« Vanilla », film mexicain de Mayra Hermosillo en salle en salle le 20 mai

Sept femmes à la volonté de fer se battent pour sauver leur maison de la saisie hypothécaire. Roberta, une fillette de huit ans, évolue dans une dynamique familiale atypique : un foyer sans père, où elle vit entourée de diverses figures féminines. Vanilla marque l’entrée remarquée de Mayra Hermosillo dans le long métrage. L’actrice et réalisatrice mexicaine livre un film d’inspiration autobiographique situé à la fin des années 1980, adoptant le point de vue d’une fillette de huit ans, Roberta, élevée dans une maison peuplée exclusivement de femmes. La vanille, saveur simple, presque banale en apparence, devient le symbole d’une douceur qui n’est pas naïveté, d’une simplicité qui recèle une profondeur insoupçonnée.

Cette métaphore discrète le spectateur sous la gravité. « Il y a beaucoup de bibelots dans la maison de Roberta, beaucoup de choses sur la commode, dans les tiroirs de la commode, dans les boîtes cachées dans les tiroirs. Il y a aussi beaucoup de monde dans la maison de Roberta », et rien que des femmes dont la mère, la grand-mère, l’arrière-grand-mère, une cousine, une tante, et Tachita, figure presque maternelle qui travaille pour la famille depuis des années, plus un perroquet qui jure !

Cette famille élargie tente de préserver son équilibre malgré des difficultés économiques croissantes et la menace de la perte du foyer. Vanilla se présente comme un portrait impressionniste de l’enfance, s’intéressant davantage aux petites anecdotes et aux détails du quotidien qu’aux grands rebondissements. De même, la solidarité féminine n’est pas érigée en manifeste ; elle se déploie dans la banalité du quotidien. Les scènes de cuisine, de repas, une danse improvisée ou des discussions nocturnes construisent progressivement une cartographie affective de cette maison-havre. L’impression qui se dégage est celle d’une vitalité débordante, d’un foyer vibrant de voix, de couleurs, de bienveillance et, surtout, d’expériences partagée.

Dans un paysage cinématographique souvent dominé par des récits sombres ou des enjeux spectaculaires, le récit d’apprentissage et de sororité qu’est Vanilla se distingue par sa poésie et sa célébration de la simplicité, un retour aux choses qui comptent, aux êtres qui résistent ensemble, à l’amour, même quand il est imparfait. Oui la douceur peut être une forme de résistance.