Amazonie brésilienne

Des peuples menacés


« Amazonie brésilienne : usages et représentations », une étude coordonnée par François-Michel Le Tourneau

François-Michel Le Tourneau, géographe, né à Léhon en 1972, est directeur de recherche au CNRS. Ses travaux portent sur l’occupation et l’usage des espaces faiblement peuplés, en particulier dans l’Amazonie brésilienne. Il vient de publier aux éditions de l’Institut des Hautes études de l’Amérique latine (IHEAL) à Paris des travaux autour de l’Amazonie. Les auteurs invités sont Sophie Carlon, Ludivine Eloy, Floret Kohler, Guillaume Marchand, Stéphanie Nasuti, Céline Raimbert et Isabelle Tritsch.

Photo : Entretien avec François-Michel Le Tourneau – Le Grand Orchestre des Animaux/Youtube

Dans les années 1990 au Brésil, les territoires des populations traditionnelles amazoniennes sont, pour la première fois, reconnus par la loi. Le risque est clairement exposé : si l’accès aux ressources naturelles leur est coupé, ces peuples seront menacés de disparition. À partir de l’étude de cinq sites, une équipe de sociologues, géographes et anthropologues s’est efforcée de dégager les enjeux sociaux et spatiaux des populations traditionnelles. Ils ont, pour cela, minutieusement collecté et analysé des informations issues de données GPS, d’entretiens ou de rapports statistiques. Qu’entend-on par l’expression « populations traditionnelles » ? Quels rapports ces sociétés entretiennent-elles avec leur espace ? Comment le savoir territorial, qui fait leur originalité, se transmet-il des anciennes aux nouvelles générations ? Autant de questions auxquelles répond cet ouvrage ambitieux et richement illustré.

Le géographe François-Michel Le Tourneau

Il a eu l’occasion à son entrée au CNRS de réaliser conjointement avec Martine Droulers des travaux sur les dynamiques territoriales en Amazonie brésilienne. Diverses missions de terrain ont été menées et lui ont permis de se familiariser avec le contexte de cette région en voyageant dans tous les États qui la composent. Des contacts étroits noués à ces occasions avec le Centro do Desenvolvimento Sustentave (CDS) de l’université de Brasília, lui ont permis d’exercer pendant cinq ans (2002-2005 et 2007-2008) en tant que chercheur invité au CDS. Cette période de résidence au Brésil lui a permis de s’intéresser de près à l’indigénisme et en particulier au cas des Yanomami, auprès desquels il a travaillé en étroite collaboration avec Bruce Albert. Ces recherches ont débouché sur un projet ACI dénommé « Cartographie Yanomami », puis sur un ouvrage de recherche publié aux éditions Belin en 2010, Les Yanomami du Brésil, Géographie d’un territoire amérindien. Après son retour en France en 2005, il a été le coordinateur de la rédaction du projet Duramaz, soutenu par l’ANR sur la période 2007-2010.

Entre 2009 et 2013, il a également dirigé le projet ANR USART destiné à analyser les relations entre les populations traditionnelles d’Amazonie et leur espace. Ce projet a permis la rédaction d’un ouvrage, en cours de parution. Enfin, depuis 2010, il organise régulièrement des expéditions, ou reconnaissances géographiques, dans des régions peu connues à la frontière entre le Brésil et la Guyane française. Ces travaux ont permis la réalisation d’un documentaire, Expédition Mapaoni, l’inaccessible frontière, et la réalisation d’un ouvrage sur le fleuve Jari, Le Jari, géohistoire d’un grand fleuve amazonien (Presses universitaires de Rennes).

Il a été le vice-coordinateur des activités de recherche liées à ce programme, dirigé par Martine Droulers. Là encore, les travaux menés ont fait la part belle aux activités de terrain, avec l’étude de treize sites dispersés sur l’ensemble de l’Amazonie brésilienne selon un protocole commun. Ce projet est maintenant dans sa phase n°2, financée de nouveau par l’ANR pour la période 2011-2015 et il en assure également la vice-coordination sous la férule de Hervé Théry.

D’après le site de l’IHEAL

Amazonie brésilienne, usages et représentations du territoire, sous la direction de François-Michel Le Tourneau dans la collection « Travaux et mémoires » des éditions de l’IHEAL, 376 p, 24 €. En vente en librairie et sur Le comptoir des presses d’universités (à partir du 12 décembre 2017).