Cinéma péruvien

En salle le 10 avril


La Chute de Montesinos, un film du Péruvien Eduardo Guillot au cœur d’un réseau de corruption

La publication d’une vidéo compromettante impliquant l’ancien conseiller et chef du renseignement Vladimiro Montesinos fait ouvrir en 1989 une enquête confiée au jeune avocat José Ugaz qui met en cause la dictature du président Alberto Fujimori. Ce contexte donnera l’idée du film La Chute de Montesinos au réalisateur péruvien Eduardo Guillot.

Photo : La Chute de Montesinos

Dans cette affaire, il a de sérieuses raisons de penser que le président et le gouvernement sont impliqués dans des crimes. Pour le prouver, José Ugaz devra affronter un réseau de corruption tissé pendant les années 1990. Alors que Montesinos s’est enfui au Panama pour demander l’asile, Ugaz décide de prendre les risques de ce défi dangereux dans l’intérêt d’un changement politique au Pérou.

Caiga quien caiga – La Chute de Montesinos est un film qui se fonde sur les événements réels les plus marquants de la situation politique péruvienne sous la dictature de Fujimori. Le film parle des derniers moments du pouvoir, de la chute et de la capture de Montesinos. Revenons quelques instants sur sa «carrière». Ancien agent de la CIA, il est connu dès les années 1980 comme l’avocat des «barons de la cocaïne» du Pérou et de Colombie, gagnant la confiance de divers narcotrafiquants. En avril 1990, en aidant le candidat présidentiel Alberto Fujimori à débloquer une vente peu licite d’immeubles, il en devient son «premier conseiller».

Quand Fujimori est élu Président du Pérou en juin 1990, Montesinos assume un rôle majeur et favorise les ambitions du président pour se débarrasser du Congrès. Après le coup d’État contre leur propre gouvernement en avril 1992, Montesinos gagne encore plus d’influence et se dresse en véritable chef des services de renseignement du Pérou. Il effectue alors une répression violente contre les rebelles du Sentier lumineux (faction armée du parti communiste du Pérou) n’hésitant pas à tuer les civils.

Vladimiro Montesinos est aujourd’hui incarcéré dans la prison hyper sécurisée de Callao, ville portuaire donnant sur le Pacifique. Plus d’une centaine de procédures ont été ouvertes à son égard. Il est accusé de génocide et d’actes de torture pour avoir été l’instigateur du massacre de Barrios Altos en 1991. Ce massacre est une expédition meurtrière menée par les forces armées péruviennes qui avaient pris pour cible des civils au lieu de membres du Sentier lumineux. La justice l’a pour l’instant condamné à une quinzaine d’années d’emprisonnement pour trafic d’influence, vente d’armes illégale, abus de biens publics, association de criminels et corruption. 

Le film se veut le récit de la lutte constante contre la corruption. Corruption de ceux qui cherchent le contrôle de l’État à des fins criminelles contre ceux qui essaient de continuer à croire en la justice et la liberté d’un pays kidnappé. Ces adeptes de l’équité ont abouti à l’arrestation de Fujimori. Condamné à 25 ans de prison, Fujimori est placé dans une prison dorée.

La Chute de Montesinos rappelle donc une époque dramatique du Pérou. La réalisation est correcte, même si l’interprétation est un peu théâtrale. Un film utile, car la corruption continue… Sur les écrans le 10 avril.

Alain LIATARD

La Chute de Montesinos d’Eduardo Guillot, Thriller judiciaire, Pérou, 1 h 38 – Voir la bande annonce

 
 

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