Archives des catégories :

Pérou

Des ex-présidents péruviens en prison et en cavale… crient à leur innocence

Une nouvelle affaire de corruption secoue l’Amérique latine après la condamnation à neuf ans et demi de prison visant l’ex-président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, icône de la gauche dans son pays. Deux anciens présidents péruviens sont accusés de corruption et blanchiment d’argent, Ollanta Humala a été placé en détention provisoire tandis qu’Alejandro Toledo est en exil aux États-Unis.

Cette fois-ci c’est au Pérou que les événements se passent, l’ancien président péruvien Ollanta Humala et son épouse Nadine Heredia, ont été placés par la justice en détention préventive pour 18 mois sur des accusations de corruption. Ils ont été transférés le vendredi 14 juillet 2017 dans deux établissements pénitentiaires différents après s’être livrés spontanément à la justice aussitôt après l’ordre donné par un tribunal de Lima de leur arrestation. Le tribunal a invoqué des témoignages d’anciens cadres dirigeants du groupe brésilien du BTP pour accusé l’ex-président à la tête du Pérou de 2011 à 2016, et son épouse d’avoir accepté trois millions de dollars de pots-de-vin. Tous deux démentent ces accusations et estiment que leur incarcération avant procès est injuste. Le juge Richard Concepción Carhuancho a préféré placer l’ancien président en détention provisoire au motif qu’Ollando Humala pourrait rapidement fuir le pays en attentant le procès pour blanchiment d’argent présumé.

En effet, ce n’est pas la première accusation de corruption portée contre un président péruvien. L’ex-chef de l’État Alejandro Toledo, au pouvoir de 2001 à 2006, est en exil aujourd’hui aux États-Unis. Il est lui aussi soupçonné de corruption, deux mandats d’arrêt ont été émis contre lui pour avoir prétendument reçu 20 millions de dollars en pots de vin. Celui-ci a refusé de se présenter aux autorités, alors même que Concepcion avait ordonné son incarcération en préventive. Toledo s’est exprimé sur les réseaux sociaux  suite à l’incarcération de Ollanta Humala, il  dénonce « l’injustice » de cette décision résultat de la persécution politique et la conséquence d’une violation de Etat de droit. Cette nouvelle affaire d’incarcération témoigne du triste état de la scène politique péruvienne : en 25 ans, quatre des cinq derniers présidents ont été touchés par des scandales de corruption. En effet, un autre ancien président péruvien, Alberto Fujimori, purge une peine de 25 ans pour violations des droits de l’homme et corruption dans la même prison où vient d’être incarcéré M. Ollanta Humala et son épouse.

Camille FÉRON

Rencontre historique entre le Chili et le Pérou pour un premier gouvernement binational

Le 6 juillet dernier, Michelle Bachelet, présidente du Chili, a été reçue à Lima par le chancelier péruvien Ricardo Luna, l’ambassadeur chilien au Pérou, Roberto Ibarra, et  Jorge Valdez, ambassadeur du Pérou au Chili. L’objectif de la visite officielle de Mme Bachelet à son homologue péruvien, Pedro Pablo Kuczinski, était de raffermir la relation entre les deux pays limitrophes, notamment avec la création  du premier cabinet binational Pérou-Chili dont la cérémonie d’inauguration s’est déroulée dans le salon Tupac Amaru du Palais présidentiel à Lima.

Photo : La Moneda

En signe de bienvenue, le président Pedro Pablo Kuczinski a écrit sur Twitter: « Avec cette historique binational Pérou-Chili, nous donnons un nouvel élan à nos relations bilatérales », En effet, cette réunion, à laquelle ont participé des entrepreneurs des deux pays, est la première qui se réalise entre ces États, dont les histoires ont été entremêlées de conflits armés. Ainsi, ce « Gabinete Ministerial Binacional » fut déclaré d’intérêt national lors de la résolution suprême qui a eu lieu le 8 mai dernier.

Ce rapprochement devrait aider les deux pays à ouvrir de nouvelles perspectives sur l’avenir dans différents domaines qui affectent la population en général. Sur ce point, Fernando Zavala, premier ministre péruvien et titulaire de l’économie et de finances, a affirmé que ce premier cabinet binational Pérou-Chili restera « un objectif historique fondamental pour la continuation et la consolidation des relations entre les pays latino-américains, dans ce cas spécial avec le Chili. »

La délégation chilienne était composée par dix-huit ministres, qui se sont concertés avec leurs homologues péruviens sur des sujets concernant chaque ministère. Mais surtout l’ordre du jour était axé autour de cinq thèmes fondamentaux sur lesquels repose désormais une solide coopération économique et commerciale : projets de société et de culture pour l’intégration ; sécurité et défense ; commerce extérieur, investissements et tourisme ; environnement, développement durable, affaires énergétiques et de l’industrie minière, et intégration des populations frontalières. Bien qu’il s’agit de la première réunion de ce type avec le Chili, le Pérou entretient régulièrement des « gabinetes binacionales » avec ses pays limitrophes : l’Équateur, la Colombie et la Bolivie. Rappelons que récemment la présidente Michelle Bachelet a rencontré son homologue argentin, Mauricio Macri, dans le même cadre de coopération internationale.

Eduardo UGOLINI

Accusé de corruption au Pérou, où se trouve l’ancien président péruvien Alejandro Toledo ?

Accusé d’avoir reçu vingt millions de dollars pour favoriser l’entreprise BTP brésilienne Odebrecht (encore elle !), l’ancien président Alejandro Toledo est-il toujours aux États-Unis, son pays de résidence, en France, où il serait passé, ou en Israël où il envisageait de voyager ? Confusion autour de l’alerte rouge d’Interpol à Lyon.

Photo : El Comercio

Le juge anticorruption Hamilton Castro a remis au juge Richard Concepción Carhuancho, un document qui prouverait que l’ancien président Alejandro Toledo aurait reçu plus de 20 millions de dollars en pots-de-vin de l’entreprise Odebrecht pour que le gouvernement octroie à celle-ci la construction de deux grands tronçons de la route interocéanique qui doit relier la côte atlantique brésilienne à la côte pacifique péruvienne. Le ministère public demande une décision de peine de prison préventive de 18 mois contre Toledo, accusé de trafic d’influence et de blanchiment d’argent de corruption. Mais il faut d’abord le trouver ! Alors, le gouvernement offre une récompense de 100 000 soles (28 000 €) à qui « fournit une information qui permette d’arrêter le fugitif ».

Aveux au Brésil, accusations au Pérou ! Des anciens présidents sur la sellette.   Le scandale Petrobras au Brésil continue à émettre des ondes de choc aux plus hauts niveaux. Pour alléger considérablement sa condamnation à 19 ans de prison pour corruption à dimension continentale, Marcelo Odebrecht « a tout avoué ». Il a ainsi impliqué de nombreuses personnalités dans une douzaine de pays, y compris des anciens présidents. La justice péruvienne se penche particulièrement sur des accusations de corruption visant l’ancien président Toledo (2001-2006) mais ses collègues Alan García (1985-1990 et 2006-2011) et Ollanta Humala (2011-2016) seraient également dans le collimateur, ainsi que le président actuel Pedro Pablo Kuczynski qui fut ministre de l’Économie de Toledo.

La trame de corruption dévoilée.   La justice base ses accusations sur les déclarations de Jorge Simoes Barata, l’homme fort d’Odebrecht au Pérou, qui a avoué avoir payé Toledo en versant des sommes convenues sur des comptes offshore appartenant à Josef Maiman, un homme d’affaires israelo-péruvien. On parle de 18 versements d’Odebrecht aux offshores de Maiman, mais le bénéficiaire réel et final serait bien Toledo. Les deux hommes ont été mis en examen.

Mais où est donc Alejandro Toledo ?   Chercheur à l’université de Stanford, Alejandro Toledo réside habituellement en Californie aux États-Unis. La justice péruvienne a envoyé une demande d’extradition à son homologue états-unien, appuyée par une demande semblable personnelle du président Kuczynski à son homologue Donald Trump. Mais on ne sait pas vraiment où il se trouve. On croit savoir que l’ancien président aurait voyagé en France, serait reparti en Californie et reparti vers Israël car sa femme, Eliana Karp de nationalité belge est d’ascendance juive, son associé Maiman est israélien et le Pérou et Israël n’ont pas de traité d’extradition. Les autorités israéliennes ont cependant indiqué que Toledo n’était pas dans l’avion en provenance de San Francisco et qu’elles ne l’accueilleraient pas en Israël.

Un « fugitif » qui ne l’est pas vraiment.  « Je ne me suis enfui de rien du tout. Ils m’appellent fugitif, mais quand j’ai quitté le Pérou, il n’y avait encore aucune accusation contre moi. C’est une distorsion machiavéliquement politique contre moi, que je rejette ». Et d’ajouter : « Je me défendrai », mais seulement dans les conditions d’une « justice juste ». En s’exprimant sur les réseaux sociaux, il insiste : « j’ai droit à la présomption d’innocence et le respect du droit à un procès juste ».

Confusion autour de la notice rouge d’Interpol. La justice péruvienne a demandé à Interpol (dont le siège mondial est à Lyon) de lancer une notice  rouge contre Toledo. En plaçant une notice rouge contre quelqu’un, Interpol aide les polices à identifier et localiser des individus recherchés par des juridictions nationales dans l’optique de leur arrestation et de leur extradition. Contrairement à ce qui est souvent diffusé, la notice n’est pas un mandat d’arrêt international, c’est un soutien aux mandats d’arrêt nationaux. Pour qu’elle soit applicable aux États-Unis, il faut qu’un juge états-unien signe d’abord un mandat d’arrêt. Or, le département de justice a fait savoir à son homologue péruvien que ses documents accusatoires étaient un peu légers et qu’il fallait envoyer des documents et des accusations plus précis. L’ancien président n’est donc pas encore sous la menace d’une arrestation aux États-Unis et il peut les quitter sans opposition. C’est ce que craint la justice péruvienne. Si les preuves ne sont pas concluantes, il n’y a pas de raison de l’arrêter ; si les preuves sont avérées, ce qui semble le cas, Toledo sera retrouvé un jour ou l’autre.

Jac Forton

Le nouveau président du Pérou dévoile la composition de son gouvernement

Après sa courte victoire face à Keiko Fujimori lors des dernières élections présidentielles (50,12 % contre 49,88 % des voix), le président élu Pedro Pablo Kuczynski doit former un nouveau gouvernement afin de diriger le Pérou pour les cinq années à venir. Alors qu’il s’apprête à prendre ses fonctions le 28 juillet, il dévoile peu à peu les noms des ministres qui composeront son gouvernement.

Photo : Newsok.com

Ollanta Humala va prochainement céder sa place à Pedro Pablo Kuczynski, son successeur à la tête du Pérou, et leader du parti Peruanos por el Kambio (PK). Cette passation de pouvoir induit également un renouvellement du cabinet ministériel qui l’accompagne. Kuczynski souhaitait que ce dernier soit équilibré, représentatif des hommes et des femmes, et de diverses tranches d’âges. Ainsi, 18 ministres intègreront le gouvernement Kuczynski dès la fin du mois de juillet, parmi lesquels : Alfredo Thorne comme Ministre de l’Economie, Carlos Basombrío comme Ministre de l’Intérieur, ou encore Mariano Gonzáles comme Ministre de la Défense. Plusieurs de ces personnes sont d’ores et déjà dotées d’une importante expérience politique.

Egalement, Fernando Zavala a été annoncé comme futur Premier ministre ; cet économiste de 45 ans dit vouloir moderniser le pays, qui a néanmoins déjà beaucoup avancé ces dernières années. Selon Kuczynski, lui même ancien banquier à Wall Street, Zavala a une très bonne connaissance du fonctionnement du pays et de la fonction publique, puisqu’il a déjà été ministre de l’Economie sous le mandat d’Alejandro Toledo. Le pedigree de Zavala ne serait pas complet sans ajouter qu’il est actuellement PDG du groupe Backus, qui n’est autre qu’une filiale locale du deuxième brasseur mondial SABMiller. C’est à la fois son âge encore relativement jeune, et son poste actuel de dirigeant d’entreprise, qui interrogent la pertinence de sa nomination au poste de chef du gouvernement. Cependant, les défis qui se profilent pour ce nouveau gouvernement sont nombreux : réduction de la pauvreté, proximité avec les citoyens, développement du pays, enjeux sécuritaires, soutien de l’économie… De plus, le Congrès demeure aux mains des alliés de Fujimori, puisque la majorité appartient encore au groupe Fuerza Popular (FP).

Anaïs DUEE

Verónika Mendoza: le Frente Amplio soutiendra le Pérou et ne fera pas d’opposition “obstructionniste”

Le Pérou pourra compter sur l’appui du Frente Amplio (FA) pour toutes les propositions qui concerneront la création d’emplois et le développement durable, a affirmé la leader de ce groupe, Verónika Mendoza, qui a nié que son parti allait faire de l’opposition « obstructionniste ».

Photo : Filckr

Après avoir rencontré le nouveau président élu, Pedro Pablo Kuczynski, elle a déclaré, qu’en tant que seconde force politique au niveau national, elle lui avait adressé son salut démocratique, et qu’elle avait exprimé  « ses préoccupations et propositions », concernant entre autres les régions du Sud, les travailleurs et les communautés. “Le Pérou pourra compter sur l’appui du Frente Amplio pour tout ce qui concernera la création d’emplois dignes et le développement durable. Nous ne ferons pas d’opposition obstructionniste, mais serons une opposition démocratique, constructive, et vigilante, mais nullement obstructionniste » a-t-elle affirmé.

CORRUPTION ET INDUSTRIE MINIERE

A cet égard elle a précisé que les membres de FA lutteraient contre la corruption, et que le groupe présenterait une série d’initiatives, comme la non prescription de ces délits et la « mort civile » des fonctionnaires corrompus, entre autres. Elle a aussi évoqué l’investissement décentralisé dans les régions pour relancer l’économie, générer des emplois dans l’agriculture et améliorer l’irrigation par le développement de l’infrastructure hydrique. En ce qui concerne le secteur minier, elle a soulevé la nécessité de planifier le développement, d’organiser le recensement des terres, en accord avec les autorités locales, régionales, la communauté, les investisseurs, en donnant la priorité aux investissements nécessaires. Kuczynski et Mendoza se sont rencontrés pendant une heure et demie dans la résidence du nouveau président élu. Etaient également présents  quelques dirigeants du groupe de gauche, dont Pedro Francke.

 Traduit par Catherine Traullé
D’après Radio Nacional del Perú

Selon Humala, la transition organisée va permettre de maintenir la croissance du Pérou

Le nouveau président élu, l’économiste Pedro Pablo Kuczynski, a rencontré le Premier ministre du Pérou avant d’initier le transfert de gouvernement à partir du 28 juillet prochain.

Photo : Andina (PE)

Le président actuel du Pérou, Ollanta Humala, a affirmé qu’une “transition organisée” du gouvernement vers le prochain régime que présidera à partir du 28 juillet prochain l’économiste Pedro Pablo Kuczynski permettra de maintenir la croissance de son pays. « Nous garantissons que le transfert sera organisé; nous sommes les principaux intéressés à ce que le passage au prochain gouvernement se passe bien » a-t-il déclaré aux journalistes.

Le président a insisté sur le fait que la première rencontre entre Kuczynski et le président du Conseil des ministres, Pedro Cateriano s’est faite  » dans le cadre du transfert de gouvernement, qui se fait de façon ordonnée ». Humala a déclaré que sa gestion cherche à “ce qu’il n’y ait pas de perte de continuité dans les travaux qui doivent être faits »  et il préconise « un transfert ordonné »  pour que tous les projets déjà budgétisés puissent se poursuivre. Il a ajouté qu’à la fin de son mandat « il y aurait une grande opportunité d’investissements privés qui arriveraient dans le pays » . “Ainsi il y aura plus d’argent, plus de travail et des investissements plus importants” a-t-il dit, avant d’affirmer que le Pérou « va augmenter sa croissance économique dans un contexte latino-américain de décroissance et de récession » .

Kuczynski a rencontré ce 20 juin, pour la première fois, Pedro Cateriano, avec lequel il a abordé les thèmes nationaux avant d’initier le processus officiel de transfert de gouvernement. Le futur président a dit qu’il s’agissait “d’une réunion de travail privée, avant la passation officielle qui n’a toujours pas débuté », au cours de laquelle ont été abordés les sujets législatifs, économiques, et la sécurité. Cateriano a confirmé qu’il présiderait la commission de transfert de l’actuel exécutif.

Kuczynski, âgé de 77 ans et candidat de Peruanos Por el Kambio (Péruviens pour le changement, PPK), a obtenu 50,12 % des voix au second tour, face aux 49,87 % de Keiko Fujimori, âgée de 41 ans et à la tête du parti Fuerza Popular (Force populaire). Ce qui se traduit par un avantage très faible de 42 597 voix, selon les chiffres définitifs de l’Office National des Processus Electoraux (ONPE). Le nouveau président élu recevra de manière officielle de la part du Jury national des élections (JNE) sa confirmation de vainqueur des élections le 28 juin, et il succèdera à Ollanta Humala le 28 juillet pour la période 2016-2021.

Traduit par Catherine Traullé
D’après El Diario de Lima

Qui est Pedro Pablo Kuczynski, l’économiste qui va gouverner le Pérou

Cousin du cinéaste français Jean-Luc Godard, Pedro Pablo Kuczynski, plus connu familièrement sous ses initiales PPK, a eu des inclinations artistiques pendant sa jeunesse. Il a ensuite étudié l’Economie en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. Il a été ministre à plusieurs reprises, et a occupé des fonctions dirigeantes dans de grosses entreprises.

Pedro Pablo Kuczynski est un technocrate à la trajectoire nationale et internationale. Agé  maintenant de 77 ans, il a été ministre de l’Energie et des Mines (1980-1982), et de l’Economie (2005-2006), ainsi que président du Conseil des Ministres (2005-2006).

Né à Lima d’un père allemand d’origine polonaise et d’une mère française, PPK a grandi à Iquitos, où son père, Maxime, dirigeait la léproserie de San Pablo et où sa mère était professeur. Le cousin de PPK, le cinéaste français Jean-Luc Godard a passé quelque temps à Lima lorsqu’il était jeune, auprès du futur président du Pérou. Sa jeunesse a été très éloignée de la politique et même de l’économie. Peut être influencé par son cousin, Kuczynski avait des aspirations artistiques. Après ses études secondaires, il a étudié la musique au conservatoire de Suisse, et le piano et la flûte au Collège Royal de Musique d’Angleterre. Mais, peu à peu il s’est intéressé à d’autres disciplines. Il a d’abord étudié la Philosophie, l’Economie et la Politique à Oxford, puis a fait une maîtrise d’Economie à l’Université de Princeton aux Etats-Unis. En 1962 il a épousé une américaine, Jane Dudley Casey, fille d’un politique, avec laquelle il a eu trois enfants. Divorcé en 1995, il a plus tard épousé Nancy Ann Lange, cousine de l’actrice Jessica Lange, avec laquelle il a eu une fille, Suzzane.

Il est rentré au Pérou en 1966 et a rapidement commencé à participer à la vie politique du pays. Sa première charge a été d’être conseiller économique du président Fernando Belaúnde Terry. Il a ensuite été nommé gérant de la Banque Centrale de Réserve du Pérou. Après le coup d’Etat de Juan Velasco Alvarado, en 1968, il a été accusé de corruption. Il a fui le pays par la frontière de l’Equateur et s’est réfugié aux Etats-Unis. Il a travaillé dans le secteur minier d’Afrique Occidentale entre 1977 et 1980, date à laquelle il est rentré au pays pour soutenir le leader d’Action Populaire, et occuper le poste de ministre de l’Energie et des Mines. Parallèlement il a été membre de la direction de compagnies comme la Compagnie d’Acier du Pacifique, Magma Cooper, Edelnor, Toyota, Tenaris, Ternium Inc, Taiwan Fund, et CS First Boston.

Dans les années 90, pendant le fujimorisme, il a quitté le premier plan de la scène politique et a travaillé dans différentes compagnies multinationales. Il revint à l’Etat sous la présidence d’Alejandro Toledo (2001-2006). Il ne fut ministre de l’Economie qu’une année, les mesures de privatisation et de libéralisation qu’il avait prises ayant entraîné beaucoup de contestations. Il a continué de soutenir le gouvernement et a été réintégré en 2005 comme président du conseil des ministres.

En 2011, à l’âge de 73 ans, il s’est présenté pour la première fois à la présidence de la République pour « l’Alliance pour le Grand Changement (Alianza por el Gran Cambio) », et est arrivé troisième, avec 18,5 % des voix, derrière Ollanta Humala et Keiko Fujimori. Au second tour il avait soutenu Keiko Fujimori, qui avait perdu face à Ollanta Humala.

Ces cinq dernières années il a continué de faire campagne. Au premier tour d’avril il a obtenu 21,05 % des voix, qui lui ont permis de devancer Verónika Mendoza, et de participer au ballotage. A deux semaines du second tour, Keiko Fujimori était favorite dans tous les sondages. Mais il a réussi à rallier derrière lui ses anciens rivaux qui voulaient barrer la route au fujimorisme. Ainsi il a pu gagner d’une très courte tête devant la fille de l’ex président incarcéré.

Source infobae.com
Traduit par
Catherine Traullé

Suspense pour l’élection présidentielle péruvienne après le second tour du 5 juin 2016

Au moment de notre bouclage, le candidat Pedro Pablo Kuczynski (PPK) a une infime avance sur son adversaire Keiko Fujimori et aucun des deux ne crie victoire. Il faudra encore patienter quelques heures pour connaître le résultat définitif de cette course présidentielle très serrée.

Après le dépouillement de 98,4 % des bulletins, seules 44 000 voix séparent Pedro Pablo Kuczynski,  l’ex-banquier de Wall Street, de Keiko Fujimori, la fille de l’ancien président péruvien Alberto Fujimori (1990-2000), actuellement en prison pour crime contre l’humanité. Selon ce résultat officiel encore partiel, Kuczynski obtenait 50,1 % des voix et sa rivale de droite 49,9 %. Mais il faut encore compter avec le vote de certaines régions rurales, a priori favorable à Keiko Fujimori, et avec le vote de l’étranger plutôt favorable à PPK. Même si le vote est obligatoire sous peine d’amende, 17,5 % des électeurs ont préféré s’abstenir.

Le chef des autorités électorales péruviennes (ONPE), Mariano Cucho, a déclaré lundi qu’une partie du vote de l’étranger était arrivée, mais qu’on attendait encore celui de certaines provinces, si bien que les résultats définitifs pourraient n’être connus que vers la fin de la semaine. A Lima, où se trouvent près des deux tiers des électeurs péruviens, Pedro Pablo Kuczynski a une minuscule avance de 0,2 point de pourcentage. Pour l’instant, Kuczynski tient la corde pour devenir le prochain président du Pérou.

Si la victoire de l’économiste sur la fille de l’ancien président Alberto Fujimori se confirme, le Pérou sera dirigé pour les prochains 5 ans par le fils d’une Franco-Suisse, qui a lui-même été scolarisé pendant quelques mois à Vevey. «Ma mère est née à Paris et a étudié à Genève et elle a été professeure de l’Université de Genève», assurait il y a deux mois Pedro Pablo Kuczynski Godard (de son nom complet), à la version hispanique du site swissinfo.ch. «Ma grand-mère maternelle était française, mais de père suisse. J’ai des tas de cousins suisses, en commençant par Eric Gabus, qui était le numéro 2 de Nestlé, et Jean-Luc Godard, le cinéaste. Nous sommes cousins germains.»  Après avoir poursuivi ses études à Oxford et à Princeton, PPK est entré comme conseiller à la Banque mondiale. Il est ensuite devenu ministre de l’Energie et des mines du Pérou au début des années 80, ministre de l’Economie et des Finance de 2001 à 2002, puis Premier ministre de 2005 à 2006.

PPK est arrivé deuxième du premier tour de la présidentielle 2016 avec 21% des voix contre 39,9 % pour Keiko Fujimori. Mais cette dernière cristallise le rejet d’une partie de la population qui garde encore le souvenir de son père Alberto Fujimori. Il avait dirigé le pays d’une main de fer entre 1990 et 2000 et purge actuellement une peine de 25 ans de prison pour crimes contre l’humanité et corruption. Le libéral PPK a ainsi obtenu le soutien de la gauche péruvienne en vue du second tour, en captant le vote «anti-Fujimori».

Pedro Pablo Kuczynski, âgé de 77 ans et surnommé «PPK» (ses initiales ainsi que celles de sa formation, Peruanos por el Kambio) s’est voulu conciliant, promettant «un gouvernement de consensus» pour succéder au président de gauche Ollanta Humala, au pouvoir depuis 2011. «Nous ne voulons plus de disputes et de confrontations», a ajouté ce vétéran de la politique péruvienne. Mais il faut donc encore attendre les résultats complets et définitifs pour connaître le prochain président du Pérou.

Catherine TRAULLÉ

Ce dimanche 5 juin, les Péruviens choisissent leur nouveau président : Keiko Fujimori ou Pablo Kucsynski

Ce dimanche 5 juin prochain aura lieu le second tour des élections présidentielles au Pérou, qui oppose Keiko Fujimori, fille de l’ex-président aujourd’hui en prison,  et Pedro Pablo Kuczynski, économiste partisan des politiques libérales.

Au terme d’une campagne électorale d’une exceptionnelle complexité, dans laquelle dix neuf candidats étaient inscrits, et après l’élimination par la justice électorale péruvienne  de deux candidats un mois avant le premier tour, dont Julio Guzmán (Todos por el Peru) devenu alors le principal rival de Keiko Fujimori, ce sont Keiko Fujimori (Fuerza Popular) et Pedro Pablo Kuczynski (Peruanos por el Kambio) qui ont remporté le premier tour des élections du 10 avril dernier, celui-ci devançant de peu la candidate de gauche Veronika Mendoza (Frente Amplio).

Keiko Fujimori, âgée de 40 ans, est la fille de l’ex président Alberto Fujimori (1990-2000) – sous le mandat duquel elle avait la fonction de première dame-, accusé du massacre de Barrios Altos, de violations des droits de l’homme et de corruption, et exilé pendant six ans avant d’être extradé vers le Pérou et condamné, en 2009, à 25 ans de prison. Elle a été élue au Congrès en 2006 et s’était présentée aux élections présidentielles de 2011, battue de justesse par Ollanta Humala, l’actuel président dont le mandat se termine le 28 juillet 2016.

Pedro Pablo Kuczynski, âgé de 77 ans, est un économiste et ex ministre de l’Economie (président du conseil des ministres du 16 août 2005 au 27 juillet 2006), arrivé troisième au premier tour des élections présidentielles de 2011. Alors que les deux candidats étaient au coude à coude dans les sondages jusqu’à la veille du premier débat présidentiel du 22 mai, les dernières enquêtes Ipsos montrent un avantage pour la candidate de Fuerza Popular, confirmé à la veille du second débat présidentiel du 29 mai, à une semaine donc du second tour prévu ce 5 juin 2016.

Keiko Fujimori obtiendrait 45,9 % des intentions de vote, alors que Kuczynski, obtiendrait 40,6 %, avec une marge d’erreur de 2,3 %. En sachant que beaucoup d’électeurs restent indécis ou ont l’intention de voter blanc. La leader se maintient donc malgré les récentes critiques à son égard, un dirigeant de haut rang de son parti étant accusé d’un lien présumé avec le narcotrafic. Ce dirigeant a démissionné du parti politique dans les jours qui ont suivi.

Dans le premier débat qui a donc eu lieu le dimanche 22 mai les deux candidats se sont lancé des accusations. Alors que Kuczynski insistait sur les problèmes de corruption sous le régime de son père, Fujimori qualifiait son adversaire « d’élitiste ». Les thèmes abordés au cours du second débat ont concerné la sécurité dans les villes, la relance économique, la gestion de l’environnement et la réduction de la pauvreté, et les deux adversaires se sont lancé les piques habituelles sur la corruption pour l’une et le favoritisme pour les multinationales pour l’autre. Selon une rapide estimation twitter des lecteurs du journal El Correo, Kuczynski serait sorti vainqueur de ce débat…

Fait important, ce lundi 30 mai la leader de gauche Veronika Mendoza a appelé sur les réseaux sociaux à barrer la route à Keiko Fujimori et à voter pour Pedro Pablo Kuczynski. Elle dit « ne pas vouloir d’un pays de corruption, de drogue et de violences où mentir, tuer et voler serait normal. Keiko Fujimori est entourée de gens corrompus et en lien avec le narcotrafic. Elle n’a pas l’autorité morale pour diriger ce pays ». C’est la première fois que l’ex candidate donne une indication de vote. Elle a aussi vivement critiqué les votes blancs qui, selon elle, favoriseraient Fujimori. Résultat donc le 5 juin prochain.

Catherine TRAULLÉ

 

 

 

Keiko Fujimori et Pedro Pablo Kuczynski en tête au premier tour des élections présidentielles

Les résultats des élections générales de ce dimanche dernier (présidentielles et législatives) sont déjà officiels. Keiko Fujimori (Fuerza Popular) a obtenu 39,4 %, Pedro Pablo Kuczynski (Peruanos por el kambio) 21,3 %  et la candidate du Frente Amplio, Veronika Mendoza 18,6 %.  Pour départager les deux candidats arrivés en tête, un deuxième tour est attendu en juin prochain. La nouvelle chambre de 130 députés est aussi connue pour les prochains cinq ans.

Ce dimanche 10 avril, près de 23 millions de Péruviens (dont 884 000 à l’étranger), se sont rendus aux urnes pour élire le successeur d’Ollanta Humala, dont le mandat s’achève le 28 juillet 2016, au terme d’une campagne d’une exceptionnelle complexité. Plus de 77 000 bureaux de vote étaient ouverts, protégés par plus de 52 000 militaires, et des troupes d’élite dans le village andin de Matichacra où, la veille, le Sentier Lumineux avait tué huit militaires et deux chauffeurs civils. Il s’agit de la plus grosse offensive terroriste sous Humala. Il n’y a eu aucun incident le jour même des élections.

On rappelle que les derniers sondages prédictifs IPSOS du 27 mars 2016 attribuaient 32,1 % des intentions de vote à Keiko Fujimori, 16 % à Pedro Pablo Kuczynski, et 12,1 % à la candidate de gauche Verónika Mendoza. La lutte se faisait donc pour la seconde place. Keiko Fujimori  arrive en tête sans surprise, et PKK gagne de peu la bataille avec Verónika Mendoza. Le ministère de l’intérieur a communiqué ce mardi les résultats définitifs : 39,4 % pour Fujimori, 21,3 % pour PKK, 18,6 % pour Mendoza.

La chambre de 130 députes pour la période 2016-2021 est aussi connue : Le parti de Keiko Fujimori, Fuerza Popular a obtenu 68 députés, Peruanos poro el Kambio de Pedro Pablo Kuczynski, 20, pour le parti Frente Amplio de Verónika Mendoza, 20, Alianza por el Progreso, 12, Alianza Popular 5 et Action Popular 5.

Keiko Fujimori et Pedro Pablo Kuczynski au deuxième tour

Keiko Fujimori, 40 ans, du parti Force Populaire, est soutenue par les plus pauvres des zones rurales et des périphéries urbaines, ceux qui restent fidèles à son père Alberto Fujimori – sous le mandat duquel elle avait la fonction de première dame -, bien que celui-ci,  accusé du massacre de Barrios Alto, de violations des droits de l’homme et de corruption, se soit exilé pendant six ans avant d’être extradé vers le Pérou et condamné, en 2009, à 25 ans de prison.

Pedro Pablo Kuczynski, 77 ans, économiste et ex-ministre de l’Économie, du parti Peruanos por el Kambio est soutenu par les populations des villes où se trouvent les couches socio-économiques moyennes et élevées. Pour glaner des voix au second tour, lui qui est le fils d’un médecin allemand qui a consacré sa vie à combattre la lèpre dans la selva péruvienne, il a déclaré à la presse “je suis né à la campagne loin de Lima, je connais bien la sierra et aussi l’Amazonie”. Son âge et son expérience sont un atout, mais son accent étranger, ses liens avec les États-Unis et ses sympathisants qui sont les plus nantis sont un obstacle à rallier les couches populaires. Le second tour aura lieu le 5 juin 2016, et le suspense demeure, d’autant que plus de la moitié des péruviens auraient déclaré, il y a un mois, qu’ils ne voteraient jamais pour Keiko Fujimori…

Catherine TRAULLÉ

Photo : (CC) Globovisión
Page 1 sur 3123