sécuritaire peu esthétique, qui avait malheureusement tendance à entacher la majesté de ce monument visité par sept millions de touristes par an. Le Chilien José Luis Fuentes a alors imaginé une structure de verre de 3 mètres de hauteur et de 6,5 cm d’épaisseur, capable de résister à tout impact, y compris celui des balles, conformément aux règles requises par la préfecture de police de la ville de Paris. Plus d’infos

EXPOSITION INTERACTIVE

(Re)découvrez l’œuvre et la vie de l’artiste mexicaine Frida Kahlo sur Google Arts & Culture

Google Arts & Culture consacre en ce moment une exposition interactive baptisée Face of Frida, entièrement consacrée à l’œuvre de Frida Kahlo. Articles thématiques, expositions en ligne, un regard intime sur sa vie à travers ses écrits et celui d’autres artistes, divers témoignages… : plongez dans la vie de Frida Kahlo (les moments heureux, douloureux et tragiques) à travers ses œuvres. Une façon originale de (re)découvrir l’œuvre de l’iconique peintre mexicaine. Voir l’exposition interactive

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