C’est le bilan qu’établit le Centre Mexicain du droit de l’environnement (Cemda) dans son rapport publié le 16 avril 2026, le douzième consécutif sur le sujet Militer pour la protection de l’environnement au Mexique expose à des risques croissants : 199 défenseurs de l’environnement ont été assassinés dans le pays entre 2015 et 2025, soit un toutes les trois semaines.
Si le nombre d’assassinats a reculé entre 2024 et 2025, passant de 25 à 10, les agressions, elles, ont fortement augmenté : de 94 à 135 cas recensés. Une évolution qui interroge, mais dont le rapport n’explique pas les causes potentielles. Les femmes sont particulièrement touchées, avec un taux d’agression en hausse de 61,8 % en 2025. Les cibles sont les activistes, les membres des communautés indigènes, les journalistes et les avocats. Les formes d’attaques les plus fréquentes sont l’intimidation, la diffamation et la stigmatisation. Elles se déploient désormais aussi sur internet, où l’anonymat facilite le harcèlement numérique.
Le Cemda pointe la responsabilité directe de l’État mexicain, qu’il estime à l’origine de plus de la moitié des attaques. Le crime organisé est quant à lui le deuxième responsable. Pour Gustavo Alanís Ortega, fondateur et directeur exécutif de l’organisation, le gouvernement doit allouer davantage de « ressources financières et humaines au secteur de l’environnement et au Mécanisme de protection des défenseurs des droits humains et des journalistes. » Le Cemda appelle également à accélérer la mise en œuvre de l’Accord d’Escazú, un traité régional qui garantit aux citoyens d’Amérique latine et des Caraïbes le droit à l’information environnementale et à la participation publique. Sa quatrième Conférence des Parties doit se tenir en avril prochain aux Bahamas.
Yseult ROTURIER
D’après le rapport du Cemda


