Actualités du 7 au 14 février 2017

Victoria Tauli-Corpuz


La personnalité de la semaine : la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les peuples indigènes

Mardi 7 février ǀ COLOMBIE ǀ  Le gouvernement lance des négociations de paix avec l’ELN, quelques mois après l’accord de paix avec les FARC. Le programme des négociations compte six thèmes : la participation de la société civile à la construction de la paix, la démocratie pour la paix, les transformations pour la paix, les victimes, la fin du conflit et l’application de l’accord. Outre l’Équateur et la Norvège, le Brésil, le Chili, Cuba ainsi que le Venezuela sont garants du processus avec l’ELN et en accueilleront les prochaines sessions.

Mercredi 8 février ǀ BRÉSIL ǀ  Le président brésilien  Michel Temer nomme son ministre de la justice Alexandre de Moraes à la Cour suprême. Décrit comme truculent et autoritaire, il a justifié l’usage de la torture. Par ailleurs, l’armée a envoyé des parachutistes dans l’État d’Espirito Santo (sud-est), où une vague de violence a déjà fait plus de cent morts. Depuis samedi, les familles des policiers bloquent les accès des commissariats pour demander une amélioration des salaires des agents, qui n’ont pas le droit de manifester. En l’absence de patrouilles, les actes de violence ont explosé.

Jeudi 9 février ǀ CHILI ǀ  Les travailleurs de la mine d’Escondida (désert d’Atacama) ont demandé au gouvernement d’organiser une médiation avec la direction de l’entreprise, propriété de l’anglo-australien BHP Billiton. Les deux mille cinq cents salariés de cette mine sont entrés en grève pour demander une augmentation de salaire.

Vendredi 10 février ǀ PÉROU ǀ  Le juge Richard Concepción a lancé un mandat d’arrêt national et international contre l’ancien président Alejandro Toledo, qui se trouve actuellement à l’étranger, et a demandé sa « localisation immédiate, son arrestation et sa détention provisoire » pour dix-huit mois. Il est accusé d’avoir touché des millions de dollars du géant du BTP brésilien Odebrecht contre l’attribution d’un marché public. Voir notre article principal.

Samedi 11 février ǀ MEXIQUE ǀ  Le gouvernement a invité ses concitoyens à « prendre des précautions » devant « la nouvelle réalité » aux États-Unis, citant le cas d’une mère de deux enfants nés aux États-Unis en situation irrégulière expulsée cette semaine par les autorités états-uniennes. Des dizaines de milliers de Mexicains ont manifesté pour dénoncer le projet du président Donald Trump de construction d’un mur à la frontière et appeler le président Enrique Peña Nieto à plus de fermeté.

Dimanche 12 février ǀ FRANCE-CHILI ǀ   La juge Edwige Roux-Morizot de Besançon demande l’extradition du Chilien Nicolas Zepeda, suite à la disparition de son amie Narumi Kurosaki, une étudiante japonaise. La Cour suprême chilienne n’a pas accédé à cette demande car « l’information relative à des faits pénaux est trop peu étayée ».

Lundi 13 février ǀ CHILI-ARGENTINE ǀ  Les présidents Michelle Bachelet du Chili et Mauricio Macri d’Argentine ont signé « un accord de libéralisation commerciale ». L’arrivée de Macri au pouvoir et la destitution de Dilma Rousseff au Brésil ont miné le Mercosur au profit de l’Alliance du Pacifique (Chili, Colombie, Pérou et Mexique) voulue par les États-Unis. Le projet libéral est de rapprocher, pas fusionner, les deux entités.

Mardi 14 février  ǀ GUATEMALA ǀ   Victoria Tauli-Corpuz, rapporteuse spéciale des Nation unies pour les peuples indigènes, incite les députés guatémaltèques à « profiter de l’occasion historique que représente la réforme constitutionnelle en matière de justice, pour améliorer l’accès à la justice des femmes et des peuples indigènes, renforcer l’indépendance du pouvoir judiciaire et reconnaître la juridiction indigène » (Info Agence CERIGUA).

Photo : Flickr Commons

Guy Mansuy