Cinéma

L'Amérique latine à Cannes


Le film «La Cordillera de los sueños» du Chilien Patricio Guzmán au Festival de Cannes

À l’occasion de la 72e édition du festival de Cannes, Patricio Guzmán est invité pour présenter son film La Cordillera de los sueños (La Cordillère des songes). Le film de la sélection officielle sera projeté le 17 mai à 19 h 45. Ce long métrage sur la cordillère des Andes est la troisième partie d’une série de films sur des paysages emblématiques du Chili. 

Photo  : Rodrigo González – Festival de Cannes

Ce n’est pas la première fois que Patricio Guzmán vient au festival pour présenter l’un de ses films. Cette année, il revient avec son film La Cordillera de los sueños, la troisième partie d’une saga sur la mémoire et la nature chilienne. Cette trilogie a débuté à Cannes en 2010, lorsque Nostalgia de la luz a été créée. Puis Le bouton de la nacre, produit en 2015, a plongé les spectateurs dans les mers méridionales pour réunir à nouveau paysages, histoire, écosystèmes et politique contingente. Dans ce documentaire, le cinéaste dénonce le génocide humain localisé en pleine Patagonie humide. Quatre années se sont ensuite écoulées jusqu’à ce que La Cordillera de los sueños soit présenté dans la section «Projections spéciales» du Festival de Cannes qui se déroulera du 14 au 26 mai. Ce nouveau film a été directement produit au Chili par la société chilienne BF Distribution en Amérique latine. Alexandra Galvis, la directrice de Market Chile, une société associée à BF, affirme que «la chaîne de rêves de Patricio Guzmán concrétise l’intérêt des alliés des producteurs latino-américains. Les cinématographies dans la région sont une priorité pour nous». 

La Cordillera de los sueños présente à nouveau un paysage emblématique du Chili. Patricio Guzmán s’exprime ainsi : «La chaîne de montagnes est pour moi l’épine dorsale du Chili. Et j’ai décidé de l’explorer pour trouver des traces de ce pays qui reste encore dans ma mémoire.» Il continue en expliquant que «le film parle de cela, mais aussi d’un Chili très actuel, et pas seulement d’histoires passées». Finalement Guzmán ne sait pas lui-même si ce troisième film conclura la série. 

À travers ses engagements, Patricio Guzmán donne de l’intérêt à son pays d’origine, le Chili. «Pour nous, les Chiliens, les Andes sont un sortilège de mystères. C’est dans les rêves de notre enfance et quand nous sommes à l’étranger et que nous ouvrons les yeux et qu’il n’y a rien, c’est un signal d’alarme. C’est une chaîne de montagnes qui définit notre caractère» exprime le réalisateur en continuant d’expliquer que «les Andes séduisent pour leur magie, pour leur extension brutale. Pour leur contact permanent avec quiconque». 

Patricio Guzmán Lozanes est né à Santiago au Chili le 11 août 1941. Après des études de cinéma à l’École officielle de l’art cinématographique de Madrid, il devient réalisateur. Expatrié à Paris avec son épouse Renate Sachse, il réalise de nombreux documentaires autour du Chili du XXe siècle. Il se fait alors peu à peu connaître. Dans les années 1970, le gouvernement de Salvador Allende l’intéresse. Il utilise cette inspiration pour réaliser La Bataille du Chili, une trilogie documentaire durant laquelle il collabore avec Chris Marker. Cette œuvre, reconnue par le «Prix du Syndicat des critiques français» comme meilleur court métrage en 1976, devient peu à peu une base de son cinéma. 

Dans la suite de sa carrière, ses œuvres seront de nouveau honorées. En 1991, lors du festival du film d’Amiens, Guzmán reçoit pour La Croix du Sud la mention honorable du «prix OCIC». Lors de ses multiples parutions au festival du documentaire de Marseille, il reçoit deux fois le «Grand prix» en 1992 et en 2001, et reçoit le «Prix du public» en 1997. Son long métrage Le Bouton de nacre, sorti en 2015, reçoit l’année suivante le «Prix du meilleur documentaire» lors de la 21e cérémonie des prix Lumières de Paris. Finalement, la même année, l’ensemble de son œuvre est récompensée par le «Prix Charles-Brabant» de la Société civile des auteurs multimédia. Cette année, lors du festival de Cannes, pas de récompense attendue pour le réalisateur, mais une grande visibilité sera accordée à La Cordillera de los sueños

Un autre film latino-américain sera projeté au Festival de Cannes. Il s’agit du long métrage sur Diego Maradona, légende du football argentin, réalisé par Asif Kapadia. En 2008, Diego Maradona était déjà apparu sur le tapis rouge de Cannes grâce au documentaire à son intention d’Emir Kusturica. Cette année, le sportif de haut niveau sera de nouveau présent lors des festivités. Le documentaire est réalisé à partir de 500 heures d’images inédites issues d’archives personnelles du footballeur.

Le réalisateur s’est efforcé de raconter le récit d’un homme né dans les quartiers les plus pauvres de Buenos Aires, qui a connu une forte célébrité lors de sa victoire pour la Coupe du monde de football en 1986. Asif Kapadia s’est aussi intéressé aux heures plus sombres de la vie de Diego Maradona. Le contraste des événements vécus par le sportif livre un film complet et sensationnel. 

Eulalie PERNELET 

La Cordillera de los sueños de Patricio Guzmán, documentaire, Chili, 1 h 25 – Plus d’infos sur le site du Festival de Cannes

 
 

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