Le film latino-américain primé à Cannes

Bacurau, une production à voir


« Bacurau », une réalisation  de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles en salle le 26 septembre

Même s’il n’y avait qu’un seul film latino en compétition officielle cette année à Cannes, le beau  Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles a reçu le Prix du jury ex æquo , présidé parAlejandro Gonzalez Iñárritu

Photo : Allocine

Kleber Mendonça Filho  avait été révélé avec  Les Bruits de Recife. Il avait déjà été en compétition à Cannes en 2016 avec  Aquarius,  portrait de sa ville Recife, prête à tout démolir, et portrait d’une femme de 60 ans qui se bat pour garder son appartement. Cette année, le film présenté au festival est  Bacurau.  « Bacurau »  signifie en portugais «  engoulevent », un oiseau crépusculaire et nocturne qui se camoufle très bien quand il se repose sur une branche d’arbre.  Juliano Dornelles  dresse le parallèle entre l’animal et le village :  « Il ne sera remarqué que s’il a lui-même envie d’apparaître. Le village de Bacurau se porte ainsi, il est intime du noir, il sait se cacher et attendre, et préfère même ne pas être aperçu. » 

Écrit par les deux réalisateurs, ce scénario de western, de film de fiction et de film de Cangacero était proposé en début de Festival et se déroule dans un futur proche… On arrive dans un village dans le sertão, qui porte le nom d’un oiseau de nuit, par une route jonchée de cercueils qui se brisent sous les roues d’un camion-citerne qui vient ravitailler des habitants, mis au régime sec par les puissances qui contrôlent les barrages de la région.  Teresa, interprétée par  Barbara Colen, a profité du camion pour revenir dans son village natal, à temps pour les obsèques de sa grand-mère,  Carmelita, doyenne de  Bacurau. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que le village a disparu de la carte…

Très diffèrent d’Aquarius, il s’agit d’un film qui se passe dans un futur de résistance. Mais le Nordeste a beaucoup changé, et le fascisme n’est pas très loin. Toute une population sera rayée de la carte. Il s’agit donc d’une fable politique, même si le film a été tourné avant les dernières élections. À la présentation d’Aquarius à Cannes, toute l’équipe du film n’avait pas hésité à sortir des panneaux marqués « Sauvez Dilma ».

Avec  Barbara Colen,  Sonia Braga en médecin alcoolique  et  Udo Kier en nazi américain. Un peu déroutant mais à voir à partir du 25 septembre. 

Alain LIATARD

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