cinéma d'animation

Le Festival d'Annecy


Des films latinos au palmarès

Ce fut une belle édition qui s’est déroulée à Annecy du 15 au 21 juin, riche en avant-premières et en personnalités ! Toute l’équipe étatsunienne de Pixar dont on peut voir sur les écrans Vice-Versa de Peter Docter est venue présenter ses prochains films. Signalons la venue de Richard Williams pour montrer son chef d’œuvre inachevé, Le voleur et le cordonnier (1992) d’après un conte des Mille et une nuits.

Avec une fréquentation record – 8 250 accrédités sur l’ensemble de l’événement – près de 500 films projetés et 83 pays représentés, ce 39e Festival international du film d’animation d’Annecy a braqué les projecteurs sur des thèmes d’actualité tels que l’immigration, l’exil ou encore la défense des droits de l’homme, tout en faisant la part belle à la poésie.

Cette année était consacrée aux femmes de l’animation et tous les jurys étaient féminins.

Le grand prix, le Cristal du long métrage, a été attribué au film français Avril et le monde truqué réalisé par Franck Ekinci et Christian Desmares d’après l’univers de Tardi. L’histoire se déroule en 1941. Le monde est radicalement différent de celui écrit par L’Histoire habituelle. Napoléon V règne sur la France où disparaissent mystérieusement les savants. Privé de technologie moderne, le monde est gouverné par le charbon et la vapeur. Une jeune fille, Avril, partira à la recherche de ses parents, scientifiques disparus, avec Darwin, son chat parlant, et Julius, un jeune gredin. Ce trio devra affronter dangers et mystères afin de découvrir qui enlève les savants et pourquoi.

Le Cristal du court métrage est allé à Konstantin Bronzit (Russie) pour Nous ne pouvons pas vivre sans Cosmos, comédie sur deux amis cosmonautes qui veulent aller dans l’espace.

La Colombie présentait deux films de long métrage : Desterrada (Bannie) de Diego Guerra raconte l’histoire de jeunes gens pris au piège dans un conflit armé. Mais la vie et l’espoir doivent continuer même en temps de crise et de violence. Pour décrire cette atmosphère horrible le réalisateur a choisi un graphisme très soigné.

En compétition, Sabogal de Juan José Lozano et Sergio Meíja nous raconte l’histoire d’un avocat des droits de l’homme qui enquête sur des crimes commis depuis l’assassinat d’un journaliste en 1999. En prenant la défense de la famille du journaliste, Sabogal commence alors un long voyage à travers un procès qui lui permettra d’entrevoir des connexions sordides entre trafiquants de drogue, chefs paramilitaires et fonctionnaires corrompus. Le film combine diverses techniques graphiques avec des images d’archives pour rappeler que l’histoire du film est ancrée dans l’histoire récente et douloureuse de la Colombie.

Le prix de la presse a été décerné au film brésilien Guida de Rosana Urbes. Depuis 30 ans, Guida qui est archiviste au tribunal, va enfin décider de suivre des cours de dessin d’après modèle vivant. Avec beaucoup d’humour et en 11 minutes la réalisatrice qui est aussi dessinatrice et illustratrice de livres va accompagner son personnage.

Le Festival est aussi un vaste marché mondial. Le Marché international du film d’animation enregistre une hausse des accréditations de plus de 10 % : 63 pays étaient représentés par 555 sociétés exposantes et 364 acheteurs, distributeurs et investisseurs ont fait leur marché à Annecy. Pour l’Amérique latine, le Mexique, le Chili, la Colombie et le Brésil renforcent leur présence et confirment la dynamique des éditions précédentes.

Pour l’Asie, c’est la Chine qui arrive en tête des délégations, suivie par l’Inde. Pour l’Europe, l’Espagne – pays à l’honneur de cette édition – est représentée par un nombre d’accrédités jamais égalé à Annecy (plus de 200 professionnels). La participation France est également à la hausse avec + 7 %. Le Festival d’Annecy fut un grand succès et montre le développement mondial du cinéma d’animation, avec des sujets de plus en plus adultes.

Alain LIATARD

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