Archives mensuelles :

mars 2017

Journée de la « Mémoire et du souvenir des victimes de la dictature militaire »…

À 41 années du coup d’État militaire du 24 mars 1976, des milliers de personnes sont descendues dans la rue partout dans le pays pour commémorer le Jour de la Mémoire, la Vérité et la Justice. Les défenseurs des droits humains dénoncent « les énormes reculs en matière de droits humains » depuis l’élection du président Mauricio Macri.

Aux cris de « Ils sont 30 000, présents aujourd’hui et pour toujours ! », les colonnes de marcheurs menées par les Mères et Grands-Mères de la Place de mai, les Familles des disparus pour raisons politiques, la Ligue des droits de l’Homme, HIJOS, et d’autres associations de défense des droits humains ont convergé vers le Palais présidentiel. Elles étaient suivies du Comité pour la libération de Milagro Sala, des syndicalistes des CTA et CGT, des vétérans des Malouines et des milliers de citoyens qui protestent contre le gouvernement : « Nous continuerons à dénoncer les énormes reculs en matière de droits humains, la misère planifiée, la persécution politique, la répression et l’emprisonnement de militants, la perte de la souveraineté politique et économique ».

Non au négationnisme.   Depuis l’élection du président Mauricio Macri, les défenseurs des tortionnaires et assassins de la dictature (familles, avocats, magistrats, fonctionnaires, politiciens) se font de plus en plus entendre. Le secrétaire aux Droits humains du gouvernement, Claudio Avruj, et plusieurs dirigeants du parti PRO, le parti du gouvernement, accusent Néstor et Cristina Kirchner « d’avoir politisé ce qui s’est passé durant la dictature. Pendant 12 ans, ils ont fanatisé une section de la société » (c’est Néstor Kirchner qui instaura le 24 mars comme le Jour de la Mémoire). C. Avruj demande donc aux Argentins « qu’ils se rencontrent à nouveau et se réconcilient… En démocratie,  les droits humains sont pour tout le monde ». Poussé par le gouvernement, un secteur de la justice transforme les peines de prison de militaires et de policiers condamnés pour crimes contre l’humanité à passer leur condamnation à leur domicile. Des militaires ont détruit une exposition montée par des collégiens et des lycéens « parce qu’elle les dérangeait » ! En janvier 2016, le secrétaire à la Culture de la ville de Buenos Aires, Dario Mopérfido déclarait que « le chiffre de 30 000 disparus s’est créé entre quatre murs pour obtenir des subventions de l’État ».

Le président ignore le nombre de disparus.   « Je n’ai aucune idée si les disparus sont 9 000 ou 30 000, cette discussion n’a aucun sens. Il y a eu une sale guerre », a déclaré le président Macri au portail BuzzFed en direct sur Facebook. Les Mères et Grands-Mères de la Place de Mai ainsi que le Prix Nobel Pérez Esquivel lui ont répondu que « Il n’y  a pas eu de sale guerre. Il y eut une répression brutale imposée par la Doctrine de Sécurité Nationale. Le président ne se souvient-il pas des déclarations du marin Adolfo Scilingo qui expliquait comment les aviateurs jetaient les prisonniers vivants au Rio de la Plata ? » (1).

Retour de la théorie des deux démons.   « Le 24 mars 1976, il y eut un coup d’État qui a installé le terrorisme d’État. L’horreur fut planifiée depuis l’État. Personne ne peut nier la dimension des crimes ni le nombre de victimes qui sont 30 000 que l’État a fait disparaître en raison de leur militance. Nous répudions tout négationnisme », clament les organisations des droits humains. Elles dénoncent les tentatives gouvernementales de relativiser les crimes de la dictature avec l’aide des grands médias et de l’Église catholique qui veulent relancer « la théorie des deux démons », c’est-à-dire que dictature et opposants, c’est la même chose. Ces organisations en veulent pour preuve, l’attitude du président Macri à l’occasion de cette commémoration. Non seulement, le gouvernement n’a prévu aucun acte officiel en ce Jour de la Mémoire, de la Vérité et de la Justice, mais il a demandé à la Cour interaméricaine des droits humains (CIDH) de recevoir les familles des militaires emprisonnés pour crimes contre l’humanité à égalité avec les familles des disparus !

L’Église aussi.   Le journaliste Horacio Verbitsky rappelle que l’idée d’une « Mémoire complète » (les torts sont à égalité des deux côtés) a été lancée en l’an 2000 par l’archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio, aujourd’hui Pape à Rome, lors d’une réunion avec le chef de l’armée d’alors Ricardo Brinzoni. Il proposa la création d’une Table de consensus visant à la « réconciliation et à la récupération des valeurs morales ». Bref, comme si la résistance à une dictature militaire sanguinaire était à mettre sur le même plan que le terrorisme d’État…

Démantèlement des structures officielles liées aux droits humains.   En trois mois depuis son élection fin 2015, le gouvernement Macri a démantelé le bureau des droits humains de la Banque centrale qui enquêtait sur le système financier de la dictature, ainsi que les trois divisions de la Direction nationale des droits humains du ministère de la Sécurité publique (qui travaillaient sur les enfants volés et les vols de la mort)(2). Plusieurs fonctionnaires ont eu des rencontres avec des organisations qui  exigent la libération des tortionnaires. Il y a deux mois, un haut fonctionnaire de l’État, Juan José Gómez Centurion, nommé directeur des douanes par le président, a déclaré lors d’un programme de télévision « qu’il n’y eut jamais de plan systématique de disparitions lors de la dictature ». Or cela va à l’encontre de dizaines de verdicts de justice qui ont condamné de nombreux officiers militaires justement en parce qu’il est prouvé « qu’il y eut effectivement un plan systématique de disparition des opposants ». Pour Adriana Taboada, de la Commission des Familles des victimes, « Le négationnisme est la bataille culturelle la plus importante des temps à venir. On nous présente la dictature comme un problème d’intolérance entre Argentins alors qu’elle voulait (…) détenir les progrès vers un pays meilleur ». On peut aussi rappeler que Gómez est un ancien carapintada, un visage noirci, symbole des militaires qui ont intenté plusieurs coups d’État au début du retour de la démocratie pour que les gouvernements démocratiques arrêtent les procès contre les militaires accusés de crimes contre l’humanité.

Changer les livres d’histoire ?   Pour les associations de défense des droits humains, il s’agit aussi de défendre ce qu’en dira l’histoire, ce qu’enseigneront les manuels scolaires du futur. Qui racontera l’histoire des centres clandestins de détention, les tortures, les vols de la mort, les enfants volés ? (3)  Le camp des militaires et des civils partisans du coup d’État de 1976, sont déjà au travail. Lors de sa commémoration du 24 mars, une école publique du quartier de La Boca de Buenos Aires a passé un film anonyme montrant les militaires comme « les héros » qui ont été injustement condamnés « par les gouvernements Kirchner ». Le film suggère aux élèves de « réclamer qu’on leur dise tout sur cette guerre, la mémoire complète ». Pour les familles des disparus, le plus grand danger viendrait du Secrétariat aux droits humains du gouvernement. Le secrétaire Claudio Avruj vient d’annoncer qu’il existe des plans « pour commencer à revoir les contenus éducatifs de l’histoire récente ! »  Exactement ce que réclamait le film pro-dictature…

Jac FORTON

(1) Lire l’article complet dans le journal espagnol El País du 11 août 2016.    (2) Vols de la mort : des milliers de prisonniers politiques de la dictature ont été lancés dans la mer par des avions de la Force aérienne, y compris deux religieuses françaises, Alice Domont et Léonie Duquet. Enfants volés : 500 enfants nés en captivité ont été donnés à des militaires et des policiers. Après la naissance, leur mère était assassinée.     (3) Lire les articles sur ce sujet dans les journaux argentins en particulier Página12 du 25 mars 2017.

Pour sa découverte de la première étoile naine brune, l’astronome chilienne a reçu le prix L’Oreal-Unesco

Photo : Radio Chile

Mercredi 15 mars ǀ BRÉSIL ǀ   Le procureur général de la République, Rodrigo Janot, a demandé à la justice d’enquêter sur 83 responsables politiques dont les noms figurent dans les aveux des directeurs d’Odebrecht, le géant du bâtiment impliqué dans un scandale de pots-de-vin. La liste contient les noms de dizaines de politiciens dont cinq ministres actuels, six sénateurs et deux anciens présidents, Luiz Inacio Lula da Silva et Dilma Rousseff.

Jeudi 16 mars ǀ COLOMBIE ǀ   Le Sénat  a approuvé une réforme constitutionnelle créant un système judiciaire pour juger les crimes du conflit armé interne (JEP), conformément à l’accord signé avec la guérilla des FARC. Le dispositif comprend une commission pour la vérité, une unité pour la recherche des personnes disparues et une juridiction spéciale pour la paix. La JEP disposera de 51 magistrats colombiens, assistés de 18 experts internationaux. Le gouvernement a annoncé que les guérilleros des Farc remettront sous peu environ 14 000 armes aux Nations Unies, dans le cadre de l’accord de paix conclu en novembre avec Bogotá.

Vendredi 17 mars ǀ MEXIQUE ǀ   La renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) voulue par le président états-unien Donald Trump devra se faire de façon trilatérale, ont averti le ministre de l’Économie mexicain, Ildefonso Guajardo, et le ministre canadien du Commerce international, François-Philippe Champagne, après leur réunion à Mexico. Par ailleurs, la tribu des Tohono O’Odham, dont le territoire s’étend par-delà la frontière avec les États-Unis, va déposer plainte avec l’appui du gouvernement contre le projet de mur frontalier de Donald Trump.

 Samedi 18 mars 17 ǀ  CUBA-COLOMBIE ǀ    Au titre de sa contribution concrète aux accords de paix entre le gouvernement colombien et les Farc, Cuba a offert mille bourses d’études de médecine, 500 pour le gouvernement et 500 pour les Farc.

 Dimanche 19 mars ǀ PÉROU ǀ  Selon l’Institut national de défense civile (INDECI), les pluies diluviennes causées par El Niño qui s’abattent depuis plusieurs jours sur le pays, ont provoqué inondations, avalanches et coulées de boue, dont le bilan s’établissait à 75 morts et à plus de 625 000 autres personnes affectées par ces intempéries, dont 70 000 qui ont perdu leur domicile. Le nord  n’a pas connu une telle situation depuis la fin des années 1990.

Lundi 20 mars ǀ BRÉSIL ǀ   Nouveau scandale : deux des plus gros exportateurs de viande au monde, livraient des stocks de viandes ayant dépassé la date de péremption, traités par des injections de produits chimiques, vendus au Brésil comme à l’étranger. L’affaire implique des multinationales du secteur et des inspecteurs du ministère de l’Agriculture chargés de délivrer les certificats sanitaires qui ont signé sans regarder, moyennant des pots-de-vin. L’UE, la Chine, le Chili et la Corée ont fermé leurs frontières aux viandes brésiliennes portant un coup dur à l’économie du pays, premier exportateur mondial de viande bovine et de poulet.

Mardi 21 mars ǀ PÉROU-NASA ǀ   Des scientifiques péruviens collaborent avec la NASA pour développer une pomme de terre génétiquement modifiée pouvant être cultivée sur la planète Mars. En corolaire, cette « patate martienne » pourrait également être cultivée par des petits producteurs vivant dans des zones arides…

Mercredi 22 mars ǀ ARGENTINE ǀ   Des centaines de milliers d’enseignants et de parents d’élèves ont empli la Plaza de Mayo devant le Palais présidentiel pour exiger du gouvernement « qu’il respecte les lois votées par le Congrès et qu’il convoque la paritaire fédérale ». Ces paritaires (des tables de négociation) discutent des salaires minimum des enseignants et des moyens de payer les salaires dans des régions pauvres. Les manifestants arboraient des panneaux du genre « 10 années de boulot pour 10 752 pesos – Panier de base officiel 13 376 pesos ! »

Jeudi 23 mars ǀ CHILI-FRANCE ǀ    « Pour sa découverte de la première étoile naine brune et ses travaux pionniers sur les étoiles de faible luminosité et les naines blanches » (un corps céleste à mi-chemin entre étoile et planète), l’astronome chilienne Maria Teresa Ruiz a reçu le Prix Femmes de science attribué par la Fondation L’Oréal et soutenu par l’Unesco. Une gigantesque affiche soulignant ce Prix a été placée dans les couloirs de l’aéroport de Roissy. M.T. Ruiz est présidente de l’Académie des Sciences du Chili.

Vendredi 24 mars ǀ ARGENTINE ǀ    Des centaines de milliers de personnes marchent dans les rues du pays pour rappeler la date du coup d’État militaire de 1976. Une différence avec les années précédentes : le gouvernement conservateur de Mauricio Macri, non seulement n’a participé à aucune manifestation populaire mais s’efforce de faire revivre la théorie « des deux démons », mettant dos à dos dictature militaire et opposants. Voir notre article principal.

Samedi 25 mars ǀ PÉROU ǀ  Le pasteur évangélique Ricardo Medina sait pourquoi le pays a subi d’énormes inondations qui ont provoqué 78 morts, 72 000 sinistrés et d’innombrables dévastations : rien à voir avec le phénomène atmosphérique El Niño, dit-il, mais « avec la politique du genre qui veut homosexualiser nos enfants que le ministère de l’Éducation va instaurer dans les écoles, Dieu nous prévient ainsi que si nous persistons dans cette voie, ce sera pire »…

Dimanche 26 mars ǀ EL SALVADOR ǀ    Les Salvadoriens se souviennent : ce jour, en 1980, un franc-tireur de la dictature militaire assassinait l’évêque Oscar Romero, le défenseur des pauvres, en pleine messe …

Lundi 27 mars ǀ  CHILI ǀ   Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté hier contre le système des AFP (les Administrations de Fonds de pension privés) qui obligent les travailleurs chiliens à leur donner 10% de leur salaire qu’elles investissent alors dans les marchés de capitaux à leur seul profit. Ce système, imposé par le général Augusto Pinochet, fut créé en 1981 par son ministre José Piñera, frère de Sebastián Piñera, candidat présidentiel aux élections de fin d’année 2017.

Mardi 28 mars  ǀ MEXIQUE ǀ   « On ne tue pas la vérité en tuant des journalistes ! », ont scandé des centaines de professionnels de la presse et des médias mobilisés, à Mexico et dans sept autres villes,  après l’assassinat de Miroslava Breach, 54 ans. C’est le troisième meurtre de journalistes en mars, dans le pays le plus dangereux du continent américain pour la profession. Il s’agit du 103e journaliste assassiné depuis 2000 ; vingt-trois autres sont toujours portés disparus.

Guy MANSUY

« Une chance minuscule » le nouveau roman de l’argentine Claudia Piñeiro, un récit poignant

Entre roman intimiste et thriller familial, le nouveau livre de Claudia Piñeiro, Une chance minuscule, raconte le retour d’une femme sur les lieux qu’elle a dû fuir vingt ans auparavant, une immersion brutale dans un passé qu’elle a tout fait pour oublier.

Photo : Anaportnoy

Marilé Lauría, alias Mary Lohan, professeure d’espagnol à Boston, est envoyée en Argentine par son lycée pour procéder à l’audit du collège Saint-Peter situé dans une banlieue chic de Buenos Aires car cet établissement est candidat à l’obtention de la très convoitée « Licence Garlic », méthode pédagogique prestigieuse et appréciée pour ses résultats. Mary retrouve alors la petite ville qu’elle avait quittée précipitamment, sans un mot, vingt ans plus tôt, dans des circonstances tragiques, abandonnant, pour mieux le protéger, l’être qu’elle aimait le plus au monde. Elle s’était alors promis de ne jamais revenir. Une déchirure. Une blessure jamais cicatrisée malgré tous ses efforts pour oublier et malgré la sollicitude aimante de son compagnon.

Mary se rend quotidiennement au collège, la peur au ventre mais peut-être aussi avec le secret désir d’être reconnue bien qu’elle ait volontairement apporté des modifications à son apparence physique. Une pensée l’obsède : Lui. Qu’est-il devenu, après toutes ces années ? Que fait-il ? Que pense-t-il ? Leurs chemins vont-ils se croiser ? Mary ne sait si elle doit redouter ou espérer cette éventualité. Dans une longue lettre, au cœur du roman, Mary fait le récit détaillé du drame et de ses conséquences, le traumatisme, la dépression, la condamnation sociale, l’incompréhension d’un mari égoïste. La solitude absolue. Le désespoir. La narratrice se livre alors à une profonde introspection, une confession sans concession. Une chance minuscule est un roman qui interroge sur les liens du sang, la culpabilité, le destin et, cerise sur le gâteau, qui fait la part belle à la chose écrite. Vertus de la lecture : à plusieurs reprises, les livres s’invitent dans la vie de l’héroïne où ils jouent parfois un rôle décisif ; vertus de l’écriture : la narratrice tient un « journal de bord », et c’est sous forme de lettres que l’essentiel se dit entre les protagonistes. L’auteure brosse le portrait d’une femme brisée, fragilisée par une succession d’événements mal maîtrisés, une chaîne de hasards et, parce que la vie n’est jamais complètement noire, de « chances minuscules ». Le dernier de ces hasards peut être considéré comme la chance majuscule qui permettra à l’héroïne de se réparer, de se réconcilier avec ses proches et avec elle-même. Claudia Piñeiro nous offre un récit poignant, à l’écriture parfaitement maîtrisée, où s’entremêlent suspense, émotion et analyse psychologique d’une grande justesse. Un beau roman.

Mireille BOSTBARGE

Claudia Piñeiro : Une chance minuscule, traduit de l’espagnol (Argentine) par Romain Magras, éditions Actes Sud, 263 p., 22 €.

Un beau film à découvrir de la Mexicaine Claudia Saint-Luce

À soixante ans, en raison d’une santé fragile, Toussaint doit s’installer chez sa fille Jazmin, qui vit à Mexico. D’origine haïtienne, Toussaint n’a jamais été capable de prendre racine nulle part. Il n’a pas été un père aimant et est un parfait inconnu pour sa fille. Au gré de cette cohabitation forcée, Toussaint recompose le puzzle de son passé sous le regard tantôt sévère, tantôt bienveillant de sa fille. Il permettra à la jeune femme d’aller de l’avant avec sa propre vie.

Photo : Allociné

Ce film vient d’être présenté en avant-première aux festivals Cinelatino de Toulouse et aux Reflets à Villeurbanne. Après un premier film remarquable, Les drôles de poissons-chats sorti en 2014, qui racontait l’histoire de Claudia, qui faisait la connaissance d’une femme lors de son hospitalisation pour une appendicite et trouvait ainsi une famille d’adoption, Claudia Sainte-Luce est cette fois, réalisatrice, scénariste et premier rôle de Jazmin et Toussaint. Ce film est en grande partie autobiographique car la jeune femme entretient elle-même une relation difficile avec son père, qu’elle a véritablement appris à connaître lorsque celui-ci est tombé malade. Toussaint est cet émigré haïtien vivant à Mexico qui reprend contact avec sa fille alors qu’il devient très malade. Toussaint vit plutôt dans le passé qui prend le pas sur le présent. Ils ne se connaissent pas beaucoup et ont donc encore plus de difficulté à communiquer. Claudia Sainte-Luce a choisi un acteur,  Jimmy Jean-Louis, bien plus jeune que le rôle pour donner corps à la solitude de ces êtres et à la notion du temps qui passe. La cinéaste est également une très bonne actrice. Un beau film à découvrir.

Alain LIATARD

Cinelatino de Toulouse vient de publier son palmarès. Tous les films primés sont intéressants. Nous y reviendrons dans le prochain numéro de la revue. ICI.

Le roman « Sainte Caboche » aux éditions Belleville, nouvelle maison à Paris

Belleville, à Paris, est un quartier de cultures multiples où se côtoient des gens venus d’un peu partout. Un bon lieu pour y établir une toute nouvelle maison d’édition qui se veut ouverte sur le monde. Les éditions Belleville se veulent modernes, connectées, et réussissent leur pari.  Leur premier titre est brésilien, Sainte Caboche, de Socorro Acioli.

Photo : Publishnews

Parmi les premiers romans publiés, la Moldavie, la Turquie, l’Égypte sont à l’honneur. Les romans bénéficient d’une présentation très réussie, en rapport avec le texte et à chaque page ou presque de petits symboles invitent le lecteur à aller compléter la lecture avec une visite sur le site internet où l’on peut voir des photos des décors du roman, écouter de la musique régionale ou lire un article en rapport avec l’histoire. Nous sommes toujours heureux de voir apparaître une nouvelle maison d’édition et le slogan de Belleville est « »Ouvrir une fenêtre sur le monde », c’est aussi le but d’Espaces latinos. Nous souhaitons un bel avenir aux éditions Belleville, d’autant  plus que leur premier titre est brésilien, Sainte Caboche, de Socorro Acioli.

Samuel, à la mort de sa mère, dans un village perdu quelque part dans le Sertão brésilien, décide d’obéir à la défunte et d’aller retrouver son père, un inconnu qui n’a eu qu’une hâte quand il avait appris que Mariinha allait lui donner un fils, les abandonner et disparaître. Son voyage est donc à la fois un parcours d’initiation et de vengeance. Le récit se promène entre le réalisme (la vie quotidienne dans un village pauvre de la région du Horto) et la fable avec phénomènes surnaturels sans que cette apparente contradiction soit  gênante, l’univers ainsi créé baignant dans une souriante fantaisie. Socorro Acioli revendique l’influence de Gabriel García Márquez avec lequel elle a participé à un atelier de création. C’est vrai qu’on peut trouver quelques rapports, mais ce qu’elle nous propose est assez différent, bien plus naïf (avec le sens pictural du mot). Un exemple : qu’est-ce que la Sainte caboche du titre ? Rien de moins que le logement provisoire de Samuel : oui, il loge dans le crâne d’une gigantesque statue de  saint que le sculpteur n’a jamais terminée. Seule la tête est restée sur le sol, à la sortie du village de Candeia, creuse et un peu effrayante.

Bien sûr on sent quelques imperfections dues sans nul doute  à l’inexpérience : certains comportements sont trop commentés, certaines situations qu’on croyait purement fantastiques sont malheureusement expliquées, ce qui nuit au mystère. Mais on oublie vite ces petits défauts qui sont plutôt sympathiques et on se laisse facilement porter par un conte de fées pour adultes. Un conte de fées moderne dans une région qui est restée empreinte de traditions et où la religion, très présente, lorgne vers la superstition. Les gravures d’Alexis Snell qui ponctuent les chapitres du roman et la  couverture de Fernando Chamarelli ajoutent au charme de ce bel objet. La destinée de Samuel est tortueuse, l’histoire racontée l’est aussi, les épisodes se succèdent un peu comme dans une saga qu’on égrène, d’un soir à l’autre, avant de s’endormir, en souriant.

Christian ROINAT

Sainte Caboche, de Socorro Acioli, traduit du portugais (Brésil) par Régis de Sá Moreira, éd. Belleville, 256 p, 19 €. En portugais : A cabeza do Santo, Companhia das Letras.

L’écrivain Boris Quercia, le renouveau du roman policier chilien, au festival Quais du Polar de Lyon

« L’Europe d’Est en Ouest » : un thème inédit pour l’édition 2017 du festival, qui nous a fait voyager à travers des contrées peu connues, de l’Allemagne à la Serbie. Fort de sa diversité d’approches littéraires, le festival s’intéresse au genre large de l’enquête. Mais le polar latino-américain s’avère pourtant être un incontournable du festival !Egalement lauréat du Grand Prix du roman noir étranger au festival de Beaune 2017, le talent de Boris Quercia n’est plus à démontrer.

Photo : Mistral Ice

Rendez-vous incontournable des amateurs et professionnels du polar, le festival Quai du Polar de Lyon réunit chaque année le public autour de rencontres littéraires, enquêtes urbaines, cinéma, théâtre et expositions. Parmi les écrivains invités nous tenons à mentionner Boris Quercia, lauréat du grand prix pour son roman Tant de chiens, publié aux éditions Asphalte. Tant de chiens raconte les déboires de Santiago Quiñones, policier dans la capitale chilienne. À la suite du meurtre d’un collègue trempé dans des affaires louches, il enquête et retrouve une amie d’enfance, blessée par la vie, qui l’exhorte à commettre l’irréparable… Dans les rues de Santiago, le personnage du même nom se fond et s’immisce.

Boris Quercia est avant tout cinéaste, métier dont il exerce les diverses facettes (réalisateur, acteur, scénariste et producteur). Mais à ses heures perdues, il écrit, reprenant pour son deuxième roman le protagoniste des Rues de Santiago (Asphalte, 2014). La littérature actuelle étant de plus en plus orientée vers le fait divers – comme en témoigne la dernière rentrée littéraire – le festival s’est interrogé sur le traitement littéraire du fait réel, de ses intrications avec le pouvoir politique et de sa récupération médiatique. Ce fut aussi l’occasion d’avoir un aperçu des réalités mondiales. Un coup de projecteur, donc, sur les règlements de compte qui sévissent dans les villes chiliennes et sur le rôle des forces de l’ordre.

Lou BOUHAMIDI

Pour plus d’informations :  Quais du Polar

Un nouveau président socialiste pour l’Équateur ? Deuxième tour ce dimanche 2 avril

Dimanche 2 avrnil sera un jour particulier pour l’Équateur, qui élira son futur président pour un mandat de quatre ans. Le premier tour avait tranché en faveur de Lenín Moreno (39,6 % des voix) et Guillermo Lasso (28,09 %). Candidat socialiste héritier de la politique de Correa et ancien vice-président, Lenín Moreno s’avère être le favori des sondages, selon les études de Cedatos et Market.

Photo : Alchetron et WordPress

Le candidat socialiste, s’il est élu, s’est engagé à concilier ralentissement économique et développement énergétique et infrastructurel. Parmi ses autres promesses qui font parler d’elles, celle de maintenir l’asile accordé à Julian Assange (le fondateur de WikiLeaks), réfugié en Équateur depuis cinq ans déjà. Une mesure-vitrine peut-être, au nom des droits de l’Homme.

En face, se trouve un ex-banquier qui ne parvient pas à s’auréoler d’autant de publicité. Promoteur du libéralisme et des alliances internationales, Guillermo Lasso, candidat de droite du parti Creando Oportunidades, est soutenu par le Parti social-chrétien. Malheureusement pour son image médiatique et politique, il a refusé à plusieurs reprises de prêter un serment certifiant n’avoir jamais trempé dans affaires de corruption, ainsi que de notifier devant notaire qu’il n’a jamais bénéficié de placements d’avoirs dans les paradis fiscaux, liés à la crise économique de 1999 ou associés à de la corruption impliquant les plus grandes entreprises d’Amérique du Sud. Actuellement, selon les déclarations de Correa, le service des impôts enquête sur de possibles activités offshore de Guillermo Lasso.

Ce dernier s’en défend par l’offensive, en amenant sur la scène politique la théorie du complot : il serait victime d’une « fraude électorale », et ce depuis le premier tour des élections. Un argument facile pour justifier a priori une possible défaite. Quoi qu’il en soit, le verdict aura lieu à la fin de la semaine. Pour en savoir plus sur la transition potnéolibérale de l’Équateur, les éditions de l’IHEAL viennent de publier un livre intitulé L’Équateur de Rafael Correa (Cahiers des Amériques latines n°83).

Lou BOUHAMIDI

 

 

En Colombie : Il y a deux assassinats par semaine de défenseurs des droits humains

Photo : Asokinchas

Mercredi 8 mars  ǀ AMÉRIQUE LATINE ǀ  La Marche mondiale des femmes a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes dans toute l’Amérique latine avec des revendications historiques et  nouvelles. Voir notre article principal.

Mercredi 8 mars ǀ PÉROU ǀ  Depuis le début de l’année, 43 personnes ont perdu la vie  et près de 550 000 ont été touchées, 6522 maisons se sont effondrées et 814 km de routes ont été détruits, selon les chiffres de l’Institut national de la défense civile (Indeci), victimes des conditions météorologiques provoquées par un El Niño. La température maximale de l’eau le long des côtes a grimpé de 6 degrés, atteignant les 27 degrés dans le nord.

Jeudi 9 mars  ǀ GUATEMALA ǀ  L’indignation était vive après la mort de 38 adolescentes dans l’incendie d’un foyer pour mineurs situé à San José Pinula, à 10 kilomètres à l’est de la capitale Ciudad Guatemala. Ce centre est par ailleurs aussi dénoncé pour des mauvais traitements et des abus sexuels. Il semble que les pensionnaires sont soupçonnées d’avoir elles-mêmes provoqué la tragédie en mettant le feu à des matelas.

Vendredi 10 mars  ǀ HONDURAS ǀ  La population vote pour désigner les candidats à l’élection présidentielle de novembre prochain. Juan Orlando Hernández, actuel président, se représente pour le Parti National alors que la Constitution interdit deux mandats successifs. Un décret de la Cour suprême, considéré comme illégal par des opposants, l’a autorisé à se présenter.

Samedi 11 mars  ǀ CHILI ǀ  Ángel Parra, chanteur, romancier et musicien, reconnu comme une Figure fondamentale de la musique chilienne, est décédé à Paris  à l’âge de 73 ans des suites d’un cancer alors qu’il participait activement avec sa famille à l’Année du Centenaire de Violeta Parra, sa mère.

Dimanche 12 mars  ǀ HAÏTI ǀ   Un autobus a foncé dans une foule de musiciens de rue dans la ville de Gonaïves, à environ 150 km au nord-ouest de Port-au-Prince, tuant 38 personnes au total et en blessant 13 autres.

Lundi 13 mars  ǀ COLOMBIE ǀ    La dirigeante sociale Ruth Alicia López a été tuée de huit balles. Il y a deux assassinats par semaine de défenseurs des droits humains. Depuis le début de l’année 2017, plus de 30 dirigeants sociaux, communautaires, défenseurs de la paix et des droits humains ont été assassinés en Colombie. Depuis le 1er janvier 2016, ils sont 120 ! Pour le ministère de la Défense et le Procureur général, « il ne s’agirait que de crimes passionnels ou de vengeance car le paramilitarisme n’existe plus ». Or il s’agit souvent de personnes ayant soutenu le processus des accords de paix dans des régions contrôlées par les paramilitaires qui ont bel et bien investi les zones évacuées par les FARC.

Mardi 14 mars  ǀ MEXIQUE ǀ  De janvier 2013 à janvier 2017, il y a eu 90 694 assassinats liés au crime organisé. Selon les analystes, c’est depuis la « déclaration de guerre » contre la drogue du président Felipe Calderón en 2007 que les exécutions ont subi une hausse exponentielles. Plusieurs ONG demandent à ce que la marijuana soit légalisée pour stopper les guerres internes entre mafias locales.

Guy MANSUY

Les Brigades de Paix Internationales en Amérique latine : protection des droits humains et promotion de la non-violence

PBI (Peace Brigades International – Brigades de Paix internationales) travaille depuis plus de trente ans à la protection des droits humains et la promotion de la non-violence. Cette ONG internationale, indépendante et impartiale, est associée avec le Département de l’information publique de l’Organisation des Nations unies. PBI  envoie  des équipes de volontaires sur les zones de conflits pour offrir un accompagnement protecteur aux membres d’associations menacés par la violence politique.

Le travail de PBI sur le terrain est complété par celui de seize groupes nationaux (Amérique du Nord, Europe, Australie). Son action repose sur deux principes : l’impartialité et la non-ingérence dans le fonctionnement des organisations  accompagnées car « la construction d’une paix durable ne peut être imposée de l’extérieur, mais doit venir des acteurs locaux et de leurs aptitudes à construire une paix authentique ». Ce concept PBI a fait la preuve qu’une présence extérieure peut éviter les actes de violence et élargir ainsi l’espace dans lequel pourront oeuvrer les militants locaux. Outre son travail d’accompagnement,  PBI propose aussi avec des organisations locales, « des formations d’éducation à la paix et de travail psychosocial pour renforcer la capacité des participants à résoudre les conflits ». Actuellement, PBI oeuvre à l’ouverture d’un ‘espace pour la paix’ et encourage la régulation non-violente des conflits au Mexique, au Guatemala, en Colombie, au Kenya et au Honduras. PBI est également membre du SIPAZ (Service International pour la Paix) qui travaille au Chiapas (Mexique).

PBI France est une association loi 1901 indépendante. La section française assure la coordination et le développement des réseaux d’appui et d’alerte en France, le suivi des projets sur le terrain et la recherche de fonds et de volontaires. PBI France travaille également à la sensibilisation de l’opinion publique française sur la résolution non-violente des conflits et à l’information sur la situation des défenseurs des droits humains dans les zones où sont implantés les projets. PBI France fonctionne grâce au travail d’une  équipe d’une vingtaine de bénévoles.

La Rédaction

Brigades de Paix internationales

 

8 mars, Jour de la femme : « Je ne veux pas tes fleurs, je veux ton respect… »

Ce 8 mars 2017, le « Jour de la femme' » a été différent. Des centaines de collectifs de femmes dans cinquante-deux pays ont appelé à descendre dans la rue « contre le patriarcat et le machisme dans la rue, les places, la maison et le lit », et pour l’arrêt des violences qui tuent une femme toutes les douze heures en Amérique latine.

Les femmes latino-américaines en masse dans les rues. En Bolivie, les marcheuses ont occupé tout le centre de la capitale La Paz. Au Chili, la présidente Michelle Bachelet a cité comme exemple de réduction de la brèche du genre et du machisme, le projet de loi présenté par son gouvernement pour dépénaliser l’avortement en cas du fétus non viable, de danger pour la vie de la mère ou après un viol. Des milliers de femmes ont défilé. Au Brésil, le président Michel Temer a déclenché une polémique en affirmant qu’il n’y a « personne d’autre que les femmes pour mieux détecter le prix dans les supermarchés » et a renchérit en soulignant « tout le travail que font les femmes à la maison et pour l’éducation des enfants au foyer ». Bref, cuisine et gamins pour les femmes brésiliennes ! Mais celles-ci ont massivement marché en exigeant le respect de leurs droits. En Argentine, plusieurs centaines de milliers de personnes ont défilé ce jour-là dans de nombreuses villes du pays. Pour Majo Gerez du Collectif de Rosario, « Les femmes sont à l’avant-garde de la résistance à l’avancée conservatrice et néolibérale des gouvernements d’Amérique latine et du monde ».

Féminisation de la pauvreté. Selon la CEPAL (Commission Économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, une agence des Nations unies), le niveau de pauvreté entre 2005 et 2012 avait diminué de 39 à 28 % de la population dans dix-sept pays, surtout au Chili, Uruguay, Venezuela, Argentine, Bolivie, Brésil. La pauvreté a commencé à remonter après 2012. Et ce sont surtout les femmes qui en supportent le poids. Pour la FAO (Agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), pour cent hommes indigents, il y a cent vingt-et-une femmes dans les mêmes conditions ! Au Brésil, les hommes gagnent un salaire moyen de 610 dollars par mois alors que les femmes en touchent 430 et les femmes noires 315. Pour le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, « Le développement global sera plus efficient, la paix plus durable et les droits humains mieux protégés si la femme acquiert une pleine capacitation dans tous les aspects de la société ».

« Fémicides » : un bilan dramatique. Le « femicidio » que l’on pourrait traduire par « fémicide » en contrepartie d’homicide, l’assassinat de femmes par leurs amis, compagnons ou conjoints, atteint des proportions dramatiques. Selon le bureau Amérique latine d’Amnesty International, une femme est tuée par un proche toutes les douze heures. En Argentine toutes les vingt-neuf heures ; au Mexique, sept par jour ; au Paraguay, sept par mois ; en Uruguay 3trente-deux par an, au Chili cinquante-huit (en France, plus de cent par an)…

Le Pérou à contre-courant ! Juste avant le 8 mars, plusieurs centaines de milliers de personnes ont défilé au Pérou contre « l’enseignement de l’idéologie du genre » dans les programmes scolaires, au cri de « Alerte, parents ! L’État veut homosexualiser nos enfants ». Les femmes vêtues de rose et les hommes en bleu pour bien montrer qu’il y a deux sexes, les manifestants critiquent ce qu’ils et elles appellent « la dénaturalisation des concepts d’homme et de femme ». Pour le cardinal Juan Cipriani, « Le plan de Dieu est qu’il y a homme et femme ». Le Mouvement missionnaire mondial a même déclaré que si ses membres voyaient deux hommes ou deux femmes s’embrasser, il fallait les tuer ! Le gouvernement a répondu que « L’homosexualité ne s’apprend pas, l’homophobie si ! L’enseignement existe pour que tout le monde ait des droits et des devoirs ».

Le Document du 8 Mars.  Les marcheuses argentines ont publié un document « Pourquoi nous marchons » reprenant les revendications des femmes partout dans le monde. Les principales lignes sont : 1-  Nous marchons parce que nous faisons partie d’une histoire collective et internationale : s’organiser contre le patriarcat.   2-  Nous voulons « rendre visible » la carte du travail en clé féministe : les ajustements structurels de l’économie pèsent plus sur les femmes et précarisent nos vies.  3-  Nous exigeons un droit à un avortement légal, sûr et gratuit.  4-  Nous défendons nos différences sexuelles et de genre : fin à la criminalisation de notre défense.  5-  Stop à la violence : fin des assassinats, du machisme, de la misogynie et de la haine contre les femmes en général et les LGTB (1) en particulier.  6- Nous exigeons un État laïc : séparation de l’Église et de l’État.  7- Nous voulons construire un mouvement des femmes comme sujet politique.

Jac FORTON

(1) LGTB : lesbiennes, gay, trans et bisexuel-le-s.  Le Document 8-M complet (en Espagnol).
Page 1 sur 4123...Last »