Archives mensuelles :

octobre 2013

A la Une : quatre jeunes Chiliens condamnés pour avoir battu et torturé à mort un jeune homosexuel

Une affaire criminelle, datant de mars 2012, qui s’est transformée en problème politique ces derniers mois. Il faut dire que la question des discriminations n’était que très rarement abordée au Chili. Mais quatre mois après la mort de Daniel Zamudio, en juillet 2012, le gouvernement conservateur de Sebastian Piñera annonçait la promulgation d’une loi anti-discrimination, communément appelé « loi Zamudio » depuis, nous rappelle le quotidien chilien El Mercurio. Suite sur RFI>>

La semaine du 21 au 28 octobre 2013

21 – BRÉSIL – DROITS DES INDIENS

Le gouvernement de l’Etat brésilien de Roraima, dans les mains des propriétaires terriens et des sociétés minières qui forment la base économique de la région, veut restreindre les droits des Indiens reconnus par la Constitution de 1988.

21 – BOLIVIE – PÉROU – LUTTE ANTI-DROGUE

Le gouvernement bolivien a demandé la fermeture de la frontière avec le Pérou pour empêcher la fuite de trafiquants présumés qui ont participé à l’embuscade des membres de la Force opérationnelle interarmées (FTC) alors qu’ils s’apprêtaient à détruire des cultures de coca illégales à Apollo, au nord de La Paz, tuant deux soldats et en blessant plus de vingt.  Étant donné la proximité de la frontière avec le Pérou, les producteurs de coca – soupçonnés de  résister à l’éradication de leurs cultures – ont accepté l’appui des trafiquants de drogue pour se réfugier dans le pays voisin.

22 – PÉROU – RÉPARATIONS PARTIELLES

Une loi de 2005 reconnaît aux victimes de violence survenues entre 1980 et 2000 une habilitation à une réparation d’État, mais les victimes des événements ultérieurs sont oubliées. Le Défenseur du Peuple (Médiateur) a envoyé l’an dernier une lettre au Congrès demandant de modifier le projet de loi pour prolonger la période pendant laquelle l’Etat les reconnait victimes de violence. Le recensement des victimes reconnues par l’Etat et le droit à une réparation comprend 186 350 personnes, plus de 5.600 communautés et 46 organisations déplacées par la violence.

22 – CUBA – SYSTÈME MONÉTAIRE

Le gouvernement de Cuba a annoncé la suppression du système de double monnaie en vigueur dans le pays depuis 1994, à travers une « note officielle » d’une douzaine de paragraphes, publiée dans le journal Granma. Cette note fait référence à la décision prise par le Conseil des ministres de dicter le modèle économique socialiste et de remettre à flot les comptes de l’île. Depuis 1994, la population perçoit ses salaires et paye produits  et services de base en pesos cubains (CUP), tandis que les produits et services importés sont exprimés en pesos convertibles (CUC).

22 – GUATEMALA – VERDICT ANNULÉ

La Cour constitutionnelle de Guatemala a décidé d’accorder une soutien à l’ancien dictateur José Efraín Ríos Montt, en se prononçant par cinq voix contre deux, « d’accord avec son point de vue que devait être appliqué le décret 8 – 86, qui contient une amnistie pour tous les membres des forces armées et de la guérilla, sans exception, pour des crimes qui ont été commis pendant le conflit armé interne « . José Efraín Rios Montt a été reconnu coupable en mai de cette année et condamné à 80 ans de prison pour génocide et crimes contre l’humanité. Cette décision constitutionnelle controversée a annulé une nouvelle fois le verdict et ordonné un nouveau débat, prévu pour mars ou avril 2014.

23 – PÉROU – FAUX BILLETS

Fournisseur de faux billets, mais aussi de faux papiers particulièrement difficiles à détecter, le pays andin est réputé chez Europol ainsi que dans les services de sécurité américains. La majorité des faux billets interceptés sur le territoire nord-américain proviendraient du Pérou. En quatre ans, la police péruvienne a confisqué 46,9 millions de faux dollars. Depuis 2010, 22,5 millions de faux euros ont été confisqués au Pérou. La police péruvienne fait face à de véritables organisations criminelles s’occupant de l’impression et de l’émission des faux billets, mais aussi de leur transport vers d’autres pays à travers le même système de  » mules  » qu’utilisent les narcotrafiquants.

23 – AMÉRIQUE CENTRALE – SICA

L’ancien chancelier de El Salvador, Hugo Martinez [photo], a depuis le 1er juillet pris la tête du Secrétariat exécutif du Système d’intégration centraméricain (SICA)*, chargé d’orchestrer un développement coordonné de huit pays dans les domaines économique, social et environnemental. Parce que leurs pays dépensent près de 3% du PIB à la lutte contre le crime organisé et le trafic de drogue, Hugo Martinez défend l’importance d’une stratégie globale en matière de lutte contre la drogue dans la région et la nécessité d’un soutien international.

23 – COLOMBIE – LE RÉFÉRENDUM EN BONNE VOIE

Le Sénat a adopté le projet de loi permettant un référendum pour la paix le jour de l’élection du parlement ou du président. L’initiative vise à consulter les Colombiens pour approuver ou non les accords auxquels éventuellement aboutiraient les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement de Juan Manuel Santos, en négociations à La Havane depuis 11 mois. Le vote final a été de 59 voix pour et seulement cinq contre. Maintenant, il ne reste plus que le texte soit approuvé par la Chambre des représentants et qu’il passe par l’examen de la Cour constitutionnelle.

23 – CARAÏBES-AMÉRIQUE LATINE – CHOLÉRA

Le Mexique a confirmé les 171 cas de choléra de la même souche qui depuis 2010 a tué plus de 8.800 personnes en Haïti, en République dominicaine et à Cuba. En août également une demi-douzaine d’infections a été détectée au Venezuela et au Chili. L’Organisation panaméricaine de la santé craint que la maladie se répande à travers le continent et devienne, à terme, une menace mondiale.

26 – BRÉSIL-ALLEMAGNE – ACCORD

L’Allemagne et le Brésil ont conjugué leurs forces pour présenter à l’Organisation des Nations Unies un projet de résolution qui vise à promouvoir la vie privée en ligne et  qui a reçu le soutien d’une vingtaine de pays, selon des sources diplomatiques citées par plusieurs médias américains. Il s’agit de la première initiative internationale pour tenter de répondre aux pratiques d’écoutes par les Etats-Unis, qui ces derniers jours ont suscité une vague d’indignation parmi ses alliés.

26 – COLOMBIE – CANDIDAT

Dans une convention qui a réuni plus d’un millier de délégués d’un nouveau mouvement Uribe Centre démocrate, l’opposition dirigée par l’ancien président Alvaro Uribe a choisi son ancien ministre des Finances Oscar Ivan Zuluaga comme le candidat qui affrontera le président Juan Manuel Santos à l’élection présidentielle de mai 2014. L’élu a gagné avec 56% des voix face à l’ancien vice-président Francisco Santos Calderon et l’ancien sénateur Carlos Holmes Trujillo Garcia, après deux jours de convention inhabituelle, dirigé par Alvaro Uribe lui-même.

27 – CHILI – PROGRAMME DE BACHELET

À trois semaines de l’élection présidentielle du 17 novembre, la candidate de centre-gauche Michelle Bachelet – le vainqueur le plus probable selon tous les sondages – a présenté son très attendu programme du gouvernement, qui met en évidence trois grands axes : une nouvelle constitution, une réforme fiscale et une réforme de l’éducation. En présence des principaux représentants de la nouvelle majorité, l’ancienne présidente a déclaré que son programme « vise à ouvrir un cycle historique » dans le pays.

27 – ARGENTINE – RÉSULTAT DES LÉGISLATIVES

Le Front de gouvernement pour la victoire (FPV) et ses alliés ont perdu les élections législatives dans 12 des 24 districts de l’Argentine, dont les cinq les plus peuplés du pays, selon les premiers résultats officiels connus. Mais toutefois la présidente Cristina Fernandez de Kirchner conserve une majorité absolue dans les deux chambres du Congrès pour les deux dernières années de son mandat. Ce qui est également clair, c’est qu’elle, avec son parti et ses alliés, n’aura pas les deux-tiers des députés et des sénateurs dont elle aurait besoin pour modifier la Constitution pour lui permettre de briguer un troisième mandat en 2015.

Guy MANSUY

“L’île invisible” du Vénézuélien Francisco Suniaga

Ce roman vénézuélien nous entraîne dans le monde réel de l’île Margarita, loin des clichés pour touristes, et dans l’univers très particulier des combats de coqs.

Sur l’île Margarita atterrit Edeltraud Kreutzer, vieille dame allemande qui ne vient pas faire du tourisme mais connaître les circonstances exactes de la noyade de son fils, Wolfgang , sur la plage où il tenait un bar avec sa femme Renata et son employé modèle métis Richard. Elle sera aidée par le charismatique José Alberto Benitez, avocat désargenté, qui mènera l’enquête auprès des différentes autorités de l’île pour trouver s’il s’agit d’un simple accident, d’un suicide ou d’un meurtre passionnel. Il va alors découvrir la passion funeste de Wolfgang pour les coqs de combat.

À travers la trame simple de l’intrigue, le lecteur plonge littéralement dans les deux univers de l’île, les paysages urbains qui s’opposent, le monde des touristes et les quartiers modestes, il plonge aussi dans l’univers très documenté des entraîneurs de coqs et des descriptions des combats. La langue est précise, réaliste et l’auteur nous fait partager à la fois la cruauté de ces combats et le courage et la dignité des coqs qui entraînent l’empathie du lecteur.

Les personnages principaux sont eux aussi touchants : la vieille allemande Edeltraud regarde sans préjugés ce monde totalement étranger au sien. L’avocat et son ami psychiatre, qui ont partagé une jeunesse communiste pleine d’enthousiasme et de foi en l’avenir se confient leur désenchantement face à la crise et à la déchéance de la société, mais trouvent tout de même des raisons de vivre pour ne pas sombrer dans le désespoir et l’amertume. Le même avocat lucide et opiniâtre ira jusqu’au bout de sa quête malgré les obstacles.

Retours en arrière dans le passé de chacun, introspections des différents personnages, chapitres aux points de vue alternés, placés astucieusement dans la narration, finissent de rendre la lecture fort passionnante.

Louise LAURENT

L’île invisible de  Francisco Suniaga, traduit de l’espagnol (Venezuela) par Marta Martínez Valls aux éditions Asphalte, 247 pages, 21 euros.   

Les Argentins aux urnes pour des législatives de mi-mandat

Les Argentins votent ce dimanche 27 octobre pour des élections législatives de mi-mandat. Un scrutin qui met aux prises le parti affaibli de la présidente Cristina Kirchner, le Front pour la victoire, et une opposition morcelée, dont émerge une figure montante du péronisme, Sergio Massa et son Front réformateur. Ces élections interviennent alors que la présidente est au repos forcé depuis deux semaines, loin des caméras. Cristina Kirchner a subi une opération chirurgicale au cerveau. Ces élections pourraient lui faire perdre sa majorité absolue au Sénat, et pourrait, signifier la fin de l’ère Kirchner en 2015. Suite sur RFI>>

Haïti : Violences après l’arrestation d’un avocat de l’opposition

De violentes manifestations se sont déroulées le 23 octobre à Port-au-Prince, la capitale haïtienne, au lendemain de l’arrestation d’André Michel, ce jeune avocat à l’origine d’une plainte pour corruption contre l’épouse et le fils du président Michel Martelly. Des barricades ont été érigées en ville. Les centaines de manifestants descendus dans la rue dénoncent une interpellation arbitraire. Ils réclament le départ du chef de l’Etat, l’accusant de vouloir réinstaurer la dictature. Suite sur RFI>>

Felipe Polleri : “L’ange gardien de Montevideo”

Premier roman publié en France de l’Uruguayen Felipe Polleri, L’ange gardien de Montevideo est pour le lecteur une troublante descente dans l’esprit vacillant d’un jeune homme dont l’occupation principale est de remplacer le concierge de son immeuble et de subir les humiliations de la plupart des voisins.

On est littéralement plongés dans la tête de Néstor, jeune homme, machine ou pantin, c’est selon, et Felipe Polleri parvient très bien à nous faire partager le trouble qui est la définition du narrateur. Ce sont ses délires qui sont ainsi exprimés, mais aussi ses angoisses, plus rarement ses aspirations, presque tout le temps ses incompréhensions par rapport aux mortels qui l’entourent, qui vivent dans un monde qui leur semble, qui nous semble normal, mais qui pour Néstor, est hors de toute réalité, de toute vraisemblance. Ajoutons qu’un deuxième narrateur, peut-être un habitant de l’immeuble, mais peut-être aussi, pourquoi pas Felipe Polleri lui-même, se glisse parfois entre les pages de Néstor et rajoute un peu de piment à ce jeu du vrai et du pipé, un clin d’œil qui pourrait être un peu plus que ça. Je vous intrigue un peu ? Allez y voir vous-mêmes, L’ange gardien de Montevideo mérite bien le temps de lecture qu’il nous demande.

Christian ROINAT

 

Photo©Panta Astiazaran

Felipe Polleri : L’ange gardien de Montevideo, traduit ed l’espagnol (Uruguay) par Christophe Lucquin, Editions Lucquin, 106 p., 14 €

Cuba : vers la fin du double système monétaire

Le président Raul Castro a annoncé la fin du double système monétaire qui était en vigueur dans l’île de Cuba depuis 1994. Mais on ne connait pas encore les modalités d’application de cette mesure, ni la date à laquelle elle prendra effet.

Le double système monétaire cubain, c’était d’abord une devise convertible, utilisable par les touristes qui l’échangeaient contre leur monnaie nationale, principalement dollar ou euro. Les sommes expédiées par la communauté cubaine de l’étranger, principalement de Floride, étaient aussi convertibles, un dollar contre un peso.

Et puis il y avait – il y a encore – une autre monnaie, celle de la vie de tous les jours pour les citoyens cubains. Ce double système monétaire avait créé de graves inégalités dans la société cubaine. D’un côté, les privilégiés, qui avaient accès à la monnaie convertible, de l’autre, ceux qui n’y avaient pas accès. Suite sur RFI>>

Ana Paula Maia :“Charbon animal”

Noir, noir, noir. Tout dans ce roman est noir et pourtant pas tout à fait désespéré. Ana Paula Maia, née en 1977 au sud du Brésil, se dit influencée par Dostoïevski et Schopenhauer et le prouve dans ce texte terriblement humain, saisissant de cruauté maîtrisée, de retenue malgré la brutalité de ce qu’elle décrit et raconte.

Ernesto et Ronivon sont deux frères qui vivent dans une petite ville minière du Brésil. Le premier est pompier, « le feu est la seule chose qu’il aime affronter », et il le fait naturellement, pourrait-on dire : adolescent, il a sauvé un de ses frères d’un des incendies qui ont touché leur maison. C’est peut-être de là que vient sa vocation. Le second n’a trouvé comme métier que d’incinérer les nombreux corps qui échouent au crématorium. Ana Paula Maia décrit leur vie quotidienne dans un style documentaire qui se révèle plutôt trompeur : sous la froideur assumée d’un texte distancié, affleure une sensibilité qui se cache pour mieux se diffuser et n’en être que plus forte. Ce qu’elle nous montre, ce n’est pas que l’horreur ordinaire, c’est surtout la condition de ces quelques personnes qui parviennent à vivre malgré tout. Ils sont soumis aux petites contrariétés (la voisine qui se plaint des dégâts commis par la chienne d’Ernesto) comme aux grands drames humains (un coup de grisou au fond d’une mine de charbon ou la désincarcération d’un blessé dans un accident de la route). Il n’y a pas de hiérarchie soulignée dans ces tracas, et il en est  de même pour les rapports humains : la chienne n’a pas moins d’importance pour Ernesto qu’un collègue croisé chaque jour.

La force énorme du livre vient bien de la façon de faire d’Ana Paula Maia, ce contraste entre la froideur des mots et des phrases (une froideur qui s’applique, paradoxalement, au feu et à ses conséquences) et la réalité des hommes, de leur corps et de leur esprit. En effet, si tout ce qui est dit a un rapport direct avec le corps, ses blessures, son avenir, après la mort, l’auteure ne parle en réalité que de l’esprit (de l’âme ?). Ce qu’elle dit ne peut donc que nous atteindre directement, nous laisser ébahis devant tant de talent.

Christian ROINAT

 

Ana Paula Maia : Charbon animal, traduit du portugais (Brésil) par Ana Anacaona, éd. Anacaona, 137 p.

 

La semaine du 14 au 20 octobre 2013

14 – PARAGUAY – RECENSEMENT

Selon le recensement des populations indigènes réalisé l’an dernier, la population de la communauté Guarani a augmenté de 30% dans la décennie de 2002 à 2012 et représente près de 2% de la population totale du pays. Au niveau de la région ouest de la capitale Asunción, plus de 13% de la population, soit environ 80.000 personnes, est indigène, ce qui les met dans une situation défavorable pour les indicateurs de  pauvreté et d’exclusion, selon une analyse de la Banque mondiale. Dans le cadre du Programme de développement rural durable (Proders), promu conjointement par le ministère de l’Agriculture et de la Banque mondiale, une aide profite à quelque 40 communautés autochtones, répartis entre les départements de San Pedro et Caaguazú, à l’ouest d’Asunción.

14 – MEXIQUE – ÉPIDÉMIE

Une épidémie de choléra qui est apparue il y a deux semaines dans l’État d’Hidalgo, dans le centre du Mexique, s’est propagée aux États de Veracruz, de Mexico, de San Luis Potosi et du district de Mexico avec 159 cas et un décès détectés, a rapporté le ministre de l’Intérieur, Miguel Angel Osorio Chong. La souche correspond à la « souche hautement contagieuse apportée d’Haïti », a déclaré le professeur de biotechnologie à l’Institut Technologique de Monterrey, Rodrigo Muñoz Balam Soto.

15 – BRÉSIL – PRÉSIDENTIELLE

La Présidente Dilma Rousseff et l’écologiste Marina Silva, les deux candidates qui selon les sondages recueillent le plus de voix à l’élection présidentielle de l’année prochaine, se sont affrontées dans un duel verbal sur l’état de l’économie brésilienne, ce qui a été considéré comme le coup d’envoi de la campagne électorale. Convaincues qu’à la fin, ce sera l’économie qui décidera de l’élection, les deux ont ouvert un débat sur le sujet.

15 – MEXIQUE – AVORTEMENT

L’État de Morelos pourrait devenir la deuxième entité du Mexique où l’avortement libre est légal. Lors de sa participation au troisième Congrès latino-américain juridique sur les droits reproductifs, le secrétaire du gouvernement local, Jorge Messeguer, a déclaré que le gouvernement de l’État « ne va pas criminaliser toute femme qui, pour diverses raisons, a eu un avortement ». Jusqu’à présent, le district fédéral est la seule institution fédérale dans le pays qui le permet.

16 – MEXIQUE – RÉFORME FISCALE

La réforme fiscale, la plus importante que le président Peña Nieto ait lancée, a surmonté son dernier obstacle majeur avec le soutien de la gauche. Même si la Chambre des députés n’a pas approuvé la proposition – ce qui ne devrait pas poser beaucoup de problèmes – l’ensemble des mesures a obtenu à l’approbation de la Commission des finances et du Crédit public avec les voix des représentants du PRI et du PRD contre celles du PAN. Mais le projet initial a subi des changements substantiels et le PRI a dû faire des concessions aux deux principaux partis d’opposition pour la mener à bien.

17 – CHILI – ONU

Par 186 voix pour et cinq abstentions, le Chili a été élu pour remplacer le Guatemala en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période allant du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015. Le vote a eu lieu à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, où, outre le Chili, ont été choisi  l’Arabie Saoudite, le Tchad, la Lituanie et le Nigeria pour remplacer l’Azerbaïdjan, le Maroc, le Pakistan et le Togo.

17 – COLOMBIE – JUGEMENT

La Cour constitutionnelle de Colombie a confirmé le jugement qui, il y a trois ans,  avait destitué et interdit pendant 18 ans à l’ancienne sénatrice libérale Piedad Cordoba [photo] de se représenter, ce qui équivaut, en pratique, à sa mort politique. En 2010, le procureur général l’avait accusée d’outrepasser les droits de ses fonctions lorsque, en 2007, elle a été autorisée par l’ancien président Álvaro Uribe à  servir de médiateur dans la libération de plusieurs policiers, politiciens et otages militaires avec les FARC.

17 – CHILI – MANIFESTATION

Des dizaines de milliers d’étudiants, lycéens et professeurs du public ont de nouveau marché à Santiago, pour réclamer un enseignement public gratuit et de qualité, à un mois jour pour jour de l’élection présidentielle au Chili. Cette manifestation, la sixième du genre depuis le début de l’année, a rassemblé 18.000 personnes selon la police et 50.000 selon ses organisateurs. Dans son programme électoral, l’ex-présidente socialiste Michelle Bachelet propose, si elle est élue, de lancer une réforme instaurant la gratuité des études universitaires d’ici à six ans. De son côté, Evelyne Matthei, sa concurrente de droite, semble privilégier la ligne suivie par l’actuel gouvernement, visant à faciliter les crédits étudiants sans remettre en cause un système à deux vitesses hérité de la dictature.

18 – VENEZUELA – CENSURE

Le président Nicolás Maduro a ordonné la mise en prison des responsables du journal 2001, l’une des têtes du groupe d’édition de Armas, pour avoir informé des problèmes récurrents d’approvisionnement. Le président a franchi une ligne jamais traversée par son mentor, ni par les gouvernements civils entre 1958 et 1998. Jusqu’à présent, personne n’avait ordonné « la peine maximale possible ».

18 – COLOMBIE – OCTOBRE NOIR

La guérilla colombienne des FARC a multiplié ses attaques alors que les discussions avec le gouvernement avancent lentement à Cuba. Les FARC les ont appelées l’ »Octobre noir », une opération qui cherche à démontrer sa puissance militaire. Le gouvernement du président Juan Manuel Santos responsabilise la guérilla de cette lenteur des négociations et l’accuse de mettre sur la table de négociation des affaires qui ne faisaient pas partie de l’agenda de paix.

19 – MEXIQUE – ASSASSINAT

Le militant mexicain et chef de l’Organisation paysanne de la Sierra du Sud (BSCA) Rocio Mesino a été assassiné dans la communauté Mexcaltepec, dans la municipalité du Guerrero Atoyac de Alvarez. Rocio Mesino a été abattu alors qu’il coordonnait une réunion d’aide pour les victimes touchées par les tempêtes et la réhabilitation de l’un des ponts endommagé par les pluies qui ont frappé la région il y a plus d’un mois.

20 – AMÉRIQUE LATINE – SOMMET IBÉRO-AMÉRICAIN

Au Panama s’est tenu le 23ème sommet ibéro-américain. Jadis réunion annuelle prisée entre les pays latino-américains et les trois nations de la péninsule ibérique, à savoir l’Espagne, le Portugal et l’Andorre, le sommet semble aujourd’hui avoir perdu de sa superbe. Le contexte mondial a changé depuis ses débuts dans les années 1990. C’est maintenant l’Espagne qui espère tirer un maximum de profits de ces sommets ibéro-américains. Cette année, de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement n’ont même pas fait le déplacement. Parmi les absents, les présidentes du Brésil et de l’Argentine, ceux du Chili, du Pérou ou encore de l’Uruguay et du Venezuela. La preuve évidente de cela est que le seul projet de décision approuvé par les dirigeants des 22 pays participants a été d’espacer les réunions pour les rendre biennales de manière qu’elles alternent avec des rendez-vous en UE et en Amérique latine.

Guy MANSUY

« L’indignation » du ministre anglais Jack Straw

Petit rappel : en octobre 1998, le juge espagnol Baltasar Garzón demande à la justice britannique d’arrêter et d’extrader le général Pinochet, en visite à Londres, pour crimes contre l’humanité. Alors que la Cour des Lords en droit (Law Lords) avait décrété que la demande espagnole était recevable et que Pinochet pouvait être extradé vers l’Espagne, le ministre britannique de l’Intérieur de l’époque, Jack Straw, sur base d’un rapport médical contesté, permettait au dictateur de rentrer au Chili après 503 jours de détention domiciliaire à Londres. Arrivé à Santiago, Pinochet se lève de son fauteuil roulant et salue en riant les militaires venus l’accueillir.

Quinze ans plus tard, l’ancien ministre Straw déclare au Canal 13 de la télévision chilienne que « Après le premier rapport médical, j’ai ordonné que le général Pinochet soit ré-examiné par quatre autres médecins, tous experts du procureur. Ils ont tous affirmé que Pinochet n’était pas en état mental de subir un procès. Je n’avais pas d’autre option que de le libérer. Quand j’ai vu la scène de son arrivée à Santiago, cela m’a indigné. J’ai senti que le général Pinochet avait mis un bandeau sur les yeux des médecins et qu’il s’en sortait avec un diagnostic qui n’était pas correct… »(1)

Juste avant de libérer Pinochet, le ministre Straw avait déclaré en janvier 2000 : « Le rapport médical montre que le sénateur est actuellement incapable de supporter un jugement… Dans ces conditions, ce ministère se sent enclin à penser que la procédure d’extradition n’a aucun sens. En conséquence, il a pris la décision de ne pas extrader le sénateur Pinochet… »

Monsieur le ministre, l’auteur de cet article se sent enclin à penser que c’est la raison d’État que vous avez fait prévaloir. Ainsi donc, le pouvoir politique peut passer outre deux décisions du pouvoir judiciaire représenté par deux jugements de la Cour des Lords en droit autorisant l’extradition mais accepte la décision de quatre « experts » anonymes qui auraient  donné un diagnostic incorrect !

Pourquoi ne pas reconnaître que, lorsque la raison d’Etat est en jeu, la séparation des pouvoirs n’est qu’une fiction et que le gouvernement dont vous étiez le ministre à l’époque a préféré le politique à la justice… Votre indignation m’indigne !

Jac Forton

(1) Cité par le journal chilien La Nación du 14 octobre 2013.

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