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Culture

Affiches cubaines – « Révolution et Cinéma », une conférence au Musée des Arts Décoratifs de Paris

Le Musée des Arts décoratifs de Paris dans le cadre l’exposition « Affiches cubaines – Révolution et cinéma » propose le mercredi 27 novembre prochain avec plusieurs spécialiste sur l’Amérique latine dont Olivier Compagnon, professeur d’histoire contemporaine, directeur du CREDA (Centre de recherche et de documentation sur les Amériques) et Eduardo Manet, écrivain cubain.

Photo : Musée des Arts décoratifs de Paris

Soixante ans après la révolution à Cuba, le musée des Arts Décoratifs dévoile, dans une exposition, l’âge d’or de l’affiche cubaine des années 1960 et 1970 dans un contexte culturel et politique dont les artistes se sont emparés. Longtemps méconnue en raison du blocus et de l’isolement de Cuba, cette école stylistique commence tout juste à sortir du huis clos dans lequel elle s’est construite. « Affiches cubaines. Révolution et Cinéma » propose d’explorer cette effervescente production graphique à travers 250 affiches, principalement issues des collections du musée. Elle permet de découvrir et de comprendre l’éclosion de cette grande école d’affichistes et de suivre, à travers elle, l’histoire de l’État insulaire. Cette table ronde permettra d’évoquer le contexte historique, politique et culturel dans lequel s’est développé l’âge d’or de l’affiche à Cuba.

Intervenants : Olivier Compagnon, professeur d’histoire contemporaine, directeur du CREDA (Centre de recherche et de documentation sur les Amériques) ; Amélie Gastaut, conservatrice et commissaire de l’exposition « Affiches cubaines. Révolution et Cinéma » ; Magali Kabous, maître de conférences, Département d’Études des Mondes Hispanophone et Lusophone, Université Lumière-Lyon 2 ; Darius Kaufmann et Eytan Jan, documentaristes auteurs de À la chaleur des années froides et Eduardo Manet, écrivain.

Musée des Arts Décoratifs, 107-111, rue de Rivoli 75001 Paris. – madparis.fr

Temps fort à la Maison d’Amérique latine de Paris en novembre entre livres et expositions

Sur le site de la Maison de l’Amérique latine de Paris dans l’agenda mensuel elle propose une riche programmation dont nous soulignons ici deux moments forts : l’exposition de photo de l’artiste argentin Miguel Rothschild et la Tribune des fictions du mercredi 20 novembre. 

Photo : MAL217

À partir du 15 octobre, la Maison de l’Amérique latine de Paris, et dans le cadre de Photo Saint-Germain, offre son espace d’exposition du rez-de-chaussée à l’artiste argentin Miguel Rothschild qui produit à cette occasion une création inédite. Installé à Berlin depuis le début des années 1990, Miguel Rothschild développe une œuvre composite mêlant installation, sculpture, verre, matière organique et photographie. Si au début de sa pratique, la performance tient une place importante, il s’en éloigne au fil des années, pour aborder d’autres supports comme la photographie n’hésitant pas à la brûler ou à la trouer.  

Le mercredi 20 novembre à 19 h, la Tribune des fictions animée par Patrick Straumann. Une rencontre bimestrielle consacrée à l’actualité éditoriale et aux nouvelles voix de la littérature de fiction d’Amérique latine. Les romans et récits présentés seront discutés en présence des auteurs ou de leurs traducteurs. Invités : Santiago Amigorena (Argentine), pour son livre Le Ghetto Intérieur, P.O.L. Éditeur,· Matthieu Dosse, pour le livre Le soleil sur ma tête de Geovani Martins (Brésil), éd. Gallimard, dont il a assuré la traduction. Également au programme :· Parmi d’étranges victimes, de Daniel Saldaña Paris (Mexique), Editions Métaillé. 

D’après le site
MAL217

Le 41e festival des 3 Continents de Nantes propose 93 films avec un programme polymorphe et inédit

Du 19 au 26 novembre le Festival des 3 Continents propose, comme chaque année depuis 1979, un autre regard sur le cinéma et sur le monde à travers une sélection unique de films de fictions et de documentaires d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Organisé Les 3 Continent, associations à but non lucratif et déclarée d’utilité́ publique. Pour sa 41e édition, à travers 93 films dont 23 courts métrages, elle propose un programme résolument polymorphe et souvent inédits, ouvert sur toutes les formes de cinéma, passées, présentes, populaires, spectaculaires, originales. 

Photo : Festival des3 Continents

Cette année, neuf films concourent en compétition. Produits en 2019, ils sont présentés à Nantes en première française ou mondiale. Au programme, cinq fictions dont un film d’animation et quatre documentaires venus d’Afrique, d’Amérique et d’Asie. Ils seront soumis à l’appréciation d’un jury de professionnels (chargé de décerner la Montgolfière d’or et la Montgolfière d’argent). Un Prix du public (Prix Wik-Fip du Public) et celui d’un Jury Jeune (Prix du Jury Jeune) seront également attribués.  

Des avant premières  

Abou Leila de Amin Sidi-Boumedine (Algérie) En présence du réalisateur. Algérie, 1994. Lotfi et S., deux amis d’enfance, traversent le désert à la recherche d’Abou Leila, un dangereux terroriste. La poursuite semble absurde, le Sahara n’ayant pas encore été touché par la vague d’attentatsNina Wu de Midi Z (Taïwan) en présence du réalisateur et de l’actrice Wu Ke-XiUn film sur l’exploitation des femmes dans l’industrie du cinéma en suivant la première audition de Nina (Wu Ke-Xi, également coscénariste du film) pour un long métrage à gros budget. Le père de Nafi de Mamadou DIA (Sénégal). Deux frères se disputent à propos du mariage de leurs enfants. Le rôle de père de Thierno et sa responsabilité́ de guide spirituel sont en conflitTu Mourras à  vingt ans de Amjad Abu Alala (Soudan) : Soudan, province d’Aljazira, de nos jours. Peu après la naissance de Mozamil, le chef religieux du village prédit qu’il mourra à 20 ans. Le père de l’enfant ne peut pas supporter cette malédiction et s’enfuit. Un jour, Mozamil a 19 ans…  

Aspects du cinéma costaricain 

Petit pays d’Amérique centrale, le Costa Rica cultive également de véritables ambitions cinématographiques. Ce sont ses singularités (parmi lesquelles la place prépondérante des femmes dans l’industrie cinématographique) qui orienteront les lignes de ce programme composé de huit films. (Photo El Camino de Ishtar Yasin Gutierrez) Avec le soutien de Procomer – Esencial Costa Rica  

Retrouvez plus d’informations sur le site: https://3continents.festicine.fr/fr/program-guide/jour/19-11-2019  – www.3continents.com  

Eduardo Halfon : « Halfon, Boy » une nouvelle au design soigné aux éditions Table Ronde

Une perle inédite, dans un très joli mini-écrin, la nouvelle collection des éditions de la Table Ronde, la « nonpareille » : une seule nouvelle qui occupe un petit livre au design soigné. Sylvia Plath a inauguré la série et Emma Cline suit immédiatement Eduardo Halfon.

Photo : éd. Table Ronde

La paternité, un sujet inépuisable. Ici, la réussite c’est de faire tenir l’inépuisable en une trentaine de pages à peine. Le narrateur, « allergique, déséquilibré, chauve et névrosé », vit dans le Nebraska où il est traducteur et, probablement, auteur. Il n’a pas envie d’avoir un enfant, mais voilà que se pointe un grain de raisin qui s’appellera Leo.

L’achèvement de la traduction entreprise correspond à la date prévue pour la naissance. Curieusement l’auteur qu’il traduit, le poète nord-américain William Carlos Williams, avait vécu exactement la même situation (lui traduisait du Lope de Vega vers l’anglais).

Accompagner la future naissance, du grain de raisin à l’accouchement, reprendre le texte d’un autre pour le faire sien, puis l’offrir au monde, est-ce tellement différent ?

Il paraît (tous les éditeurs le disent) que la nouvelle, le cuento hispano-américain ou espagnol, n’intéresse pas les Français. Quand on lit Halfon, Boy on ne peut que le regretter (si la chose est bien vraie). Passer à côté d’un tel bijou n’est pas tolérable !

Christian ROINAT

Halfon, Boy d’Eduardo Halfon, traduit de l’espagnol (Guatemala) par David Fauquemberg, éd. La Table Ronde, 48 p., 4,50 €. Eduardo Halfon en français : Saturne, éd. Verdier / La pirouette / Monastère / Le boxeur polonais / Signor Hoffmen / Deuils, éd. La Table Ronde.

« Temporada », film brésilien de André Novais Oliveira en salle ce 20 novembre

Pour prendre un nouveau poste d’employée au service municipal de la propreté, afin de lutter contre la dengue, Juliana quitte les quartiers du centre-ville d’Itaúna pour la métropole de Contagem, près de Belo Horizonte, au Brésil. Tandis qu’elle attend que son mari la rejoigne, elle s’adapte à sa nouvelle vie, fait des connaissances, s’ouvre à de nouveaux horizons et essaie de surmonter son passé.

Photo : Allocine

« L’idée originale m’est venue de ma propre expérience, lorsque j’ai effectué exactement le même travail que le personnage principal. C’était il y a dix ans et ça a duré six mois. Travailler comme agent de contrôle des endémies m’a aidé à mieux comprendre la réalité du voisinage dans lequel j’ai grandi, celui qu’on voit dans le film. Cela a modifié mon regard sur cet endroit et sur les gens ; j’ai pris conscience de la richesse de cet environnement, rempli d’histoires et d’expériences diverses. C’est ce qui m’a motivé à faire ce film, ainsi que la possibilité de collaborer avec quelques-uns des employés que j’ai rencontrés à l’époque (certains d’entre eux jouent une version d’eux-mêmes dans le film). » Il a voulu «dépeindre ce quartier avec ses propres couleurs caractéristiques. Ce sont des lieux lumineux, colorés, avec quelques couleurs fortes selon l’endroit où votre regard se pose. Avec les rayons du soleil, tout devient plus intense, plus beau, et j’ai pensé qu’il était intéressant de souligner la beauté d’un lieu qui n’est pas traditionnellement considéré comme beau.»

Nous suivons Juliana, magnifiquement interprétée par Grace Passô qui se retrouve dans cette ville qu’elle va découvrir, et qui lui fait oublier son drame personnel et établir des relations avec ses collègues. Elle change de coiffure et devient plus à l’aise.

Grace Passô a commencé à écrire des pièces après avoir étudié le théâtre à Belo Horizonte : «je voulais créer un espace symbolique dans lequel les gens comme moi, ceux que je connaissais, pourraient exister, où mon univers pourrait être conceptualisé.» Dans la culture brésilienne, il est toujours difficile aux Noirs de se faire une place.

Dans notre cas ajoute André Novais Oliveira, «le fait d’avoir trois cinéastes noirs de la banlieue comme partenaires fondateurs (de notre société de production) et tous désireux de tourner des films dans et autour de la banlieue, c’est notre façon de nous installer à notre place.»

Le rythme du film est assez lent, a obtenu de nombreux prix, mais nous nous laissons porter par la grâce de Grace Passô. Temporada, drame brésilien d’André Novais Oliveira. 112 minutes. Sortie le 20 novembre.

Alain LIATARD

Rencontre avec Gael García Bernal au festival Lumière de Lyon d’octobre dernier

Plus de 200 000 personnes se sont rendues dans les salles lyonnaises lors de l’édition 2019 du festival Lumière entre le 12 et le 20 octobre.  
Pour ce dixième anniversaire, à côté des rétrospectives (le cinéaste André Cayatte, le cinéma américain des années trente avant le code de censure, la cinéaste italienne Lina Wertmuller…), des hommages étaient rendus à des personnalités, cinéastes comme Marco Bellochio dont on peut voir actuellement son film magnifique  
Le traitre, Ken Loach, la Palme d’or cannoise Bong Joan-ho, ou des acteurs comme Frances McDormand, Daniel Auteuil, Donald Sutherland. En ce qui concerne l’Amérique latine, Gael García Bernal était invité pour parler de ses films comme acteur et présenter sa seconde réalisation Chicuarotes. 

Photo : Wikipedia

Né et élevé à Guadalajara, Gael García Bernal a commencé sa carrière d’acteur dans les telenovelas mexicaines avant de jouer dans le film « Amores Perros » pour Alejandro González Iñárritu en 2000, nominé aux Oscars. Bernal a déclaré que jouer pour Alejandro González Iñárritu, et Alfonso Cuarón l’ont aidé à préparer à devenir réalisateur. Pour « Amores perros » les conditions de tournage étaient très difficiles car ils n’avaient de pellicule que pour une seule prise, et parfois en milieu de journée, il n’y en avait plus.  

Pour « Y Tu Mamá También (2001) » de Cuarón c’est « l’une des meilleures expériences que j’ai jamais vécues ». C’est par le biais de Cuarón que Bernal a également commencé à envisager un rôle différent, cette fois derrière la caméra. « Bien sûr, j’ai toujours aimé le cinéma, mais je n’ai jamais pensé à diriger un film ». Il a ajouté : « Ce genre de camaraderie et cette fraternité c’est quelque chose que j’aime beaucoup. Je veux que tous les films soient comme ça, dans cette dynamique. » 

Bernal a fait ses débuts de réalisateur à l’âge de 24 ans avec «Deficit», mais il mettra plus de dix ans à tourner son deuxième long métrage, un temps qu’il passera à devenir père et à collaborer avec des artistes tels que Iñárritu, Cuarón, Pedro Almodóvar («Mauvaise éducation» dont il ne garde pas un très bon souvenir), Walter Salles (« Carnets de voyage » qui lui a fait découvrir le monde politique), Pablo Larraín (« Neruda » et « No »),Michel Gondry («La science des rêves») et Jim Jarmusch («Les limites du contrôle»). Il a approfondi sa compréhension de la relation entre les deux aspects du métier. « Les acteurs ressemblent à un groupe de Frankenstein qui sont mis ensemble », a-t-il déclaré. « C’est la responsabilité du réalisateur de nous faire ressembler à des génies ». 

A propos de « Chicuarotes», présenté en première mondiale à Cannes (et qui n‘a pas pour l’instant de distributeur en France), il a expliqué que le film se déroule à San Gregorio Atlapulco, dans la banlieue de Mexico et raconte l’histoire de deux adolescents qui décident qu’une vie de crime est le seul moyen de sortir de la pauvreté qui les entoure. 

« Je voulais vraiment savoir d’où venait la violence…D’autre part, je voulais voir ce qu’il en est de réaliser un film où le personnage principal n’a pas grandi avec amour. Parce que j’ai grandi dans le sens opposé. » Il a poursuivi : « Ceux qui portent le message d’espoir dans le film, ce sont les petites filles. Au cours de l’histoire, nous ne les avons pas écoutées du tout. » 

 Bernal a salué la renaissance actuelle du cinéma mexicain, qui a remporté les Oscars pour Iñárritu, Cuarón et Guillermo del Toro (« La forme de l’eau »). « Nous exerçons notre liberté comme nous ne l’avions jamais fait auparavant », a-t-il déclaré, contrastant avec les périodes passées de censure des artistes mexicains. « Nous avons une chance d’exercer vraiment notre liberté, et c’est finalement notre responsabilité avec les films que nous réalisons. » Il place vraiment son espoir dans l’avenir qui rompra avec les attaches au passé et avec la violence et la misère. 

Alain LIATARD

Ainsi à 40 ans, Gael García Bernal a tourné dans une cinquantaine de films, en a produit une quinzaine et en a réalisé deux. Il été très applaudi en particulier par un groupe d’étudiants mexicains qui ont pu ainsi approcher leur idole. 

Festival Lumière de Lyon : Site 

« Les Curieux Polyglottes » à Lyon… et « Que tal América del Sur » à Ecully

Depuis trois ans, l’association Les Curieux Polyglottes réunit à Lyon les cultures et les langues du monde entier. Autour du théâtre, la musique, l’association organise plusieurs événements, dont une célébration d’anniversaire le vendredi 15 novembre. Dans la même semaine et depuis le 8 novembre, Cin’Ecully propose des séances des films d’Amérique du sud. 

Photo : Les Polyglottes

L’association Les Curieux Polyglottes a été créé à Lyon en août 2016. En privilégiant des thématiques sociétales d’actualité, son objectif est de promouvoir les auteurs  et compositeurs contemporains francophones ou étrangers, par le biais de lectures mises en jeu et de spectacles, bilingues ou non, de petit format. Les professionnels du spectacle de la région ARA sont engagés, en priorité. Elle fête ce vendredi 15 novembre ses trois ans avec de rencontres musicales et théâtrales.

En 2016, « Les Curieux Polyglottes » ont représenté l’adaptation théâtrale Tejas Verdes, l’heure de la vérité a sonné d’après le dramaturge espagnol Fermin Cabal, à l’Amphi Opéra de Lyon, et à Genève pour l’rganisation mondiale contre la torture en 2017. Plusieurs lectures d’autres textes ont été représentées en 2017 et 2018.  

Le 15 novembre 2019, en partenariat avec la Mairie de Lyon 4ème et Les Nouveaux Espaces Latinos, Les Curieux Polyglottes organisent des « Rencontres Musicales et Théâtrales » autour du mexicain Javier Malpica, de l’argentin Juan Diego Botto et la lyonnaise Katherine Battaiellie. Ces lectures d’extraits seront assurées par les actrices.eurs Virginie HardillierMarie FernandezRaymonde PalcyEmmanuel AmadoTristan BruemmerDiego Martinez et la violoncelliste Lucie Lacour. Mise en jeu : Chris Berna

M. N.

Vendredi 15 novembre, 18 h 30. Entrée libre. Buffet offert. Salle de la Ficelle, 65 Bd des Canuts – 69004 Lyon. Réservation conseillée :  lescurieuxpolyglottes@gmail.com.  

« ¿ Que tal América del Sur ? » : Un évènement culturel en résonnance avec l’actualité

Le journal Le Progrès de Lyon publie un article sur la cinquième édition du festival latino-américain que l’association Cin’Ecully propose cette semaine sur la région de Lyon.

Henri Gautron a des raisons particulières de s’intéresser à l’Amérique du Sud : avec son épouse Brigitte, bien connue de ceux qui ont fréquenté la bibliothèque des Sources dont elle fut la responsable jusqu’à l’été dernier, il a là-bas un bout de son cœur. L’un de leur fils s’est établi à Buenos Aires, et leur petit-fils a la nationalité argentine. Mais le contexte socio-politique actuel du sous-continent donne tout son intérêt à la 5ème édition du festival latino-américain que son association Cin’Écully propose prochainement.

Préparé en partenariat avec « Nouveaux Espaces Latinos » et l’Institut Cervantès qui est à l’espagnol ce qu’est l’Alliance Française à notre langue, l’évènement intitulé « ¿ Que tal América del Sur ? » offrira une riche palette de 7 films ou documentaires récents qui aideront à « sentir » l’Amérique du Sud d’aujourd’hui comme la prégnance de son passé colonial. La puissance des images sera introduite par une conférence donnée en français à l’Institut Cervantès intitulée : « La politique des États-Unis à l’égard de l’Amérique latine sur le temps long (XIXe – XXIe siècles) ». Les films, suivis de débats parfois animés par leurs auteurs, feront voyager dans le temps comme dans l’espace : Chili, Guatemala, Mexique, Argentine, Brésil, Venezuela… mais aussi violences, convulsions politiques, écologie, foot (avec le film « Diego Maradona » de 2019)…

Le film « Nuestras Madres », qui a reçu le prix « Caméra d’Or » (distinguant un premier film d’auteur) au festival de Cannes 2019, sera présenté en avant-première. Il y aura même, entre les deux films du samedi 9 novembre, une dégustation d' »empanadas » avec vin argentin, sur fond de musiques sud-américaine avec les musiciens d’Échappée Belle. Le détail de ce riche programme figure dans le dépliant à disposition du public dans tous les lieux socio-culturels d’Écully.

Jean DESFONDS
Le Progrès Lyon Ouest

« ¿ Que tal América del Sur ? », du vendredi 8 novembre au lundi 18 novembre à Écully Cinéma (Centre Culturel, 21 avenue Édouard Aynard). Conférence jeudi 7 novembre à 18 h 30 à l’Institut Cervantès, 58 Montée de Choulans – 69005 Lyon (entrée libre) De notre correspondant

« Trafalgar »d’Angélica Gorodischer écrivaine argentine connue par ses nouvelles de science fiction

Chez Angélica Gorodischer, on se rencontre dans un salon de thé avec des tables en vrai bois, des nappes blanches et des services en porcelaine, et notre interlocuteur, entre deux cafés noirs bien serrés et non sucrés, nous raconte son récent séjour sur Veroboar où il vend discrètement de la Cafiaspirine dont on a découvert la vertu locale  : pour les Veroboariens la Cafiaspirine est un puissant stupéfiant. 

Photo : Editions La Volte

Trafalgar Medrano vit, comme Angélica Gorodischer, notre narratrice, dans la provinciale Rosario, au nord-ouest de Buenos Aires. Elle aime bien écouter en buvant de l’eau minérale son ami Trafalgar lui raconter ses voyages sur des planètes bizarres. Qu’ils sont beaux et inquiétants ces mondes visités par l’infatigable Trafalgar, cet Anandaha-A où, la nuit, rien ne peut briller car « l’obscurité avale tout », où les montagnes sont plates et où les gens ne sont pas tout à fait des gens, mais presque quand même ! Ces mondes ressemblent au nôtre sans l’être tout en l’ayant été ! 

On n’est parfois pas loin du tout de Jorge Luis Borges, l’étrange se confond avec le rationnel, Angélica Gorodischer joue beaucoup avec l’esprit mais, bien plus que le Maître, elle garde le plus souvent les pieds bien sur terre. Trafalgar voyage beaucoup d’une planète à l’autre. Il y en a de bien curieuses, Uunu, par exemple, sur laquelle la chronologie est légèrement bousculée : on se réveille non le lendemain, mais à une date indéterminée et pour revenir au cours « normal » du temps, il faudra attendre des jours ou des semaines avant enfin de repartir dans une cohérence qui est la nôtre. En un mot, le temps est constant, simultané, pas successif. C’est probablement le cas pour nous, pauvres mortels, qui avons tendance à l’ignorer (ou à l’oublier), mais sur Uunu ça se voit, ça se vit. Troublant et envoûtant ! 

Pas « intello », du reste, Angélica Gorodischer s’amuse beaucoup. L’humour est très présent, sur le langage surtout  : le Grand Livre officiel qui raconte l’Histoire de la Nation d’Aleiçarga, sur laquelle, malheureusement pour le lecteur, il ne s’est jamais rien passé, ou le portrait que ce très mal embouché de Trafalgar fait d’Isabelle la Catholique qu’il a fréquentée pendant un de ses voyages, sont pure réjouissance. 

Angélica Gorodischer, qui jamais ne se prend au sérieux, ne se moque pas pour autant de ses lecteurs, les grands bénéficiaires de ces fantaisies surnaturelles et pourtant si réalistes  ! 

Christinan ROINAT

Trafalgar de Angélica Gorodischer, traduit de l’espagnol (Argentine) par Guillaume Contré, éd. La Volte, 2018 p., 20 €.  Angélica Gorodischer en espagnol : Trafalgar, ed. El Cid, Buenos Aires, 1979 / Kalpa Imperial, ed. Minotauro, 1983 – Angélica Gorodischer en français : Kalpa Imperial, éd. La Volte, Clamart 

Le documentaire « Cocaïne prison » en Bolivie : les petites fourmis de la cocaïne

Dans ce remarquable documentaire nous suivons trois personnages : Herman, 22 ans, venu à la ville pour faire des études et qui est en prison depuis trois ans pour avoir passé de la drogue. Il est en préventive, attendant son jugement. Daisy sa sœur, âgée de 18 ans qui veut réussir ses études et qui fait tout pour faire sortir son frère de prison. Enfin Mario, 42 ans, père d’une famille qu’il ne voit jamais car très loin, et compagnon de cellule d’Hernan, arrêté il ya trois ans dans une fabrique de cocaïne et lui aussi en attente de jugement. Ce sont le symbole des petites fourmis de la cocaïne. 

Photo : Allocine

Violeta Ayala est une réalisatrice bolivienne d’origine quechua, née en 1978 à Cochabamba. Journaliste de formation, elle s’est particulièrement attachée dans son cinéma aux sujets d’investigation. Elle explique : « J’ai grandi sans aucune notion de bien ou de mal au sujet de la cocaïne. Pour moi, c’était un moyen de s’enrichir, c’est tout. Puis en vivant aux États-Unis et en Australie, j’ai pu constater les ravages provoqués par la consommation de drogue. En Bolivie, nous n’avons pas conscience des conséquences négatives liées au trafic et à l’addiction. Comme Hernan le dit : « Ici, il ne s’agit pas de crime organisé comme en Colombie. Tu veux gagner de l’argent ? Tu travailles dans le business. Tu veux arrêter ? Et bien, tu es libre de le faire et de partir ».  

Dans sa note d’intention, elle ajoute « En tant que réalisatrice bolivienne d’origine indigène, dont la famille a échappé à la pauvreté grâce au trafic de drogue, je guiderai le spectateur dans la complexité du commerce de la cocaïne en Bolivie. Je montrerai aussi comment pour beaucoup, c’est devenu un vecteur de développement et d’espoir, plus que le symbole de l’addiction et du crime. Le film mettra en lumière le besoin d’établir d’autres bases de relations entre les pays producteurs et consommateurs, moins hypocrites qu’à l’heure actuelle, afin d’ouvrir un dialogue qui empoigne les difficultés de cette situation sans passer par les jugements moralisateurs ou faciles ». 

Le film se passe en grande majorité dans et autour de la prison San Sebastián, située à Cochabamba, troisième ville de Bolivie. Ce lieu inimaginable est d’ailleurs autant une prison qu’un microcosme de la Bolivie, la conséquence de vingt ans d’application de la Loi 1008 qui disait « La production, la possession, la garde, le stockage, le transport, la livraison, le don comme cadeau ou l’administration sont des délits passibles de peines d’emprisonnement » ; la moitié des Boliviens furent alors instantanément considérés comme des criminels, avec une majorité de petites mains qui finirent en prison.  

Construite pour accueillir 80 prisonniers, ce sont aujourd’hui 700 personnes qui vivent et travaillent au sein de cette prison. Ces vingt dernières années, elle est devenue une citadelle avec une économie libéralisée où les détenus payent un droit d’entrée, louent ou achètent leur cellule. S’ils en ont les moyens, ils peuvent faire venir leur femme et leurs enfants, qui vivent alors avec eux. San Sebastián a sa propre dynamique, les prisonniers élisant même leurs représentants. Par ailleurs, 80% d’entre eux n’ont pas eu droit à un procès, et protestent souvent contre ces retards administratifs et la corruption endémique du système judiciaire.  

Pour filmer, la réalisatrice a remis aux prisonniers de petites caméras. C’est donc la vie dans ce lieu étonnant qui nous est montré. 

Alain LIATARD,
avec le dossier de presse du film.

Cocaïne prison, documentaire de Violeta Ayala, 1 h 15. À découvrir au cinéma le 27 novembre prochain.  

21e édition du festival de films latino-américains Filmar en Suisse

A partir du 18 novembre et jusqu’au 2 décembre 2019, se tiendra à Genève la 21e édition du plus grand festival de films consacrés à l’Amérique latine en Suisse, le festival FILMAR. Ayant pour thème « Eldorados, dilemmes et conséquences pour les peuples latinoaméricains », cette édition se destine à tous les publics et tout particulièrement aux jeunes. Dans une période sombre en termes de politique en Amérique latine, les films projetés tendent à faire réfléchir, à informer et à renouveler le regard dirigé vers ce continent.

Photo : Service de presse Filmar

Depuis 1999, FILMAR promeut le cinéma et les cultures latino-américaines en Suisse. En plein essor depuis les années 2000, le cinéma latino-américain n’a de cesse de renouveler ses approches narratives et technologiques des réalités locales. Le cinéma social, qui réalise le travail de témoignage, de dénonciation et de mémoire que les Etats ne font pas, a le vent en poupe. Le festival suisse accompagne et encourage ces changements. Le pays a même organisé une table ronde en 2018 pour favoriser les co-productions cinématographiques entre l’Amérique latine et la Suisse. 

L’une des caractéristiques majeures du festival FILMAR est son engagement envers le jeune public suisse. Avec ses programmes FILMARcito -qui permet la découverte des films en famille- et FILMAR école -qui prévoit le visionnage des films lors de sorties scolaires, le festival suisse donne une importance majeure à l’information par le divertissement des jeunes enfants. 

Filmar, un festival cinématographique éducatif et pédagogique. 

La programmation pédagogique de la 21e Édition a été présentée aux enseignant-e-s le 8 octobre aux cinémas de Grütli. Un des films présentés aux élèves, « Delfín » -une réalisation de Gaspar Scheuer sélectionnée à Cannes Ecrans Juniors 2019- , y a été projeté. 

Du 18 novembre au 2 décembre, de nombreux films destinés aux adultes ainsi qu’aux enfants seront présentés au public suisse. Parmi les films destinés aux adultes, « Terre en transe » (une réalisation de Glauber Rocha, Brésil), « Delfín » (Gaspar Scheuer, Argentine), « La Tonada del Viento » (Yvette Paz Soldán, Bolovie) ou encore « La Arrancada » (Aldemar Matias, France/Cuba/Brésil). Pour les enfants et les familles, seront projetés « Eldorado / Une vie meilleure » (Gregory Lassalle), « Fragile, Animaux Animés », « Contes fantastiques et exoplanétaires », « Delfín » (Gaspar Scheuer, Argentine), « Perro Bomba » (Juan Cáceres), etc. 

Seront aussi proposées au public des tables rondes thématiques ouvertes aux classes. Les thèmes du conflit armé en Colombie, des femmes et du cinéma documentaire y seront débattus avec les élèves de tous âges. Une manière idéale de découvrir de nouvelles thématiques et de s’informer pour des élèves qui ignorent tout de l’Amérique latine. 

Ainsi, Filmar, fleuron des festivals de cinéma consacrés à l’Amérique latine, est le lieu idéal pour découvrir les cultures d’un continent encore trop peu méconnu par le public européen, d’autant plus lorsqu’on est un enfant. Instructif, pédagogique et divertissant, ce festival ne cesse de se réinventer chaque année. À l’image du cinéma latino-américain. 

Inès JACQUES

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