Cinéma argentin

En salle le 6 février


Portrait du monde de l’art dans Un coup de maître du réalisateur argentin Gastón Duprat

Les frères Duprat se sont fait connaître en 2008 avec le film L’Artiste et, en 2009, avec L’Homme d’à côté, tourné dans une maison de Le Corbusier. Mais c’est en 2016, avec Citoyen d’honneur, qu’ils remportent de nombreux prix dont un Goya en Espagne. Ils ont alors obtenu une reconnaissance internationale avec ce portrait d’un prix Nobel qui retourne dans son village natal. Tous leurs films, coréalisés par Mariano Cohn, tournent autour de l’art. Mais cette fois, avec Un coup de maître, Gastón Duprat est seul à la réalisation.

Photo : Un coup de maître

Arturo est le propriétaire d’une galerie d’art à Buenos Aires : un homme charmant, sophistiqué, mais sans scrupules. Il représente Renzo, un peintre loufoque et torturé qui traverse une baisse de régime. Leur relation est faite d’amour et de haine. Un jour, Renzo est victime d’un accident et perd la mémoire. Profitant de cette situation, Arturo élabore un plan audacieux pour les faire revenir sur le devant de la scène artistique.

«Le film, explique Gastón Duplat, parle de l’imposture dans le monde de l’art, mais aussi de l’amitié qui lie les personnages interprétés par Guillermo Francella et Luis Brandoni, deux grands acteurs qui livrent une interprétation mémorable. On y retrouve aussi Andrea Frigerio après son rôle dans Citoyen d’honneur, et Raúl Arévalo, acteur, mais aussi réalisateur du film La Colère d’un homme patient, triplement récompensé aux Goya en 2016. J’ai tourné pendant huit semaines à Buenos Aires, Rio de Janeiro et dans les paysages impressionnants de la région de Jujuy…»

«Nous sommes très différents avec Andrés (mon frère, scénariste du film) et Mariano (mon producteur). Nous représentons des générations et avons des origines éloignées, mais nous avons tous des goûts similaires quand il s’agit de réaliser des films. Le film est un très long retour en arrière. Cela nous a posé pas mal de problèmes. Ce flash-back était nécessaire parce qu’au début, Guillermo Francella (Arturo) explique qu’il est un assassin. La conséquence c’est que pendant tout le film, le public se demande quand et qui il va tuer.»

C’est ainsi que les toiles censées être l’œuvre de Renzo ont toutes été peintes par Carlos Gorriarena, un peintre décédé en 2007 ; que le tableau attribué à un certain Andrey Kahler est en fait l’œuvre du photographe et peintre Augusto Ferrari qui fut présenté à Arles en 2010 ; et qu’on peut admirer des tableaux d’Eduardo Stupia.

Le film tient énormément par son duo d’acteurs. Guillermo Francella avait interprété en 2010 un rôle dramatique dans le très remarqué Dans ses yeux de Juan José Campanella et, plus récemment, dans El Clan de Pablo Trapero. Il est très connu en Argentine pour ses rôles comiques ou dramatiques. Quant à Luis Brandoni, qui a été enlevé par les Escadrons de la mort durant la dictature, il continue à militer tout en poursuivant sa carrière de comédien.

Sur les écrans à partir du 6 février.

Alain LIATARD

 
 

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