Michelle Bachelet, bientôt aux Nations-unies ?

Membre du Parti socialiste, elle entre dans l’histoire en devenant la première femme élue présidente du Chili, avec un premier mandat entre 2006 et 2010, puis un second entre 2014 et 2018. Entre ces deux périodes, elle occupe également des fonctions de premier plan sur la scène internationale, notamment à la tête de l’agence ONU Femmes entre 2010 et 2013, puis comme Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme de 2018 à 2022.

Son premier mandat est marqué par une volonté de renforcer la protection sociale, avec notamment la mise en place d’aides pour les mères et les familles. Elle doit cependant faire face à des critiques, notamment sur la gestion de certaines crises et des enjeux économiques. Lors de son second mandat, Michelle Bachelet engage plusieurs réformes structurelles. Elle tente notamment de transformer le système éducatif en proposant une réforme du financement des études, jugée toutefois insuffisante par une partie du mouvement étudiant, qui se mobilise massivement. Son gouvernement est également confronté à un contexte économique plus difficile, marqué par un ralentissement de la croissance lié notamment à la baisse du prix du cuivre, ressource clé de l’économie du pays. À cela s’ajoutent des scandales, dont une affaire financière impliquant son fils, qui entachent son image dans un pays pourtant réputé pour sa transparence en Amérique latine.

Malgré ces difficultés, elle reste une figure respectée sur la scène internationale, notamment pour son engagement en faveur des droits humains. Après sa présidence, elle poursuit son action au sein des Nations unies, consolidant son image de dirigeante engagée dans les enjeux globaux. Aujourd’hui, son nom circule dans les discussions autour de la succession de António Guterres au poste de secrétaire général de l’ONU, dont le mandat doit s’achever fin 2026.

Sa candidature était notamment soutenue par l’ancien président chilien Gabriel Boric, mais l’actuel gouvernement à récemment retirer son soutien « le gouvernement du Chili informe qu’il a décidé de retirer le soutien du Chili à la candidature de l’ex-présidente Michelle Bachelet au poste de secrétaire générale des Nations unies », a écrit le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Dans ce contexte, les ambassadeurs de l’Union Européenne lui ont rendu visite récemment afin d’afficher leur soutien pour cette candidature si importante car « en 80 ans, aucune femme n’a occupé le poste le plus élevé de l’ONU et un seul représentant de l’Amérique latine a été désigné : le diplomate péruvien Javier Pérez de Cuéllar, qui a exercé ces fonctions entre 1982 et 1991 ». L’ancienne chef d’État peut aussi compter sur le soutien de deux nations; le Brésil et le Mexique.