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Brésil

Au Brésil, Sergio Moro et les procureurs cherchent à freiner le scandale des messages filtrés

Le ministre de la Justice du Brésil Sergio Moro, et les procureurs, tentent de se tirer d’affaire à la suite de la publication du rapport du site web The Intercept, sur des messages filtrés qui ont été envoyés dans le cadre de l’investigation «Lava Jato» sur la corruption .

Photo : EFE

The Intercept explique que cette affaire n’est que le début d’un «énorme trésor». Une affaire qui met en lumière des messages entre le juge Moro et les procureurs sur Telegram, une plateforme de messagerie cryptée, interceptés et envoyés par une source anonyme. Un anonyme qui soutient que les messages posent de sérieux doutes sur l’impartialité de Moro qui, en tant que juge, a envoyé en prison l’ex-président Luiz Inácio Lula da Silva. Des extraits de messages, publiés ce dimanche, incluent des conversations dans lesquelles Moro oriente les procureurs sur la mise en place, le rythme et l’ordre des investigations à effectuer.

Les avocats de Lula, une icône de la gauche latino-américaine qui continue à être l’une des figures d’opposition les plus influentes au Brésil, ont demandé au tribunal le plus important du pays la libération de l’ex-mandaté et ont tiré parti de ces accusations pour contester sa condamnation et demander son annulation.

Lors d’un événement brésilien ce lundi, Moro a revendiqué que jusqu’à maintenant ces messages ne prouvaient pas une conduite inappropriée de sa part, et l’équipe des procureurs explique qu’elle a agi en adéquation pendant ces cinq ans d’investigation «Lava Jato» qui avait révélé le versement de pots-de-vins de millions de dollars à de nombreux politiciens. Ils ont également souligné lors de déclarations écrites avoir été attaqués par un pirate informatique, ajoutant qu’il était alarmant que les messages aient été sorti de leur contexte et possiblement falsifiés.

Moro, qui s’est retiré de son rôle de juge principal dans l’investigation «Lava Jato» pour occuper la place de ministre de la Justice en janvier, a également critiqué The Intercept pour ne pas avoir identifié «la personne responsable de l’invasion criminelle des téléphones portables des procureurs». «Quant au contenu des messages dont vous me parlez, il n’y a aucune preuve de quelque anomalie ou de preuves que j’aie été à la tête de tels actes en tant que magistrat, bien qu’ils aient été sortis de leur contexte

Un porte-voix du président Jair Bolsonaro a rapporté que celui-ci n’a pas encore discuté de cette situation avec Moro et qu’il veut entendre le ministre directement avant de prendre une décision. Le Collège national des avocats du Brésil, qui a souvent critiqué ce qu’il considère comme des procédés trop agressifs, a exprimé ce lundi que n’importe quel procureur impliqué dans la filtration devait se retirer. 

Influence sur les élections

La condamnation de Lula par Moro est la faute la plus terrible commise dans l’investigation de «Lava Jato» qui a abouti à l’emprisonnement d’une dizaine de personnages politiques et de chefs d’entreprises puissants du Brésil et dans d’autres parties d’Amérique latine, perturbant le panorama politique de la région.

Lula, qui confronte au moins six autres juges pour corruption, a postulé à la présidence l’année passée, mais s’est vu contraint de ne pas participer aux élections en raison de la décision de Moro de le condamner, une décision qui avait été confirmée en cours d’appel. Lula était en tête des sondages avant les élections, lesquelles ont finalement été gagnées par le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro. 

Dans certains extraits des conversations publiées par The Intercept, les procureurs discutent du moyen d’empêcher les journalistes d’interviewer Lula, alors en prison, pendant la campagne présidentielle. L’un d’eux suggère que cela pourrait contribuer à aider l’ex-président à devenir le candidat du Parti des Travailleurs.

Dans un communiqué, les avocats de Lula expliquent que les messages prouvent la préparation de l’argumentaire fait dans les tribunaux : Moro et les procureurs fédéraux se sont liés pour s’assurer que leur client soit déclaré coupable et qu’il ne puisse pas participer aux élections présidentielles de l’année passée. Moro et les procureurs ont nié toute collaboration illégale ou motivations politiques.

D’après SWI
Traduit par Cécile PILGRAM

Jair Bolsonaro, ou la fausse solution à l’enlisement économique du Brésil

Après cinq mois de présidence, Jair Bolsonaro ne parvient toujours pas à tenir ses promesses. Pourtant élu avec plus de 55,13% des voix, l’économie peine à se relever et les étudiants grondent dans les rues du pays. 

Photo : Fabio Rodrigues Pozzebom / Agência Brasil

La 7e puissance économique mondiale a placé à la tête du pays le 28 octobre 2018 Jair Bolsonaro du parti d’extrême droite brésilien. Un slogan, «Ensemble nous allons changer le destin du Brésil», veut œuvrer en faveur d’une politique engagée directement à contre-courant des avancées sociales lancées par ses prédécesseurs socialistes. Mais les beaux discours de l’ancien général se font déjà rattraper par un bilan mitigé après cinq mois d’exercice. Le taux de chômage concerne plus de 11% de la population active et l’inflation s’élève à 4,2%. Une situation à laquelle s’ajoute une dette colossale à la suite de l’organisation de la Coupe du monde de football et des Jeux olympiques ces dernières années. Le redressement économique peine à arriver alors que le premier trimestre 2019 enregistre un recul du PIB de 0,2 point. Jair Bolsonaro peine à reprendre le contrôle de son programme qui place pourtant l’économie au cœur de sa politique.  

«Délulaliser», mais à quel prix ?

C’est alors dans un pays qui croule sous la pression économique que le nouveau gouvernement prévoit des coupes budgétaires conséquentes. Loin de toute forme de philanthropie, ces restrictions vont concerner majoritairement les tranches les plus fragiles de la population. Dans un premier temps, la réforme sur les retraites permettrait d’économiser plus de 230 milliards d’euros sur dix ans, à laquelle s’ajoute comme un coup de grâce l’amputation de plus de 1 milliard d’euros au milieu de l’éducation. Politique menée par un ministre de l’Éducation qui souhaite retirer les sciences humaines de tous les programmes scolaires. Il est donc clair que la volonté du gouvernement derrière ces actions est de «délulaliser» tous les secteurs, et cela même au risque d’entraîner les jeunes dans les rues et les cerveaux loin du pays. 

L’Amazonie fait son entrée en Bourse 

Toute cette vague de déséquilibre se produit dans une atmosphère de moins en moins oxygénée. Si Jair Bolsonaro ne conquit pas le cœur des Brésiliens, il tente tout de même le tout pour le tout avec les «poumons de la terre». La promesse faite aux investisseurs de continuer la déforestation de l’Amazonie fait miroiter de nouvelles sources de revenus. Ici il n’est plus question de réfléchir aux conséquences, mais bien, dans un premier temps, de trouver de quoi soumettre une solution potentielle au Brésil laissé à l’abandon.

Corentin RICHARD

Le périple européen du cacique Raoni Metuktire pour défendre l’Amazonie

Le chef indigène du Brésil Raoni Metuktire continue son voyage à travers l’Europe en rassemblant des fonds pour sensibiliser sur la question environnementale à l’échelle planétaire et défendre l’Amazonie.

Photo : Vatican News

Raoni Metutkire, qui a défendu l’Amazonie brésilienne pendant des décennies, fait son deuxième tour en Europe afin d’alerter sur la déforestation de l’Amazonie. Celle-ci s’est beaucoup aggravée depuis les premiers mois de l’année 2019 et le mandat du nouveau président brésilien, Jair Bolsonaro,puisqu’il considère l’activisme environnemental comme du terrorisme. C’était en 1989 que le chef indigène était venu en Europe pour un entretien avec François Mitterrand, ancien président de la République françaiseà l’Élysée, en présence du chanteur de Sting. C’est ainsi que Raoni Metutkire est devenu célèbre et a commencé son combat contre la déforestation en Amazonie. Son but était similaire à celui qu’il poursuit aujourd’hui : promouvoir la construction d’un institut Raoni pour le développement des tribus indiennes dans une réserve protégée.

C’était ensuite en 2000 qu’il a rencontré Jacques Chirac, ancien président, à l’occasion de la sortie de ses mémoires «Mémoires d’un chef indien». En 2009, il a rencontré Nicolas Sarkozy à l’ambassade française et en 2012, François Hollande avec qui il a échangé quelques mots. Cette fois-ci, c’est Emmanuel Macron qu’il a rencontré à l’Élysée le jeudi 16 mai à Paris, dont il reçoit le soutien pour poursuivre son combat. Ils ont parlé pendant 45 minutes avec trois autres chefs amazoniens : Kaïlu,Tapy Yawalapitiet Bemoro Metuktire ; et la rencontre s’est terminée par un triomphant lever de bras sur le perron de l’Élysée.

Emmanuel Macron a aussi affirmé son soutien pour la biodiversité et la présidence du G7, ainsi que pour les droits des communautés autochtones : «La France est naturellement engagée dans la lutte contre la déforestation» et «défend les droits des autochtones, notamment en tant qu’acteurs essentiels de la préservation des forêts, de la biodiversité et par conséquent engagés dans la lutte contre les dérèglements climatiques».

Suivant les pas de Raoni, il a fait escale vendredi 17 mai à Bruxelles où il a rencontré le prince Charles-Philippe d’Orléans qui lutte contre le réchauffement climatique et défend les sujets environnementaux. Raoni a d’ailleurs participé à une marche pour le climat ce même jour, organisée par Youth for Climate. Il a expliqué aux jeunes la raison de sa présence en Belgique «Je suis venu ici parce que je suis très préoccupé par la destruction de la forêt, des arbres et des animaux. Je viens ici vous demander votre aide pour la protection de la forêt».

Il y a avait des jeunes qui ne le connaissaient pas, mais ont été touchés par ses paroles et les actions qu’il mène. Il est donc devenu une source d’inspiration pour nombre de militants pour le climat : «Raoni s’est battu toute sa vie pour le climat. Nous venons de commencer cette bataille il y a quelques semaines. Raoni est un modèle pour nous tous» s’est écrié Anuna De Weber, l’une des militantes pour le climat.

Le dimanche 19 mai, le cacique est allé à Malmedy, une ville dans la Région wallonne en Belgique pour la présentation de son ouvrage «Raoni, mon dernier voyage» écrit par lui-même et Jean-Pierre Dutilleux, réalisateur et écrivain originaire de Malmedy. La première fois qu’il était venu à Malmedy, c’était en 1989 avec le chanteur de Sting ; il y était revenu une deuxième fois en 2010. Dans son ouvrage, il souligne diverses problématiques, dont celle des rivières polluées par les pesticides et le mercure, provoquant des cancers d’estomac et du foie chez les Indiens qui boivent cette eau. Depuis l’arrivée de Bolsonaro, 200 produits toxiques ont été autorisés pour accélérer la pousse du maïs et du soja transgéniques, entre autres. Ce livre raconte aussi la vie de Raoni, l’un des chefs les plus connus de l’Amazonie, et explique comment il vivait avant son premier contact avec «le monde extérieur», comment il est devenu chef et une icône mondiale de l’environnement.

Ce lundi 20 mai, le cacique a rencontré le Premier ministre du Luxembourg Xaviel Bettel avec Pierre Gramegna, le ministre des Finances pour discuter des fonds dédiés à l’amélioration du marquage de la frontière de la réserve de Xingu. 100 000 euros seront ainsi attribués à des fins de réhabilitation ; une réserve de biodiversité d’environ 180 000 km2, ce qui équivaut au tiers de la France. Raoni souhaite financer des murs végétaux à base de bambou pour délimiter la réserve, laquelle a constamment subi des intrusions de braconniers, de chercheurs d’or et de trafiquants de bois. Bettel en a aussi profité pour affirmer que le gouvernement est engagé à soutenir l’action climatique dans les pays en voie de développement. Le Luxembourg a une place importante dans le marché  d’obligations vertes grâce à sa Bourse qui dispose de la première plateforme dédiée aux valeurs durables, écologiques et sociales,le Luxembourg Green Exchange (LGX).

Le lundi 27 mai, Raoni estpassé à Lyon pour recevoir la médaille d’honneur de la Ville à l’Hôtel de Ville en présence de Gérard Collomb, maire de Lyon, pour saluer son courage dans le combat pour l’écologie qu’il mène depuis des années. Il a continué ensuite son périple dans différentes villes d’Europe : en Suisse, Monaco, et au Vatican en Italie où il a rencontre le pape François.

Andrea RICO

Une caravane solidaire pour la liberté de Lula, l’ex-président du Brésil

Le Comité Lula Libre à Paris organise un tour européen en caravane pour la libération de Lula da Silva du 25 au 28 juin, qui se déroulera dans plusieurs villes européennes telles que Paris, Genève, Strasbourg et Bruxelles.

Photo : Comunicación para la integración

Un an après l’incarcération de Luiz Inácio Lula da Silva, les mouvements et groupes en solidarité de l’ancien président brésilien continuent à remuer la scène sociale. Trois ans ont passés après la première accusation, et Lula continue de nier toutes les charges qui pèsent contre lui. Le scandale de Lava Jato a révélé l’implication de plusieurs autorités et entrepreneurs devenant un des troubles politiques majeurs du pays, entraînant ainsi au plus bas un des politiciens les plus populaires au niveau international. Ces accusations font de Lula  le premier ancien mandataire à être condamné pour corruption.

«Prouvez que je suis corrompu et c’est en marchant que j’irai en prison», c’est ce que Lula a dit lors du procès judiciaire contre lui. En février 2019, contre le règlement pénitentiaire, Lula n’a pas pu assister aux obsèques de son frère ainé. La Justice Brésilienne a condamné Lula sans preuves et au nom des convictions personnelles d’un juge, à 12 ans et 11 mois de prison pour un nouveau cas de corruption et de blanchiment d’argent. Lors de son premier jugement les preuves de son innocence ont été «délibérément ignorées par le juge», les avocats de Lula insistent donc sur leur tentative de prouver son innocence à travers des tribunaux judiciaires impartiaux, comprenant ceux des États-Unis.

C’est à la suite de cette «chasse aux sorcières» que le Comité Lula Libre à Paris décide d’organiser la Caravane Lula Libre Europe. Ayant comme objectif la restitution d’innocence de l’ancien président, la caravane se rendra dans quelques villes européennes symboliques de la défense du droit et des libertés : Paris (UNESCO), Genève (Conseil des droits de l’homme de l’ONU/Conseil mondial des Églises), Strasbourg (Conseil de l’Europe), Bruxelles (Parlement européen).

L’ancienne présidente Dilma Rousseff a affirmé que son prédécesseur et parrain politique est «innocent». Mais au-delà de l’évident support de la part de ses compatriotes, ce projet est une preuve de l’étendue de la solidarité que Lula reçoit à l’échelle internationale. C’est le journaliste de Pagina 12 Celso Amorim qui rappelle l’importance de traiter cette situation en dehors du territoire : «Le succès de cette lutte serait, cependant, plus facile si on pouvait compter sur la solidarité active de nos camarades, des hommes et des femmes, brésiliens ou non, habitant à l’étranger mais qui accompagnent le drame brésilien.»

À manque de siège, la Caravane et sa popularité en tant que projet solidaire se déroule exclusivement sur internet. Vous pouvez les retrouver sur leur site officiel. Ainsi que toutes les actualités de la Caravane à travers leur compte de Facebook. Vous pouvez également aider la cause en participant à la cagnotte en ligne.

Amaranta ZERMEÑO

Raoni, représentant des indigènes brésiliens, voyage en Europe pour défendre l’Amazonie

Raoni, chef indigène brésilien, visite l’Europe pour trois semaines afin d’alerter sur l’augmentation de la déforestation en Amazonie depuis l’arrivée du président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro.

Photo : Reuters Philippe Wojazer

Le célèbre chef indien brésilien, Raoni Metuktire, reconnu pour le plateau rond qu’il porte à la bouche, passe trois semaines en Europe afin de rencontrer les chefs d’État et le Pape, pour les mettre en garde contre la déforestation. Il vise la collecte d’un million d’euros pour la protection de la réserve de Xingu ainsi que l’achat de drones et d’autres équipements techniques pour en assurer la surveillance. Sa visite a commencé à Paris où il a rencontré le ministre de l’Environnement, François de Rugy, à qui il a offert un bâton pour « assommer ses ennemis ». Il se rendra ensuite après en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, à Monaco pour finalement s’entretenir avec le Pape au Vatican.

Depuis quelques semaines, des braconniers sont arrivés dans la forêt amazonienne au Brésil avec de faux papiers en s’écriant qu’ils venaient de vendre des bouts de terre qui ne leur appartenaient pas. Malgré la réduction importante de la déforestation pendant le mandat de Lula da Silva, les derniers mois ont augmenté de plus de 54%, d’après l’ONG Imazon. Les représentants de plus de 300 tribus se sont rendus fin avril à Brasilia pour protester contre la politique de Bolsonaro, laquelleest une véritable menace pour leurs réserves.

Selon le dirigeant brésilien, les peuples autochtones possèdent beaucoup de terres pour une faible population. Il a d’ailleurs publié un décret dans lequel il désigne le Ministère de l’Agriculture, plus exactement Tereza Cristina da Costa, ministre de l’Agriculture, pour s’occuper des territoires des peuples autochtones, autrefois gérés par un organisme spécial pour la protection des Indiens. Ce décret a pour but de remplacer les arbres par des cultures de soja et du bétail. Cette politique extrême du président a profondément affecté les communautés autochtones leur retirant des attributions en fonction de la démarcation des terres et des licences environnementales à la Funai, organisme public chargé des sujets indigènes.

Raoni rappelle que l’Amazonie est le poumon de la terre, qu’elle capte le carbone et nous donne de l’oxygène. Le cacique du peuple Kayapo a acquis une reconnaissance internationale et il est prêt à défendre les siens, même si cela doit entraîner sa morte. Au Brésil, il y a environ un million d’indigènes qui habitent dans la forêt amazonienne, dont 305 ethnies et depuis la Constitution de 1988, ils bénéficient d’un usage exclusif de la terre. Néanmoins, ils sont de plus en plus menacés par l’expansion de l’agriculture, les extractions minières et la déforestation. Après tout, ce ne sont pas seulement les indigènes qui vont subir les conséquences de la déforestation, mais l’ensemble de la planète.

Andrea RICO

Site Raoni

L’éducation, la clé de la crise du Brésil selon l’ancien président Lula da Silva

L’ancien président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, emprisonné depuis déjà plus d’un an à la prison de Curitiba, offre un deuxième entretien au journaliste Kennedy Alencar de la BBC sous l’autorisation de la justice. 

Photo : France Amérique latine

La thématique invoquée est l’orientation politique actuelle du président Jair Bolsonaro, partisan et défenseur des armes, qu’il devrait davantage centrer sur l’éducation. «Bolsonaro est un dément qui croit que les armes sont la solution au problème du Brésil, alors que la solution se trouve dans les livres et les écoles» déclare Lula dans sa seconde interview. Il continue en exclamant que «Bolsonaro soutient l’État policier, un état armé. Il est malade et croit que le problème du Brésil se règle avec les armes. La solution est dans les livres et les écoles» s’exclame-t-il en révisant les chiffres des gouvernements des Partis des Travailleurs (PT) relatifs à ces questions : 18 nouvelles universités fédérales, 173 campus et presque le double d’étudiants inscrits en licence (entre 2003 et 2014, le nombre d’étudiants est passé de 505 000 à 932 000).

«Si le Brésil veut être respecté, il doit prendre soin de lui-même. Pas par le discours, mais avec la pratique. Au lieu de raconter des âneries, il devrait finir son mandat en créant plus d’universités, en amenant plus d’enfants à l’école et en construisant plus de maisons» ajoute Lula en dénonçant la guerre que le nouveau gouvernement mène contre l’éducation publique pour tenter d’effacer l’héritage des gouvernements du PT. «J’ai l’impression que Bolsonaro n’a aucune idée de ce dont il parle, il ne connaît rien de la politique étrangère ni de l’économie» s’exclame Lula, soulignant que son gouvernement n’a pas de méthode ni de stratégie. 

Il réaffirme son innocence et défie au juge qui l’a condamné en première instance, Sergio Moro, actuel ministre de la Justice de Bolsonaro, à fournir des preuves contre lui. «Montrez une seule preuve contre moi ! Moro est né pour se cacher derrière une toge, il doit faire face au débat maintenant. J’aimerais sortir d’ici et débattre avec Moro en l’invitant à fournir de véritables preuves au sujet des crimes que l’on m’a imputés.»

La défense de l’ex-dirigeant a demandé un recours au Tribunal supérieur de Justice pour l’octroi du bénéfice du régime ouvert après réduction de sa peine de douze à huit ans et dix mois. Lui restant moins de huit ans de peine à purger, la loi brésilienne lui permet l’accès au régime ouvert. «Le recours fait appel à une exécution de la peine au régime ouvert dans le cas où la peine n’est pas révoquée ou l’annulation totale du procès n’est pas acceptée.» D’après une note divulguée par Cristiano Zanin Martins, chef de l’équipe de juristes défendant Lula. L’équipe dénonce également dans le recours la présence d’incohérences, bien que la peine ait été réduite de 12 ans et un mois à 8 ans et dix mois. Elle affirme que le but de ce recours «n’est pas seulement la modification de la peine, mais l’acquittement absolu».

D’après LaRed21
Traduit par Andrea RICO

La première interview de Lula da Silva, ancien président du Brésil, depuis son emprisonnement

L’ex-président brésilien de gauche, Luiz Inácio Lula da Silva, parle pour la première fois dans une interview depuis qu’il a été emprisonné pour corruption le 7 avril 2018 à Curitiba au Brésil. Après plusieurs mois de privation de la parole, il a été autorisé à concéder un entretien depuis la prison à deux journaux, Folha de S. Paulo et El País, afin de clamer son innocence.  

Photo : Reuters – Leonardo Benassatto

Pendant une interview de deux heures, Lula se montre calme et sérieux dans un studio à l’intérieur de sa prison, prêt à prouver son innocence. Il se proclame victime d’une mascarade et s’exclame qu’il retournera à la politique dès sa sortie de prison. Revenu sur les conditions de sa condamnation, son parcours et sa vision du Brésil d’aujourd’hui, il s’adresse directement aux journalistes. Lula avait été accusé d’un présumé blanchiment de capitaux et de corruption pour l’achat d’un immeuble. Celui-ci avait été rénové par des contrats avec l’entreprise de construction Petrobras. Plus tard, un réseau de corruption a été découvert, ce qui a conduit à son inculpation et l’a ramené en prison. Toujours avec six procès judiciaires en cours, Lula pourrait être contraint de ne pas en sortir.  

Qu’est-ce qui vous est venu à l’esprit quand vous avez été arrêté et mis en prison il y a un an ? 

«Pendant tout le procès judiciaire, j’étais toujours certain qu’il y avait un objectif central et celui-ci était d’en arriver à moi. Je suis tellement obsédé par l’idée de démasquer Sérgio Moro [le juge de première instance qui l’a condamné et actuel ministre de Justice du président Jair Bolsonaro] et ses amis, et de démasquer tous ceux qui m’ont condamné. Même si je reste emprisonné 100 ans, je n’échangerais pour rien mon orgueil de liberté. Je veux prouver qu’il s’agit d’une farce. J’ai cette obsession, mais je ne ressens pas de haine. Je ne garde aucune rancœur parce qu’à mon âge, lorsqu’on a de la haine, on meurt vite. Vu que je veux vivre jusqu’à 120 ans, je vais travailler dur pour prouver mon innocence.» 

Êtes-vous conscient que vous pouvez rester emprisonné pour toujours ? 

«Pas de problème. Je suis sûr de dormir tous les jours la conscience tranquille. Je suis sûr que ni le procureur Deltan Dallagnol, ni Moro, ni les juges du Tribunal de la 4e région de seconde instance qui ont confirmé la condamnation de Moro et qui n’ont même pas lu la sentence, ne dorment. Une personne de 73 ans comme moi, qui a construit la vie que j’ai construite dans ce pays, qui a retrouvé la fierté et l’estime de soi du peuple brésilien comme nous l’avons fait avec ce gouvernement, ne se livrera pas. Ceux qui sont nés à Pernambuco [au nord-est du Brésil, l’une des régions les plus pauvres du Brésil et lieu de naissance de Lula] et qui ne sont pas morts avant l’âge de cinq ans ne reculent devant rien. Vous ne croyez pas que j’aimerais être chez moi ? Mais cela m’est égal parce que je veux sortir d’ici la tête haute, comme j’y suis entré : innocent. Et je ne peux le faire que si j’ai le courage de me battre pour l’obtenir.» 

Est-ce que vous pensez être acquitté du cas de l’appartement de Guarujá ? 

«Aussi incroyable que cela puisse paraître, oui. Il y aura un jour où les personnes se soucieront des preuves contenues dans le dossier du procès et non des gros-titres de journaux, des couvertures des magazines, ou des fausses informations diffusées. Tout ce que je demande pour l’amour de Dieu, c’est qu’ils me jugent en fonction des preuves. Je suis ici pour faire justice, pour prouver mon innocence comme Moro le sait bien, mais je m’inquiète bien plus de ce qui arrive au peuple brésilien.» 

Au cours de cette année, vous êtes passé par deux moments difficiles : la mort de votre frère Vavá et le décès de votre petit-fils Arthur, qu’avez-vous alors ressenti ? 

«Ces deux moments ont été les pires. La mort de mon frère Vavá et de mon petit-fils ont été effectivement, non, non, non… [il pleure, puis s’arrête]. Parfois je me dis qu’il aurait été plus facile que la mort me frappe moi. J’ai déjà 73 ans. J’aurais pu mourir et laisser vivre mon petit-fils. Malheureusement, ce n’est pas comme ça. Ce ne sont pas les seuls moments qui me rendent triste. J’essaie toujours d’être un homme heureux et j’y m’attache pour que la haine ne prenne pas place, cette rancune profonde. Quand je regarde à la télévision ceux qui m’ont condamné tout en sachant que ce sont des menteurs, j’ai des moments de tristesse. Mais qu’est-ce qui me maintient en vie ? C’est l’engagement avec ce pays, j’ai un devoir envers le peuple. Et je vois l’obsession du moment. Une obsession de détruire la souveraineté nationale, de détruire des emplois, d’accumuler un billion pour quoi faire ? Le ministre Paulo Guedes a dit que la réforme des retraites allait permettre d’économiser un billon de réales. Aux dépens des retraités ?» 

Votre parti a perdu les élections de l’année dernière et l’extrême droite est arrivée au pouvoir avec les votes favorables des électeurs qui appartenaient au Parti des travailleurs (PT). Qu’est-ce que vous pensez de ce revirement vers la droite d’un électorat qui était fidèle à son administration ? 

«Beaucoup de juristes savaient que ma candidature n’aurait pas pu être empêchée. Même emprisonné, je pouvais candidater. J’étais aussi sûr et très motivé pour gagner les élections depuis la prison. Il faut se souvenir que j’ai eu une remontée de seize points dans les sondages depuis la prison, sans pouvoir parler. On a eu des élections atypiques au Brésil. Soyons francs. Le rôle de fausses informations dans la campagne, la quantité de mensonges, la robotisation de la campagne sur internet étaient une folie. Après, c’était un manque de sensibilité des secteurs de la gauche de ne pas se regrouper. Telle était l’erreur de Marina Silva, presque devenue présidente en 2014, qui a obtenu 1% des votes. Je n’avais jamais vu le peuple exprimer tant de haine dans les rues. Je suis au courant, le monde entier est comme ça. La politique est effectivement diabolisée et il faudra beaucoup de temps pour la traiter sérieusement. Je ne m’attendais pas à ce que Bolsonaro résolve le problème du Brésil en quatre mois. Après, avec telle famille, telle folie. Son principal ennemi est le vice-président Hamilton Mourão, pas le PT. C’est-à-dire, c’est fou. Le pays est subordonné à une impossibilité de gouverner. Pour l’instant, il ne sait pas quoi faire, et celui qui applique les lois est le ministre de l’Économie Paulo Guedes.» 

Comment trouvez-vous la gouvernance du Venezuela ? 

«Évidemment, je ne suis pas tout à fait d’accord avec la politique économique du Venezuela, je trouve que c’est une erreur. Mais je suis encore moins d’accord que le Brésil reconnaisse ce gars, Guaidó. Franchement, c’est une honte. On a amené le Brésil au plus bas niveau de la politique extérieure que je n’ai jamais vu. Après avoir eu l’aplomb de dire qu’ils allaient envoyer un camion plein de denrées alimentaires, ils n’ont fait partir que deux camionnettes vides. Chacun ses affaires, il faut que le peuple vénézuélien choisisse librement ses dirigeants. S’ils veulent sortir dans la rue pour renverser le gouvernement, qu’ils sortent ! Mais c’est le peuple qui va renverser le gouvernement du Venezuela, pas Trump.» 

Comment est votre routine ? 

«Je suis seul tout le temps. Je lis, je regarde des films, des séries, des discours, j’assiste aux cours. J’ai suivi un cours sur la guerre de Canudos [conflit d’un groupe de religieux contre l’armée dans l’État de Bahía au XIXe siècle], qui énonce les mensonges racontés par Euclides Da Cunha. J’ai des cours toutes les semaines. Je sortirai avec un doctorat.» 

Si un jour vous sortez d’ici… 

«Je vais sortir et j’espère que vous serez là.» 

Qu’est-ce que vous ferez en premier ? 

«J’aimerais faire un jour un débat dans une université avec Moro et Dallagnol ensemble. Eux avec des notes pleines de mensonges et moi avec ma vérité. Avec une bonne allure, tranquille, beau comme je suis aujourd’hui. Mais, en fait, je veux faire un barbecue, un lard bien cuisiné et prendre un verre. Je le ferai. Soyez patient.»  

D’après El País
Traduit par Andrea Rico

Les indigènes et Lula da Silva contestent la gouvernance du Brésil par Jair Bolsonaro

Le rassemblement annuel pour les droits des indigènes au Brésil, le Camp de la terre libre, a eu lieu la semaine du 22 avril. Il était particulièrement important, à la suite d’une série de déclarations du président Bolsonaro dans lesquelles il attaquait les droits des indigènes. Quant à l’ex-président brésilien Lula da Silva, il lui a été accordé sa première interview depuis son emprisonnement en avril 2018.

Photo : Jean-Claude Gerez

Chaque année des milliers d’indigènes s’installent en plein cœur de Brasilia dans le cadre du Camp de la terre libre (Acampamento Terra Livre). Le rassemblement, qui se tient depuis 2004, est un espace de débat où les communautés indigènes discutent et dénoncent les problèmes qui les touchent. Cette année, le thème était «Sang indigène : dans les veines la lutte pour terre et territoire». La cérémonie d’ouverture consistait en des danses et chants des différentes ethnies de tout le pays. Une fois achevée, les 4000 présents ont participé à un défilé jusqu’au Tribunal suprême fédéral, la Cour constitutionnelle brésilienne.

Avec ce rassemblement, les leaders indigènes cherchent à empêcher que le Congrès brésilien accorde le décret 870/19 signé par Jair Bolsonaro dès son arrivée au pouvoir. Ce décret a retiré à la Fondation nationale de l’Indien (Funai) ses attributions en matière de démarcation des terres. Ces tâches seraient maintenant sous le pouvoir du ministère de l’Agriculture qui favorise les activités minières et l’industrie de l’agriculture et de l’élevage. «La Funai est en train de s’effondrer» partage le cacique Bruno Guajajara. Les leaders indigènes ont rencontré le président de la Chambre des députés, Rodrigo Maia, ainsi que le président du sénat Davi Alcolumbre, pour leur demander de ne pas ratifier le décret. Ces rencontres ont été qualifiées de «rencontres d’Indiens» par le président, une qualification plutôt péjorative en portugais. Durant ces derniers jours, Bolsonaro a aussi insisté sur sa volonté d’exploiter commercialement l’Amazonie.

La figure de l’extrême droite, Jair Bolsonaro, actuellement président, se voit fortement critiquée par l’opposition, notamment par l’ancien président
Luiz Inácio Lula da Silva. Lors de sa première interview depuis son incarcération en 2018, il a fortement critiqué le nouveau gouvernement d’extrême droite de Jair Bolsonaro qu’il estime dirigé par une «bande de fous» et de «laquais des États-Unis». Au cours des deux heures d’interview, Lula a regretté ce qu’il considère comme la chute du Brésil. Chute selon lui due aux opinions controversées de Bolsonaro, écartant la puissance émergente de la communauté internationale.

Bolsonaro a répliqué face aux déclarations de Lula en évoquant des rumeurs passées sur sa tendance à boire : «Au moins le pays n’est pas dirigé par une bande d’ivrognes.» Bolsonaro a aussi contesté la décision de la Cour suprême de laisser deux médias espagnols interviewer Lula en prison. «Dans un premier temps, je pense que Lula ne devrait pas être en train de donner des interviews. C’est une erreur que la justice ait accordé le droit de donner des interviews. Un prisonnier doit achever sa peine.» 

Enfin, la Cour de justice brésilienne a décidé de réduire de 26% la sentence de l’ancien président Lula. Sa peine, qui originellement était de 12 ans et 1 mois, est maintenant de 8 ans 10 mois et 20 jours. Cela sous-entend la possibilité qu’à partir de septembre la peine de Lula devienne une peine de résidence surveillée.

D’après France 24
Traduit par Monica Giordanelli

Visite de la cacique Tanoné en France pour parler de la situation écologique en Amazonie

Voilà 100 jours que Jair Bolsonaro est président du Brésil. À cette occasion, la cacique Ivanice Pires Tanoné, âgée de 64 ans, invitée par les éditions Actes Sud et Planète Amazone, visitera la France du 5 au 20 avril. Son souhait est de livrer une prise de conscience sur la situation écologique de l’Amazonie.

Photo : Ito Waia

Cette cacique représente son peuple Kariri Xocó à Alagoas depuis plus de trente ans. Véritable gardienne de la nature, elle replante des arbres, seule. Reforestation qui sert à la protection des derniers hectares de forêt sacrée des terres de son peuple. Or sa lutte contre la déforestation et l’assèchement du fleuve San Francisco n’est pas entendue par le président Jair Bolsonaro.  Ce président menace les minorités indigènes. Leur culture et les écosystèmes dont ils dépendent sont alors en danger.

Alors que les minorités autochtones sont plus que jamais incomprises par leur gouvernement, la cacique Tanoné cherche du soutien en France. Lors de sa visite, elle portera également la voix de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. Mouvement lancé par la COP 21, pour la paix, la justice climatique et les générations futures. En parallèle, la cacique assurera la promotion de l’ouvrage Paroles des peuples racines – Plaidoyer pour la Terre, un livre de Sabah Rahmani qui rassemble les témoignages de 19 représentants autochtones dans le monde, mais qui représente aussi la Déclaration de l’Alliance des Gardiens et Enfants de la Terre Mère, pacte signé à Brasília par 200 indigènes et alliés de 30 pays. 

Pendant sa campagne présidentielle, Bolsonaro a déclaré que «les indiens n’auront plus un centimètre de terres en plus». Depuis son investiture au gouvernement brésilien, les terres indigènes sont désormais à la merci de l’agro-business, de l’industrie minière et des grands complexes de barrages. Cela représente la violation de la Constitution de 1988 et de la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail.

Lors de son appel en France, la cacique livrera plusieurs conférences. Première conférence le mercredi 10 avril lors de la «Up Conférences» à Hasard Ludique, Paris. Seconde conférence le lendemain à l’occasion des «100 jours de Bolsonaro» à l’Espace Niemeyer, Paris. Dernière conférence le mercredi 17 avril lors de la conférence «S.O.S. d’un Brésil indigène en détresse» à l’Espace Jean Dame de la Capitale française.

Eulalie PERNELET

Placé en détention jeudi dernier, l’ex-président brésilien Michel Temer sera libéré

L’ancien président brésilien, Michel Temer, a été arrêté à São Paulo jeudi dernier dans le cadre de l’enquête anti-corruption. Un juge brésilien a cependant ordonné lundi la libération de l’ex-président. Placé en détention provisoire jeudi, il est accusé d’être à la tête d’«une organisation criminelle» ayant détourné des centaines de millions d’euros.

Photo : Le Libre Penseur

Le juge Antonio Ivan Athié a décidé d’accepter la demande d’habeas corpus déposée par la défense de Michel Temer, considérant que la détention provisoire n’était pas «justifiée». L’effet est immédiat.La décision concerne également les sept autres accusés détenus en même temps que le prédécesseur de Jair Bolsonaro, y compris l’ex-ministre des Mines et de l’Énergie, Moreira Franco. Le magistrat a justifié sa décision en évoquant l’absence d’éléments «qui montreraient qu’ils représentent une menace à l’ordre public ou qu’ils pourraient dissimuler des preuves».

Enquête de corruption tentaculaire

Pour rappel, Michel Temer, 78 ans, avait été arrêté à São Paulo 80 jours après avoir quitté le pouvoir, dans le cadre de l’opération «Lavage express». Il est devenu jeudi le deuxième président brésilien emprisonné dans le cadre de l’enquête, après Luiz Inácio Lula da Silva, en prison depuis avril 2018 pour corruption et blanchiment d’argent.

Lancé il y a cinq ans, «Lavage express» a mis au jour le plus grand scandale de corruption de l’histoire du Brésil, autour de contrats du groupe public pétrolier Petrobras, avec des grands groupes du BTP. L’ancien chef d’État est soupçonné d’être à la tête d’«une organisation criminelle» qui aurait détourné jusqu’à 1,8 milliard de réais, soit 417 millions d’euros.

D’après RTS

«Le Brésil en dystopie démocratique» par Jean-Jacques Kourliandsky

Jean-Jacques Kourliandsky, membre de notre équipe de rédaction, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine et chercheur à l’IRIS, vient de publier sur le site de la fondation Jean Jaurès un article sur le Brésil. Après la victoire de Jair Bolsonaro à l’élection présidentielle de 2018 au Brésil et les premiers mois de son mandat, les inquiétudes ne cessent de croître sur l’évolution démocratique du Brésil. Revenant sur les circonstances de cette élection, et notamment sur le climat politico-judiciaire qui a prévalu en amont du scrutin, Jean-Jacques Kourliandsky examine les conséquences économiques, politiques et sociales de l’arrivée au pouvoir d’une extrême droite revendiquant et mettant en œuvre ses préceptes idéologiques. Lire la suite

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