Divergences entre les anciens alliés

Moreno versus Correa


Cinq mois après avoir quitté son poste, l’ex-président équatorien Rafael Correa déjà de retour en politique ?

Cela fait à peine plus de 5 mois que l’ex-président socialiste Rafael Correa a quitté son poste pour laisser place à son successeur Lenín Moreno. Ce dernier, suite à l’annonce de la retraite politique de Correa, représenta la coalition de gauche Alianza País aux élections présidentielles. Ancien vice-président de Correa lui-même de 2007 à 2013, il remporta l’élection avec 51,16 % des voix face au candidat conservateur Guillermo Lasso.

Photo : egalitetreconciliation

Actuellement, dans un contexte d’instabilité politique régionale avérée, l’ancien président Rafael Correa (retiré depuis le 10 juin en Belgique) pourrait faire son retour en politique et ainsi engendrer un climat d’incertitude politique, pouvant débucher sur une crise. En effet, dans le cadre d’une conférence sur l’éducation qu’il donna en Colombie, Rafael Correa attaqua ouvertement son ex-collaborateur aux micros de l’AFP, en le qualifiant de  »médiocre » et de  »traître ». Selon lui, le programme politique de Lenín Moreno se dirige progressivement vers celui de l’opposition conservatrice, remettant en cause le travail réalisé par Correa, notamment dans le secteur économique.  »C’est pire que si l’opposition avait gagné » ajoute-t-il. Puis les tensions bondirent entre les deux hommes lorsque Moreno mit sur la touche son vice-président Jorge Glas, alors principal allié de Correa. Glas est accusé de corruption dans le scandale de l’entreprise brésilienne Odebrecht, qui affecte l’ensemble des pays latino-américains.

Révolté par les accusations et la  »trahison » dont Correa se dit victime, celui-ci affirme :  »S’ils continuent à détruire ce que nous avons gagné, nous allons impulser la création d’une assemblée nationale constituante, et si cette assemblée est créée, je devrai revenir comme candidat ». Cette annonce a résonné comme une bombe politique internationale. Dans la pratique, cette assemblée constituante permettrait d’organiser de nouvelles élections, de faire chuter le gouvernement actuel et ainsi porter une nouvelle fois Correa aux rênes du pouvoir en 2021, dernière année de mandat de son successeur.

Léopold MOLLARD