L'ACTUALITÉ DE LA SEMAINE

Semaine 10 - Les faits


Le fil de l’actualité de la semaine du 2 au 9 mars 2015

20 février – ARGENTINE – Dans la province méridionale de Chubut dans les Andes de Patagonie à la frontière chilienne, 30 000 hectares de forêt ont brûlé, le plus grand feu de forêt de son histoire comme l’a affirmé Jorge Barrionuevo, le chef du Plan National de Maniement du Feu. Le nouveau chef de cabinet et l’un des sept candidats à la présidentielle pour les primaires des « kirchneristas », Aníbal Fernández a congédié Jorge Barrionuevo pour « inefficacité« . « Il ne fait aucun doute que beaucoup de ces incendies sont intentionnels et sont liés à l’immobilier », a dit le gouverneur de Chubut, Martin Buzzi. Depuis dimanche également, des forêts ont brûlé à Bariloche, dans la province voisine de Río Negro et, là aussi, Aníbal Fernández croit que le feu a également pour cause la spéculation immobilière.

2 mars – AMÉRIQUE LATINE – Le rapprochement économique avec la Chine est peut-être le phénomène le plus important en Amérique latine au cours des 10 dernières années. La région se retrouve avec un rôle qu’elle avait incarné à la fin du XIXe siècle : fournir des matières premières pour jouer un rôle dans la révolution industrielle. Ainsi les Chinois prennent la place que les Européens ont occupée alors. L’Amérique latine reçoit plus d’argent de la Chine que de la Banque mondiale et de la Banque interaméricaine de développement réunies. Ces derniers mois, la célèbre phrase de Confucius: « Quelqu’argent évite les soucis, mais beaucoup les attire » a commencé à se concrétiser.

3 mars – PANAMÁ- La justice panaméenne ratifie la décision de poursuivre l’ex-président panaméen Ricardo Martinelli. L’ancien président, qui a gouverné le Panama de 2009 à 2014, est au cœur d’une tempête de scandales politiques pour des actes présumés de corruption commis durant son mandat. Il est accusé d’avoir détourné 45 millions de dollars d’un programme de l’État.

3 mars – BRÉSIL – La justice brésilienne a demandé à la Cour suprême d’ouvrir une enquête sur 54 personnes, dont des hommes politiques en cours de mandat, pour déterminer s’ils sont impliqués dans le scandale de corruption qui secoue Petrobras, le géant pétrolier contrôlé par l’État. Le parquet évalue à environ 4  milliards de dollars (3,6  milliards d’euros) les sommes détournées de Petrobras en dix ans.

3 mars – CHILI – Le volcan Villarrica, l’un des plus actifs d’Amérique du Sud, situé dans le sud du Chili, est entré en éruption, entraînant l’évacuation de 3 600 personnes, mais sans provoquer de dégâts. L’éruption du volcan a conduit les autorités chiliennes à élever une alerte rouge dans ces régions méridionales du pays. Le Service national de géologie et des mines a averti de l’explosion du volcan de 2400 mètres, après une activité sismique qui a augmenté au cours des dernières semaines. Ces régions sont des zones très touristiques du Chili.

3 mars – ARGENTINE Près d’un mois et demi après la mort mystérieuse du procureur Alberto Nisman, la justice argentine a fait sa première arrestation : un agent de douane qui aurait filmé Alberto Nisman de retour d’un voyage en Europe à un aéroport de Buenos Aires et deux jours avant de dénoncer la présidente Cristina Fernández de Kirchner, pour une prétendue dissimulation des auteurs d’une attaque terroriste islamique en 1994. La justice fait des recherches si la mort résulte d’un suicide ou d’un assassinat.

3 mars – VENEZUELA – Le président de la Colombie Andrés Pastrana a demandé à la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) des mesures de précaution pour six dirigeants de l’opposition vénézuélienne. Dans le même temps, il a réitéré son appel aux gouvernements de la région de sortir de leur « indifférence » et se prononcer contre ce qu’il considère comme une violation flagrante des droits de l’homme par l’exécutif du président Nicolás Maduro.

4 mars – CUBA – Un porte-conteneurs sous pavillon chinois, se dirigeant vers Cuba, est ancré dans le port colombien de Cartagena de l’Inde et y est retenu par les autorités colombiennes. Celles-ci ont trouvé, après plusieurs jours d’inspection, beaucoup de munitions et d’explosifs sans documentation appropriée.

4 mars – ARGENTINE  Le ministre de l’Économie argentin, Axel Kicillof, a reconnu que la justice de New York réclame pour des « fonds vautours » à l’Argentine une accumulation de dette de 7 000 millions d’euros. Jusqu’à présent, aucune négociation n’a eu lieu entre les parties et le gouvernement de Cristina Fernández.

4 mars – COLOMBIE – Buenaventura, le port colombien le plus important sur le Pacifique et à travers lequel passe 60 % du commerce extérieur, vit dans la terreur que suscitent des gangs criminels qui se livrent une guerre sans trêve par le contrôle des routes du trafic de drogues. L’organisation Human Rights Watch (HRW), qui suit de près la crise humanitaire dans le port colombien, a critiqué en 2014 dans un rapport l’absence de protection de la population par le gouvernement et condamne les atrocités à Buenaventura. Le président Juan Manuel Santos a annoncé une « action spéciale » pour arrêter la violence dans le port. En effet, le plan Santos a permis d’arrêter 280 membres des trois bandes présentes à Buenaventura et les homicides ont chuté de 150 à 96 sur une période de neuf mois, selon les chiffres officiels.

4 mars – MEXIQUE – Le chef du cartel sanguinaire des Zetas a été capturé par les forces mexicaines de sécurité. Omar Treviño, dit le  » Z-42 « , avait succédé à son frère, arrêté en 2013, à la tête du gang de narcotrafiquants créé par d’anciens militaires. Il a été arrêté dans l’État de Nuevo León, dans le nord-est du Mexique. Son arrestation intervient cinq jours après celle d’un autre gros narcotrafiquant, Servando Gomez, alias « la Tuta « , chef du cartel des Chevaliers Templiers, dans l’État de Michoacán (ouest). Des succès de poids pour le gouvernement, dont la lutte contre le crime organisé suscite la défiance de la majorité des Mexicains.

5 mars – ARGENTINE – Des inondations dans cinq provinces du centre-ouest de l’Argentine ont fait au moins un mort et provoqué l’évacuation de milliers de personnes. La région, réputée pour l’élevage, a été placée en situation d’urgence.

5 mars – COLOMBIE – Malgré de grandes difficultés dans la dernière ligne droite, la Colombie avance vers un accord de paix avec les FARC. Le président Juan Manuel Santos qui envoie six hauts militaires colombiens aux pourparlers de paix à La Havane, révèle une remarquable avancée dans la réalisation d’un accord de paix. Malgré les hauts et les bas dans le processus, le fait que cinq généraux et un amiral rejoignent la table des négociations est censé inclure la tête de l’armée pour discuter de questions techniques sur la mise en œuvre des accords et une nouveauté par rapport aux tentatives précédentes dans lequel les responsables des forces armées avaient été absents, pensant qu’ils seraient contre le processus.

5 mars – AMÉRIQUE LATINE – Les gouvernements et les agences multilatérales commencent à discuter de la gestion des ressources naturelles et de la façon de tirer parti de la richesse de la terre. C’est pourquoi, des ministres, sous-secrétaires et hauts représentants du Brésil, du Chili, de la Colombie, de l’Équateur, du Pérou, de la République Dominicaine, de l’Uruguay et du Venezuela ont été rassemblés en janvier à Santiago-du-Chili pour une journée de rencontre spéciale sur le sujet. Cette réunion, organisée par la Norvège et la Commission Économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) est une première étape pour un accord régional sur la gouvernance des ressources naturelles. L’objectif est d’essayer d’éviter les conflits environnementaux et de promouvoir le développement social et industriel.

6 mars – BOLIVIE – Un scandale au sein du Fonds autochtone de Bolivie déstabilise le discours officiel sur l’intégrité des autochtones, considérés par le président Evo Morales comme « réserve morale de l’humanité« . Le gouvernement a dû intervenir auprès de cette institution, qui reçoit un montant substantiel d’argent provenant des exportations de gaz du pays pour des projets productifs dans les communautés « d’origine« . Ses deux responsables ont été arrêtés. L’Inspection des Finances de l’État a déposé une plainte à leur encontre, notamment contre plusieurs dirigeants paysans et indigènes impliqués dans le détournement d’une somme pouvant atteindre 277 millions de bolivianos (un peu plus de 40 millions de dollars) pour « projets fantômes ».

6 mars – PÉROU – Le successeur pressenti du président du Pérou a été rattrapé par la « sale guerre« . Le général Daniel Urresti s’était rendu très populaire comme ministre de l’Intérieur. Hélas, son ascension est stoppée par le ministère public, qui exhume une vieille affaire remontant aux « années de plomb« , l’époque de la répression féroce contre la guérilla du Sentier lumineux. L’accusation a été rendue publique quelques jours après sa sortie du gouvernement. L’accusé venait d’adhérer au Parti nationaliste, sous les projecteurs des médias qui l’annonçaient déjà comme le candidat du couple Humala à l’élection présidentielle de 2016. Le procureur Luis Landa réclame une peine de vingt-cinq ans de prison à l’encontre de Daniel Urresti, qu’il accuse d’avoir joué un rôle dans l’assassinat du journaliste Hugo Bustios le 24  novembre  1988.

6 mars – VENEZUELA – Pour la deuxième fois, l’Union des nations sud-américaines (Unasur) va essayer une médiation entre le gouvernement du président Nicolás Maduro et l’opposition vénézuélienne. Son secrétaire général, Ernesto Samper, a déclaré à Caracas que pour l’organisation, il est fondamental que soient menées à bien les élections parlementaires au Venezuela qui seront le meilleur moyen de régler les différends. La possibilité que le gouvernement et l’opposition du Venezuela s’asseyent à une table pour dialoguer est plus éloignée que jamais. Selon les adversaires du gouvernement du président Nicolás Maduro, l’Unasur n’est pas fiable.

6 mars – BRÉSIL L’inflation brésilienne, le véritable talon d’Achille de l’économie du géant sud-américain, a grimpé à 7,7 %, le plus haut niveau depuis mai 2005, bien en deçà des objectifs du gouvernement du Dilma Rousseff, du Parti des travailleurs (PT), qui avait fixé à 4,5 % la cible pour cette variable, avec une tolérance pouvant atteindre 6,5%. La hausse du prix de l’essence et celle des factures d’électricité sont l’une des causes de l’augmentation de l’inflation. Pour parer à cette inflation, le gouvernement a décidé d’augmenter les taux d’intérêt de 12,25 % à 12,75 %.

6 mars – PÉROU – Le congrès du pays vient de faire passer une loi contre le harcèlement sexuel dans les lieux publics : galanteries, gestes et attouchements sont punissables par la loi au Pérou. L’Assemblée législative a adopté le projet de loi par 76 voix en faveur, aucune contre et deux abstentions sur130 membres.

7 mars – BRÉSIL – Après une semaine de suspense nationale, la Cour suprême du Brésil a révélé le contenu de la liste noire des hommes politiques soupçonnés d’implication dans le scandale de corruption de la compagnie publique Petrobras, que la police a baptisée Opération Lava-Jato ( lavage de voitures). La liste, établie par le procureur général du Brésil, Rodrigo Janot [photo], contient 54 noms, dont 49 sont appelés par le Ministère Public « autorités » privilégiées. Certains sont du Parti de Dilma Rousseff et de Luiz Inacio Lula da Silva, le Parti des travailleurs (PT), mais aussi d’autres, comme le PMDB et le PP qui forment actuellement la base précaire et souvent volage sur lequel s’appuie l’alliance parlementaire du gouvernement. Cependant, les suspects non seulement proviennent de là : mais aussi des politiques du Parti Social-démocratie (PSDB), actuellement dans l’opposition. Parmi les noms figure celui du président du Congrès, Eduardo Cunha, du Sénat, Renan Calheiros, tous les deux du PMDB, un ancien ministre, Mário Negromonte, et même un ancien président de la République, le sénateur Fernando Collor de Melo.

7 mars CHILI – Emprisonnement de six personnes impliquées dans l’affaire « Penta« . Les deux propriétaires du groupe chilien Penta, Carlos Alberto Delano et Carlos Eugenio Lavín, ainsi que quatre autres personnes impliquées dans le complot d’évasion fiscale et de financement politique illégal – Marcos Castro et Hugo Bravo de l’entreprise, l’ancien fonctionnaire de l’SII Iván Álvarez et l’ancien sous-secrétaire d’État du gouvernement Sebastián Piñera, Paul Wagner – qui affecte surtout la droite – UDI -, ont commencé à accomplir de la détention préventive dans une annexe de la prison de haute sécurité de Santiago-du-Chili, comme l’a déclaré ce matin le magistrat Juan Escobar, provocant des réactions immédiates dans le monde politique et patronal.

Guy MANSUY

 
 

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